‹ La colonisation scientifique et les colonies françaisesChapitre 82 sur 122 · SAINTE-MARIE DE MADAGASCAR · texte numérisé non relu

SAINTE-MARIE DE MADAGASCAR

Acclimatement des Européens. — Malgré rinsalobroè indéniable de Tile le D^ Borius a constaté, qa*an assez gn^ nombre d'Européens peuvent y vivre depuis vingt-quatre ot vingt-cinq ans; néanmoins ce sont là des exceptions.

IV. Utilité. — § l.Nos droits sur Madagascar, — LV tilité de cette colonie serait nulle, si elle n*était avecNo«si-Bé un jalon d'attente sur Madagascar. Or si les côtes basses deli grande île sont malsaines, en revanche les hauteurs seraient pour les Européens aussi saines que la France.

Lorsque nous nous sommes établis à Sainte-Marie, ce fut du reste avec Tidée de fonder un établissement à Tintingue sur la côte orientale de Madagascar, et lorsque le 15 octobre 1818 M. de Mackau prit possession de Sainte-Marie, il prit égale ment possession de Tintingue le 4 novembre suivant en présence des chefs et des principaux habitants du pays réunis en kabar ou assemblée générale. Or cela était parfaitement reconnu, lorsque les Hovas, à Tinstigation des Anglais, yinrent bombarder Tintingue et nous chasser de Fort- Dauphin, injustice qui fut vengée en 1829 par Tamiral GourbejTe, vainqueur des Hovas à la Pointe-à-Larrée.

On voit que nos droits sur la côte occidentale sont connexes des droits incontestés, que nous avons sur Sainte- Marie.

C'est de même qu'à nos droits sur Mayotte et sur Nossi-Bé sont attachés des droits analogues sur plusieurs points de la côte ouest et nord-ouest de Madagascar. Voici en effet ce qu'écrivait récemment à ce sujet, dans la Réforme^ M. Gerville- Réache, député de la Guadeloupe :

€ Les territoires de Souhalala, de Baly et de Marambitsy appartenaient à Andrian-Souly. Andrian-Souly nous les a cédés ainsi que Tîle Mayotte, en 1843, et nous lui avons consenti, pour cette cession, une rente annuelle de 5000 francs.

€ L'Ankara nous a été cédé le 10 octobre 1842 par Tsimiarou, roi des Ankakares, qui a touché pour cette oessioD,

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jwqii'i Tannée 1882 époque de sa mort, une pension anmidle de 1 200 francs.

< Baratou-Bé et Âukity, les deux presqu'îles qui forment la baie de Passandaya Tune des plus vastes et des plus belles la monde, nous ont été cédées, en 1841, par Tsimandrou moyennant une pension annuelle de 900 francs.

< Quant à la côte ouest les droits particuliers, que nous ponTons invoquer sur elle, nous ont été transmis par la reine Tsikomeken ou Tsoumeko, qui nous a également cédé l'île de No68i-Bé.

€ Aujourd'hui les princes, successeurs des souverains qui avaient traité avec la France, n'ont conservé, sur les territoires dont je viens de faire l'énumération, qu'un droit purement nominatif et honoraire. »

M. Gabriel Marcel dans une récente étude intitulée : Nos droits sur Madagascar^ ajoute : « 11 ne peut donc y avoir aucune discussion possible au sujet de droits établis aussi formellement. Nier notre titre X la possession de la baie de Passandava par exemple, c'est nier notre droit sur Nossi-Bé et il est impossible de séparer les unes des autres ces cessions, qui ont été faites dans les mêmes conditions, c'est-à-dire volontairement, sans qu'il y ait pression de notre part, sans que nous ayons manqué à nos engagements, puisque nous avons payé à tous les chefs jusqu'à leur mort et notamment à Tsimimiarou, jusqu'à l'année dernière, la pension convenue. »

§ 2. Station navale. — Sainte-Marie offre d'ailleurs par ?lle-méme une ressource aux navires battus par la tempête: l*Ile est couverte de bois; la rade est bonne.

^ 3. Assainissement. — La culture du café, du girofle, de la canne à sucre commence à devenir prospère ; mais il importe d'assainir ce poste avancé sur Madagascar : il serait important de planter de l'eucalyptus. Malheureusement le« tentatives faites jusqu'à ce jour n'ont pas réussi.

L*Âfrique est le pays de la colonisation dans l'avenir; c'es; dans cette riche contrée, que nous devons prendre notre revanche du passé; c'est là, que nous devons réparer les fautes, qui ont été commises dans Tlnde. On pourra du moins parler un jour de l'Afrique française, comme on eût pu parler de VInde française^ si un des plus grands hommes qa*ait produit la France, un de ceux qui ont le mieux compris la colonisation commerciale, amicale et pacifique, celle que doiven* seuls connaître les temps modernes, Dupleix eût été maiire de donner à la France une place, que les Anglais eux-mêmes n'occuperont jamais dans Tesprit de la population des Indes. Mais actuellement il me semble dérisoire d employer le mot d'Inde française pour l'appliquer aux quelques débris, que nous possédons encore, de notre ancienne puissance coloniale.

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