LA REINE ET M ERCY- A R GENTE AU
rement, à la fin de chaque trimestre, un état dressé dans le plus grand détail. Toutes ces pièces, qui forment des liasses énormes, se trouvent aux Archives nationales ; il n'est besoin d'en citer aucune, mais on peut voir par là combien étaient fréquentes les allées et venues des Comédiens français et italiens entre Paris et Versailles. Si l'on prend, par e.xemple, le premier trimestre de 17S2, un des moins chargés, nous voyons que la Comédie-Française avait joué onze fois à la cour, et la Comédie-Italienne dix fois. A raison de 650 livres par soirée, cela fait, d'une part, 7,150 livres, et, de l'autre, 6,500. Soit un total de 13,650 livres, comme premiers frais pour les représentations des deux Comédies pendant le quartier de janvier 1782. Durant le trimestre correspondant de 1783, la Comédie-Française fut appelée vingt-cinq fois à la cour, coût 16,250 livres ; et la Comédie-Italienne treize fois, coût 7,800 liv. ; ensemble 24,050 liv. (i). Si parfaites que fussent ces représentations, et par le mérite des ouvrages et par le talent des interprètes, la Reine ne pouvait s'empêcher de penser qu'il est un plaisir plus grand que de voir jouer les autres, celui de jouer soi-même, et elle se promettait bien de reprendre ses rôles favoris dès que sa santé le lui permettrait.
(ij Archives nationak-s. Ancien régime. Oi. ^,0(11 cX3,oCi3. Pièces justificatives des Menus- Plaisirs. — t C'était le Roi qui fixait l'heure du spectacle, d'après la durée qu'il devait avoir, dit le comte d'Hézecques dans ses Souvenirs d'un page à la cour de Louis X VI; car ce prince, ne voulant point faire attendre les officiers qui venaient prendre l'ordre, sortait toujours h neuf heures précises, pour aller de là souper chez Madame. Le matin, M. Dcsentelles, intendant des Menus-Plaisirs, lui présentait le programme contenant la liste des rôles, le nom des acteurs qui devaient les remplir et la durée du spectacle. « Cela est très exact, car on retrouve aux .\rchives nationales toutes ces ébauches de programmes paraphées par M. Dcsentelles. Le même écrivain limite à l'hiver, depuis décembre jusqu'à Pâques, le temps où les divers spectacles de Paris allaient à Versailles pour le service de la cour; il ajoute que le mardi était consacré a la tragédie, le jeudi à la comédie, le vendredi à l'opéra comique, et le mercredi à l'Opéra qui ne jouait que cinq ou six fois par hiver. Cette répartition des jours pouvait exister en principe, mais l'examen des papiers conservés aux Archives permet de voir qu'on y contrevenait assez souvent et que les spectacles duraient plus de cinq mois chaque année.