A Robert II, dit le pieux
13. CeUe gramlc dot provençalfi est le crime capital de la race, comme on le voit ; aussi saint Louis, coupable d'avoir hérité des dépouille» des Albigeois, ne trouve-t-ll pas même grâce aux yeux du poêle, et esl-îl confondu avec ces Louis et ces Philippe, liérlUers du boucher de Paris.
14. Vingt mille hommes furent égorgés ]mr Montfort dans Beziers, dix mille dan's Toulouse, par révoque Foulquet, l'ancien troubadour marseillais : voilft pour la violence. Qoant à l'accusation de mensonge, elle porte sur la politique d'Innocent III, écrivant à l'abbé de Citeaux : « Nous vous conseillons, avec l'apôtre, à'employer la ruse (envers Raymond VI), qui dans cette occasion doit être plutôt appelée pmdence... Vous attaquerez séparément chacun des barons... Mais, laissant momentanément le comte de Toulouse, suivant Vart d*une sage dissimulaiion, vous commencerez par écraser les autres héréiifiues, de
crainte que, s ils étaient tous réunis, il fût plus difficile de les vaincre ; de cette màpièrc, n'étant point secourus par le comte, ceux-ci seront défaits plus aisément et on lebattra ensuite bien plus facilement luinîéine. » [Lahhei Sacrosancta Concil. XI, Epist. 232.) Les instructions du pontife au légat Milonc portaient en out^e: « Vous n'agirez que par les ordres de l'abbé de Citeaux. H fera tout et vous ne serez que son organe, parce qu'il est. suspect au comlc de Toulousi^ lequel n'a aucune défiance de vous, » [Petr, Vall. Sarn. Ifist, Alhigensium , cap, \(\) La gran dote provençale, est un trait à l'iuîressc de saint Louis, dont la puissance s'était considérablement accrue au Midi par le mariage de son frère avec l'héritière du comlc de Toulouse. Or, il est à remarquer qw , «tans toute cette diatribe, le poêle se garde soigneusement de prononcer le nom des Albigeois dont il a principalement à cœur de stigmatiser les bourreaux.
Vog, Enfer, ch. xx, note 12, '
En expiation , pour réparer leur lorl ^*.
Vint Charle en Italie, où, de plus en plus fori Pour réparer, il prit de Conradîn vengeance *•. Ensuite, vers le Ciel il dépécha Thomas, En réparation *'. Or, ne tardera pas l>'arriver le moment, que je vois , où de France Un autre Charle encor va partir, qui bien mieux Doit se fah'e connaître et son sang glorieux. Sstts^ armes il accourt et n'ayant que la lance ' IXont *i^te& autrefois se servit pour jouter ; Il la pointe si bien qu'ù In triste Florence il transperce le IBanc et le fait éclater **.
16. Jran-sans-Terre» condamné sans être entendu par les pairs de Philippe-Auguste, avait perdu la Normandie, et son flis, Henri, le Poitou et la Guyenne; autant de griefs contre la maison de France.
IC. Charles d'Anjou , frère de saint Louis, vainqueur, en 120C, do Manfrcd, à Tagliacozzo, et, en 1368, lie son neveu Conradin, qu'il fit décapiter pour rester paisible possesseur du royaume de Noples, dont le pape Crbain IV lui avait donné l'investiture, au détriment de la ma'son de Soual»c.
1*. Charles d'Anjou fut accusé d'avoir fait empoisonner saint Thomas d'AquIn, dans la crainte qu'il ne le desservît au concile de Lyon, où il se rendait, et qu'il ne fût élu pape. Il est certain que le sang qui coulait dans ses veines, celui des d'Aquino, comtes de Caserte, connus pmir leur attachement h la maison de Souabe, joint h l'influence due h son profond savoir, ne pouvaient que le rendre suspect à un tyran ombrageux. Aussi, Vanonymc IVnvenuto, Buti, P. dl Dante et Villanl s'accordent- Ils à considérer Charles d'Anjou comme coupable
de la mort du saint. Mais qui sait si Dante ne considérait pas ou ne voulait pas faire passer le docteur angéliquc pour un do ses frères en croyances, surtout lorsqu'il signalait comme son empoisonneur un aussi bon catltolique que Charles d'Anjou?
18. Cbarles de Valois, frère de Phl!ippe-le-Bfl, appelé en Italie par Bonifacc VIII, pour s'emparer du royaume de Naplcs sur Frédéric d'Arragon , n*était accompagné que de 500 cavaliers. Comme Judas, il ne pouvait donc guère compter pour réussir que sur la ruse (t la trahison. Reçu h Florence , h la recommandation du pontife, en qualité de pacificateur entre les Blancs et les Noirs, il prit parti pour ces derniers, ce qui entraîna l'exil et la ruine de Dante. L'Esprit que Virgile, h la réquisition de la secte, Eryctona crnda (Enfer, i\), se mit en mesure de tirer du cercle de Judas, Caïne, ne signifierait- Il pas que Dante reçut des siens mission de se rendre à Rome, pour faire revenir Boniface VIII sur la pensée d'appeler Cliarles de Valois à Florence» pour arracher cette pensée funeste de sou
LK PtUGATOUtK
Il n'ac(iueiTa par là ni royaume ni terre ,
Mais bien honte et péché, d^aulant plus lourd fardeau
Qu'est tout cela pour lui peccadille légère *'.
Il eu est un troisième encor, sur son vaisseau Fait jadis prisonnier ; je le vois qui trafique De sa Me et la vend, ainsi qu'il se pratique , Des esclaves que font les écuœeurs de mer ^\ Que peux-tu de ma race encor faire , avarice, Quand toute à toi livrée et de tout mal complice. Elle vend sans remords jusqu'à sa propre chair 2* ?
Pour que soient effacés désormais sur la terre Les crimes à commettre et les crimes commis, Dans Alagna je vois entrer les fleurs de lis ; J'y vois le Christ, tenu captif en son vicaire , Une seconde fois abreuvé de mépris ; Le vinaigre, le fiel pour lui se renouvelle, Et je le vois mourir au milieu des larrons ".
esprit, pcr trame un spirto, qui ne pouvait surgir que dans le cercle de Judas et n'avoir qu'un Judas pour exécuteur? Foy., sur cette mission de Dante, Boccace, Vita di D. Dino Compagni etJ. Vilhni.
lU. Ce prince fut surnommé ^ons terre, parce qu'il ne put jamais réussir à conquérir aucune po8se^- • Pion qui lui valût le titre de roi. « Il vint en Toscane, dit J. Villani, pour pacifier et y laissa la guerre. Il :illa en Sicile pour guerroyer et y fil une paix honteuse. 11 revint en France, ayant perdu beaucoup de monde, avec peu d'honneur. » VIII, 49.
20. Charles II d'Anjou, dit le boiteux, roi de Naples , fait prisonnier en 1283, par Roger de Loria, amiral «le Jacques d'Arragon, fut obligé, cinq ans après, pour obtenir sa liberté, de faire cession à ce prince de ses droits sur la Sicile. Ce monarque
besogneux donna sa fille en mariage au vieux Âzzo VHI d'Esté, dont ii tira une forte somme d'argent.
2i. Ainsi la maison de France était tombée à un tel degré de dégradation, que Hugueè-Capet luimême s'en indignait, et cela par avarit-^e, autrement dit par suite des liens étroits qui rattachaient à V homme riche, à V avare dont elle subissait Tinfluence.
22. Le poète, qui dans le fond de son âme n'avait pu que se réjouir du coup qui avait atteint le pontKe, son ennemi capital et la cause de tous ses malheurs, semble stigmatiser ici la violence que Boniface VIII eut à subir dans Anagni de la part de^ agents de Philippe-le-Bel ; mais il a bien soin de donner it entendre que cet attentat n'est qu'une expiation des crimes commis et à commettre par les papes , lorsqu'il dit :
CIIA>T \X.
Le Pilale Jiouveau, tant son ûmc est Cruelle , N'est pas même assouvi par ces sanglants affronts . Sans attendre un décret qui du bon droit décide , Contre le Temple il pousse une voile cupide ^\ Quand serai-je, mon Dieu, témoin, la joie au cœur, De la vengeance qui , pour d'autres temps gardée, Apporte à ton courroux sa secrète douceur " ?
Perché men paia il mal futuro e 'l falto. On se rappelle en «Set qu'il a déclaré que tout le mn\ accompli sur la terre dérivait du mauvais gouvernement des pontifes et de leurs usurpations. Mais c'est bien gratuitement qu'on a voulu voir dans ces vers, où le premier roi capétien flétrit l'attentat d'Anagni» un témoignage de l'orthodoxie de Dante ; on a oublié que ce n'est pas lui qui parle ici, mais le roi très-chrétien, fils aine de i' Église. Or, il n'a eu garde de prendre pour son compte 1 indignation manifestée par Hugues- Capet, il s'est même abstenu de s'y associer. Et son silence ici est assez éloquent, lorsqu'on se rappelle tant d'invectives adressées directement par lui contre les papes et la Papauté.
Veut-on maintenant savoir comment l'Anonyme entend tra vivi ladroni anciso, nous le laisserons parler : « Il papa predetto preso fu mandato in Roma e morï traili CARD1NAL1, li quali VAutore appella vivi LADRom, perrocc/iè rubano tutto il mondo. » (Ott. G.) le saint homme que Fauteur de la Comédie, et combien son âme dévote s'est émue de voir un pontife souifleté par un soudart ! Le pauvre homme!
combien il a dû se faire violence pour comparer un pontife au Sauveur du monde! Il est vrai que les cardinaux, qui avaient élu Bonifucc, érigés en larrons, devaient lui adourir l'amertume de la métaphore, car le premier parmi les larrons, inter
parcs, ne saurait guère être acceplc conuiio un agneau sans tache.
23. Tel est aux yeux du poète le crime Irrémissible de Philippe-le- Bel. La destruction de l'Ordre du Temple, la confiscation de ses immenses richesses , le supplice des chevaliers, avaient pour Dante, une bien autre importance que la fin malheureuse d'un pape, dont lu place était désignée h l'avance dans son Enfer, où ce vicaire du Christ devait, selon lui, être précipité icte vn bas avec ses prédécesseurs dans la fosse embrasée. Remarquez que si Philippc-Ie-Bcl était Pilatc , Clément V était Caïphe, et qu'en effet nous l'avons vu désigné sous ce nom au ch. xxin de TEnfer.
24. Quand verraije la Papauté renversée et la France humiliée? ces deux puissances dont la politique solidaire a cimenté l'alliance redoutable j témoin ce passage d'une lettre d Innocent 111 à Philippe-Auguste :
« Ton royaume est tellement uni avec l'Église, que Yun ne peut souffrir sans que l'autre souffre également. » Qu'on ne s'étonne donc pas de la haine de Dante contre la France et ses Louis, ses t^hilippe, qui élevés dans l'abbaye de Saint-Denis ou dans le cloître de Notre-Dame, y recevaient une éducation toute cléricale ; contre ces rois ennemis de l'Anglais et de l'Allemand, les seuls sou\erain.s sur lesquels rÉglisepiit toujours compter. Voy. sur l'héritage de vongcauce transmis par K-s
LE Fl'RGATOIRE.
])c rÉpouse autrefois par TËsprit fëcoiuléc Ce que j'allais disaht , sans cesser de pleurer, Lorsque tu Vapprocluis de uioi, pour Véciairer, Est ie texte assidu de toutes nos prières.
Tant que duie le jour ". A des accents contraires Nous passons , dès que l'ombre obscurcit Fhorizon ^*, Et nous nous rappelons alors Pygmalion Que sa cupidité , pour For sa soif avide , Kendit traître à la fois , larron et panicide -^ ; Mldas, au cœur avare , et la punition Qui suivit promptement sa requête sordide ; Châtiment dont toujours on rira sans merci ^* ; Puis nous disons d'Achan Tindociie démence , Dérobant le butin , crime dont jusqu'ici La voix de Josué semble tirer vengeance ".
En chœur nous réprouvons Saphirc et son époux *• , Sans manquer de bénir les formidables coups Qui frappèrent, au seuil du Temple, Héliodore".
Tcniplici'â anciens aux modernes tous les ouvragCB maçonniques , et p* iSiûeiRévéL
26- L'éloge de la pauvreté et du désintéressement, en opposition à l'opulence H à l'avi.iité du clergé.
Remarquez la manière adroite dont le poète fait déclarer à Hugue8-(^pet que l'église albigeoise est, sous le nom de Marie , Vumca sposa dello Spirito Santo.
26. Lorsque règne la nuit catholique nous protestons cuntie son Influence en stigmatisant la cupidité et la soif de l'or.
27. Le meurtrier de Sichée devient ici la figure du parricide Philippele-Bel comparé successivement à deux autres rois, Midas et Achan, pour s'être approprié les dépouilles sanglantes des Templiers.
• 38* En «e rappelant ses oreilles
d'âne. Un roi de France, un barbare du Nord, souillé du sang de la sainte Milice, ne pouvait rappeler au fidèle d'Amour, au disciple des Proven- <:aux, à Taffilié de l'Albigéisme ci du Tempiarisme, qu'un type d'ignorance et d'avidité.
29. En n'attendant pas mèiiie le décret pontifical, ce semble, mais en réalité sans l'aveu du chef de l'Empire, sensa decretOf pour s'emparer des richesses de l'Ordre du Temple , Philippe-le-Bel avait dérobé en larron le butin réservé au Seigneur, et, selon les paroles de Josué, devait être exterminé par le Seigneur, iosué, vu, 25.
30. Voiei venir le tour de l'Église, qui, comme Sapbira et Ananias, a manqué à son vœu de pauvreté.
Actes des Ap,, v.