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LES ECOLES. — LA LANGUE MALAISE

trière et nul n*a le droit de transformer la peine de la relégation en peine de mort.

§ 5. Écoles. — Par une exception dans nos mœurs coloniales nous avons compris, en Cochinchine, que les aptitudes et les intérêts d*un grand pays conquis valaient la peine d*étre étudiés, que c*était vraiment un dommage de les confier à des gens, qui n'en n'avaient nulle idée et qui quitteraient le pays, pour avancer dans leur carrière, au moment précis où, après y avoir vécu et l'avoir étudié, ils commenceraient à le connaître. Appliquant à nos mœurs administratives l'esprit d'ailleurs excellent; moins ses exagérations, du mandarinat, nous avons fondé à Saigon un collège d'administrateurs stagiaires, pépinière de fonctionnaires étranges, inouis et non vus encore, qui seront aptes à la fonction.

Les écoles primaires et le collège indigène ont été très appréciés des indigènes. Ils y ont appris, ce que leurs mandarins eux-mêmes ignoraient, que le rotin n'est pas le plus convaincant des arguments.

L'n des meilleurs résultats de ces écoles, c'a été d'enseitrner aux Annamites à écrire leur langue en caractères latins : jusqu'alors tous les actes étaient rédigés en chinois et écrits en caractères chinois, que l'Annamite ne sait pas lire et qui no peuvent s'appliquer à sa langue.

i:i 0. Importance méconnue du malais. — Nous avons opéré d'excellentes choses en Cochinchine, mais par suite de la même erreur qui nous fait, en Algérie, enseigner et cultiver l'Arabe en négligeant le Berbère, dont l'importance sociale et politique est beaucoup plus grande, nous cultivons ici l'Annamite, mais nous négligeons la langue importante de toutes r<»s rentrées, le malais. Cependant les Chinois des diverses contré<^ du Céleste-Empire ne s'entendent souvent entre eux, dans leurs relations commerciales en Indo-Chine, qu'en parlant le malais. C est encore an moyen de cette langue, que

communiquent entre eux les habitants de Tlnde, de l'Arable. de la Perse et de l'Arménie, qui se trouvent reunis dans ks Babel commerciales de Tlndo-Chine.

« La langue malaise, disait M. Boze dans la préface d*un vocabulaire malais, la plus douce des langues orientales, est la seule usitée dans l'archipel Indien pour traiter les affaires de commerce et toutes les personnes, de quelque nation qu'elles soient, qui vont dans une de ces lies pour commercer. ne peuvent employer que cette langue, soit en la parlant elles mêmes, soit en se servant des interprètes. Elle est devenue, pour cette partie du globe, ce qu'est la langue française en Europe. Chaque peuple de ces contrées a bien sa langue particulière, que parlent les habitants de l'intérieur, mais le malais est généralement parlé sur les bords de la mer. 11 en est partout de même, à l'exception de quelques expressions locales plus usitées dans un endroit que dans un autre... »

En 1840 le naturaliste Lesson écrivait dans le Journal asiatique : « Je regarde la langue malaise comme d*une utilité première pour un peuple navigateur. Généralement parlée sur les rivages de ces grandes terres de TEst, depuis la Sonde jusqu'à la Nouvelle-Guinée, depuis les Philippims jusqu'à la presqu'île de Malacca et à Timor, elle intéresse au plus haut point nos relations commerciales. A Taide du malais nos commerçants opéreront sûrement des transactions trop souvent interrompues par le meurtre et le pillage nt'^s parfois de malentendus. Si les autres nations remportent sur nous par des s|>éculations lointaines, elles le doivent à leur possession de moyens de communication plus sûrs, à dos idéis plus arrêtées sur les mœurs, les préjugés des nations étrangères, toutes choses qui naissent de la connaissance d*ui) peuple et de ses productions littéraires, qui en sont le reflet. >

Le savant navigateur de Freycinet s'est également prononcé on favour do l'enseignement du malais et son opinion. joiiito à celle do Lesson, contribua à faire créer une chaire à Paris : € Jo ne crains pas d'avancer, avait écrit M. deFroy-

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cinet, que la propagation parmi nous de la langue malaise serait un des services les plus éminents, qu'on pût rendre au commerce et à la navigation des mers orientales. >

Aujourd'hui, du reste, un cours de malais est fait avec succès à Marseille par M. Tugault, qui s efforce avec raison d*en montrer l'importance et l'utilité à ceux qui sont destinés à devenir les agents de la France dans l'extrême Orient.

II. Culture et acclimatation. — % l. Le jardin botanique de Saïgon et la ferme expérimentale des Mares. — Le contre-amiral de La Grandière a eu le mérite de comprendre toute l'importance de l'acclimatation. Il a fondé en 1864 à Saïgon, avec le concours de M. Germain, un jardin botanique, dont M. Pierre, botaniste distingué^ eut la direction; les plantes et les graines acclimatées ou étudiées sont livrées gratuitement aux colons, qui en font la demande.

En 1875, le jardin étant d'une dimension insuffisante, le contre-amiral Duperré fonda la ferme expérimentale des Mares, d'une contenance totale qui s'est élevée progressivement à 120 hectares. Depuis sa création jusqu'au 31 décembre 1877, c'est-à-dire en moins de trois ans, la ferme des Mares a livré 141430 caféiers, 1600 manguiers, 240 tecks, 600 vacoas (Pandanus utilis), de nombreux plants d'ortie de Chine, de manioc, une quantité considérable de graines de jute, d'indigo, de café, etc., et enfin plus d'un million de plants de cannes à sucre de diverses provenances. Quant au jardin botanique il a livré, dans le dernier semestre 1877, 13 'Ml plants divisés ainsi qu'il suit : plantes ornementales 2 170; arbres de plantations 2700; arbres fruitiers 8117; en outre une quantité considérable de graines.

Il V aurait lieu de créer maintenant on Cochinchine des ftTmes modèles, qui permettraient aux Annamites, gens tous fort aptes à l'agriculture, de faire deux récoltes par an, là où ils n'en recueillent actuellement qu'une. L'agriculture en Cochinchine a du reste d'utiles auxiliaires dans plusieurs

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oiseaux, SCitrnix Burmannia^ Heterornis sericeus et //. 7/ia/aôar2*C2^5 qui abondants dans la Cochinchine française et dans bien des localités dispensent les cultivateurs de s'occuper de Téchenillage.

§ 2. Eucalyptus, — Cet arbre n'a pas encore bien réussi en Cochinchine. On a cultivé au jardin de Saigon E, gigantea^ E, piperita^ E, glaiica et E. globtilus; le glauca est celui qui semble le mieux convenir.

§ 3. Caoutchouc, — Une nouvelle source de caoutchouc a été tout récemmentk découverte en Birmanie dans une apocynée traçante, connue en botanique sous le nom de Chovannesia csculenta. Cette plante 4rès commune dans les forêts du pays est cultivée par les indigènes pour son fruit, qui a une saveur aigre, agréable. Elle rend un suc laiteux, qui donne une gomme élastique de bonne qualité. Il serait désirable, que sa culture méthodique fût tentée en Cochinchine.

î::^ 4. Vin de Cochinchine, — On désigne sous ce nom un liquide rouge, pelure d*oignon, d'une odeur agréable qui rappelle celle des vieux vins de Bourgogne, d'une saveur acide sans astringence, semblable à celle d'une bonne piquette, mais avec plus de bouquet cependant; sa composition, déterminée par M. Sambuc, est très voisine de celle des vins de France; il est fabriqué avec les fruits d'un ctssus à racines tuberculeuses. Les grappes de cette plante sont énormes oi peuvent atteindre un poids de 14 kilos. Mais il a fallu des soins persévérants pour faire perdre à ces fruits la saveur âcro et irritante, qu'ils avaient a l'origine des premiers essais (lo culture (ISfiî)). On assure, qu'à cette époque ils amenaient la rubéfaction de la peau chez ceux qui les écrasaient entre l«urs mains. Grâce aux efforts de M. Colombier de Saigon, «lui a employé tous les moyens en son pouvoir, taille, fumures, amendements, etc., pour les améliorer, on a rons-

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taté en 1882 que ces fruits étaient devenus mangeables sans déplaisir. Le vin obtenu par la fermentation de ces sortes de raisins a suivi la même marche progressive : d*abord absolument désagréable au goût, il est devenu plus supportable; mais il reste encore p/a/, peu coloré^ très pauvre en alcool et d'une certaine acidité.

M. Sambuc pense, qu'on pourra Taméliorer encore, notamment en sucrant la vendange avant la fermentation. L'acidité diminuerait ipso facto^ car la présence d'une plus forte dose d*alcool ferait disparaître encore du bitartrate* qui représente la plus large part des éléments acides du vin. Peut-être enfin serait-il bon d'insister, ajoute-.t-il, sur les engrais potassiques pour diminuer la proportion de l'acide tartrique libre; l'augmentation du bitartrate, qui en résulterait dans la composition du jus, ne se ferait pas sentir dans le vin, pourvu que sa richesse alcoolique assurât la précipitation de Texcès de ce sel.

J^ 5. Suif végétal. — On désigne sous ce nom une matière grasse, blanche, solide et cassante à la température ordinaire, qui se ramollit quand on la pétrit entre les doigts; maintenue à -\- 18®,5 C. elle reste solide; entre -\- 27^ et < 40'' C. elle a la consistance de la pâte à pain; elle fond à 1 46'', 6 C. et reste en fusion jusqu'à -f- 44^,4. Dans rinde on connaltcette matière sous le nom de Minyak-tanghnxcand ou Minyak-sanghatcang ; on l'obtient des semences iVwuc ou plusieurs espèces d'arbres du genre Hopea^ que l'on trouve dans les parties sud et est de Bornéo. Les Dayaks nomment ce suif kakawang et donnent à l'arbre qui le produit le nom de Upu kakawang. L'arbre est un des géants (It-s forets. Le Ilopea splendida ou Tangkawang Tonggul est désigné sous le nom de Datnmar-iangkawang. Pour ohti'nir cette matière grasse, dit M. Holmes dans la Nature^ on rrcolte le fruit, quand il tombe de l'arbre; on le fait germer dans un endroit un peu humide, puis on le dessèche au

soleil pour le rendre friable. Cela fait on enlève Técorce; on met alors les fruits dans un panier de rotang ou de bambou au-dessus de Teau bouillante. Quand ces fruits sont bien pénétrés par la vapeur ils deviennent mous et en p&te; on les exprime et on coule dans des bambous, d*où la forme cylindrique du produit commercial. Ce produit est aussi préparé à Java et à Sumatra. On s'en sert pour graisser les ma chines : il est supérieur pour cet emploi à Thuile d'olives. A Manille on en fait des chandelles. Il fournit de la glycérine et environ 95 pour 100 d'acides gras saponifiables.

§ 6. Produits divers-, — Le rtV, en Cochinchine, fournit une exportation annuelle (1872) de 200000 tonnes d'u»? valeur de 25-40 millions de francs. La quantité récoltée dans 300 000 hectares au delta du Mékong s'élève à 500 000 tonnes. qui représentent une valeur de 100 millions de francs. La Cochinchine fournit encore le poivre surtout dans la provins d*Hatien, la soie, le coton, l'indigo, le cacao, l'huile de coco, celle à^arachides^ le china-grass ou ma de Chine produit par Turtica nivea abondante dans la plaine de Long-Thank, l'huile de sésame, le benjoin, l'anis étoile, l'asa-fœtida, la noix vomique, le borax, la cire d'abeilles, la cannelle, le gingembre, la laque, des cuirs, des bois.

En 18G9 une usine à sucre s'est fondée à Bien-Hoa; elle devint la propriété d'une compagnie anglaise et ne fit pas de bonnes affaires.

On récolte aussi du tabac, mais il contient trop de nicotine: on a dû faire venir des graines de Manille, de la Havane et de Sumatra.

111. Hygikne. Travaux publics. — § 1. Eau potable. — Los plus grands sacrifices devront être faits, en Cochinchine. pour se procurer de l'eau potable; celle des fleuves étant malsaine, il ne faut pas craindre do dépenser pas mal d'argent pour on faire venir des montagnes. L'eau des fleuves contient beau-

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