SCÈNE IX
Un désert avec un fond de rochers, et des pierres disposées çà et là de façon à pouvoir servir de sièges.
FARRUSCAD, seul.
Farruscad. — Oh! quel tourment !..< Comme mon esprit est agité ! Faudra-t-il que je m'éloigne, que je perde mes enfants, mon épouse ? Ah ! Quelle épouse et quels enfants j'abandonne ! Mieux vaut fuir sans y réfléchir. Il se dresse en moi mille doutes, mille angoisses, mille suggestions d'amour. C'est ici que tu as été, ô chère Cherestani, ici je t'ai désobéi, ici tu as disparu avec nos enfants, avec notre séjour de délices et de joie. Ah ! quelles délices ! quelles joies ! Diaboliques illusions! Mon père, mon royaume, mes sujets perdus, ma douce sœur, ma chère Canzade, il faut vous secou-
LA FEMME SERPENT
rir, il faut abandonner ce désert infernal, ce lieu d'horreur &t d'épouvante. (Il veut partir.) Mais quelle lassitude, quel sommeil m'envahit soudain et s'empare de moi? Je ne puis partir,... je ne puis m'arrêter,... je voudrais pourtant,... et je ne puis... (77 s'assied sur un rocher.) Ce sommeil inattendu,... merveille<ix,... a sa raison d'être pour moi. (Il s'endort.)