‹ La colonisation scientifique et les colonies françaisesChapitre 89 sur 122 · T9, - KS · texte numérisé non relu

T9, - KS

La mortalité mojemie, en teoant compte de tontes les . aimées, est de 4,82 <>/o.

A quoi faat-il attribuer ce progrès f A plusieurs causes dont les principales sont la cessation des expéditions militaires, la plus grande rapidité du rapatriement, la diminution du temps ^ de séjour et enfin les progrès de l'hygiène ainsi que Texp^ rience que nous arons prise du pays. Cela montre une fois de plus, que la colonisation n a qu*à gagner i prendre la science pour guide.

§ 2. Maladies. Hygiène et prophylaxie. — Il importe de connaître les principales maladies, auxquelles TEuropéen se trouve exposé dans notre colonie, ainsi que les moyens les plus propres à les prévenir par Thygiène.

La dysepiterie cause les 2 5 de la mortalité générale. Pour se mettre le plus possible à Tabri de cette maladie, ainsi que d'un grand nombre d'autres et des dan^'ereux parasites, dont les germes abondent dans les eaux, il importe de ne boire autant que possible que de Teau bouillie; c'est ainsi que les indigènes ne boivent que du thé. Il est essentiel au moins de ne jamais boire que de Teau filtrée; le filtre à charbon est toujours le meilleur.

Le choléra apparaît généralement en mars et cesse bmqueinent au mois de juin. Il naît vraisemblablement dansi delta du Cambodje comme dans le delta du Gange. Il atleii*. beaucoup plus fréquemment les Annamites que les Enrcr \ péens ; il a du reste peu de tendance à prendre une alIiL*» épidémique.

La diarrhée parasitaire^ due à la présence d^angui Haïti dans rintestin, est une des plaies de la Cochinchine. On j prend non seulement en buvant Teau non filtrée, mais. > qu'il est moins facile d'éviter, en mangeant les l^umes arrosés par Teau limoneuse. Le régime lacté, qui rend les foron au malade, en même temps que le parasite trouve la mctr: dans le lait, comme on le voit sur la plaque du microscope. lorsqu*on verse sur lui une goutte de ce liquide, a rendu pis d'un service à nos marins. '

Impaludisme, — La malaria est moins fréquente en C chinchine, qu'on pourrait d abord le croire. Elle sévit d ailleui* moins sur les côtes et dans la basse Ck>chinchine, où le ri ifl cultivé d'une manière en quelque sorte intensive, que ddi? les parties boisées et point ou peu cultivées de la haute Cochinchine.

La fièvre typhoïde figure dans le catalogue des mala^i.-.? de notre colonie. C est là une exception, car elle nexii'.e | guère dans les autres; elle est même, ici, particulièremeL: grave.

Ulccre de Cochinchine. — Sous ce climat, la malpM'- ])reté des indigènes aidant, la moindre plaie devient le point de départ d'une ulcération, qu'on nomme aussi plaie anu> . mitCy parce que c'est sur les indigènes qu'on l'observe le pic? ' fré(iuenHnont(iuoi(iue non exclusivement; elle prend au mon* rarement, chez l'Européen, un caractère aussi grave que chr: les Annamites. L'ulcère annamite figure pour 22 "/o, parfcmême pour 30 "/o, parmi les maladies traitées à l'hôpital.

11 convient d'ajouter à cette liste la phtisie^ qui prend uLr | marche rapide: Vanrmie, qui est générale chez les Eun

FAUNa ET PLORB. 383

et mteie fréquente chez les Annamites. Enfin Vinsolatkm; il importe pour Téviter de porter ces casques légers, njoard'hni répandas dans les pays chauds et de garantir tTec soin la nuque contre les rayons trop ardents du soleil. Les indigènes ont en quelque sorte la spécialité des ophtalmies^ de la variole et de la lèpre^ pour laquelle, mieux aTisés que les Européens actuels, ils pratiquent l'isolement.

III. Faunb bt flore. — § 1. Faune. — Le tigre n'est pas aussi abondant ici que dans l'Inde; néanmoins, dans le leiil arrondissement de Baria, le nombre des victimes a été de 4 en 1872, de 9 en 1873, de 7 en 1874, de 8 en 1875, de S en 1876, de 6 en 1877, soit de 39 en 6 ans, soit une noyenne de 1 individu mangé par le tigre sur 3 631 habitants. Les Annamites en ont une frayeur épouvantable ; ils ne prononcent son nom qu'en tremblant, car cola porte malheur et, lorsqu'ils le font, c'est en lui donnant du monsei^ jneur avec les marques du plus profond respect.

L'éléphant et le buffle sont abondants; ce sont du reste lans ces régions deux auxiliaires indispensables.

On chasse également la panthère, le rhinocéros, le sanglier. Les serpents sont très abondants ; on les rencontre k Saigon jusque dans los maisons. Los Annamites sont grands imateurs de la chair du crocodile.

Les moustiques sont un véritable fléau; ils ont, heureusenent pour Thomme, un ennemi terrible dans un autre insecte, ju'on désigne sous le nom de margouilla. Aux moustiques loivent se joindre des légions de cancrelats, de scorpions, le fourmis.

§ 2. Flore. — La Cochinchine est avant tout une vaste 'izière. C'est en faisant allusion à l'abondance de celte C4*réale lommée le blé de l'Orient, qu'on a donné à notre colonie le lom de Beauce de f Orient.

Les grands arbres ne manquent pas, mais les arbustes

abondent surtout et la végétation est caractérisée par la font

en boule.

Parmi les principaux végétaux il convient de citer ks tamariniers, manguiers, jacquiers, figuiers banians, bioiniers, ananas, le tabac, les arachides et les plantes diverses qu'on désigne sous le nom de bétel.

IV. Population db l'Indo-Chine. — La population de la Cochinchine se compose de 1 549 497 habitants, qui se

décomposent ainsi :

Indigènes 1 484 506

Asiatiques étrangers 64 027

Français I 825

Européens divers 139

ToUl 1549497

Les indigènes méritent être étudiés ayec quelque détail : on distingue entre eux les Annamites^ les Cambodjiens et les sauvages^ expression confuse sous laquelle on englobe nn grand nombre de populations; d'ailleurs, comme Tétude ds indigènes de la Cochinchine peut être di£Scilement faite d*Qoe manière spéciale et que, pour être complète, elle doit être nitachée à celle des indigènes de Tlndo-Chine tout entière. comme, d'ailleurs, notre extension dans toute la presqu ile indo-chinoise est une affaire de temps et que c'est en Indo- Chine, que se trouve VInde française de l'avenir, c'est un exposé sommaire de l'état de la population indigène de llndo- Chine, que le lecteur va trouver ici. Or rien n*est compliqQê comme l'histoire de cette population : la population autochtone a presque complètement disparu par absorption ou par refoulement ; les envahisseurs ont été nombreux ; leurs groupes se sont plusieurs fois mêlés avec des groupes diflerents et séparés de groupes semblables; enfin, ainsi qne cela s'observe souvent dans l'histoire même contemporaine

POWULTÈBBÊ WÊL 1» SOfO-^KOf^

r Asie, les eonqwmte» ki « leors peuples dsBs mmt frormat ikéçuit. # II sHsUe, le D*" Hamuuid, qui ooBBiit ci îiies oa yt^nùaXkmi^ qv'sM lie tour de Babel se woiiècrtmuàt ÔMm m^ thImi ds MtàoD^ la Salouem, de Unanaddr. oum**aiil de ses déiris diaf*' es toute llnde tnmÊgamgàûqut^ îliA^CkiiMt et i(s sr^

I 1. Noirs. — Il paraît assez pnnsôiiiL ym: h yifp^ùtâàfm tochtone fut de raœ ooire^ Pinaîesn T'^a^fTim '.ml fim^ rouTer les restiges de ftemfkt xirjs%. i CMfveBz Imms et i me dolicocépbale dai» let iri'mii Htvrii^^ tfui t^/ift d«s^ ées d*ane manière ge&éraMr wjob m: j**jm de Mvs : «uait 4!>hi irs ont été surtoot repcNHS» dan» î» arôu^tûii t'amm et i Ktrémité de la ffrtaquiie ôtt MaîMm.

II n*est pas impossible, çst m% J^^A^m 4^ Iks Aa4s' LD, nègres brachroépbal€s s d^frr^rirx rr^fjmt. w/it^X tc^t^ îmes les derniers Testiget d'ci*e n^»r hfeyrri*/j r*A*j^]m pv ; inyasions sncoessÎTes.

§ 2. Mongols et Malais. — C^^t iscr ob fvftdis h^nt^ ^wn sont superposées les zlluryAa Lz^xAiSMst. ^jm Ujrmtmi joord'hui la population. k^ïur.^Ajk ^iyjr\J^% du Ti\^i y%r \ grands fleuves qui en de^x^'S^t. ^-jalv^ ir/iit itik \ê% uvions de sable, qui forzn^^t > n/A KjfUj/h ^j^, VmUm Um liées de Ilndo-Chine. Il »uffi: 4-^ r^> -i^r ^>ut U-» ^ifux »tjr ie carte de la presqu'ilff mi'j^,uiu^j.M: yy^r r/jUiyn^tArt^, mment < ces chemins qui marchent > orit pQ d«f(^/Kfr «ur Sërents points I^ enrahisseurs. qui >.'iiXxit^ii Uw*^ k |i^r urant : cinq grands fleures ravoûoeûl ^n ffli-t autour du d-est tibétain et du Yunnan comme d'un o^ritre et sont parés par des chaînes de mootag^nes, qui rayonnent ellesfrmes autour du Yunnan; lorsquen lisant une carte de luche i droite, ou mieux de l'ouest i Test, on cherche sucssivement leurs erobouchurc-s dans le golfe du Ilengal6« dans

384 COCHINCHIME.

abondent surtout et la végétation est caractérisée par la forme

en boule.

Parmi les principaux végétaux il convient de citer ks tamariniers, manguiers, jacquiers, figuiers banians, bioiniers, ananas, le tabac, les arachides et les plantes divenes qu'on désigne sous le nom de bétel.

IV. Population db l'Indo-Chine. — La' population de la Cochinchine se compose de 1 549 497 habitants, qui «

décomposent ainsi :

Indigènes 1 484506

Asiatiques étrangers 64 027

Français i 825

Européens divers 139

ToUl 1549497

Les indigènes méritent être étudiés avec quelque détail : on distingue entre eux les Annamites^ les Cambodjiens et les sauvages^ expression confuse sous laquelle on englobe un grand nombre de populations; d'ailleurs, comme Tétude des indigènes de la Cochinchine peut être difficilement faite d*uDe manière spéciale et que, pour être complète, elle doit èti^ rattachée à celle des indigènes de Tlndo-Chine tout entière: comme, d ailleurs, notre extension dans toute la presqu'ile indo-chinoise est une affaire de temps et que c'est en Indo- Chine, que se trouve VInde française de Tavenir, c'est un exposé sommaire de Tétat de la population indigène de l'Indo- Chino, que le lecteur va trouver ici. Or rien n'est compliqué comme Thistoire de cette population : la population autochtone a presque complètement disparu par absorption on par refoulement ; les envahisseurs ont été nombreux ; leurs groupes se sont plusieurs fois mêlés avec des groupes difleronts et séparés de groupes semblables; enfin, ainsi que cola s'observe souvent dans l'histoire même contemporaine

POPULATION DB l'iNDO-GHINB. 385

de TAsie, les conquérants, les despotes transportent Tolontiers leurs peuples dans une province éloignée. < Il semble, dit le D^ Harmand, qui connait si bien ces populations, qu'une Traie tour de Babel se soit écroulée dans les vallées du Mékong, de la Salouem, de Tlraouaddy, couvrant de ses débris disparates toute rinde transgangétique, Tlndo-Chine et les archipels. »

§ 1. Noirs. — Il parait assez probable, que la population autochtone fut de race noire. Plusieurs voyageurs ont pensé retrouver les vestiges de peuples noirs, à cheveux lisses et à crâne dolicocéphale dans les tribus sauvages, qui sont désignées d*une manière générale sous le nom de Mois; mais ces noirs ont été surtout repoussés dans les archipels voisins et à Textrémité de la presqu'île de Malacca.

Il n*est pas impossible, que les Négritos des lies Ândaman, nègres brachycéphales à cheveux crépus, soient euxmêmes les derniers vestiges d*une race négrito refoulée par les invasions successives.

§ 2. Mongols et Malais. — C'est sur ce fonds noir, que se sont superposées les allu viens humaines, qui forment aujourd*hui la population, alluvions apportées du Tibet par les grands fleuves qui en descendent, comme 1 ont été les alluvions de sable, qui forment le sol même de toutes les vallées de llndo-Chine. Il suffit du reste de jeter les yeux sur une carte de la presqu'île indo-chinoise pour comprendre, comment € ces chemins qui marchent » ont pu déposer sur difl*érents points les envahisseurs, qui s'étaient livrés à leur courant : cinq grands fleuves rayonnent en eflet autour du sud-est tibétain et du Yunnan comme d'un centre et sont séparés par des chaînes de montagnes, qui rayonnent ellesmêmes autour du Yunnan; lorsqu'en lisant une carte de gauche i droite, ou mieux de Touest à l'est, on cherche successivement leurs embouchures dans le golfe du Bengale, dans

le golfe de Siam et dans le golfe du Tonkin, qui limitent successivement de Touest à l'est la presqu*ile indo-chinoise, on trouve d'abord Tlraouaddy, qui coule du nord au sud et se termine dans le Pégou par plusieurs bras, sur Tun desquebest Rangoum; la Salouem; le Mé-Nam, qui se jette à Bankok dans le golfe de Siam ; le Mékong ou Cambodje, qui se termine dans le Cambodje et dans la Cochinchine; enfin le Song-Kol ou fleuve Rouge le plus court de tous, celui dont le cours se relève le plus vers Test et qui se jette dans le golfe du Tonkiog.

Par le Mékong et par le Mé-Nam sont descendus les Laotiens, les Siamois et les Thaïs.

Les Laotiens habitent aujourd'hui, sous des noms diffé* rents, sur chaque rive du Mékong, mais surtout dans le Laos. Le Di* Harmand, M. C. Bock et la plupart des récents vorageurs en font des Malais continentaux : au lieu de supposer, en effet, une invasion du continent par des Malais partis en barque des iles qui Tentourent, il est plus Traisemblable de supposer un mouvement contraire d'expansion des Malais continentaux, qui s est poursuivi jusque dans les iles. On peut dn reste expliquer la presque identité entre les Malais continentaux et les Malais insulaires, en supposant que ces deux groupes frères, d'abord réunis, à une époque où Sumatra et Bornéo étaient reliés à la terre ferme, ont été plus tard séparés, comme le sol qu'ils habitaient. C'est de même, que les poissons d'eau douce des iles malaises ressemblent à ceux de rindo-Chine, nouvelle preuve d'une communication ancienne. Quoi qu'il en soit, les Laotiens ont les plus grands rapports avec les Dayaks de Bornéo; leur langue a la plus grande analogie avec le malais et, fait qui doit attirer notre attention, leur écriture se rapproche de l'écriture, qu'on nomme khmer et qu'on trouve sur les ruines cambodjiennes d'Angkor. Plus d'un ethnologiste se demande donc, si ces Laotiens aujourd'hui relégués au nord du Cambodje ne sont pas, plus que les sujets actuels du roi Norodom, les descendants directs des constructeurs d'Angkor.

POPULATION DE l'iNDO-CIIINE. 387

Leur peau est plas claire que celle des autres populations de rindo-Chine et notamment que celle des Cambodjiens actuels; le D^* Harmand les dépeint comme causeurs, vaniteox, na'ifs et rusés tout à la fois. Ils sont du reste complètement infériorisés par la religion bouddhiste : le 1/8 de la population mâle endosse la robe jaune des bonzes et croupit dans les bonzeries, vivant d*aumône, dans la paresse contemplative. La plupart des populations laotiennes se pratiquent sur les cuisses d'immenses tatouages, à dessins compliqués, représentant des animaux fantastiques et des tigres, des éléphants, des vautours, des chauves-souris, des rats, des pigeons et même des nuages.

§ 3. Malais continentaux. — Un royaume malais couvrait jadis une grande partie de Tlndo-Chine : c'était le Tsiampa ou Ciampa ou pays des ChamSy qui s'étendait jusqu'au Tonkinget même jusqu'au Kuang-Si. D'après le D^ Harmand ce sont ces Malais qui partis de rindo-Chine auraient plus tard colonisé les Iles. D'ailleurs c'est aux i\« et xii« siècles, que ce royaume atteignit son apogée et au xvp siècle une princesse Chiampa était reine de Java. Ils ont été politiquement détruits par les Annamites, avec lesquels ils soutinrent pendant 12 siècles des luttes mémorables. Il y eut des alternatives de succès, pendant lesquelles les doux races ont dû réagir Tune sur l'autre; mais aujourd'hui les Malais ont disparu politiquement non sans laisser des tMupreintos indélébiles dans les traits mêmes de la race victorieuse. < Pour moi, dit M. Harmand, qui ai retrouvé partout les indices du sang malais, je suis certain que l'Indo-Chine a été colonisée presque entièrement par des Malais. »

Le royaume malais n est plus représenté que par des groupes dits sauvages, qui sont disséminés dans la vallée du Mékong, les Chams, les Piacks, les C/inrais, les Penongs. Ces Chams ou Imïs disséminés au Cambo<lje, à Chaudoc, à Tay-Ninh, au nord de Saigon, ont une écriture javanaise.

le golfe de Siam et dans le golfe du Tonkin, qui limitent successivement de Touest à Test la presqu'île indo-chinoise, on trouve d'abord Tlraouaddy, qui coule du nord au sud et se termine dans le Pégou par plusieurs bras, sur Tun desquels e^i Rangoum; la Salouem; le Mé-Nam, qui se jette à Bankok dans le golfe de Siam ; le Mékong ou Cambodje, qui se termine dans le Cambodje et dans la Cochinchine; enfin le Song-Kol ou fleuve Rouge le plus court de tous, celui dont le cours se relève le plus vers Test et qui se jette dans le golfe du Tonking.

Par le Mékong et par le Mé-Nam sont descendus les Laotiens, les Siamois et les Thaïs.

Les Laotiens habitent aujourd'hui, sous des noms diffé* rents, sur chaque rive du Mékong, mais surtout dans le Laos. Le Di* Harmand, M. C. Bock et la plupart des récents vorageurs en font des Malais continentaux : au lieu de supposer. en effet, une invasion du continent par des Malais partis en barque des iles qui Tentourent, il est plus vraisemblable de supposer un mouvement contraire d'expansion des Malais continentaux, qui s*est poursuivi jusque dans les iles. On peut do reste expliquer la presque identité entre les Malais contineih taux et les Malais insulaires, en supposant que ces deux groupes frères, d'abord réunis, à une époque où Sumatra et Bornéo étaient reliés à la terre ferme, ont été plus tard séparés, comme le sol qu'ils habitaient. C'est de même, que les poissons d'eau douce des iles malaises ressemblent i ceux de rindo-Chine, nouvelle preuve d'une communication ancienne. Quoi qu'il en soit, les Laotiens ont les plus grands rapports avec les Dayaks de Bornéo; leur langue a la plus grande analogie avec le malais et, fait qui doit attirer notre attention. leur écriture se rapproche de l'écriture, qu'on nomme khmer et qu'on trouve sur les ruines cambodjiennes d'Ângkor. Plus d'un ethnologiste se demande donc, si ces Laotiens aujourd'hui relégués au nord du Cambodje ne sont pas, plus que les sujets actuels du roi Norodom, les descendants directs des constructeurs d'Angkor.

POPULATION DE l'iNDO-CHINE. 387

Leur peau est plus claire que celle des autres populations de rindo-Chine et notamment que celle des Cambodjiens actuels; le D'' Harmand les dépeint comme causeurs, vaniteux, naïfs et rusés tout à la fois. Ils sont du reste complètement infériorisés par la religion bouddhiste : le 1/8 de la population mâle endosse la robe jaune des bonzes et croupit dans les bonzeries, vivant d*aumône, dans la paresse contemplative. La plupart des populations laotiennes se pratiquent sur les cuisses d'immenses tatouages, à dessins compliqués, représentant des animaux fantastiques et des tigres, des éléphants, des vautours, des chauves-souris, des rats, des pigeons et même des nuages.

§ 3. Malais continentaux. — Un royaume malais couvrait jadis une grande partie de Tlndo-Chine : c'était le Tstampa ou Ciampa ou pays des Chams^ qui s'étendait jusqu'au Tonkinget même jusqu'au Kuang-Si. D'après le D^ Harmand ce sont ces Malais qui partis de rindo-Chine auraient plus tard colonisé les lies. D'ailleurs c'est aux ix« et xii« siècles, que ce royaume atteignit son apogée et au xvp siècle une princesse Chiampa était reine de Java. Ils ont été politiquement détruits par les Annamites, avec lesquels ils soutinrent pendant 12 siècles des luttes mémorables. Il y eut des alternatives de succès, pendant lesquelles les deux races ont dû réagir l'une sur l'autre; mais aujourd'hui les Malais ont disparu politiquement non sans laisser des empreintes indélébiles dans les traits mêmes de la race victorieuse. « Pour moi, dit M. Harmand, qui ai retrouvé partout les indices du sang malais, je suis certain que l'Indo-Chine a été colonisée presque entièrement par des Malais. »

Le royaume malais n*est plus représenté que par des groupes dits sauvages, qui sont disséminés dans la vallée du Mékong, les Chams, les Piacks, les Charais, les Penongs. Ces Chants ou Iajïs disséminés au Camboilje, à Chaudoc, à Tay-Ninh, au nord de Saigon, ont une écriture javanaise.

d88 COCHINCHINE.

M. Harmand a fait des Piacks une excellente étude : leur peau est brune, leurs cheveux sont gros, ondulés, noirs; les hommes même les portent longs, en chignon sur Foccipnt. Hommes et femmes ont les oreilles percées et chargées d'ornements, qui par leur poids attirent le lobule de Toreille, sons forme d^une mince lanière, jusque sur la poitrine. Leur idiome est malais ainsi que celui d*un grand nombre des populations sauvages de Tlndo-Chine, qui sont répandues dans les montagnes. « En somme, dit le D^ Harmand, c*e8t dans l«s montagnes indo-chinoises et non plus i Sumatra, qu*il fandn chercher Torigine d*un peuple, qui a joué le rôle le plus important dans rhistoire de TOcéanie occidentale. » Ces Malais continentaux ont eu d*autres destinées que les Malais insulaires; vivant dans d*autres milieux, ils se sont croisés avec des races différentes, de telle sorte qu'ils différent aujourd'hui plus sans doute des Malais insulaires, qu'ils s'en distinguaient dans le passé ; mais les plus grands rapports sont encore sensibles entre ces sauvages des montagnes de llndo-Chine et les populations de Bornéo.

€ Tout tableau, dit le D^* Harmand, qui renfermera les races de Tlndo-Chine proprement dite en laissant de côti celles de la Malaisie, sera forcément incomplet. Il faut faire entrer dans un cadre unique tous les pays des deux péninsules malaise et indo-chinoise, tous les territoires qui font partie de cette grande province zoologique de Wallaoe et de Ch. Lyell, qui comprend outre le continent, depuis le bassin du Brahmapoutre jusqu*au fleuve du Tonking en passant par le coin oriental du Tibet, tout le périmètre qui sépare Sumatra, Java, Bornéo, les Philippines, Haïnan, les Célèbes et les Moluques. » Au surplus, ajoute-t-il, c ces deux grandes presqu'îles, qui avancent au devant des lies qui les entourent pareilles à deux longues jetées dans un port immense, senablont admirablement disposées pour favoriser l'émigration du continent vers les lies, et le peuplement de l'archipel de Java, Sumatra et Bornéo nous réserve bien des surprises. »

POPULATION DB L*INDO-CHINE. 38d

§ 4. Jaunes. — > Sur un fonds de population plus ou moins noire, océanienne et malaise, qui constitue la première couche et la plus ancienne de ces superpositions ethniques, des inyasions jaunes venues par les vallées ont fondé le royaume de Thays^ détruit plus tard par les Aryens ; ce sont ces peuples jaunes, qui ont ajouté, par croisement, Tœil bridé, les paupières supérieures épaisses, les pommettes saillantes aux caractères des Malais antérieurs et aux quelques éléments noirs, que les Malais n'avaient pas détruits et qui avaient été refoulés sur Malacca et dans les îles.

§ 5. Aryens. — La superposition du Malais sur le noir et du jaune sur le Malais ne donne pas encore Tidée de la mixture complète, que tous ces éléments inégalement dosés ont fini par former et qui représente la population indo-chinoise.

Les mêmes vallées, qui avaient donné accès aux races jaunes, virent venir cette fois des Aryens, des blancs. Ils venaient de rinde, d*où ils apportaient avec le bouddhisme, une civilisation raffinée; ils descendent la vallée do Mékong et fondent, dans le Cambodje, en se mêlant à la population malaise, le royaume Khnier. Us y bâtissent des monuments grandioses, véritables poèmes de pierre où la mythologie, la légende et Thistoire se trouvent représentées par des figures colossales et expliquées par des inscriptions; partout Ti mage colossale de Bouddha, du Naja sacré, les danses de Tlnde et le type même des danseuses rappellent les populations indoues actuelles. Les bayadères contemporaines reproduisent encore, fidèles à une tradition qui ne s*est pas encore perdue, les mouvements, les gestes, les attitudes, que le sculpteur a représentés. Les principales de ces ruines sont situées dans le Cambodje, derrière le grand lac d'Angkor-Waat. Nous ne connaissons que peu de chose de leur date. Nous savons seulement que, lorsqu'au xiip siècle les Mongols envahirent la Chine, un ambassadeur chinois fut envoyé au Cambodje : il fut émerveillé i la vue de tours en or, de portes colossales, de statues

390 COCHINCHINB.

nombreuses et fit à son souverain une description enthoosiaste, qui a été retrouvée et traduite par M. de Rémnsat.

Que se passa-t-il dans les siècles suivants? Nous Tignorons; toujours est-il, qu'en 1570, Mancenado raconte la découverte mystérieuse, qui vient d être faite dans les forêts du Cambodje de ruines, dont les habitants eux-mêmes ignoraient TexisteDoe et sur la nature desquelles ils n'avaient pas la moindre tradition. Mais elles ne sortaient un moment de l'oubli» quepoar y retomber et Tétonnement, même pour les habitants, fut tout aussi grand qu'au xyi© siècle, lorsqu'en 1861 Mouhot déooavrit Angkor-Thown, Tancienne capitale des Kmers, et Angkor- Watt, la Jérusalem du bouddhisme.

Ues ruines semblables ont été trouvées à Java (Bouroo- Bou Jour) ; sur la côte de la Cochinchine à Binh-Thuan, à Plinon-Boc et à Phnon-Coulen M. Delaporte a rencontré d» statues gigantesques; à Ca-Keo, à Prakone il a trouvé des tumuli, des pyramides, des tours, des ponts, des enceintes flanquées d*ornements fantastiques. Tout dénote donc une civilisation avancée : Tornementation de ces monuments rappelle même celle de la Renaissance. En Birmanie certaines ruines ont montré à M. Yule le véritable chapiteaa ionique. Nous ne connaissons pas encore le sens des inscriptions. Le professeur Kern en a pu en déchiffrer quelquesunes : Talphabet employé, sinon pour toutes les inscriptions au moins pour un certain nombre d*entre elles, est l'alphabet /iawi\ qui est en même temps l'ancien système d'écriture de Java, et la langue employée est le sanscrit. Parfois ce sont <lcs caractères kalinga. Dans d^autres types d'inscriptions le professeur Kern peut lire les caractères, toutefois ne connaissant pas la langue, dans laquelle Tinscription est tracée, il ne peut jusqu'ici en donner la signification.

On n*est en somme pas d accord sur la date probable de ces

constructions : elles semblent cependant dater de l'époque, ou

eut lieu la grande propagation extérieure du culte de Càkya-

li, c'est-à-dire environ du second siècle avant Jésus-Christ.

ac :L"3a»î-aE3«. 3»!

cai^ctcrâe rctkBopHH âM><âi2KSB». <ss â pcK prs cofit s«r œloi de ïlmdamt : c'ctt a miîsmt fs^ieraaES;»» ée jaaae s«r noir, pois de hlmmz star jMOit: xx àfaei; spâesiL TciéflMAt malais, fait «ai ia iîftfcsise toLsiàîrùie des devx popala- Uoiis. Mais, â ne oenaiw^ «yoçK^ âe r^2s&9c?e« la destiaêe de la née arjrcmae ea Is^chC^:^» fci icvi aaireqaedias Ilade : tandis qne daas FLaie ja race arr€&2ie «iS res^ prêfOMiêrante et qn'elle tâeal sa-^eHocs i'eî> i» races oottqaîKS pins OQ moias fliayVff, Cà.£» Il^io^l&isifr «e ■fhirr a été complet, total ; il a «ickÀè ks uas^ts^ : il t a pCiis : la snpr^ matie est reTeaae aax Jaaaes e; aax Mila^ dont ks déments ont {»is leor reraaciie.

Le people thaïs* qai arait élê ba:;a par ks Arreiis. seooaa le j<Mig et enTahit le Cambaije aa xiii* saède. Les Laotiens récupèrent lenr in^iêpendance ; les Siamois enrahissent le Cambodje ao nord et an xtii« si^ick il n'est plus qnestion des Kbmers. L^s Annamiles font dans l'est, ce que ks Laotiens et les Siamois foat â Tooest : après axotr détruit Tancien royaume malais de Ciampa, ils enrahissent à leur tour Tancien roraume des Khmers.

Quant au peuple arren lui-même, il est foudu et disparaît. On n'en retroure plus le trpe que parmi les gardions de répée sacrée du roi.

Un certain nombre de Tojageurs prétendent cependant aToir retrouvé les Arrens dans une condition^ où Thistoire nous les représente rarement, celle de sauvages et même d'esclaves. Un certain nombre de tribus auraient seules survécu i la civilisation aryenne et, tandis que les ruines des monuments de leurs pères s'écroulaient dans les forêts, euxmêmes auraient dans les montagnes subi la dégradation du temps et rétrogradé dans la sauvagerie.

Nous connaissons mal ces sauvages; il est d'ailleurs aujourd'hui prouvé, que les noms avec lesquels on a construit leur liste ne sont souvent que les appellations diverses d*un

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même peuple ; on a enân trop longtemps méconna Torigme malaise de la plupart d'entre eux ; néanmoins les Stiengs. entre 11'' et \6^ latitude nord, les Lolos^ les Quan-dés^ aujourd'hui réfugiés dans les montagnes, sont des hommes vigoureux, au profil droit, aux jeux non obliques, an net busqué; leurs traits sont caucasiques et on retrouve chez eu le type, qui a été figuré par les Aryens sur leurs monumeoU d'Angkor. M. Janneau, qui a attiré un des premiers TattentioD sur ces sauvages aryens, a montré combien il serait important de faire cesser la traite des blancs dont ils sont Tobjet.

§ 7. Cambodjiens. — Il ne faudrait pas chercher dans le Cambodje, Tancien pays des Khmers, les descendants des Khmers qui out construit Angkoor. Les Cambodjiens actuels descendent de ceux, qui ont remué avec leurs bras de vaincus les pierres dont Angkoor a été faite, mais non des architectes qui ont pensé, voulu et créé la grande cité. La nation cambodjienne, dit le D' Harmand, est formée d*une on de plusieurs nations sauvages de Tlndo-Chine, des Eouys et de leon voisins ayant, sous Tinfluence de circonstances inconnues, pris plus d'importance que d'autres. Subjugués par les Aryens, qui ont apporté leurs mœurs, leur langage, leurs contâmes et qui se sont servis d'eux pour élever leurs monuments, les Cambodjiens ont absorbé à la longue leurs conquérants peu nombreux et sont retombés dans la barbarie. Il y a deux siècles ils étaient possesseurs de toute la basse Cochinchine, d'où ils ont été chassés par les Annamites leurs ennemis irréconciliables. Les Cambodjiens sont, avant tout, les hommes de U forêt : grands, robustes, mais apathiques et lents, ce sont, malgré tout, de meilleurs travailleurs que l'Annamite. Us ont domestiqué l'éléphant, ce que l'Annamite ne fait pas. Ils ont la plus grande ressemblance avec certains sauvages de rindo-Chine centrale et méridionale d'une part, de l'autre avec les sauvages de Bornéo : mêmes armes, mêmes instruments de musique, même genre de vie.

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L'Annamite est généralement défiant, fourbe, canteleui mais très poli du reste, obséquieux même ; il aime le jeu aiec passion ; le D^ Harmand, qui connaît bien ce peuple, s exprime ainsi : « Son esprit est moins fixe, plus mobile, plus ouTen aux importations étrangères, plus perfectible que celui do Chinois, plus jeune en un mot, plus sceptique et même plus crédule en même temps. Mais cet être complexe présente en même temps les vices des vieilles civilisations tyranniques. >

Ce peuple supérieur à tous ceux qui habitent avec lui rindo-Cbine présente de réelles qualités : il est courageux. mais il aime par-dessus tout la paix et ses bienfaits; il cherche à s'instruire et le livre se trouve jusque dans les mains da pauvre; il présente une grande aptitude à l'industrie et surtout à Tagriculture : la propriété en Cochinchine est très divisée et la petite culture très florissante. Plus fin, plus mobile d*humeur, plus susceptible d'enthousiasme que le Chinois, TAnnamite présente à un point assez élevé ce que nous nommons dans nos sociétés modernes, à qui pourtant il manque encore trop souvent, le sentiment démocratique; les fonctions publiques, ici comme en Chine, sont accordées au mérite plus souvent qu'à la faveur : on vit par exemple, lorsque nous occupâmes la Cochinchine, la vice-royauté confiée à un noble caractère, à un plébéien, qui avait nom Phan-Than- Gianh et qui était arrivé, par son seul mérite, de rextréme pauvreté à la plus haute situation.

Phan-Than-Gianh avait le cœur au niveau de sa situation et, lorsqu'il lui fallut signer au nom de sa patrie le traite, que lui dictait l'amiral Bonnard et qui livrait à la nôtre les trois premières provinces de la Cochinchine, il s'empoisonna.

Au milieu d'une organisation hiérarchique du pays extrêmement centralisatrice en apparence et semblable i la nôtre par ses préfets (Phu), ses sous-préfets (Hyen), ses cantons et ses communes administrées par un maire, l'Annamite jouit d'une sage décentralisation basée sur l'autonomie de la commune et de la province.

POPULATION DE l'JNI>0-CHI!«K. l'HiO

Comme le Chinois rÂonamite est sans religion, suiMi nu soni-ce pas les hommes les plus intelligenU, qua Um iiiiaisioiinaires catholiques amènent à eux. Ce qui airàcUsrm l'orna nisation annamite et ce qui fait sa valeur id Ma (ort*^*, <:Vail lUi qae M. Le Myre de Villers a nommé, avec rain^iii, l« rolltu" iicisme familial. L*Ânnamite comme le Chinois ''ut 4nu nemment laïque et civil : il est ainsi également à l'at/ri Ju militarisme et de la religiosité.

§ 9. Chinois. — Les Chinois sont nombreux i'n In'l'/- Chine. Dans la Cochinchine seule ils v^nt au uomhru tU 60000 environ. Cholen, sur 50(XX) habiUnU, o/nii^tu 10000 Chinois. Partout ils servent A'itiUtntMinin'H nui m les Européens et les indigènes, qui, eux, n'ont aucune s|/lj tude pour les affaires. Le commerce est t/>ut entu^r dan» liur» mains : laborieux, industrieux, constante, é^^yn^/r/ie», 6|/m« au gain, sachant parfois se content/rr d'un unua: U'nHhA:, il« vendent le plus souvent meilleur marché qu<: h» t^^nnuivr rants européens.

§ 10. Métis. — Les AnnamlUf», kt» Chiiio»*, h?, (]tim\^A jiens et les Européens sont trop s/^uvent «-n '//ntiM:!, ittmr que de nombreux métis n*aient pas pris naffeca/j':^'.

Les métis de Chinois et de htuuht: huumuiU' \t»trU*ui 1» nom de Minhoung. Ils sont nombreux <'t |i;Mfei'fit |>«/ur imutt rieurs aux deux races, qui leur ont doum'î naiti-iinM.. i)« parlent lannamite avec accent chinois ; jJj! m* nifti'nt l/i titli* sur le sommet, mais ne jK>rterit paj» d«' n:ttU' ronum* h*H (.'lu. nois; ils roulent leurs cheveux et len relêv-nt à la furon d'un chignon. On rencontre égalemeut den méli» C'hinoiM'f'am' fp'x/jiefis : les métis de Cambo^ljien et d'Annaniili» M^nl rari*s, rar les deux races sont Uiujours en hoiililitii; ou voit r«'pendant à Chaudoc un certain nombre de rnéfiii d'Annamite et de Cambodjienne; on voit enoire quelques métis de Portugais et de Camboiijienne; les métis de Krançais ot d'Annamite sont fréquents à Saï^'on; les femmes sont jolies.

L'Annamite est généralement défiant, fourbe, cauteleux mais très poli du reste, obséquieux même ; il aime le jeu avec passion; le D^ Harmand, qui connaît bien ce peuple, s'exprime ainsi : « Son esprit est moins fixe, plus mobile, plus ouvert aux importations étrangères, plus perfectible que celui du Chinois, plus jeune en un mot, plus sceptique et même plus crédule en même temps. Mais cet être complexe présente en même temps les vices des vieilles civilisations tyranniques. >

Ce peuple supérieur à tous ceux qui habitent avec lui rindo-Chine présente de réelles qualités : il est courageux, mais il aime par-dessus tout la paix et ses bienfaits; il cherche à s'instruire et le livre se trouve jusque dans les mains du pauvre; il présente une grande aptitude à Tindustrie et surtout à Tagriculture : la propriété en Cochinchine est très divisée et la petite culture très florissante. Plus fin, plus mobile d'humeur, plus susceptible d'enthousiasme que le Chinois, TAnnamite présente à un point assez élevé ce que nous nommons dans nos sociétés modernes, à qui pourtant il manque encore trop souvent, le sentiment démocratique; les fonctions publiques, ici comme en Chine, sont accordées au mérite plus souvent qu'à la faveur : on vit par exemple, lorsque nous occupâmes la Cochinchine, la vice-rojauté confiée à un noble caractère, à un plébéien, qui avait nom Phan-Than- Gianh et qui était arrivé, par son seul mérite» de l'extrême pauvreté à la plus haute situation.

Phan-Than-Gianh avait le cœur au niveau de sa situation

et, lorsqu'il lui fallut signer au nom de sa patrie le traité, que

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Jemières provinces de la Cochinchine, il s'empoisonna.

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