RETOUR DE LA DUCHESSE A SCEAUX
Oui, oui, j'oublie et ma captivité Et mes soucis, mes ans, et ma colique. Songer convient à soulas et gaieté.
Quand je revois votre face angélique.
Voltaire écrivait à son tour, à la duchesse, dans le courant de 1727 : <î Puissiez-vous mener désormais une vie toujours heureuse, et que la tranquillité de votre séjour de Sceaux ne soit jamais interrompue que par de nouveaux plaisirs ! Les agréments seuls de votre esprit peuvent suffire i\ faire votre bonheur.
Dans ses écrits le savant Malezieu Joignit toujours l'utile à l'agréable; On admira dans le tendre Chaulieu De ses chansons la grâce inimitable.
Il vous fallait les perdre un jour tous deux. Car il n'est rien que le temps ne détruise; Mais ce beau dieu qui les arts favorise De ses présents vous enrichit comme eux. Et tous les deux vivent dans Ludovise.
Ce compliment était bon à faire en vers, mais dans la réalité, la duchesse sentait bien quel vide causait dans sa société la disparition de ses fournisseurs attitrés de chansons et de petits vers, de comédies et de ballets. Malezieu était mort le 4 mars de cette année ; morts aussi, et depuis longtemps, Genest et Chaulieu. L'on s'efforça pourtant de combler les vides faits par la mort dans la troupe composante, versifiante et déclamante ; et chacun faisait assaut de zèle pour masquer par cette animation l'absence de ces gais et joyeu.x; compères.
C'est ainsi qu'au mois d'avril 1734, la duchesse put assister, h l'Arsenal, au début d'un nouvel auteur tragique, Pierre de Morand, dont la première tragédie, Pyrrhus et Tcglis, y fut représentée en son honneur avec un prologue des plus laudatifs; l'année suivante, cette pièce, deve-