Exilée, comme Guelfe exaltée, vani, en
Pour un peu de beau temps et de ciel azuré. J'implorai le Seigneur vers la fia de ma vie, Pour mourir dans sa paix ^^ A la dette pourtant N'eût pas certe suffi mou retour pénitent, Si, de douce pitié pour moi Tàme remplie, Pierre Pettignano n'eût, en bon souvenir, De saintes praisons daigné me subvenir *\ Mais toi, qui donc es-tu, qui de nos destinées Vas ainsi t'enquérant, l'œil librement ouvert, Ce me semble, en parlant toi qui respires l'air " ?
Et moi : — Seront de même à la nuit condamnées Mes paupières ici ; mais non pas pour longtemps » • Car d'envieux regards en poursuivant leâ gens. Je n'ai guère péché" : me trouble davantage La crainte d^s tourments que Ton souffre plus bas; Je sens déjà le faix apesantir mes pas ". —
Et qui donc, reprit-elle, a pu dans ce parage
29. Elle serait alors revenue aux opinions gibelines, qui dominaient dans sa famliie.
30. Celait un Florentin du tiersordre de Saint-François, qui vivait en ermite dans la montagne de Chianti, à sept milles de Sienne, et qui, très-probablement, s'étant exilé du milieu des siens pour adorer Dieu à sa manière, avait ramené Sapia au\ croyances des Gibelins.
(Voy. Tommassi St, di Siennat II, 238, et Gigli, iKario Sanese,) Le parler subtil, arguto, recommandé par Virgile, et mis en œuvre par Dante, consiste à avoir fait de Sapia une chrétienne peu charitable souhaitant des revers à ses compatriotes, lorsqu'il voulait la représenter, en réalité, comme coupable d'avoir abandonné la cause des siens et pris parti contre eux , par aveuglement catholique. Et c'est en la montrant
pleine de repentir et de résignation qu'il a pris soin d'appuyer dn cAlé opposé à celui où il aurait pu choir, onde coder si puote.
31 . Toi dont les yeux sont desaillés au milieu de tant d'aveugle», occhi sciolli , et qui te permets de raisonner comme un vivant parmi les morts, pour qui brille en vain le soleil -raison ; spirando ragioni.
32. Je n'ai à me reprocher d'avoir voulu du mal aux Gibelins , mes frères, que pendant les premières années de ma carrière politique, où les précédents de ma famille me firent suivre la bannière des Guelfes.
33. Mon plus grand tort a été de . subir trop longtemps le joug de
l'autorité pontificale, celte lourde pierre, qu'il faut porter les genoux ployés j et d'avoir un peu péché par orgueil de famille.
LK Pt'RGATOlllE.
T'amener parmi nous, si tu penses un jour Au bord inférieur te trouver de retour»*?
Celui qui, près de moi, se tait, dis-je, A cette h eure Tu sauras que je vis; ainsi requiers de moi, Kspritqu'attend bientôt la céleste demeure, Ce qu'au séjour mortel je puis faire pour toi.
Oh ! c'est signe évident que Dieu t'aime, dit-elle. Tant c'est chose inouïe et de tout point nouvelle. En priant veuille donc parfois me secourir. Je te conjure encor, par ton plus cher désir. Si tu foules jamais la terre de Toscane , Chez les miens d'effacer ce qui peut me ternir ^\ Us sont parmi ces gens d'humeur vaine et profane '* Qui sur Talamoné fait les plans les plus beaux Et, non moins qu'à chercher le cours de \a Diane, Qui s'abuse, mais plus encor ses amiraux''.
34. Elle Gompreod difAcUeineot comment celai qui a une fols secoué robéiBsaace tenvers TËglise, peut se résoudre à se courber de nouveau sous son Jbug.
35. De leur dire combien J'ai de repentir de mes déportemenls guelfes.
36. Parmi ces Siennols si mobiles qui, changeant à tout vent, passent
si facilement des Gibelins aui Guelfes.
37. Les Siennois avaient dépensé de fortes sommes pour leur petit port de Talamoné, dans l'espoir de le voir rivaliser avec celui de Piite, et pour faire revenir h la surface du sol une rivière qu'on supposait avoir coulé anciennement sur leur territoire. Voy. Cronic» Sanese^ Muratori, XV.
Quel est sur notre mont celui qui , d'un pas ferme , Se promène avant d'être affranchi par la mort , Et dont s'ouvre à son gré la paupière et se ferme * ?
J'ignore quel il est. J'ai reconnu d'abord Qu'il n'est pas seul ici. Fais-lui , toi , ta priène, Étant plus près , et sois courtois en ta manière * , Afin qu'à nous répondre il puisse être amené.
Dé moi parlaient ainsi, l'un vers l'autre incliné, Deux Esprits, à ma droite , et bientôt, en arrière Tous les deux renversant leur front , l'un d'eux me dit :
Ame, qui n'es pas libre encor dé la niatière ' Et qui t'en vas au Ciel, à nos yeux interdit, Par charité, consens à nous faire connaître D'où tu viens, qui t'amène, enfin qui tu peux être. Tant de grâce envers toi nous laisse stupéfaits , Gomme un fait inouï qui ne s'offrit jamais.
A quoi je répondis : — Falterona voit naître Un fleuve , faible encor, qui promène ses eaux A travers la Toscane et ses riants coteaux ,
1 . Qnel est celui qui , vassal de ccUe mort, dont la piété est ennemie, morte villana dipietànemica, use à son gré de sa raison pour voir les choses sous leur véritable aspect? Voy, p. 372 desnévél.