SCENE XIX
D'ORMANCY, ramenant JEANNE d'oRMANCY, rpvpnant ver» Jeanne. =DiteS-raoi, est-Ce que le
désespoir de Léa est sérieux? N'ayez pas d'autres passions que celle du théâtre.
JEANNE. = Vous savez bien que je n'ai plus la passion du théâtre.
d'ohm ANCY. = Je vous aime et je pars pour les Indes.
JEANNE. = Vous parlez !
d'ormancy, à part. =: Ah! si je croyais encore qu'on a le bonheur sous la main quand on a deux fois vingt-cinq ans. (Haut.) Oui, Jeanne, je pars pour ne pas vous aimer.
JEANNE. = Je comprends, vous ne cherchez que la bonne fortune ; moi je suis la mauvaise fortune.
d'ormancy, = Vous seriez ma richesse, mais je ne veux pas vous apporter en dot un million de dettes. Votre vertu m'a été trop douce pour que je veuille effeuiller mon rêve. Vous m'avez redonné mes vingt ans, et je ne veux pas vous prendre les vôtres. Quand je reviendrai vous en aurez vingt-cinq, et alors... (Souriant.) Adieu, Jeanne, (il rembrasse, s'ôloigne, et pn^s de sortir, à part.) Comme ses cheveux Sentent la forêt vierge ! Ah I la vertu ! si on la connaissait, comme on l'aimerait! Le respect que j'ai pour Jeanne, c'est le plus beau triomphe de ma vie.
JEANNE, essuyant une larme. = Je l'aime, mais il a raison: Allons-nous en.