SCÈNE IX Les Mêmes, MADEMOISELLE DE LA VALLIERE
MADEMOISELLE DE LA VALLIERE, vient de gauche. = Ohl
sire, c'est affreux I LE ROI. = Que se passe-t-il?...
MADEMOISELLE DE LA VALLIERE. = Je VieUS de VOÎr
près d*ici des malheureux que M. le lieutenant de la prévôté veut faire pendre, sous prétexte que ce sont des espions de l'ennemi.
LE ROI. = Mais, Madeime, s'ils sont coupables!
MADEMOISELLE DE LA VALLIERE. = Je répOuds d'eUX.
LE ROI. = C'est beaucoup, sans doute, mais enfin, quelle raison avez- vous de le faire ?
MADEMOISELLE DE LA VALLIERE. = GeS malhcureUX
sont des bohémiens qui arrivent de France, à la suite de l'armée.
Madame Scarron entre.
LE ROI. = Qu'en savez-vous?
MADEMOISELLE DE LA VALLIERE. = G'CSt que parmi
eux, sire, il se trouve une pauvre femme, une tireuse de cartes qui m'a prédit autrefois que j'aurais un jour l'honneur... (Baissant la tête) de Connaître Votre Majesté.
LE ROI. = Cela seul mériterait sa grâce. (A Laumn.) Monsieur de Lauzun, ordonnez que cette femme paraisse devant nous.
MADAME SCARRON, qui depuis quelque temps s'est glisséi} aux côtés de madame de Montespan. = Eh bien ?
MADAME DE MONTE sp AN. = Eh bien ! j'ai Tcmis VOtTC placet.
MADAME SCARRON. = Ohl Madame, que ne vous doisje pas?
LE aOI SOLEIL 55
LE ROI, à madame Scarron. = Vous arrivez de Paris, on y parle sans doute de nos batailles, que dit Ninon?
MADAME SCA.RUON. = Mademoiselle de Leuclos dit que Paris est en Flandre.
MADAME DE MONTESPAN, = Veuez HiB voip à Versailles...
MADAME SCARRON. — Ah! si j'avais le bonheur d'être de vos amies I Voulez-vous que je tienne la plume pour écrire vos lettres?
LE ROI. = Oui, car je ne veux pas voir ces belles mains tachées d*encre I
MADAME SCARRON, à part. = Je touche au rivage.
Madame de Thianges ya à sa soeur.