Attendu qu'il est dit dans des Qdèles d'Amour
lliymne : « Seigneur, vous avez ai. Impression des plus comnio-
brisé l'algulUoD de la vort et vous des en ce qu'elle permettait au poëtc
avei ouvert aux fidèles le royaume de ne pas entendre les verseU qui
des Cieux. » Or, Dante ne désirait ne lui étalent pas aussi sympathi-
flieii tant que dé voir l'aiguillon de ques que celui qui vient d'être cité. %tmt brisé, et pi^r suite le trioinphe
CjïANT l,
Quand nous eûmes passé le seuil dexette portp, Dont le mauvais Amour, repoussé par les Gieux , Des âmes qu'il égare éloigne la cohorte, Ep leur faisant voir droit un chemin tortueux \ Je l'entendis sur nous se refermer stridente. Comment faire excuser ma conduite imprudente En arrière si j'eusse alors jeté les yeux' ? Nous montions au sillon d-une roche profonde , D'un et d'autre côté serpentant , comme Fonde Qui Ta, Tient et revient en sa n^obilité '.
1. Ce mauvais Araour, malo Àmore, est celui qui préside à lj^ religion de haine ; c'est de lui que dérivent l'orgueil, l'envie et l'avarice, c'est lui qui inspire les pontifes de l'Église cathoUque, égarant le troupeau par leurs exemples, et dont les* enseignements tendent à confondre, pour les Simples, les notions du juste et de l'injuste , en faisant passer la morale après le dogme.
2. Après l'avertissement re<:u à cet égard , comment revenir au mauvais Amour, source de tous les méfaits punis dans l'Enfer ?
3. Rien de plus mobile aux yeux de Dante que la Papauté assimilée par lui à la Fortune. Il se rcpré> sente donc avançant péniblement
entre deux parois de pjVrrc, et obligé de louvoyer adroitement, en suivant les tours et détours du chemin par lequel il lui faut gravir.
Cette pierre est fendue, pietrafessa, pour indiquer qu'elle menace mine, comme un édifice lézardé. « Qu'ii- Ycz-vous trouvé.? esl-U demande dans les loges maçonniques, lors de l'admission au premier grade.— Un rocher, et j'ai* reconnu par expérience la difllcuiié qu'il y avait à le passer. — Comment êtes- vous monté ? — Par le moyen de quelques paroles ; «lies ont fait ouvrir le sein du rocher. ^ Qu'cntendez-vous par le seiç du rocher ? — Son milieu, qui s'est ouvert. » (Les Francs* maçons.) Et alors le néophyte monte per la pictrn fessa.
370 LE PURGATOIRE
Il nous faut , dit mon guide , user d'habileté , En nous serrant au roc, selon qu'il se reploie , D'une part ou de l'autre en reportant la voie *.
A tel point notre marche ainsi se ralentit Que la lune venait de regagner son lit Avant que nous eussions de l'étroite ravine Encore atteint la fin *. Mais lorsqu'à ciel ouvert . Nous fûmes arrivés sur un plan découvert, Où le mont, qui s'étage en arrière, s'incline , Moi , fatigué , tous deux incertains du chemin , Nous flraes un moment halte sur ce terrain , Comme une route au fond du désert , solitaire S Du bord que vient borner le vide au bord contraire. Où se dresse le roc, la largeur tout entière Peut s'étendre trois fois autant qu'un corps humain ' ; Et des deux parts , autant que la vue en embrasse , Partout cette corniche offrait le même espace.
Nous n'avions pas encor, pour cheminer dessus , Fait un pas en avant , lorsque je m'aperçus Que le bord , qui se dresse à gravir impossible , En marbre blanc , était de sculptures chargé. Policlète , à les voir, se fût découragé , ' Et l'art pour la Nature en était invincible*.
4. Le peu d'art, poco d'arie, que 5. Cette marche sinueuse de In
Virgile rinylte à déployer, consiste à secte rendait nécessairement ses
s'appuyer à la pierre, in accosiarsi progrès plus lents, mais lui valaient
alUk pietra, à se faire aussi orlho- la sécurité, le salut de Béatrice,
doxe que possible extérieurement, 6. Le chemin est désert, attendu
afin de pouvoir arriver h son but. que personne ne s'est encore avisé
S'il n'en était pas ainsi, iesinstruc- de suivre une pareille vole et de
lions de Virgile à son disciple ne s'appuyer sur l'Église pour arriver h
seraient -elles pas plus que naïves, la renverser,
lorsqu'il lui recommande d'appuyer 7. De cinq à six mètres. Trois est
à droite ou à gauche , selon que un nombre dont la vertu n'est pas
tourne un chemin encaissé, en ajou- moins grande que celle de sept,
tant qu'il y faut un peu d'art , Voy. la Vie nouvelle,
comme si ce n'était pas celui des 8. Non pur PnUeleto, ma la nrt-
mulets ? fuffl gli (ou It) averebbe scorno; ce
L'Apge qui vint sur terre apporter le (Wcret De cette paix avec tant de pleurs implorée , Et par la foi durant des siècles espérée, Qui leva Finterdit du Ciel , à nous s'offrait Parlant , et Fair si doux en son divin message, Qu'il ne semblait point voir une muette image. On eût , certes, juré Fentendre dire : Ave-; Car dans cette œuvre, en tout d'un travail achevé , On reconnaissait celle en qui FAmour suprême % Sur nous pour s'épancher, vint s'incarner lui-même. Dans son regard modeste , humblement abaissé, Étaient enipreints ces mots pleins de candeur : Ecce Aiicilla Domini , conune on pourrait les lire Reproduits par le sceau qu'on presse sur la cire ".
Ne tiens pas ton esprit, me dit mon conducteur, Qui me tournait le flanc où Fhomme sent son cœur. Fixé sur un seul point. — Alors, après Marie , Kn dirigeant mes yeux vers celui dont la voix Gouvernait à son gré mes actions, je vois, En la roche sculptée , une autre histoire pie. A droite de Virgile aussitôt je passai Et , pour mieux observer, plus près je m'avançai " :
(pic vous pouvez entendre lout ausj^i bien dans ce sens que la providence impériale n'en aurait pas fait plus de CAS que le païen Policlëte.
0. Littéralement : Celle qui tourna la clef pour ouvrir Taraour suprême.
Le poète a une prédilection particulière pour cette métaphore de la ctef sectaire, et remploi qu'il en fuit Ici donnerait à supposer que, pour lui, le mystère de l'incarnation constituait une allégorie.
10. Il ne faut pas oublier que Marie est l'église sectaire, mère et fUle du Christ impérial, la plus haute personnification de l'Amour, tel que
l'entendait la religion opposée à la religion de haine ; que les chefs de cette église réunissaient les deui glaives de la parole mystérieuse et les deux clefs destinées k en ouvrir le sens arcanc ; enQn que Dante se faisait humble , en revétissant les apparences orthodoxes , et qu'il recommandait aux siens de l'imiter dans son déguisement, en se faisant humbles comme lui, pour Irioiiiphcr plus sûrement de l'ennemi, en abusant son orgueil.
1 1. (ki passoge de gauche n droite a certes une signiflcation, car pourquoi mentionner une circonstance
LE PLRiÇATOIRE.
Là, le char et le9 boeufs gui inlmmi l'Arebe sainte. Quand par elle oa apprit q)i9 Toj^ 4oit être en crainte D'un office usurpé ? S se qfipotraient retracés. Tout le peuple marchait (levant à rangs pressés , En sept choeurs partagé ; scène à tel point vivante Qu'en opposition mettant deux de mes sens , Quand Tun niait le fait , l'autre disait : On chante ; Et de même, en voyant partout fumisr Tencens, Les yeux, qui contemplaient l'image décevante. Et l'odorat, portaient des avis différents ^^ En dansant précédait l'Ancre l'humble Psalmiste '*, Dans cette circonstance, |Bt plus et moips que roi ^^ Du haut d'un grand palais, Fair orgueilleux et triste, Le regardait Uichol , en son pieux emploi ^K J'avançai pour mieux voir, plus loin , une autre histoire Sculptée après Michel sur la blanche paroi.
De ce prince romain y rayonnait la gloire Dont la haute vertu sut toucher saint Grégoire»
aussi peu importante? Nous serions bien trompé si le poète n'avait pas voulu donner k entendre qu'il faut regarder de près la scène suivante, pour en comprendre la portée véritable.
12. Oza fut frappé de mort pour avoir soutenu l'arcbe sans en avoir • rc(:u mission. Pcnscra-t-on que cet uffisio fwn commesso , n'ait rien a faire avec l'autorité temporelle des pontifes, et aussi avec l'extension illimitée de leur puissance spirituelle?
13. Cette opposition des deux sens sur laquelle II est tant insisté indique assez que celte description biblique offre aussi deux sens, et que ce n'est pas aux yeux, c'est-à-dire à la lettre qu'il faut s'en rapporter.
H. Trescando ahato, littéralement : Élevé en dansant un branle.
.Mais trescare signifiant aussi intri-
guer, dire des riens, on est libre de choisir, dans cette dernière acception, l'humble chanteur de Psaumes .qui se serait élevé trescando serait tout autre que le roi David.
16. On voudra bien réfléchir si, en I3()0,il n'était pas exact de dire qu'un pontife était plus qM'un foi ; si, en s'intitulant servilcur des serviteurs de Dieu, il ne semblait pas se dire moins, et si pour les Gibelins et les sectaires de toute couleur, il n'était pas ù mettre bien au-dessous.
1 C. Comme une dame orgueilleuse et méchante, dispeltosa e trista.
Nous laisserons à deviner quelle peut être celle méchante femme, regardant avec admiration, car remarquez bien qu'il est dit ammirava, les roueries , ir esche , qui ont élevé son époux , et qui lui ont valu d'habiter un grand palais.
Des pouvoir^ de Ff nfer pour lui resté vaioqueur :
Je parle de Trajan» le pieux empereur.
Se tenait une veuve en larmes , ^ésolé^ ,
Au frein de son coursier: sous les pieds des cl^evau^
De nopabreux escadrons , la terre jetait foi|}ée,
Et dans Tair ondulait l'aigle d'or de^ dr^peauiip.
Semblait dire au milieu d*eu:^ tous Tinfortunëe :
(( Seigneur, daigne venger nion ûls, privé du jour,
Et sa mère à tes pieds qui pleure prosternée. »
Lui , paraissait répondre : u Attends à mon rie^our. »
« Mais si tu n'allais pas revenir? » disait-elle
De ce rapide élan qu'imprime la douleur.
«Te rendrait donc justice alors mon succiess^ur? »
Mais la veuve : « Seigneur, à Joi quand j'eQ appelle ,
D'un autre le bienfait pourria-t-il te valoir,
Si toi tu t'é^ abstiens, en ayant le pouvoir ? »
Et lui : « Reprends courage ; il faut que j'accomplisse ,
Avant de pi'éloigner, tes vœux et mon devoir ;
Ce retard, la pitié le yeut et la justice *- .)>
Celui dont jamais l'œil ne vit rien de nouveau Avait imprimé là ce visible langage.
Aussi neuf que frappant pour nous ; car, noble et beau , Nul n'existe ici-bas pour l'avoir en partage *".
17. Dion CaMias et cTaotres écri- tré dans David et Michol, époux
vains attribuent cet acte de justice dont l'union fut frappée de stérilité
à l'empereur Adrien ; mais Dante a ( la Papauté et TÉglise) , se dégra-
suivi la version de PoUcrate , du dant à Tenvi l'un de l'autre par l'iu-
diacre Jean , de l'Eucotoge grec et trigue et les mauvais instincts , il
de saint Thomas d'Aquin , qui en était tout naturel d'éditer l'empire
font honneur à Trajan. Selon eux , et sa justice miséricordieuse dans la
saint Grégoire en aurait été telle- personne de ïrîyan. La veuve déso-
ment touché, qu'il aurait supplié lée est la vedova Italia implorant
Dieu de retirer Trajan de l'enfer .et l'aide des empereurs, qni, remettant
obtenq cette grâce insigne. On re- toujours sa délivrance au lende-
marquera qu'il s'agit ici d'une huml- main, en renvoyaient le soin k lei^r
lité. toute différente de celle que successeur, rappellent Ijes deux représentations 18, Rien de plus clair ; la justice
précédente^; mais après avoir mon- Texlge et dame Piété me fait un
Comme je m'occupais de taol d'humilité Sur ces marbres sacrés à contempler l'image , L'œuvre, par l'artisan qui l'avait enfanté, N'avait que plus de prix; me dit bas le poëte : — Voici beaucoup de gens qui s'avancent là-bas , - Dont lente est la démarche et rares sont les pas ; Us nous indiqueront un chemin qui nous mette A même de gravir vers de plus hauts degrés ".
Mes regards, du nouveau constamment altérés, Bien qu'admirant encor d'une ardeur satisfaite, Se tournèrent vers lui ". Mais en rien je ne veux , Lecteur, que pour ouïr à quel prix onéreux Knvers Dieu le pécheur doit acquitter sa dette , Ait à se relâcher ta bonne intention ; Au martyre enduré pour l'expiation Songe moins qu'au bonheur qui la suit; au pis même. Songe qu'il a son terme au jugement suprême ".
Maître, me pris-je à dire, autant que je puis voir, Ne semblent pas vers nous des hommes se mouvoir;
devoir de sévir. Ce langage de miséricordieuse Justice, tenu en réalité par Trajan- Henri VII, était neuf, novello a noi, pour Dante et les siens, peu habitués qu'ils avaient été à Tentendre.
19. Agit alti gradi. Les hauts grades sont le but final de l'initiation.
20. C'est parce que Dante était avide du nouveau, qu'il avait adopté les nouvelles doctrines et qu'il aspirait ù une double révolution, politique et religieuse , a far novitadi , comme disaient alors les Italiens.
Voy, Villani, Dino Conipagni, etc.
21. A bon entendeur salut. Dante ne pouvait pas supposer séric^usement que les épreuves de Eon Purgatoire auraient à délourncr du salut les âmes caltioliques^ct qu'elles pré-
féreraient , ponr se soustraire à d»
peines momentanées , se vouer aux supplices élemels de l'enfer. Il a donc voulu donner h entendre tout autre chose; à savoir, qu'on ne devait pas, plus que lui-même, être, scrupuleux sur les moyens à employer pour arriver au triomphe dr la cause sectaire ; que les épreuves que l'on pouvait avoir à subir jusquelà prendraient fin , lorsque l'Empereur-Clirist , leur Messie , rétabli dans la plénitude de sa puissance , viendrait récompenser les bons et châtier les pervers. Voilà ce dont le Jugement dernier était le symbole dans le langage secttiire, ce que Dante appelle la gran senfen;ria, parce que les rivants et les morts devaient alors être rétribués selon leurs mérites, et délivrés de dame Pietrn.
A juger ce que c'est je perds en vain ma peine ". Et lui : — De lepr tourment la douloureuse gène Vers la terre les fait se replier ainsi ; Et mes yeux tout d'abord s'y trompèrent aussi. Mais fixe là ta vue et, sous ce faix de pierre , Déroule du regard ce qui s'en vient. D'ici Déjà tu peux juger de chacun la misère ".
0 chrétiens orgueilleux ! Infortunés, hélas " î Qui , des yeux de l'esprit affligés et malades , Osez vous confier en vos débiles pas ; Et qui vous épuisez en efforts rétrogrades'* ! Nous sommes , pouvez-vous ne l'apercevoir pas ? De misérables vers , et naissons ici-bas Pour former Tangélique et pure chrysalide, Le papillon qui doit un jour voler, splendide, Vers la justice, dont rien n'abuse les yeux ".
*22. On comprendra bientôt pourquoi ceux qui s'avancent si péniblement ne paraissent pas des hommes, non xembran persane , iorsqu'on s!iura ce qui leur intcrdH le progrès.
23. Ces mallieureux flécliissent sous le poids de la pierre brute catholique, elle les tient courbés à terre, dans une condition misérable, en leur interdisant d'avancer dans la roule du progrès, elle leur enlève jusqu'à l'nspect humain, car Dante nous le dit : Celui qui ne fait pas usage de sa raison ne vit pas, ce n'est pas un homme, c'est une brute ; ce n'est pas un vivant, c'est un morl. Connfo, ] Y, 7. Doutez-vous que telle soit la pensée du poète , écoulez Tapostrophe qui vient Immédiatement.
24. Voudrait-on par hasard qu'en plein xiv*' siècle, Dante, Gibelin sectaire, se fût écrié : Orgueilleux catholiques romains? L'épithète qu'il
ajoutait à chrétiens lui suffisait pour se faire entendre.
35. Pourquoi leurs ritrosi pa^si les font-ils reculer au lieu d'avancer?
C'est qu'ils sont courbés sous la pierre écrasants de l'autorité. Pourquoi les yeux de leur esprit sont-Ils malades ? Parce qu'ils se ferment à la lumière de la raison.
26. Il i)'o8l pas jusqu'ù celte comparaison poétique qui ne révè!c l'iicrésle. En effet, elle est empruntée au gnosiiquc-manichéen Marcion , qui prétendait que l'Ancien et le Nouveau Testament dérivaient de deux principes essentiellement opposés, l'un mauvais, l'autre bon, et qui , rejetant la résurrection des corps, œuvre 'du mauvais principe, disait que l'àmc humaine se dégagerait un jour de son enveloppe matérielle, comme le grain mûr se détache de sa lige, comme le pous- * sin s'échappe de sa coque brisée.
Epîphanc,/y(src«. 42, p. 330. Hahnc,
âsâ
LE PURGATOIRE
De quoi donc votre cœur s'enflc-t-il orgueilleux ? Insectes avortés, et rien de plus, vousôtes A comparer au ver dont restent imparfaites Les transformations " ! — De même que Ton voit A Tentour d'un plafond ou sdus le bord d'un toit , En guise de support , mainte figure humaine Dont les genoui ployës vont rejoindre le sein , Causant, au spectateur du simulacre vain. D'un malaise Iddal une réelle gène ; Ainsi s'offraient à moi ces Esprits affligés , Lorsqu'avei; plus de soin ilies regards dirigés Se fixèrent sur eux ^ contetnplant leur souffrance '*. Or, selon qu'ils étaient ou plas ou moins chargés, Contractés plus ou moins, ils marchaient en sUence ; Mais celui (}tii de tous, dans ses traits abattus, Dans ses actes, montrait plus d'humble patience, Semblait dire en pleurant : Hélas ! je n'en puis plus ^*.
Marcionis evangelium , p. 81. Le système de Marclon se conciliait avec celui des Valentiniens sur la production des Esprits ou émanations appelées Eons.
27. Ainsi ii est bien entendu que le catholicisme ne produit que des vers misérables, sujets du gran vcrmet auxquels leur avôrtemcnt interdit de se transformer un jour, ])Our s'élever au Ciel sur les ailes des Anges, leur Ame ne devant pas pins ressusciter que leur corps.
28. Les chrysalides avortées sont métamorphosées, parla Cafifaisle du poêle, en cariatides dont le seul aspect cause une impression pénible, c'est-à-dire en hommes de pierre^ pliant sous le faix de pierre qui leur
est imposé. 0 catholiques , soyei donc orgueilleux d'une pareille condition! Dante eut d'abord peine à s'en rendre compte, mais lorsque ses yeux se furent ouverts h la lumière de rOrfent , U en soulTrK et s*en indigna pour eux. Voilà pourquoi II rêva pour eax la liberté et la Justice impériale, gùutisia tensa schermi.
20. Ces dévots catholiques étaient d'autant plus disloqués , avaient d'autant moins l'aspect hiiinninqiills étaient plus dociles h subir le joug de latitorité; mais ii était si pesant que les plus patients le trouvaient intolérable, et, tout en pleurant, c'est-à-dire en faisant acte de papisme , n'auraient pas demandé mieux que d'en cire déchargés.
CHANT Xî.
0 noire Père , aux Gieux qui tout puissant habites ,- Non comme drconscrit par ses vastes limites, Mais bien parce qu*ii est en toi plus grand amour Pour tes premiers effets , qu'au suprême séjour Tu contemples là-haut d'ijn œil de complaisance*. Que soit béni ton nom , ainsi que ta puissailce ', De toute créature, en rendant dignetneht Gfâté à ta haute esschce , arec un cœur alttiant *.
t. CeUe expression si étrange de premiers elFels, primi effetti, résume toute la doctrine des gnostiques, celle de Marcion , de Ménandre , de Valentin, de Saturnin, pour qui Dieu était un immense foyer, soleil intellectuel, dont émanaient à l'inflni toutes les Intelligences, comme la lumière et la chaleur émanent de Taetre qui nous éclaire; Impassible et sans action propre, il avait laissé la création, dans laquelle le mal pst en lutte avec le bien, à des agents secondaires. Si donc, pour Dante les divers ordres d'esprits sont des effets. Dieu est cause, W n'est plus créateur, et c'est en quoi consiste principalement le système des émanations gnostiques, mot que le poète ne pouvait écrire, pas plus que celui d'Eons, sans se vouer au bûcher, et que celui d'effets supplée parfaitement.