L.VFONTAINE, regardant ses bas. = G*est vrall A madame de
Montespan. Si madame de Thianges n'eût point parlé, je gage que vous n'auriez rien vu I
Le marquis remonte.
MADAME DE MONTESPAN. = Yous savez bien, Lafontaine, que ma sœur ne respecte rien, mais d'où sortezvous?
LA FONTAINE. = De dessous ces arbres où depuis une demi-heure...
MADAME DE MONTESPAN. = Depuis uue demî-heure ! A Lafontoine avec curiosité. Mais VOUS étiez là à l'entrevue du roi et de mademoiselle de La Yallière? Gela a-t-il été bien touchant ?
Le marquis et la Scarron disparaissent A droite.
LAFONTAiNE. = J'étais là, mais je n'étais pas là. J'ai vu passer vaguement quelqu'un, mais je n'ai pas bien regardé !
MADAME DE MONTESPAN, avec impatience. = Quoi I Le rol a
passé devant vous et...
LAFONTAiNE. = Que voulcz-vous ? Je m'occupais du bon Dieul
MADAME DE THIANGES. = Mais par queUc bonne forlune êtes- vous ici ?
LAFONTAiNE. = Je vieus de chez ma femme.
MADAME DE MONTESPAN. = Est-ce quc VOUS toumerlez au bon mari, Lafontaine?
LAFONTAiNE. = Ohl je ne crois pas, madame la marquise, mais j'ai là-bas un ami, un capitaine de dragons, qui passe à peu près toutes ses journées à la maison pour tuer le temps, ce dernier ennemi des soldats, je vais philosopher avec lui, toutes les fois que je m ennuie à Paris.
LB ROI SOLEIL 4i
MADAME DE THIANGE9. = Vous faités d'une pierre deux coups, vous voyez votre ami et votre femme.
LAF0NTAiNE. = Pas toujours, Car la dernière fois que j'étais allé à Château -Thierry, j'avais trouvé mon ami seul à la maison, ma femme étant à la messe, si bien que lorsque j'eus serré la main du capitaine et bu le meilleur vin de ma cave, je repris Ja route de Paris.
MADAME DE THi^NGEs, = Comment ! sans avoir vu votre femme ?
LAF0NTAiNE.= Que voulez-vous. Madame, c'était une grand'messe.
MADAME DE tHiANGEs. = Voilà uue raison!
MADAME DE MONTESPAN. = Et cettc fois-c, Lafontaîne?
LAFONTAiNE. = Oh! Cette fois. Madame, j'avais de graves raisons pour aller à Château-Thierry. On était venu me dire que le capitaine trompait ma femme avec une voisine.
MADAME DE MONTESPAN. = C'cst abominable!
XAFONTAiNE. = L'houneur voulait que j'allasse demander réparation au capitaine. Cela me contrariait de dégainer contre mon ami. Cependant je partis et je forçai le capitaine de mettre flamberge au vent.
MADAME D"E THiANGBS. = Ce Lafoutaiue ! Il ne fait rien
comme les autres. (Le marquis et la Scarron reparaissent.)
Pendant cette scène, le marquis de Montespan est remonté avec madame Scarron avec laquelle il cause en ce moment. — II redescend près de sa femme.
DE MONTESPAN, à sa femme. == Madame Scarron désire vous parler.
MADAME DE MONTESPAN. = Elle salue. A Montespan. La-
fontai'ne, je vous laisse aux prises avec ma sœur, méfiezvous d'elle ! Elle a de l'esprit !...
LAFONTAINE. = Commc uue Mortemart.
Va s'asseoir à gaucho avec madame de Thîanges.
MADAME DE MONTES? AN, se refonmant yen madame Scarron. =
Vous désirez quelque chose de moi, Madame Scarron?
MADAME SCARRON. = Oui, Madame. J'ai un placet à remettre au roi et je suis sûre qu'en passant par vos belles mains, il serait le bienvenu.
MADAME DE MONTES? AN. = J'ai bien peu de Crédit à la cour, Madame, mais si vous croyez...
MADAME SCARRON. := Oh I Madame. •«
MADAME DE MON TE S PAN. = Dounez-moi votre placet et so} ez certaine que je plaiderai votre cause beaucoup mieux que si elle était la mienne.
Sort à droite.
On entend nn grand brait, des éclats de rire, et des cris de : Vive
Vivonne, Vivonnel MADAME DE THiANGEs. = Quel est ce brult ?