‹ La comédie au coin du feuChapitre 7 sur 200 · SCENE 11 HENRL · texte numérisé non relu

SCENE 11 HENRL

Il passe sur le balcon et se retourne à la fenêtre pour parler à son groor-i,

HENRI. = Saint-Jean?

LE GROOM. = Voilà, Monsieur!

HENRI. = Apporte-moi mon passeport.

LE GROOM. = Je lis le journal de monsieur. Je ne peux pas faire deux choses à la fois.

HENRI. = Gomment, coquin, tu ne peux pas faire deux choses à la fois, et tu demandais le droit au travail! mais moi qui demande le droit à ne rien faire, je fais toujours deux choses à la fois. Il prend le passeport et lit. « Monsieur Henri de Montaignac, demeurant à Paris, rue de l'Université, — Front ordinaire. » — Soyez donc un homme extraordinaire! — « Barbe rousse. » — Barberousse? c'est un nom de mélodrame. — « Point de signe particulier. » — C'est bien le signalement de tous ceux qui ont trente-trois ans. C'est bientôt dit. Voilà comme on écrit l'histoire. Avec un pareil passeport, j'ai toutes les chances du monde d'être

pris pour un autre. Mais runiyers est ma patrie, et je suis connu sur les grands chemins. Je yais aller à Harlem ; c'est la saison des tulipes, j'en yeux cueillir une dans le pays des tulipes. J'ai bien été allumer mon cigare au Yésuye I Adieu, mon cher balcon, adieu, mes roses, adieu mes yeryeines. Nul ne yiendra yous yoir, car celle qui yous arrosait de ses blanches mains n'est plus digne de franchir le seuil de ma

porte. Un silence. — U cueille une rose et reiTemlle. — Est-ce que

j'aimerais encore Ninon? — Non, — car ce que nous aimons dans une femme, c'est l'amour qu'elle a pour nous et non l'amour qu'elle a pour un autre.

l'étudiant, reparaissant à sa fenêtre. = Rosine, pourquoi ne

m'ayez-vous pas ouyert yotre porte? Est-ce que yous ayez eu peur de moi?

EOsiNB. = Non, j'ai eu peur de moi.

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