SCÈNE VIII OTTAVIO, seul
Ottavio. — Grande disgrâce est la mienne ! Chez moi je n'ai personne pour me consoler. Ma fille est amoureuse et ne pense qu'à se marier, et il me faudra la marier, et il me faudra m'arracher un morceau du cœur et lui donner en dot une partie de ces écus qui me coûtent tant de sueurs ! Malheureux ! Comment pourra-t-il se faire que j'ose diminuer mon coffre pour marier une fille? Ah ! où sont ces temps anciens, où les pères vendaient leurs filles, et où, plus elles étaient belles, plus les maris les payaient cher? Ce n'est qu'en pareil cas que je pourrais me proclamer heureux, et dire que la beauté de Rosaura serait une fortune pour moi. Mais à présent mon malheur est fatal. Si je ne la marie bientôt, des désagréments surviendront. Et puis je veux m'épargner toute cette dépense autour de moi. Toutes ces modes, tous ces affiquets, il ne faut plus que ça dure. Je ferai un eflort : je la marierai!... La voici. Je m'attends à quelque assaut donné à mon escarcelle.