‹ La comédie de Dante (volume 3)Chapitre 121 sur 155 · La grâce · texte numérisé non relu

La grâce

31. Fille du comte Fiesch! , de G^nes, elle avait épousé Noroel Mala^pina, nianiuis deGiova^alIo, hùle tlu po<'te,qui lui dédiais Cantique du Purgatoire. ; >'oy. Hist. de la Luni- Klane» par l'abbé (ieri de FivitxAno.) U s'était rangé en 13 1 1 sous la banni<>re de Henri Vif , ot avait été imminé par oc prince son vicaire

impérial à Brescia, après la prise do cette ville. On comprend dés lors qoo, à rato<in de c«s lient de famille, Adrien V ail clé traité avec un certain ménagement , comme homme, par le rancnnifr Gllielin, tnat en faisant de lui, comme pape, la per- Bonnincation de l'avarice dans le Purgatoire; en ne laissant pas éclia{>periion plus l'occasion de lancer un trait contre e-eu\ des autres membres de sa famille qui avaient déserté le paiti impérial.

Gonlro un juste vouloir faiblit un vœu contrniro : Cft qni fit qu'à regi'et, afin de lui coniplairo , J'Alai , sans l'assouvir, rëponfçe hors de Teau *, Je repris donc ma roule ; en fît autant mon guide, Marchant le long du roc, où Tespaee élait vide, Comme sur un rempart on longe le ci*éneau ; Car ceux de qui les yeux épanchent goutte ft goutte Le mal qui tient la terre et qui l'envahit toute ^ Étaient, de Tautre part, trop rapprochés du bord.

Puisses-lu , Louve antique , être à jamais maudite , Qui , \Am que toute hrute au rapace ti'ansport, Acharnes sur ta proie une faim sans liitiite \ Et vous, Cieux , dont on croit qu'iei-bas, des humains , Vous faites ou changeir, en tournant, les destins,

1 . Que de choses à demander encore à Adrien V, s'il n'y avait pas eu dam^ à prolonger avec lui l'entrelicnl

2. C'est en faisant «ete de papisme, c'est-à-dire en pleurant, que ( es Ames repentantes se dénoncent comme atteintes de guclOitme ou de dévotion h Rome, dont Tavidité, mal perterso, va toujours croîssAnl , et dont la doctrine, instrument approprié par elle au service du despotisme, enfante toutes les mauvaises passions, tuKo Cmondo occupa.

Nous parlons tel, comme cela nous arrive souvent, le langage de l'Iiéréaie $ mais il noualaiit bien traduire la pensée qui a dicté te poème prétendu colholkiaei

3. Au lecteur de décider al cette apostrophe est dirigée contre l'av»rice on général ou contre l'insathible ambition de la cour de Rome, synibolysée dans la louve, que nom avons vue, nu dcbot du poème, repousser liante du côté où se tait le »M\ de la raison, dore Visai tacr.

404 LE PURGATOIRE

Quand viendra donc celui qui vaincra sa furie * ?

Nous marchions à pas lents , et , d*une âme attendrie, Des ombres j'écoutais les plaintes et les pleurs , Quand j'ouïs devant nous dire : « 0 douce Marie ! n Gomme , tout éplorée , une femme s*écrie , Quand de l'enfantement l'assaillent les douleurs. « Tu fus , poursuivait-on , et pauvre et misérable , « Autant qu'on le peut voir par cette obscure étable ' « Où ton flanc déposa le fruit saint qu'il portait \ »

Et j'entendis après que la voix ajoutait : « 0 grand Fabricius, en ta noble indigence , « De la vertu, chez toi, sut l'emporter Fattrait « Sur le vice entouré d'éclat et d'opulence. »

Ces paroles m'avaient tant ému de plaisir Que j'allai vers l'Esprit rempli d'humble tristesse , Dont il me paraissait qu'elles devaient venir ; Et j'entendis encor qu'il vantait la largesse Qu'à trois vierges sœurs fit le pieux Nicolas , Au sentier de l'honneur, pour retenir leurs pas •.

Toi qui parles si bien , oh I daigne, &me bénie, Dis-je, me révéler qui tu fus dans la vie , Et pourquoi je t'entends , seule ici , répéter Des louanges qu'il est si beau de mériter ^ Ta réponse bientôt aura sa récompense , Si je dois retourner finir cette existence

4. Quand viendra le limier, le s'en aller fuyant de contrées en eon-

veltro, qui doit la refouler aux En- trées, poursuivie qu'elle était parles

fers, d'où la lit sortir l'envie, inti- sateliilet d'Hérode.

'*1 '^n^n!^!^!!';^n dp mm. „«„« P«t «• L'Églî«e romaine est loin dV

n^ Jîi^^'^vJ^! iTmn.?f J^l. ^^' »'humble pouvrcté de Marie,

qui valut à la secte d'être appeloc , cénérosité du Pieux évéaue de

Marie parl«adept«jdei'aibi^ lîlrf Dant pt èTcon;^^^^^^

templier. C'estqu'clie portaitle fruit opposUion

saint, il dolce porno, et se voyait '^ "^

réduite à le déposer obscurément 7. Ce dont les pontifes prennent

dans les plus humbles demeures ; à peu souci.

Dont 1*1 durée est courte et le terme procliain.

Et lui : — Je parlerai , non pas dans l'espoir vain D'en obtenir, là-bas, un secours salutaire % Mais parce que t'accorde, avant ta fin sur terre, Si notable faveur la suprême bont<\ Je suis la souche, hélas! de l'arbre détesté Dont s'étend l'ombre au loin sur la terre chrétienne, Et fait si rarement qu'un bon fruit en provienne •; Mais si le pouvaient Bruge et Lille , Douai , Gand , Bientôt s'en tirerait éclatante vengeance. Puissé-je l'obtenir du Juge omnipotent " ! J'eus nom Hugues-Capet; c'est de ma descendance Que .sont nés les Philippe, ainsi que les Louis Qui, dans ces derniers temps, ont gouverné la France, Et je reçus le jour d'un boucher de Paris **.

8. Entendez : il n*est rien de bon à attendre de la France, ou bien, je ne compte guère sur rcincaciié des prières.

9. Hugues-Capet, souche des rois de la troisième race, est ici mis en scène, comme le sera plus tard saint Pierre, pour tonner conlre ses successeurs , à l'influence desquels Dante attribuait les maux de la chrétienté, par suite du concours qu'ils n'avaient cessé de prêter à la politique romaine. Il est certain que, h cette époque, des princes do la maison royale de France régnaiciît en Espagne et à Naples, que l'Angleterre appartenait h une branche de la même famille, et que des princes français portaient les couronnes de Jérusalem, de Constantinople et di; Navarre. La ruine des Albigeois et la destruction de l'Ordre des Templiers était le grand crime de cette troisième race.

10. Allusion à la fameuse évacuation de la Flandre, dont Pbilippcle-Bel s'était emparé en i299 et qu'il

avait réunie <^ la Couronne. C'est du triomphe de l'Empire sur l'Ëglise du monarque universel, source de toute justice, che tutto giuggia, que Dante attendait vengeance-

11. Ceux qui avalent fait couler le sang dés Albigeois et des Templiers ne pouvaient descendre que d'un boucher, s'appelàt-U Hugues-le- Grand, Robert d'Aquitaine ou Ro— bert-lc-Fort. Du reste, cette généalogie n'a pas été inventée par Dante, car n(m-seulemcnt Villani en fait mention, mais on la trouve développée tout au long dans un roman traduit du français en allemand, et' imprimé à Strasbourg en 1508. Il est Intitulé: « îîrt'efaflryable lecture U la véritable histoire ban4 laquelle un nommé ^ugucd (5()avrlQin, i 9 8 u b'u u boudée r, bevint )?u(««ant roi U Srance v^w ^a vroued^e (tcvvilereéque. » Peut-être, en cherchnnt bien, trouverait-on que ce roman de chevalerie a été C(»mpc»sé orlginalrenjcnt dans la langue d'or, à la suite de lu croisnd»'. nll»igrois('.

LE PrUGATOinK.

Quand «ios aniiqnos rois la raro fui (^loinlo. Moins un i)rincc qu'on fil revêtir du froc gris , La barro rie l'État , avec vîguour élroinlp , So trouva dansmos mains, et j'eus bionlAt acquis Tant d'anus d^^ouos, do force cl de puissance, Sur le IrAne \ acant qu'on fit asseoir mon flis. De ces rois consarnVs la suite à lui commence".

Tant qtie la grande dol de la rirhe IM'ovence N'eut point fait perdre aux miens toute honte, au total. S'ils valaient peu, du moins faisaient-ils peu de mal". Mais mettant ft Técart un reste de vergogne , Bientôt, par violence et mensonge à la fois. On les vit commencer leurs avides exploits *^ : Le Poitou , la Neustrie ils prennont, la Gascogne *

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