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CHAPITRE XI

Cochinchine.

MILIEU COLONIAL Territoire, — Climat, — Faune et gore, — Population,

I. Territoire. — La Cochinchine est située à l'extrémité la plus orientale de la presqu'île indo-chinoise, entre 8<>30' lat. S. et lloac lat. N. d'une part, entre 102olO' long. E. et 105» 30' long. E. de Tautre. Avec les lies qui en dépendent, de Poulo-Condor sur la côte orientale et de Phuo-Quoc sur la côte occidentale de la presquMle, elle présente une superficie de plus de 60000 kilomètres carrés. Les 3 provinces les plus orientales de Bien-Hoa, de Gia-Dinh, de Ding-Tuong ont été cédées i l'amiral Bonnard, représentant la France, le 5 juin 1862; les 3 autres provinces de Vinh-Long, de Chaudoc et de Hatien ont été annexées par l'amiral de la Grandière, le 20 juillet 1867. Une septième province, celle

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de Binh-ThuâD, a été remise au D'' Harmand par le traité ài 25 août 1883.

Dans cette situation notre colonie est séparée de TAnnaiL à Test par une chaîne de montagnes; au nord nous somnief couverts par le protectorat, que nous exerçons sur le royaume du Cambodjc ; à Touest et au sud nous sommes limités pi: la mer.

Ce pays essentiellement plat, sauf au nord-est de Salf:>a où il se relève, à peine plus élevé que la mer dans sa pics grande partie, est tout entier formé par les alluvions di Mékong et par les bras qui jettent à la mer les eaux ie ce fleuve ainsi que par les canaux artificiels ou naturels {arrcftj^y «jui les font communiquer entre eux.

De la boue, des marais, où vivent le riz et les palétaviers, des alluvions ferrugineuses, qui portent le nom de pierrt do Bienhoa, constituent tout ce pays essentiellement aquatiqu»ot où les communications ne se font guère qu'en barque par los mille dédales des arroyos. Saigon, le Singapour françxs au point de vue économique, bien que la ville soit à 100 kilomètres de la mer, a été nommé la Venise de l'Orient. Les terres hautes ne commencent qu'à Bienhoa d'un côté et i Il.itien de Tautre. En réalité toute la basse Cochinchine e>: inondée et sans les digues elle serait complètement sons Teau.

1^ 1. Le Mékong, — L'étude de la Cochinchine repose tout entière sur celle du grand fleuve le Mékong. Ce formidable cours d'eau descend d'une région encore ignorée do Tibet; lorsque par 27" lat. N. il sort de la frontière méridionale de la province chinoise de Yun-Nan, son volume est déjà considérable, ce qui fait supposer, que sa source esi encore éloignée ; ses vastes méandres descendent en suivant une direction générale du N.-O. au S.-E. Sur ses doux rives, dans le haut Laos, s'entremêlent d'abord des collines rocheuses; son lit colossal se compose en réalité, dans cette région, de deux parties : un lit supérieur, large

LE MEKONO. — LE LAC DU GAMBODJE. 370

de 900 à 400 mètres, rempli d'eau pendant les crues, asséché en dehors de ces époques; au centre de ce large lit celui des basses eaux, canal central creusé dans le roc, à bords taillés à pic, d'une profondeur moyenne de 25 mètres et d'une largeur qui varie de 30 mètres à 100 mètres. Plus bas, après avoir traversé la ville importante de Vieng-Chang dans le Laos, par 16^ lat. N., il s'étale vers lô^ dans de larges plaines argilo-calcaires , où vivent des troupeaux de boeufs, de buffles, d'éléphants, de rhinocéros et de cerfs. Après un parcours de 3000 kilomètres le grand fleuve se jette dans la mer par 7 bras, qui rayonnent en formant un immense delta de 40 kilomètres de base.

La Cochinchine tout entière est une formation récente due aux alluvions : le Mékong apporte en effet chaque année dans la mer de Chine 1 400 milliards de mètres cubes d'eau et cette eau contient 1/1000 de limon. C'est donc 1 milliard de mètres cubes de limon, capable de recouvrir la France d'une couche de boue de 3 millimètres d épaisseur, que le Mékong, au calcul de M. Fuchs, apporte à son embouchure : la Cochin* chine en est résultée. Elle s'accroît tous les jours par une extension alluvionnaire nouvelle, car, à une époque relativement réconte, l'espace qu elle occupe était un golfe, que les alluvions ont comblé. C'est pour cette raison que, près de Saigon, on trouve dans le sol des bancs de corail. Mais à mesure que la Cochinchine s'élevait, elle détournait vers l'ouest les eaux du Mékong, qui ont changé leur cours et ont été se [lîéler à celles d'un cours d'eau par lequel le lac du Cambodje >e déversait jadis isolément.

§ 2. Le lac du Cambodje. — Ce grand lac, dont la superficie est trois fois plus grande que celle du lac de Genève, ?t qui riche en j)oi8sons fait vivre sur ses bords une population de plus de 30000 pécheurs, communique aujourd'hui %\ec le Mékong, aux débordements duquel il sert pour ainsi lire de soupape du sûreté : quand les eaux du fleuve sont

basses, le lac s'écoule dans son lit et tend à se déverser pv le Mékong ; quand les eaux du fleuve sont hautes, leur débo^ dément sur le pays est limité par un renversement dmsk sens du courant de communication du lac au fleuve; c'est k fleuve qui se déverse dans le lac.

II. Climat. — L*année se partage en deux saisons : uzr sèche, c'est l'hiver, qui commence en décembre et finit ri avril. C'est la mousson du N.-E. ; pendant 4 mois il ne tom*> pas une goutte d'eau ; la végétation est arrêtée, le pays inifformé en une savane jaunâtre. L'autre saison est la s:i:>:: humide, été ou hivernage, qui correspond à la mousson d« S.-O., d'avril à décembre. Aussitôt que cette saison commence. le pays change d'aspect et la végétation, sans égaler celle du Brésil ou des Antilles, devient luxuriante. Contrairemen: à ce qu'on pourrait supposer, le maximum de température ne correspond pas ici à l'hivernage, parce que la pluie est alors assez abondante pour modérer la chaleur; il correspond u mois d'avril : il fait en efiet déjà chaud et la sécheresse €s: encore considérable.

Les mois, qu'il est préférable de choisir pour arriver, sont les mois de janvier et de février.

L'humidité de Tair est environ 5 fois plus considérabie qu'en France et le degré moyen de l'hygromètre est de SV.

§ 1 . Saliibrité. — Ces conditions semblent devoir donner à la Cochinchine une insalubrité très marquée; le climat est cependant devenu beaucoup plus sain que celui de llode, et Saigon notamment, avec sa petite altitude de 15-20 mètres, est beaucoup plus sain que la plupart de nos colonies de U zone torride. Hienhoa est également sain. Mytho est malsain; il est désirable que les garnisons y soient renouveléas fréquemment. L'endroit le plus sain de la Cochinchine est le cap Saint-Jacques.

L'insalubrité de la Cochinchine a d'ailleurs bien diminue.

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1861 ; je ci a&aee», oeues qmi sii£-

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1861, Bortaiilé ll^fMrtaOL

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