‹ La comédie à la courChapitre 41 sur 84 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

27 NOVEMBRE 1748 22 MARS 174g.

Le théâtre des petits cabinets était trop petit pour contenir tous ceux qu'on aurait voulu y inviter, tant était vivement recherché l'honneur d'assister à ces spectacles intimes. Il fallait absolument remédier à ce défaut : le plus court, sinon le moins coûteux, était de construire une salle nouvelle. Ainsi fit-on. Le voyage de la cour à Fontainebleau fut le temps choisi pour bâtir un nouveau théâtre dans la cage du grand escalier de marbre ou des Ambassadeurs, en s'efForçant de ne gâter ni le marbre ni les peintures. Ce théâtre était mobile et s'enlevait ou se remettait à volonté ; il devait suffire de quatorze heures pour le défaire et de vingtquatre pour le rétablir.

Cet énorme travail ne se fit pas sans causer de grandes dépenses, et l'on disait tout bas qu'il avait coûté deux millions. Ces bruits parvinrent jusqu'à la marquise, et un soir, à sa toilette, elle les démentit en ces termes : k Qu'est-ce l'on dit que le nouveau théâtre que le Roi vient de faire construire sur le grand escalier coûte deux millions? Je veux bien que l'on sache qu'il ne coûte que vingt mille écus, et je voudrais bien savoir si le Roi ne peut mettre cette somme à son plaisir, et il en est ainsi des maisons qu'il bâtit pour moi. » La marquise se trompait. Ce n'est pas vingt mille écus, mais bien soixante- quinze mille livres que sa fantaisie d'artiste coûtait au Trésor; c'est le Roi lui-même qui le dit.

TROISIÈME ANNÉE, 1748-1/49. ,g3

Le nouveau théâtre ouvrit ses portes le mercredi 27 novembre 174S : la pièce d'inauguration était due, pour les paroles, à Gentil-Bernard et à Moncrif, et pour la musique, ù Rameau ; elle était intitulée : les Stcrprïscs de r Amour (i) et comprenait un prologue et deux ballets.

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