‹ La comédie à la courChapitre 29 sur 84 · DERNIÈRES FÊTES ET DERNIERS DEUILS. MORT DE MADAME DU MAINE · texte numérisé non relu

DERNIÈRES FÊTES ET DERNIERS DEUILS. MORT DE MADAME DU MAINE

La duchesse du Maine, toute bienveillante qu'elle s'efforçât de paraître, exerçait une véritable tyrannie sur les seigneurs, poètes et grandes dames qui formaient sa petite cour. Saint-Simon a peint d'un mot cette personnalité absolue de la princesse jusque dans ses divertissements : (( M""* du Maine, dit-il, à qui toute compagnie étoit bonne, pourvu qu'on fût abandonné à ses fêtes, à ses nuits blanches, à toutes ses comédies et à toutes ses fantaisies. )> Mais bien des caractères répugnaient à « s'abandonner, » ou s'ils toléraient d'abord ce joug par flatterie, ils ne tardaient pas à s'en lasser, puis à le rejeter. On connaît l'impromptu de Sainte- Aulaire, qu'elle appelait Apollon, et l'effet qu'il produisit sur la princesse qui le pressait de se démasquer dans un bal. Il lui dit alors d'un ton galant qui ne suffit pas h atténuer la franchise du troisième vers :

La divinité qui s'amuse

A me demander mon secret.

Si j'étais Apollon, ne serait pas ma muse.... Elle serait Thétis, et le jour tinirait.

Ce spirituel Céladon devint, à quatre-vingts ans passés, le berger favori de la duchesse, âgée elle-même de plus de soi.xante ; mais alors même

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