SCÈNE XIV LES MÊMES, LIBERA, puis le COMMANDEUR
Libéra, à Orseta. — Te voilà libre ?
Orseta, à Libéra. — Mais! Croyez-vous! Même l'âge qu'on a, il veut le savoir!
Libéra, de même. — Tu te moques ?
Orseta, de même. — Et il faut jurer. (Elle sort.) Libéra, à part. — Voyez, à quoi bon? Il faut dire -i 131 ==========
son âge, et il faut jurer ! Je sais bien ce que je ferai, moi. Mon âge, je ne veux pas le dire, et je ne veux pï jurer.
Isidoro. — Allons, venez ici ! Entendez- vous ?( .Liée j ne répond pas.)
Isidoro, lui faisant signe de s'asseoir. — Ohé! j( vous dis de venir ici, entendez-vous? (Libéra va s'asseoir.)
Isidoro. — Qui êtes-vous? (Libéra ne répond pas.)
Isidoro, la poussant. — Répondez, qui êtes-vous
LIBERA. — Sior...
Isidoro. — Qui êtes-vous ?
Libéra. — Qu'est-ce que vous dites ?
Isidoro, fort. — Êtes-vous sourde ?
Libéra. — Je n'entends pas bien.
Isidoro, à part. — Me voilà propre ! (Haut.) Quel est votre nom ?
Libéra. — Plaît-il ?
Isidoro. — Votre nom?
Libéra. — Parlez un peu plus fort.
Isidoro. — Ah ! c'est à en devenir fou ! (7/ agite la sonnette.)
Le commandeur. — Plaît-il ?
Isidoro. — Faites entrer cet homme.
Le commandeur. — De suite.
Isidoro, à Libéra. — Allez ! Et bon voyage !
Libéra. — Sior ?
Isidoro, la poussant dehors. — Allez-vous-en d'ici !
Libéra, à part. — Ah? ah! Je m'en suis fort bien tirée ! Je ne veux pas raconter mes affaires !
Suit l'interrogatoire de patron Fortunato, qui bredouille de façon à peu près inintelligible, et que le coadjuteur
LES DISPUTES DES GENS DE CHIOGGIA
hors de lui, envoie au diable, lui et les femmes qui l'accompagnent.