‹ La comédie de Dante (volume 2)Chapitre 15 sur 55 · Où régnaient la méchanceté et la haine · texte numérisé non relu

Où régnaient la méchanceté et la haine

CHAM \l\.

D'un souverain bonheur se verront consolées".»

Nous avions dépassé déjà le fils des Gieux, Quand mon guide : — Pourquoi, si pensif, \ers la ten*e Marches-tu, s'enquit-il, ainsi baissant les yeux ?

De doutes renaissants ma vision dernière Me poursuit, répondis-je, au point que je ne peux En détourner pour rien mes pensers soucieux.

Tu viens de voir, dit-il, Tantique enchanteresse, Pour qui seule, plus haut, on pleure en sa détresse '^ Tu viens de voir comment on s'en peut détacher**, Qu'il te suffise, et songe en avant à marcher^ Élève tes regards vers le sublime leurre, Que le suprême roi, de sa haute demeure , A son gré fait mouvoir avec ces sphères d'or"*

Ainsi que le faucon qui vers ses pieds, d'abord , Jette l'œil, puis se tourne, au cri connu du maître. Et, désireux du mets dont il doit se repaître,

12. L'Ange qui vient d'efifacer le cinquième P inscrit au front du poète, en souvenir de son ancien vasseiage, lui picmct le bonheur pour prix de ses traverses et de ses misères, en lui rappelant les paroles du Sauveur (Saint Matthieu, V, 5) :

Non-seulement les âmes affligées seront consolées , mais elles triompheront de f ennemi; elles seront reines, dames et maîtresses, anime donncy car les hauts initiés, nous l'avons dit, étaient hommes femmes.

( Voy, p. 94 des Révél) Il faut la fol robuste des- commentateurs dans Torthodoxie du poète gibelin pour traduire anime donne par riches de consolations.

13. Celle qui excHe toutes les convoitises et cause ainsi les désor- «Ires résultant des vices qui sont exposés aux état;es supérieurs. Or, cliacun de ces vices devant être personnifié dans un pontife, il est

aisé de deviner quelle est l'antique sorcière, strega, dont il est Ici question , et pour laquelle tant de gens ont à pleurer , che sola si piagne^ parce que rea ou Rhéa, elle a fait t^ mondo reo , en Tasser vissant au Jupiter qui lance ses foudres ai\ Vatican.

14. En déchirant les voiles dont elle se couvre et en mettant à nu sa difformité , qui inspirera le dégoût et l'horreur.

15. Les astres amèneront dans leur cours, auquel Dieu préside, le triomphe de la vérité, ce leurre du sage. On bien : ne penls [)as de vue ton but sui>iime, l'Empereur, roi éternel , donnant l'impulsion à ces grandes roues que nous appelons des cicux et qui sont en réalité les sciences destinées à éclairer le monde et à y détruire le règne des ténèbres.

Telle était l'astrologie de Dante. Le faucon dégagé du chaperon , voilà son ornithologie.

LE Pt'UOATOlllE.

8'eiilèvc «ussûUM, pi*él k picBili^ son cs»»>r; Ainsi je m'étotiçal dan» la-i^cfoc cseai-pce , Où, pour livi^r passage, elie s'ouvre coupëe , Et j'allai» grayissast toujours, jusqu'au pdateau<

Au cinquième pourtour en arrivant, à ten^e Je via des malheureux dans une angoisse amèt%, Gisant la faoe on bas, lea yeux fondant en eau ^^ AdhcmÈ anima mea pammeuio, b'écriaieni<ils , poussant de tels sanglots qu'à poiae Pouvait se faire ouïr leur parole inoorialno *\

vous, élus de Dieu, pour qui rendent moins durs Vos tourments, Tospëranee ensemble et leur justice, Dites nous où plus baut il faut que l'on gravisse.

En venant en ces beux puisque vous êtes sûrs De ne pidnt y subir gisants noire supplice , Et que vous aspirez au cbemin le moins long , Allez toujours la droite à ro}>{)osé du mont **.

Ainsi s'était enquis auprès d'eux le poêle , Et la réponse ainsi nous avait été faite , Quelque peu devant nous. Par ce qui se disait Je compris tout d'abord le penser qu'on taisait ". Je tournai do»c les yeux vers mon guide et mou mallre. D'un signe, en souriant, qui daigna me permettre Ce quç, dans mon regard , le désir implorait *•.

16. Toutes ces pauvres âmes du Purgatoire pleurent à qui mieux iniettx, et c'est l'antique enchante^ resse qui les fait ainsi pleurer.

Il, Ce sont les paroles du Psaume cxyni, T. 25. En y ajoutant vivifiea me seeundum verhum tuwn; entendez que la parole de vérité donne la vie ù ceux qui sont asservi» par la mort pontifical.

18. £« vostre destre sien simpre difuri. Uttérateinent : qiio vos maiiii droites soient toujours en do»

hors, c'est-à-dire que votre braa droit sdt toujours libre daas sea aetion en dehors des prescriptiCHis orthodoxes et en opposition arec rédifice catholique i^uré par le mont du Purgat<»ire.

19. A savoir que les deux poètes n'étaient paç àê» avares , des soivants de l'homme riche, puisqu'ils avaient bâte d'aiter plus loin*

30. Virgile lui accorde gaiement cette permission , con Ueto cmmo, c'e&t*à-dfare k l'aido d'un de cet tW>

Dès que je }his Hgir ainsi qu'il me pluirait , Je ne ilUKérai pus à lu' avancer vei^ Tomhi'e Que j'avais remarquée, à sa voit , dans le noinlAro.

Esprit» dis^je^ en pleurant qui fais mûiir en toi La satisfaction à Dieu justeïnent due , Vers lui pour retourner, à ta tâche assidue Daigne quelques instants faire trêve pour moi. Apprends-moi qui tu fus dans te monde et pourquoi Vous avez tous. les reins en haut» ia face en terre; Et puissé-je, à mon tour, dans le séjour mortel^ D'où je partis vivant, avoir à te complaire.

Et lui : *- Tu vas savoir par quel niolif le Gîel Veut que nous lui tournion^i le dos et non la fae€. Mais scias quod fui stkccemirum Pétri ".

Entre les murs de Siestre et eeux de Glûaveri Une belle rivière, au flot rapide paiise ; Son nom fournit leur titre aux comte» dema t^aee ^^ J'éprouvai par inoi-méme, un mois et quelque& joui^, Combien le graud manteau, pi^s duquel le» plus lourds Des terrestres fardeaux semblent plume légère. Pèse à qui m veut pas que s« bUtAcbeur s'altère ^^ Fut ma conversion tardive, par malheur; Mais de Rome je fus à peine le pasteur.

Je reconnus combien la vie est mensongère '*.

gncs riluels en usage parmi les adepte^ cUi flat savoir* PuU Virgile a tout lieu de se réjouif de la sur* prise quMl mjéoagei à son disciple.

Page 1