‹ La comédie à VeniseChapitre 49 sur 100 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

ISIDORO, puis PASQUA et LUCIETA, puis le COMMAN- DEUR*

IsiDORO. — Il y a de quoi perdre patience de force.

Pasqua, avec emportement. — Pourquoi uous renvoyez-vous ?

Lucieta. — Pourquoi ne voulez-vous pas nous examiner ?

Isidoro. — Parce que j'en ai assez !

Pasqua. — Si, si, mon petit chéri, nous savons tout !

Lucieta. — Il a entendu celles qu'il avait à cœur, et nous, nous sommes ses balayures !...

Isidoro. — Finissons-nous ?

Lucieta. — Puineta, il l'a tenue plus d'une heure.

Pasqua. — Et Megioto, combien y a-t-elle été ?

Lucieta. — Mais nous, nous irons chez qui nous devons aller !

Pasqua. — Et nous nous ferons faire justice !

Isidoro. — Vous ne savez rien, entendez- vous !

Pasqua. — Qu'est-ce que vous voulez dire ?

Lucieta. — Qu'est-ce que vous voudriez nous raconter ?

Isidoro. — Vous autres, vous êtes parties intéressées, et vous ne pouvez pas servir comme témoins.

Lucieta. — Ce n'est pas vrai ! Ce n'est pas vrai.' Nous ne sommes pas intéressées. Ce n'est pas vrai !

Pasqua. — Nous aussi nous voulons témoigner.

Isidoro. — Finissez une bonne fois !

Pasqua. — Et nous nous ferons entendre !

Lucieta. — Et nous saurons parler !

Isidoro. — Maudites femmes !

Le commandeur. — Lustrissime !

Isidoro. — Qu'est-ce que c'est ?

Le commandeur. — Le lustrissime sior chancelier est arrivé.

Pasqua. — Ah ! justement lui!

Lucieta. — Nous irons chez lui!

Isidoro. — Allez à tous les diables, où vous voudrez! Brutes ! Diablesses ! Satanasses ! (Il sort.)

Pasqua. — Mare de diana ! Nous allons le faire danser ! {Elle sort.)

Lucieta. — Viva Cocchieto ! Nous le lui ferons payer ! (Elle sort.)

LE RETOUR DE LA VILLÉGIATURE

Un vieil oncle bien rente, Bernardino, se moque spirituellement de son neveu Leonardo, jeune écervelé qui, après une ruineuse villégiature, vient humblement faire appel à sa bourse. Un ami commun, Fulgenzio, ayant tenté de s'interposer entre l'oncle et le neveu, endosse sa part des compliments destinés^. Leonardo. Cette scène, que Goldoni signale comme l'une des plus impressionnantes de son théâtre, a été par lui traduite librement en français au chapitre XXIX de la seconde partie de ses Mémoires. Le texte qu'on va lire est donc de Goldoni lui-même.

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