COMMERCE. ■' — ADMINISTRATION
naire que les autres races, nous est fournie par le fait suivant : un planteur de Taïti avait fait venir des Canaques des lies Gilbcrl; tous moururent phtisiques. Il renonça alors aux Polynésiens et fit venir 1 700 Chinois, dont pas un seul no devint tuberculeux. Les métis sont moins sujets à la maladie que les Polynésiens purs. Si la médecine avait besoin d'une preuve nouvelle en faveur de la contagion de la tuberculose, elle la trouverait dans la lamentable histoire des Polynésiens.
Toutes les fois qu*une maladie est nouvellement importée dans un pays, elle atteint un nombre d'individus beaucoup plus considérable que dans les pays, où les habitants sont en quelque sorte habitués à ses coups et vaccinés contre elle : cela est vrai pour la phtisie; cela Test également pour la rougeole, qui importée à plusieurs reprises par nos navires a contribué puissamment à amoindrir la population.
L*alcooiismc, que nous avons apporté et qui a ajouté ses ravages à ceux de Tavaisme résultant de Tabus du kawakawa, prend également sa part dans cette dépopulation de la Polynésie.
COLONISATION Commerce^ administration. — Agriculture, acclimatation.
I. Commerce. Administration. — § 1. Le canal de rtnifima. — Le percement de Tisthmc de Panama est appelé à donner à notre colonie de Taïti, comme à toute cette partie (le la Polynésie, une importance considérable. Nous nous trouverons en effet sur le chemin de la Nouvelle-Zélande et de TAustralie. Mais, si Timportance de notre colonie est appelée à grandir, lorsqu'à la fin de 1888 le canal sera terminé, il faudra songer aussi à la possibilité de Timportation de la tii*vrc jaune par un point, qu*on n*avait pas besoin de survcIIKt jusqu'à ce jour et instituer bientôt dans notre colonie un système spécial de lazaret.
§ 2. Administration. — Il faut reconnaitrey que pendant longtemps nous avons fait tout ce qu*il fallait pour éloignor de Taïti, que nous protégions, les étrangers et par conséquent le commerce. Il fallait un permis de séjour; il fallait rentrer en ville à une certaine heure; on avait fait de Papoete quelque chose d'intermédiaire entre un couvent et une caserne. Bien que depuis 1861 toutes ces mesures d*un autre âge aient été abolies, les navires ont pris Thabitude d*un autre chemin et ne passent encore à Papeete aussi souvent que nous serions en droit do l'espérer.
On a créé une commission municipale, des écoles, une caisse agricole; on a depuis 1872 remplacé le régime des patentes proportionnelles par un octi-oi de mer, qui a considérablement augmenté le revenu de la colonie. Mais il existe une lacune énorme dans notre conduite vis-à-vis les Taltiens : pourquoi cette colonie n'est-elle pas représentée à la Chambre des députés? Son commerce atteint 5 millions (2 millions d'exportation et 3 millions d'importation). Malheureusement i! est encore en grande partie aux mains des étrangers.
II. Agriculture. Acclimatation. — L'importance, que Taïti pourrait prendre comme colonie agricole, est égale i colle qu elle mériterait comme colonie commerciale. L'ile est d'ailleurs en progrès : en 1865 la culture n'occupait encon» que 195 hectares; elle en occupait 1017 en 1866 et 21(G on 1867; aujourd'hui ce chiffre est largement dépassé.
L'annexion récente des iles de la Société à la France a provoqué dos demandes de concession de terres à Taïti par des émigrants, qui se proi)Osaient de porter dans la colonie leur activité et leur industrie. Il y a là un bon symptôme; le tout est de le mettre à profit. Il importe d'ailleurs, que ceux (jui partent avec l'intention de coloniser, emportent avec eux (M'tto idée capitale, que la colonisation ne peut reposer que sur rai^riculturo et que le champ qu'il laboure rapporte plus au travailleur que la mine qu'il pioche ou qu'il fait sauter. Une