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CHAPITRE VI La Réunion

MILIEU COLONIAL Territoire. — Climat. — Population.

I. Territoire. — L'ile de la Réunion, anciennemait Bourbon, est située dans l'océan Indien, à 600 kilomètres de Tile Maurice, Fancienne île de France, qui appartient comme elle au groupe des Mascareignes. Sa position exacte permet de rinscrire entre 20^ 50' lat. S. et 2V 58' lat. S. d'uoe part et de l'autre entre 52^ 55' long. E. et 53* 4^ long. E.

La forme de Tile est celle d*un ovale dirigé obliquement du nord-ouest au sud-est. Sa longueur est de 152 kilomètres et sa largeur de 71 ; la superficie est de 251 160 hectares. De nature volcanique le sol de Tile a la forme d*un immense pain de sucre fracturé en pics nombreux, qui donnent un aspect tourmenté à tout ce massif montagneux émergeant des flots. La direction générale du soulèvement est du nord-ouest au »t. La moitié antérieure de la chaîne, qui aboutit i atri ia, au nord de Tile, a son point d'altitude maximum n Neiges^ par 3 609 mètres ; Textrémité opposée

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plati-au très mouvementé, mais d'une a.ur.ii<u? jn^y-r^

1 600 mètres, la plaine des Cafres, Tout le 7/hr\suiT.

dental de Tile, celai qui regarde Madagascar. •»»?. irAup^ :.^

nom de partie sous le vent et diffère aaa<îz aocanu^air^sr. #j»

le rapport du climat, du yersant orientai ou d^i r^i^

II. Clim.\t. — L'ile Bourboa a «ife isfv^ic Maxn-r^ îar >* poètes, pour que le charme îe *-;a 'ù.aar. *.!:. >'-.-r-i -^-<-, dairc. Sa tr-mpérature mojenne est ie — i* ' ^ rjw-.'.i.-.-.i est on janvier, le minimum en aciït.

nri distingue quatre saijons : ie prnvmns : ^'^ • — vembre, Tété ou hivemaçi^ ie novem.rî* t *•*•. .i,:.Ai.-> d'avril à mai et l'hiver, ou saison frai«'n«». :»• .u .-. * -•:. -•■- L'hivornape est caraciérsé par d»^ plii.*«ï i.-.«.n.u;;:^ <■>»' cntro la température mov^nn*» de l-îtr; -r v..» :•• •<• -=•

do 3,0; l'écart entre la t.?mp«iratur^ M /.»ir -r •>:-^ '-^ nuit de S' ,72.

Je n'ai pas bes^j^n de d:r<^. '.:•: .i vm >-rii.ir> T./'.*rf.» varie selon l'allitud*- : a:ri«i la mov-nn»» »flf •*-^. > dans la zone inférieur^- dr i'..-. '*=•:.»* .•; •*': - •^■' ^- * mais dans la plaino 'ir^ Fi. t. .*'**?« i r .i plus «juo d»- • If» .r>; la -'•.-:*=• . .i.:.' :.* : -^^ . piîal militaire df- .Sala/;-^. :ir -. • -..»••.•-- *. raluro maxiroa ••si i-r -^ ::'• ./t •-*::.--•■ -r<i ; la movi-nno '-s: ..-.''-r^-.-- > ' .<' - I>.iiis. A Tiiaos, par 1 :i'j«. .v.-'--- * - ' iiuil K-r--' pf-ndar*: .■ . .- . ^d t«-mp«Taturo f>\ !•■ -J .*.>.•-.•- t • la jibinf dfs Cafr^. -i 1 '•• ' - • ' ' ^ jH iidant l'hivornai:'- **: :•• • . ^ •' •• d< 1 .

Tous les climats se irou-.'r.*- •. t\'^^/'^"' diiiun.s la vépétation de i i.f: *^: «^'>t'. '..'.» *^ ••^-*^

leur toujours supportable ; les nuits éclairées par les npm | de la lune sont délicieuses, lorsqu'un vent tiède apporte le ^ ef&uves parfumées des francisea^ àe& jasmins de nuit, d« acacias, des gardénias.

Malheureusement ce paysage enchanteur est parfois Toilé par de terribles nuages : TOcéan, qui entoure cAi% péri* des Indes, ainsi qu'on Ta nommée, est inclément; quand k ras de marée s'annonce, le canon d'alarme avertit les navires en rade, qui se hâtent de lever leurs ancres et de gagner k large sous peine d*être jetés à la côte.

L'ouragan vient quelquefois du centre de la mer des Indes sous forme de cyclone. C'est du reste grâce au trajet es quelque sorte régulier, que suivent les cyclones normaux de cette région de la mer, que la Réunion doit une partie de ses pluies : elles sont bienfaisantes, tant que le cyclone passe ao large de l'île; mais, lorsque s<à trajectoire traverse ou effleure SCS côtes avec une vitesse de 30 mètres â la seconde, tout o^ (|ui se trouve sur son passage se trouve tordu, brisé, broyé. On compte 52 cyclones en 100 ans, soit 1 tous les deux ans en moyenne.

Les cyclones les plus célèbres sont ceux de 1829, qui causa la perte de 19 navires et de 250 personnes et celui de 18G0, qui causa la mort de 55 personnes et fit subir aux assurances une perte de 3 368 882 francs.

III. Population. — Nous n'avons point eu ici de population indigène à déplacer : l'ile était inhabitée, lorsque la France en prît possession en 1643. En 1646 seulement Pronis, alors gouverneur de Madagascar, envoya à la Réunion V^ soldats révoltés et quelques femmes malgaches; quelques pirates vinrent s'associer à cette colonie naissante, qui fut en 1004 grossie d'un certain nombre d'orphelines et de L^O hommes envoyés par Colbert; en 1674 les Français /'(•hap[»és du massacre de Fort-Dauphin à Madagascar vinrent se réfugier à la Réunion; la révocation de Tédit de

Nantes j condaisit plus tard un certain nombre de protestants : telle est Torigine de la population blanche de la Réunion. La prédominance française est encore indiquée par une foule de noms de localités tels que ceux de la Rivière des patates à Durafid^ la Rivière à Marqué^ la Ravine du Chaudron^ etc. Mais on vient de voir, que le sang malgache y fut introduit dès le début; aux femmes malgaches envoyées par Pronis avec les premiers soldats bannis il faut même ajouter des groupes successifs d*Antananssis et de Betsimiras qui quittaient Madagascar, d*où les chassaient les Hovas, et venaient se réfugier à la Réunion; il faut enfin ajouter un certain nombre de Cafres. Le type des créoles de la Réunion laisse du reste apercevoir dans la couleur dorée de la peau, dans la forme des yeux et dans plusieurs autres particularités physiques ou morales, un certain nombre de caractères madécasses.

La population totale se compose de 183000 individus dont 113 000 blancs^ petits blancs, 77iulâlres ou noirs indi^ gènes et 70000 Chinois, Malgaches, Indous Malabars, Cafres, Arabes et Annamites.

^ 1. Blancs et petits blancs. — Les blancs sont les créoles européens des villes. Généralement riches ou au moins très aisées, ils ne se livrent à aucun travail agricole. D'une nature fine, nerveuse, ils sont spirituels, élégants, mobiles ; leur constitution n'est pas très robuste. Les i^etits blancs sont depuis longtemps de pauvreî« petits propriétaires; ils cultivent de leurs mains, comme leurs ancêtres les premiers colons, dont ils se vantent de descendre, sans jamais avoir voulu se croiser avec aucun autre élément ethnique; ce sont là deux types absolument diflerents au point de vue (le rhabitat, comme au point de vue du milieu social et de la constitution. I>e petit blanc a le teint d'un blanc sale, les jambes arquées, le mollet haut; ses yeux souvent bleus-verts« ses cheveux sont presque toujours châtains ; il passe pour apa-

thique, vaniteux, quelque peu insouciant. Les blancs h moins le dépeignent ainsi ; il a cependant donné plus d*iiK preuve de vitalité. C*est certainement dans le petit blaftc. qu'on reconnaît surtout le type malgache.

§ 2. Noirs. — Les noirs ont été de bonne heure nombreux à la Réunion. Au xviii* siècle on en comptait &1OO0 pour une population de 16000 blancs; mais leur sitaaiiû& sociale fut toujours tout autre que dans nos autres colonies, qu aux Antilles par exemple; le préjugé de la coolenr n'a jamais existé à la Réunion. La culture de la canne augmenta beaucoup leur nombre et correspondit, pour eux, i une période moins heureuse, que celle où l'ile n*était pas encore transformée en une usine à sucre mise en mouvement par les bras du nègre.

§ 3. Coolies. — La mise en liberté des esclaves noirs, en 1848, fut pour la culture de la canne un coup assez rude; c'est alors, que commença cette importation des coolies, qui n'est pas encore complètement dégagée de toute ressemblance avec l'ancienne traite. On comptait il y a quelques années à la Réunion 25771 engagés volontaires africains, 413 Chinois et 40 000 Indous. Il résulte de cette supériorité de nombre des Indous-Malabars, que le travail de l'île repose tout entier sor eux. Les Anglais l'ont bien compris : protéger Maurice au détriment de la Réunion ou mieux nuire à la Réunion au grand bénéfice de Maurice, c'était tout indiqué. Afin donc de priver notre colonie des bras dont elle ne saurait plus se passer, l'Angleterre prise d'un sentiment de tendresse pour s(^s bons sujets de Tempire des Indes, les Indous-Malabars. leur a fait défense de partir pour la Réunion. Les colons de la Réunion se sont alors retournés vers les noirs; mais le Portugal, par la convention du 23 juin 1881, autorise bien l'engagement des noirs de Mozambique pour Mayotte et Nossi-Bé, mais non pour la Réunion. Le conseil général de cette colonie

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