SCENE XII
MADAMEDEMAIN TENON traversant encore le théâtre en chaise
à porteurs. MADAME DE MONTESPAN, YIVONNE, COURTISANS.
YIVONNE, à madame de Maintenon. = Je SUis de l'avis de madame la marquise : écrasons les hérétiques ! La gloire de notre grand roi ne sera complète que quand il aura débarrassé le royaume des impies et des ergoteurs.
MADAME DE MAINTENON. = Hélas ! OU n'a pu en expédier que vingt mille cette année dans les Gévennes.
VI YONNE, soupirant. = G'est peu, sans doute, madame; mais espérons qu^une foi plus vive permettra de faire mieux^ bientôt.
MADAME DE MONTESPAN. = Oh I Cette femme .'••.(S*appro-
chant de Vivonne.) Mon frère ! est-ce bien vous ?... MADAME DE MAiNTENON. = Quelle est Cette femme ?
MADAME DE MONTESPAN, à Viroune. == Ne CroyeZ paS que
je regrette rien de mon passé ; dites-le bien au roi.
MADAME DE M AIN TENON, appelant Vivonne. == MonsieUT 1&
maréchal?
VIVONNE. = Me voici, madame la marquise! Se dégageant. Laissez-moi, ma sœur, vous avez donc juré ma perte?
MADAME DE MONTESPAN. = Lâche CŒUr !
MADAME DE MAiNTENON. == N'est-ce pas là votre sœur?
VIVONNE, dans le plus grand trouble. = Je ne Sais I non...
oui... peut-être.,, comme il plaira à madame la marquise.
MADAME DE MAIN TENON. = Je ne croyais pas la pauvre femme aussi vieillie.
VIVONNE. = AhI madame, c'est que la grâce divine n'est pas descendue sur elle I Voyez ! depuis que vous m'avez converti...
Us sortent. Madame de Montespan gagne le pavillon en ehancelant. Le macquis de Montespan et madame de Thianges entrent.