I.E VOISIN
Eh bien! quel est ce dessein?
POLICHINELLE
C'est que je veux demander à être receu dans le cas de ma mie Françoise.
Il) D'abord dans la collection Caron, à 7G exemplaires seulement, puis au tome IV du Recueil de pièces rares et facétieuses (chez Barraud, 1873). Voir, dans ce volume, le Plat de Carnaval, ou les Beignets apprêtés par Guillaume Bonnepâte, pour remettre en appétit ceux qui l'ont perdu. A Bonne-Huile, cliej Feu-Clair, rue de la Poêle, à la Pomme de Reinette, l'an Dix-huit cent d'œufs.
5,s LA DUCHESSE DU MAINE.
LE VOISIN
, Ha! je t'entends, tu voudrais être de l'Académie françoise pour avoir des jetions.
POLICHINELLE
Eh ouy^ t'y voilà, par sanguié! On dit que ces jettons-là valent pour le moins 20 francs^ et je n'en gagne que 5 à porter mes crochets. Voilà un grand profite que je ferai là.
LE VOISIN
Dis donc profit; en parlant comme tu fais, comment peux-tu espérer d'entrer dans cette compagnie qui n'est composée que de gens éclairés?
POLICHINELLE
Par sanguié^ si il n'y a que cela^ je suis bien plus éclairé qu'eux, car c'est moi qui éclaire les autres.
LE VOISIN
Comment^ tu éclaires les autres?
POLICHINELLE
Eh ouy, tu ne sçais donc pas que je suis le lanternié de nôtre quartier? Et puis on dit que ces gens-là ne parlent que lanternerie; si cela est, la vache est à nous, compère; il y a pourtant une chose qui m'embarrasse!
LE VOISIN
Qu'est-ce que c'est?
POLICHINELLE
C'est que je ne scais comment je feray pour manger du foin.
LE VOISIN
Qu'est-ce que tu veux dire? manger du foin!
POLICHINELLE
.l'ay trouvé deux charrettes de foin qui faisoient un embarras devant leur porte, et on m'a dit que c'étoit la collation de ces messieurs-là.
LE VOISIN
Gros sot! c'est pour les chevaux.