SCÈNE VII LUCIE, CONTRAN
LUCIE. = Tu aurais mieux fait de me donner cet argen que de le perdre bêtement.
CONTRAN. = Ce n'est pas sérieux, ce que tu dis là?
LUCIE. = Très sérieux.
GONTRAN. == Allons-nous-en.
LUCIE. = Déjà?
GONTRAN. = n est deux heures.
LUCIE. = Non, je veux danser. Tu sais comme j'aime à m'amuser!
GONTRAN. = Eh bien, tu danseras.)
LUCIE, rss Et je valserai. La vie que j'ai commencée par les larmes je veux la finir par un éclat de rire; ce que tu aimes en moi, c'est ma gaîté, c'est mon cœur jeté à tous les caprices et à toutes les fantaisies ; c'est ma figure /ieuse et c'est ma moquerie perpétuelle. Je ne pose pas pour le prix Montyon. — Je ne me suis jamais faite autre que je suis. Je n'ai pas mis de masque sur ma figure. Voyons, ne prends pas cet air de pleureur à l'enterrement de ton argent Si tu veux faire de la pastorale, va chercher une rosière, on en couronne encore. Si tu veux pleurer, va pleurer tout seul.
GONTRAN. = Ainsi, tu veux danser ! (il lui donne son bouquet qu'elle avait laissé sur un meuble.) Tu OUblies ton bouquet !
tu LA COMÉDIE AU COIN DU FEU
LUCIE. = Oh! un bouquet de cent sous !
GONTRAN. = Ah!
LUC lEy plus câline. = Je ne sais plus ce que je dis, car enfin ce bouquet te coûte plus cher que cela. — Veux-tu danser avec moi ?
GONTRAN. = Non, je ne danse pas. — Tu sais bien que j'ai perdu et qu'il me faut songer à payer. — Ces violons m'agacent ! cette gaité m'exaspère !
LUCIE. = Eh bien! adieu.
G0NTRAN.= Adieu ! (il regarde sortir Lucie. La musique continae.)
LUCIE. = Non, au revoir.