‹ La comédie au coin du feuChapitre 141 sur 200 · SCÈNE II Les Mêmes, ALBERTINE · texte numérisé non relu

SCÈNE II Les Mêmes, ALBERTINE

j ULiETTE. = A chacune son étoile. Je sens que la mienne se lève.

LA DÉCAVÉE. = Je scns que la mienne se couche, (a Aiberiine.) Ah! bonsoir. Tu fais toujours fureur.

ALBERTINE. = Quc voulez-vous ? Il paraît que le bien vient en dormant.

LA DÉCAVÉE. = Nou, en se couchant. Pour moi, j'ai beau me réveiller tard, je ne suis pas plus riche pour cela.

ALBERTINE. = Gontrau vient toujours ici?

JULIETTE. = M. Contran? Pas du tout. Je suis avec Lucie depuis deux mois, et je ne l'ai pas encore vu.

LA DÉCAVÉE. = Mais qui vient donc?

JULIETTE. = Le prince...

LA DÉCAVÉE. = Toujours cclui de chez la Rosemond?

JULIETTE. = Toujours Ic même. Un prince, cela fait du bien et puis celui-là est un prince charmant. Vous n'imaginez pas toutes les folies qu'il fait pour madame.

ALBERTINE. = Ce pauvre Contran. Elle ne l'a jamais^ aimé.

LA DÉCAVÉE. == Il était trop gentil pour être aimé.

ALBERTINE. == Nous autrcs, uous n'aimons que ceux qui nous font souffrir.

LA DÉCAVÉE, lorgnant. = En vérité, c'cst supcrbc ici. C'est aujourd'hui la fête de Lucie, fais-nous les honneurs du logis en attendant le festin.

JULIETTE. = Volontiers, mesdames.

LA DÉCAVÉE. = J'entrevois là-bas Marx qui médite de mettre quelque chose en actions.

ALBERTINE. = La moralc en actions!

Page 1