ù rivière de Uvagno , dans P^" P
l'État de Gènes, arrosait les domaines 24. Cette vie de mensonge, tita
des Fieschi, qui s'intitulaient comtes bugiarda, ne peut être que celle
do Lavagno, et le pape Adrien V, des papes , puisque c'est ii peine
Ottobuono FieschI , appartenait ù monté sur le trône pontifical qu'A-
celte famille ; Il était neveu d'Inno- drien IV fait pareille découverte,
ccol lY, qui avait excommunié Fré- scopersi.
LE PURGATOIRE
Je vis que n*y pouvait rien contenter le cœur " ;
Qu'en la mondaine vie on ne pouvait prétendre
A monter davantage ^*, et d'ardente ferveur
Pour celle-ci j'en vins tout à coup à me prendre -'.
Mon âme jusque4à se séparant de Diea
Était toute cupide, hélas I mais dans ce lieu
Tu peux voir aujourd'hui comme elle en est punie.
Ce que fait Tavarice en sa triste manie
Se reproduit ici pour laver ses péchés.
11 n'est pas sur ce mont de plus amères peines.
Ainsi que nos regards se tinrent attachés,
Non aux splendeurs d'en haut, mais aux choses mondaines,
De même vers le sol les tient ici penchés
La justice du Ciel. Et comme l'avarice,
Pour tout bien véritable éteignant notre amour.
Nous fit pour le salut négliger chaque jour
L'occasion d'agir, la suprême justice
Nous tient ici gisants, étroitement liés ,
Ne pouvant nous mouvoir ni des mains ni des pieds ;
Kt nous devrons rester tous à la même place
Tant qu'il plaise au Seigneur de nous accorder grâce -*.
25. Li, dans la vie bugiarda des poDtifes, attendu que le cœur n'est BaUsfait que par l'amour, et que l'existence d'un pape se passe à accomplir des œuvres de haine.
26. L'exercice des deux puissances temporelle et spirituelle étant le plus haut degré de grandeur auquel un homme puisse atteindre.
2?. Dante veut donner à entendre que, satisfait dans son ambition, le pape Adrien V se serait converti à la religion de l'Amour, ce -qui lui aurait valu de no pas être confondu avec les papes et les cardinaux que nous avons vus en Enfer, ch. vu, punis pour leur avarice ; tutti fur cherci qUesti cherculi. Ou faut-il
comprendre que pris de dégoût de ce qu'il était obligé de faire ou de tolérer, il désira la fin d'une vie bourrelée?
28. Ceux qui avaient sur terre le pouvoir de iier et de délier sont à leur tour liés dans le Pnrgatoirepour leur insatiable avarice ; encore faufil qu'ils n'aient siégé que bien peude temps, comme Adrien V, sur le trône pontifical ; autrement ils sont plongés dans l'Enfer, fautede bonnes œuvres -inspirées par l'Amour. C'est ici précisément le même châtiment que l'Ange inflige à Satan dans l'Apocalypse, XX, 2 : Appréhenda Satanas et lignrit eum. Qui sait, du reste, si la peine subie par le neveu
CHAMT XIX.
Dëjà, courbant le front et les genoox plies, J'étais prêt à parler; mais de ma déférence , Rien qu'au son de ma voix , dès qu'il eut connaissance , 11 m'arrêta soudain , me demandant : — Pourquoi Te tiens-tu de la sorle incliné devant moi?
Et je lui répondis : — Votre dignité sainte Me reprochait d'avoir négligé ce devoir *».
0 frère, reprit-il ^\ relève-toi sans crainte Et bannis ton erreur. Ici, tu peux le voir. Comme toi, comme tous, d'une puissance unique Je suis le serviteur " ; et si jamais aussi S'est fait entendre à toi la voix évangélique Qui dit : Neque mtbent, sans que plus je m'explique, Tu dois comprendre au mieux pourquoi Je parle ainsi ".
irinnocent IV n'est pas destinée h rappeler celle que le poète a fulnilîi<''e contre le prédécesseur de ce dpmlcr pontife; celui qu'il a damné sous le nom de Chiron , le précepirnr, le tuteur de TAchille sectaire.
39. Les défenseurs de rortbodoxie de Dante ne seraient pas dupes de cotte démonstration hypocrite dé respect envers la dignité du pontife soumis à l'expiation, s'ils voulaient l»ii*n «c rappeler que les soclaires des XII' et xni* siècles étaient aussi des chrétiens , qu'ils avalent aussi leur église organisée avec ses évéqaes, son pape et ses conciles. ( Voy, p. 9 et 10 des RétéL) Puis Dante avalises raisons pour Jouer Jusqu'au bout la comédie. Remarquez qu'il ne fait Ici que le simulacre d'une génuflexion, et qu'il l'a complètement accomplie devant Caton.
30. Le mot fraie serait un motif pour supposer que le poète a voulu faire considérer Adrica V comme un inilii^.
'61. Vj^ sont les paroles de l'Ange ù saint Jean dans l'A pocalypse, XXII,
9, lorsque l'apAtre se jette aux genoux de celui qui est venu pour lier Satan et prononcer le Jugement de la grande prostituée, de meretriee magna quicorrupil terram, XIX, 2.
32. « Il n'y aura ni époux ni épouses dans l'autre vie, il n'y aura que des enfants de Dieu, » dit Jésus dans saint Luc, XX, 36 ; d'où suit que le pape n'est plus l'époux de l'Église après la mort. Mais dans le même chapitre se trouve la parabole des vignerons , qui tuent le fils blcnaimé du maître, dont la vigne sera donnée à d'autres, et ces paroles célèbres : Rendex à César ce qui est à César; on y lit ce verset de David : Sede a dextris meis donee ponam inimicos tuos scahellumpedum tuorum, Enfln il y est dit : « Gardesvous de ceux qui affectent de se promener en robes longues, qui aiment à être salués dans les places publiques, h occufier les premières chaires dans les synagogues et les premières places dans les festins; qui, sous prétexte de leurs longues prières, dévorent les maisons des
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LK PURCATOIRR.
Mats , sans plus l'arrôlor, suis ta roule à eelte heure, Car ta présence empêche à uiou gi^é que je pleuit! , Et parvienne* à iaCU*ir ce que toi-même as dit *\ J'ai sur la terre encore une nièce chérie Dont, en soi, Tàme est bonne et qu*on nomme Alaf^ie. Puisse notre maison, au mal qui s'enhardit, Ne pas la pervertir d*un exemple funeste. Au monde désormais elle seule me reste ^\
veuves. 40, t7. » Et c'est à quoi le nequf nnhrnt a surtout pour objet de reporter la pensée du iccleur.