‹ La comédie au coin du feuChapitre 170 sur 200 · SCENE XVII LÉA, AURORE · texte numérisé non relu

SCENE XVII LÉA, AURORE

Léa porte une moisson de bouquets.

AURORE. = Un triomphe, n'est-ce pas?

LÉA. = Oui, on m'applaudit là-bas. On m'a jeté vingt bouquets, mais c'est comme si on jetait des fleurs sur une

tombe. (Elle 8*évaDouit presque et tombe sur un canapé.)

AURORE. = Pas encore consolée?

LÉA, revenant à elle. = Jamais! j'aime encore mieux ma douleur pour Max que ma joie avec un autre.

AURORE. = Allons donc ! la femme la plus amoureuse a toujours un second amour dans le chemin du cœur.

LÉA. = Tu parles comme Marivaux; moi je voudrais parler comme Molière: j'aime celui que j'aime, et toi, tu aimes si souvent ce que tu n'aimes pas! Ah! ma chère Aurore! quel supplice de jouer la comédie les jours de

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désespoir! Et puis, sais-tu ce qui me fend le cœur aujourd'hui ? C'est que je n'ai pas là Max pour ra'aider à porter mon succès à une première réprésentation. Depuis deux ans il n'y a pas manqué une seule fois.

AURORE. = C'est vrai ce que tu dis là, qu'il nous faut toujours quelqu'un un jour de triomphe. Aussi, moi, il m'est arrivé plus d'une fois de me laisser prendre ces jourslà. Allons, ma chère, fais comme moi. Le roi est mort, vive le roi !

LÉ A. = Non, le roi n'est pas mort.

AURORE. = Voilà Jeanne, qui ne revient pas avec des couronnes.

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