L'endroit oà finit cette ombre
morne, al fin d'un ombra smorta, est la limite de la forêt où le géant et la Prostituée ont entraîné le char sacré ; on comprend dès lors que la Foi , l'Espérance et la Charité, pas plus que les quatre autres dames, ne se soucient nullement de la franebir.
Cette forêt d'Avignon où s'eat réfugiée la cour de Rome, ne saurait projeter qu'une ombre glacée, comparable à celle des pics alpestres, et enchaînant sous une croûte épaisse le cours des ruisseaux, symboles de l'enseignement. Foy. la Gamone; la son venuto al punto délia ruota, p. 378 des Hévél.
Au même lit s'ëpandre et, comme deux amis, Lents à se séparer, ralentissant leur course ".
De notre humaine race, ô gloire et pur flambeau -', Quelle est, dis-je, n'ayant qu'une source , cette eau Dont une part de l'autre ensuite se divise?
Je recueillis ces mots : — Que Mathilde le dise , C'est elle, en la priant, qu'il faut interroger.
Aloî-s, comme celui qui veut se décharger D'une inculpation, dans la crainte du blâme : — Par moiy reprit soudain la belle et noble dame , CerleSt il sait déjà ce qu'il demande ici , D'autres choses encor que n'ont point obscurci Les ondes du Léthé, je crois en être sûre ".
Et Béatrice alors : — Un plus grave souci, Peut-être, et quelquefois il en advient ainsi , Lui ravit la mémoire et lui rendit obscure L'intelligence ^\ Mais ici voilà de cours Que change l'Eunoë, conduis-le sur sa rive Et que par toi , selon ce que tu fais toujours ,
27. îl lui parut, veder mi parce, et, en effet, TÉden de la Comédie n'est pas celui de la Genèse^ et les deux fleuves qui l'arrosent ne sont ni le Tigre ni l'Euphrale.
28. C'est à Béatrice que Dante adresse ces paroles. Or, nous demandons humblement à ceux qui s'obstinent à voir en elle une jeune Temme, dont le poète se serait épris dans son enfance^ puis qu'il aurait perdue, âgée de 18 ans et mariée à un autre, en quoi cette jeune Florentine aurait pu être là gloire et surtout la lumière de Thumanité?
Nous faisons peut-être erreur, mais, à notre avis , il est beaucoup plus (Toyabîe que pareille invocation s'adresse à la raison philosophique, à la foi religieuse, personnifiée dans
Béatrice , splendor lucis œteriug.
29. En effet, Mathilde lui a ex^ pliqué précédemment que cette eau dérivant d'une même source divine, c'est-à-dire de la tradition gnostique , s'appelait Eunoë , ou bon savoir, raison éclairée, dans un de ses canaux , et Léthé ou oubli dans l'autre. Elle lui a appris également de quelle manière s'opère la propa gande sectaire au moyen de certaines semences inaperçues allant germer çà et là (loy. Purgatoire, ch.
xxvni ) ; aussi dit-elle : Je suis sûre, son sicura, que l'eau du Léthé n'a pas effacé tout cela de sa mémoire.
30. Les reproches de Béatrice au sujet de son passé guelfe , lui ont fait perdre de vaeles e?(plicâtionsdé Mathilde.
l.K PLRGATOIKE.
Sa vertu défaillante à Finstant se ravive '*.
En noble et brave cœur qui ne s'excuse point, Mais du désir d'autrui fait son unique soin , Aussitôt qu'un seul mot, un signe le révèle ", Me prenant par la main , cette dame si belle S'avança vers le fleuve et, d'un air gracieux : Viens, à Stace dit-elle, oui, venez tous les deux".
Si je pouvais, lecteur, écrire davantage.
Et si ne m'y manquait l'espace désormais , Je voudrais célébrer le suave breuvage Dont je ne me serais rassasié jamais.
Mais je vois maintenant toutes les feuilles pleines Qu'à ce second cantique en moi je réservais ; Et l'art impérieux, auquel je me soumets, Pour m'empêcher d'aller plus loin roidit les rênes '*
31. Donne-lui le baptême rituel et fais -lui boire le breuvage de Mnémosine, qui doit le régénérer, en le faisant naître à une vie nouvelle ; car tu symbolises, sous toil déguisement catholique, la vie active des premiers grades, qui, suivant les rites de Finitiation, corne tu se* usa, prépare et Introduit à la vie contemplative.
32. Nous avons vu que Béatrice ne se faisait faute de recourir au langage des signes, quand les paroles pouvaient avoir leur danger, et d'ailleurs l'obéissance absolue aux mots et aux signes est de devoir rigoureux dans les sociétés secrètes.
33. Pourquoi tous deux, viencon lui ? Parce que Stace. le Toulousain, le sectaire albigeois, doit être le parrain du néophyte qui vient de subir, dans le Purgatoire, toutes les épreuves par lesquelles devait passer celui qui voulait être affllié à TOrdre du Temple. Comme Romaine, Mathilde seule Ta plongé dans Teau du Léthé,
c'est-à-dire Ta fait mourir Activement; comme Albigeoise, elle fait participer le Toulousain Stace à son immersion dans l'Eunoë, c'est-àdire à sa renaissance à la vie nouvelle. Un double caractère lui sera imprimé ainsi par l'ordre de la dame mystique. De sa marraine il tiendra l'apparence romaine qu'il n'a garde de dépouiller, et de son parrain la foi albigeoise ou toulousaine dont il se constituera Tapôtre fervent. Ainsi se trouve expliquée la formule rituelle : J*ai pleuré et j'ai n, qu'on a vu revenir si souvent. J*ai pleuré signifie : J'ai feint le catholicisme, j'ai papisé , j'ai pâti. J'ai ri veut dire : J'ai prêché , convaincu , converti à l'albigéisme, car on sait que les rires de Béatrice « sont ses persuasions. » En conséquence, j'ai ri exprime aussi l'idée de triomphe.
34. L'art auquel le poète obéit est l'art d'Amour ou le gai sçavoir, c'est lui qui l'empêche de s'étendre sur la cérémonie finale de l'initiation, de peur qu'une parole linpro-
Je m'en revins baigné des salutaires eaux , Vivilié non moins qu*en mai les arbrisseaux Renouvelés de fleurs et de fraîche verdure , Aux étoiles tout prêt à monter l'âme pure ".
dente n'ait à trahir tout le mystère, et le fait s'arrêter si brusquement sous un prétexte des plus frivoles ; à moins , comme nous Favons remarqué, que sa composition ne dût pas excéder un nombre rituel de vers.
35 C'est en dignitaire de l'Ordre occulte que Matbilde adresse cette invitation au parrain toulousain , donnescamente , de donna; autrement ne serait-il pas absurde de dire qu'une dame s'exprime en dame? De donna, pris dans le même sens, les troubadours avaient fait domnejar, reproduit par Dante dans donneare, traduit journellement par courtiser les dames, faire le galant.
II faut avouer que les philologues sont bien ingénieux. Mais ce sont des savants , ils hausseront les épaules et persisteront.
Le baptême mystique a produit son effet, le néophyte a subi sa transformation, sa palingénésie, il est entré dans une vie nouvelle, autrement dit la plante nouvelle s'est revêtue d'un feuillage printanier, comme lès arbrisseaux au mois de mai. Dès lors, le sectaire, purifié des préjugés de son éducation religieuse, est prêt à s'olancer, au moyen de l'échelle des grades, à travers les deux symboliques, au delà desquels lui apparaîtra l'éternelle vérité, sous les trois couleurs mystérieuses dont Béatrice vient de se montrer parés.
Ici le commeatateur cède la parole au poète qui , seul , à tettc heure, introduira le lecteur dans les neuf sphères du Paradis, sa nouvelle Jérusalem: dans cette cité sainte qui non-seulement compte lo Christ lui-même, et non pas le pontife régnant à Rome, au nombre ^ ses membres, mais le voit siéger comme « Tabbé du collège ; » daïi» cette Athènes céleste où les docteurs de toutes les époques sont appelés à philosopher d'accord. Ici l'humble truchement du gran padre Àlighieri s'abstient momentanément de le suivre ; l'espace lui est mesure'; car par ce temps de gente nuova et de grossi guadagni on lit fort peu, surtout des vers des anciens jours, avec ou sans commentaire, et
les éditeurs, à qui Ton n'achète guèro de gros livres, ont raison d^agir prudemment.
C'est du reste sans regret que nous faisons' un moment halte et que nous interromp<m8 cette longue série de notes, pour la reprendre aussitôt qu'il nous sera permis de lo faire. Ce temps d'arrêt permettra à la critique sérieuse de formuler son opinion » d'approuver ou de censurer, de proposer ses objections et ses doutes. Elle nous trouvera ; tout disposé à Técouter avec déférence, et à profiter de ses avertissements.
Quant à la critique de bas étage, à celle qui procède par quolibets, par insinaations enfiellées, par ironie plus ou moins saupoudrée d'esprit frelaté, à celle qui reste muette quand son devoir serait d'élever la voix, et ne tarit pas lorsqu'il lui siérait de se taire, nous ne lut répondrons que par notre mépris, en nous rappelant ces paroles de Cacciaguida : Lascia graitar dove è la rogna.
Les quelques mois de silence auxquels nous nous résignons voioatiers auront cet avantage, qu'ils fourniront une belle occasion à ceux pour qui ce commentaire de la Comédie sera , maintenant que le voilà fait aux deux tiers, la chose la plus simple et la plus facile, de le terminer à leur plus grande gloire et à notre entière confusion. AHons, messieurs, à Tœuvre, la besogne est beaucoup plus avancée à coup sir qu'au moment où je m'y suis mis. Il y a bien des voiles soulevés, bien des masques arrachés, bien des paroles expliquées, qui ne l'étaient pas quand j'ai osé prendre la parole. Eh bien, profitez de ces avantages, mettez-vous à passer au crible, à votre tour, chaque vers de cette Minerva oscura, comme l'appelle Boccacequi, chargé de la commenter publiquement, se fit un malin plaisir de Tobscurcir encore plus et d'égarer les héritiers des Noirs dans les .brouillards de sa prose sectaire : quant à nous, il nous suffira de l'honneur de vous avoir frayé la route, d'avoir dégagé la Selva des broussailles qui l'obstruaient.
On conviendra que depuis l'apparition de Dante hérétique, titre qui a fait hausser les épaules à nombre de gens graves, sans parler des académiciens, dont un que j'aime beaucoup, parce que c'est un vrai savant, me disait encore il y a trois mois : « Votre système est insoutenable; » on conviendra, disons-nous, que la question n'a pas teissé de faire quelques pas, et que la lumière s'est produite par deirés, sans cesser de procéder de l'Orient. Cela tient d'iibord i ce qû'^ûe analyse générale ne pouvait s'engager dans une foule d'explicillions de détail, à ce qu'il fallait réserver pour l'œuvre capitale les preuves les plus saisissantes^ laisser môme subsister quelques obscu-
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ritéj, quelques erreurs volootaires» afin de faire, au besoin, un retour offensif contre les opposants de 'mauvaise foi, et rejeter en arrière tout le gros bagage, trop embarrassant pour une campagne de reconnaissance, qu'il fallait conduire un peu lestement.
Ajoutons que, malgré notre étude attentive et obstinée des œuvres du poëte toscan, ce sublime héritier de nos troubadours de la langue d'oc, nous étions loin encore d'avoir pénétré toutes ses ruses, éventé tous ses mystères ; à telles enseignes que, à mesure que nous avancions dans ce Commentaire, où il nous fallait le suivre vers par vers, de nouveaux éclairs venaient à chaque instant sillonner la nuit où, par moments, nous marchions encore en tâtonnant; maintes exprèssions,qui jusqu'alors ne nous avaient offert qu'obscurité, comme carôoni spetUi, venaient à l'improviëte nous apparaître avec une étonnante limpidité et prenaient une forme inattendue. Durant l'impression même et tout en corrigeant ces épreuves, des tercines, sur lesquelles nous avions passé bien des fois, sans y rien remarquer de suspect, prenaient tout à coup un relief si vigoureusement accusé qu'il rendait palpable la pensée dérobée sous le symbole. Un mot, une tour^nure de phrase plus ou moins embairassée suffisait parfois pour nous mettre sur ia voie, ainsi le ministre ordinato pour la Fortune et 'Iwvran pour le comte Ugolin.
U etsl dès lors très-probable que, sans parler de tout ce que nous avoas laissé à l'écart de notre plein gré, pour ne pas nous étendre à l'excès et ne fatiguer Tattention que le moins possible, beaucoup d'allusions, de phrases, de naots à double et triple sens nous auront encore échappé dans ces deux Cantiques ; car enfin le poëme , objet de nos investigations, a été composé dans uae langue qui nous a été longtemps étrangère, que nous avons apprise tard et à laquelle nous ne nous sommes un peu initié qu'à force d'études assidues.
Nous réclamons donc l'indulgence pour des omissions inévitables, plus encore que pour celles do nos interprétations qui ne paraîtraient pas suffîsanunent justifiées; car il en est bon nombre qui, jugées d'abord téméraires, finiront par obtenir créance entière, lorsqu'on aura passé tout le poëme en revue ; si l'on veut surtout avoir constamment le texte sous les yeux , ou du moins y recourir à chaque doute. La Comédie est le moyen âge vivant , parlant et agissant , c'est un spectacle dans un fauteuil , et il faut avoir vu tous les personnages parier , agir successivement snr la scène pour acquérir la perception nette du caractère de chacun.
Afin de bien observer ce spectacle , d'en suivre la pensée et l'action, sans rien confondre, et d'arriver à le comprendre dans toutes ses
parties , nous avons recueilli nos souvenirs. Les cinquante années de luttes qui, dans ce siècle, se sont succédé si agitées, ont été fécondes en hommes < t en choses portant enseignement. On a vu des ambitieux, des intrigants, des hommes d*énergie et de talent, des hypocrites, des lâches et des héros , des âmes vénales et des cœurs généreux , d'honnêtes et de malhonnêtes gens, s'y partager les rôles ; on a vu des natures mobiles se prêter à tout, capables de tout en bien comme en mal ; enfin certains acteurs pactisant avec tous les partis , s'affiliant à toutes les associations, pour parvenir au but qu'ils s'étaient invariablement fixé , ne reculer devant aucun moyen. Ces leçons do l'expérience, si utiles à l'étude du passé , une fois bien gravées dans notre esprit , nous nous sommes isolé du monde actuel et transporté par l'imagination à l'époque où vivait Dante. Une fois au xiv^ siècle, nous nous sommes mis à penser, â parler, à écrire , en homme de 4300, et à envisager la société au milieu de laquelle nous nous trouvions au point de vue purement catholique. C'est ainsi que nous sommes arrivé à nous reconnaître , aidé de nos souvenirs du xix« siècle, au milieu du monde dantesque, et que nous avons pu en comprendre la langue, en signaler une à une, pour ainsi dire, toutes les individualités , sans être ni un savant , ni un théologien , ni un philosophe , ni un ultramontain , soit dit une fois pour toutes ; sans être davantage homme de parti , métier de dupe pour gens loyaux , car lorsqu'on s'y est une fois fourvoyé , on apprend bientôt à far parte da se.
Nous avons la conviction , il n'est pas besoin de le déclarer, sans doute, que si nous avons pu errer en quelques parties, la plupart de nos interprétations sont fondées en vérité; celles-là même qu'on trouvera présentées seulement à titre d'hypothèses sont à peine douteuses à nos yeux. Mais les questions de détail importent peu.
Le point capital était d'établir que non-seulement la Comédie, mais encore toutes les autres œuvres de Dante, tant en prose qu'en vers, tant en latin qu'en italien, composaient un corps de doctrine religieuse et politique, un ensemble complet, dont le principe, tout oriental, se rattachait étroitement â la grande et redoutable opposition contre laquelle l'Église romaine eut à lutter au moyen âge, qu*elle combaiHt à toute outrance et qu'elle finit par écraser momentanément ; que la Vie nouvelle n'est pas un roman intime, ni le Banquet un livre de philosophie purement scolaslique, pas plus que le Traité de Yldiome vulgaire n'est une œuvre de philologie ordinaire et le Canzoniere un recueil de poésies innocemment amoureuses ; que ces divers ouvrages se rattachent au livre De Monarchia et sont liés l'un à l'autre par une
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multitude de fils , qui , imperceptibles au premier coup d'œil , ne sauraient échapper à un examen minutieux ; qu'ils ont été conçus et exécutés pour so prêter un mutuel secours, pour s'expliquer et s'éclairer tour à tour; enfin, que tous ont été inspirés par le désir profond, invariable, obstiné, de renverser l'édifice catholique et de faire triompher sur ses ruines la doctrine mystérieuse qui se résume dans ces deux mots : Albigéismb et Teiiplarisme.
Peut-être nous abusons-nous, mais cetto question capitale nous paraît dès à présent hors do tout débat. Tirésias, Manto, Caton, Stace, sont des témoins éloquents et qu'il n'est guère possible de récuser, sans parler des figures diaboliques de Pluton, de Mines, de Cliiron, de celles de Rhea, du Vieux do la montagne» de la Fortune, de la Nature, de l'art d'Anlour, ce petit-fils de Dieu, et do tant de personnages restés encore sous le rideau ; sans parier de cette collection de prostituées de tous les pays et de tous les siècles, destinées à faire ressortir les angéliques perfections de la pure et chaste Béatrice , donna cruda, sachant se faire umile, si longtemps enveloppée de triples voiles et qui ne nous a pas dit encore son dernier mot.
Malgré tant de témoignages si précis, et tous concordants, recueillis jusqu'ici , quel que soit l'enchaînement logique des interprétations qu*oa vient de lire ; en dépit de la solidité des preuves apportées à 1 appui et de leur connexion, beaucoup de gens s'obstineront encore, c'est chose inévitable, à ne voir dans tout cela qu'un jeu d'esprit, un résultat de la manie des systèmes. Car avec ce mot système^ prononcé d'un certain air de gravité doctorale, ceux qui ne croient qu'en eux ont réponse à tout. Mais qu'ils y prennent garde : en pensant par là dénigrer l'œuvre, ils courraient risque de rehausser singulièrement Touvrier. En effet, celui dont Timagination inventive aurait trouvé moyen de déployer sur la grande page dantesque une toile fantastique s'y adaptant étroitement, au point d'en laisser apparaître, tout à la fois, comme à travers un transparent, et l'ensemble et les moindres détails, et cela de manière à montrer seulement les lieux et les personnages sous un aspect complètement différent, à faire se mouvoir les figures d'une toute autre façon et sous un tout autre costume, non seulement sans s'écarter du modèle, mais en se conformant même aux renseignements fournis sur chacun d'eux, soit par l'histoire, soit par les saintesi Ecritures, soit par la mythologie ; celui qui aurait opéré de la sorte aurait certes accompli, dans le domaine de i'urt, un tour de force qui ferait presque de lui l'émule du maître.
Personne, à coup sûr, ne nous supposera pareille ambition; être accepté comme un copiste fidèle et comme un interprète ^intelligent,
6t$ LA COMÉmB DE DAI4TE.
voilà ufiiqii«n6Qtoùtoodla edire; elle ne va pas audeli. Um ikhis avons dû prévenir ronscifioeieusemeni nos contradicteurs , afin qu'iis i)*et]S9ent pas à travailler pour nous faire accorder, sang le vouloir, beaucoup au delà de ce que nous nous estimerions trop heureux d'obtenir. Quant à la transformation qui pourra s'opérer dans rq>inioo de ceux qui voyaient dans le peintre de TEnfer un colosse catliolique, et le portaient aux nues à ce titre, nous n'avons point à nous es occuper ; mais nous nous attendons bien à voir jeter de la boue par ceuxlà à leur ancienne idole , sauf à en être légèrement éclaboussé nous-
Quoi qu'il en soit du jugement à intervenir sur la Comédie^ sur sa traduction et sur son interprétation, l'enquête reste ouverte et nous n'avons garde de vouloir la clore, car nous avons encore bon nombre de témoins à entendre. Ils valent au moins, croyez-le bien ceux qui les ont précédés; nous leur laissons donc la parole, nous r^ervant d examiner leurs dépositions avec le même soin scrupuleux que nous avons apporté à scruter les précédentes, a&n d'en faire jaillir la vérité.