I^urs pratiques de dévotion catholique
ciiAXT XX. 473
Jamais à découvrir une chose ignorée
Mon âme n'aspira, de savoir altérée,
Gomme dans cet instant qu'en transe elle songeait *\
Je n'osais, sur mon doute, interroger mon mattre,
Dont se pressait le pas de plus en plus hâtif,
Et je ne pouvais seul rien résoudre et connaître :
J'allais donc cheminant inquiet et pensif.
42. Un mystère d'une haute lin* ébranlement de la montagne, portance se rattachait donc à cet
(IIIANT XXI.
Celle ualivc soif que peul seule élanclier L onde pleine d'allrail donl la SainarilaiiH» Implora la faveur au bord de la fontaine, Sur la route encombrée où j'avais à marcbcr, M*aiguillonnait sans Irèvc, cl derrière mon guide, Par de justes tourments en me laissant loucher*. Me poussait à buter encor mon pas rapide ^
\lors, comme*cn saint Luc, il nous est rapporté Que le Christ, du tombeau déjà ressuscité, A deux des siens, donl faible était encor le nond)rc. Sur leur route apparut; nous apparut une ombre. Venant derrière nous, dont l'œil considérait Cette foule, à ses pieds gisante, qui pleurait \ Nous ne la voyons pas d'abord , quand , la première ,
1. Danlc nous indique ici ([uc l'c\pression symbolique Â'ean vire, dans le sens de cette vérité qui ëtanclie à tout jamais In soif humaine, est empruntée à l'I^ivangile de saint Jean, patron des Templiers. C'est pour se rassasier de cette eau salutaire qu'il s'est tourné vers l'Orient et qu'il se hftte d'arriver où elle se dispense, en s'apitoyant sur la juste vengeance tirée et à tirer des avares, des rois , des papes , de tons ces grands propriétaires dont la riclicsse est fondée sur l'iniquité. Convito iv.
2. Pour être plus tôt instruit de ce qu'il avait bfttc d'apprendre.
3. Une première comparaison, celle de l'hymne chantée par les anges, lors de la naissance du Sauveur , nous a préparés à celle-ci , qui reporte déplus en plus la pensée vers le Christ, en s'appltquant à l'apparition du nouveau personnage. U faut donc voir en lui, ce qu'il était en effet dans la pensée du poète ; un Sauveur ayant mission de contribuer à procurer à la secte le sahit et la paix, objets de ses vœux ardents; non-seulement en ébranlant la montagne, mais en la sapant peu à peu et en la faisant 8*écroulcr sur ses picda débilci,
Klle nous dit , du Ion ému de la prière :
Dieu vous donne la paix, mes frères \ A Tinslanl,
Nous fîmes volte-face et, comme il se pratique,
Virgile lui rendit le signe *, en ajoutant :
Puisse bientôt Tan'êt de la cour véridique,
A Texil éternel qui me voue à jamais,
\n concile béni t'admettre dans sa paix * !
Comment? à lui si Dieu ne vous trouve pas dignes D'être appelés, dit Tombre en cheminant toujours, Pour.gravirces degrés qui vous prêta secours ' ? Le maître répondit : —"Regarde bien les signes Qu'au front celui-ci porte et que Tange, là-bas, V traça de son glaive, et tu reconnaîtras Ou'il doit avec les bons un jour régner tranquille * ; Mais celle qui, là-bas veillant, nuit et jour flle,
;;ierit mo//i. Ëcoultiz, en ell'ct, k'S premiers mois qu'il prononce.
4. Et toujours frati. C'cBt à iliiux poètes qu'il s'adresse en ces termes; quant -à la foule des pleureurs rampant sur le sol, il la regardait avec dédain.
5. Bendè lui il cenno ch* a cià si conface. Avec la meilleure volonté du monde, nous ne saurions traduire, Virgile lui rendit le salut du geste. Toute contournée qu'est l'expression, il est impossible d'y méconnaître l'attouchement sym- )K>lique , le signe du grade , par lequel les adeptes se sont de tous temps reconnus entre eux ; le signe correspondant au mot de reconnaissance Dio vi Dia Pace, celai qui a cid ti conface.
6. Le Vieux langage symbolique personnifié dans Virgile, prêt à céder la place au nouveau , lui souhaite poliment d'éire agréé par la cour de Vérité t réunie en conct/e , dans Tcf poir qu'il procurera à la secte la paix désirée, ai, ce^a^ut qu'il attco-
dail (le Uéatricc dans la VUanuova, Ce mot de concile est employé Ici évidemment pour faire ressortir l'opposillon entre le comité mystérieux qui , seul , est l'organe de la vérité , selon le poêle, et la cour ' ponlitlcale, d'où n'émane que mensonge en cette vie, vita buggiarda, 1 . Si vous êtes des réprouvés, autrement dit des profanes, eommeiit éles-vous arrivés au grade que m'a indiqué le signe que J'ai reçu de vous , l'un des plus élevés de l'é* chelle, chi v'ha per la sua seala tanio scorte ?
8. Nous ne sachions pas que riCglise autorise chez les élus la prétention de régner, mais c'était à coup sûr celle des ^cns de bien qui prenaient si grand soin d'effacer de leur pensée toute trace de papisme. Dante nous en donne ici une preuve éloquente, en faisant dire de lui h Virgile t coi huon convicn eh*ei reani , ce qui impliquerait la fin du règne des méchants, rei, et par suite de la Rhéa romaine.
476 LE lU'KGATOIRE.
N'ayant pas en entier mis sa quenouille h fin,
Que Glotho pour chacun va chai^eant de sa main.
Son àme en qui je vois ma sœur, comme la tienne',
N'aurait pas, où le Ciel permet qu'elle parvienne ,
Seule su s'élever, n'ayant pas le pouvoir
Comme nous de comprendre, et comme nous de voir ".
Je fus donc appelé pour lui montrer la roule
Des lieux où de l'Enfer s'étend l'immense voûte,
Et même encor plus loin je le dirigerai,
Par mes enseignements tant que j'y sufQral **. .
Mais dis-nous, si de toi la cause en est connue,
Pourquoi jusqu'à sa base , où bat le flot salé,
Ce mont, à l'instant même, ainsi s'est ébranlé.
Pourquoi de toutes parts la clameur entendue ?
Sa demande arrivait si juste à mon désir Que, d'espoir, j'en sentis ma soif presque tarir. L'ombre lui répondît : — Ce n'est pas chose étrange , Ni qui sans ordre advienne en la religion De la montagne ". Ici nulle altération Jamais ne se produit et, dès lors, rien n'y change» Saur un seul cas, et c'est lorsqu'en son sein le Ciel
0. Toutes les âmes étant BU'urs, 1 1 . Quanta 7 potrâ menar mia
comme Ailes du père commun, H y gcuoïa. Je serai son guide, son pré-
a ici un non sens , ou il faut admet- paraleur à l'initiation , tant qu'elle
tre que ces mots : tua e mia siroc- ne dépassera pas le terrain ds l'anc/ita, font allusion à la fraternité • cîcnnc école des mystères, mystique des initiés. D'autant plus 12. Il s'agit bien, en effet, d'une
que celle qui file les jours et les religion, d'une sorte d'institution rc-
nuits composant la vie , mélange de ligleusc et politique tout h la fois •
blanc et de noir, de lumière et de se dirigeant d'après certaines restes
ténèbres, a bien l'air d'appartenir à mystérieuses, ayant ses serments et
la même famille que i'archilpctc, ses vanix ; aussi celle religion de la
auteur du pavé mosaïque du Tcm- montagne , religione dctla t/ior-
pie, mélangé de blanc et de noir. tagna -, qui rappelle celte d<-s Has-
10. Faute d'être initiée <^ la doc- chischins, dont l'urganisalion offre
trinc qui fait que chacun de nos tant de rapports avec celle des
frères voit, adocchia, les choses du Templiers, ne saurait-elle manqner
ciel cl de la terre sous un tout autre d'éveiller l'attention. Voy. p. 19 des
Be\)cvX que la foule des profanes. Rcvèl.
Rofoit ce qu'agrëa son vouloir éternel**. Car il ne tombe ici neige, grêle, eaux cVoragos ; ^ On n'y sent ou rosée, ou brouillard plus avant Que le seuil, où les trois degrés vont s'élevant. N'y paraissent, fréquents ni rares, les nuages ; N'y brillent ni l'éclair, ni Tare que si souvent, Ailleurs, on voit paraître, en changeant de partages ". Nulle sèche vapeur ne saurait s'exhaler Au delà de ce seuil dont je viens de parler. Où de Pierre se tient, glaive en main, le vicaire ". Peuf-être qu'au-dessous tremble parfois la terre, Soit peu, soit beaucoup; mais, je n'en sais la raison, Par l'effort souterrain du vent, d'un tourbillon Ne s'ébranle jamais celle haute contrée**.
Quand pourtant, se sentant tout à coup épurée , Une âme pour monter se lève et va partir. Le mont tremble et le cri ne tarde à retentir. La seule volonté de changer de demem^e Que l'âme alors ressent prouve sa pureté *^
13. Quel che *l ciel da se in se riceve. Lorsqu'un frère, «près la série des épreuves requises dans les ^radfs inférieurs, est admis dans les rangs des dignitaires de l'Ordre, et passe de la vie active ù la vie contemplative, dans le ciel sectaire, composé de très-excellents anges ; de la milice dans le conseil suprême.
14. La religion de la montagne, entée sur l'édiûce catholique, qu'elle tend à détruire, échappe à l'influence ponliflcale, autrement dit à celle de la Lune , che *l gelo conforta ^ astre de l'erreur, exhalant le froid, che lo spirito ammorta . rt produisant la neige, la pluie, qui assombrissent l'air^ à moins que ne sVlève, pour les rombattré , un antre courant d\iir. Voy. la Canzone : lo son renulo alpunto délia ruota, et p. 378
des RévcL
15. Ceux qui, simples aspirants, n'ont pas encore franchi le seuil de rinitiation,^ubissent encore, jusqu'à un certain point , l'influence pontificale dans celte vapeur sèche, oials à un moindre degré, jusqu'au moment où le véritable vicaire de saint Pierre, qui ne siège pas au Vatican, les admet dans l'enceinte privilégiée.
16. Les hautes régions sectaires n'ont rien à craindre, des secousses résultant , soit de la guerre à main armée , des croisades par exemple, soit des excommunications et des persécutions , autrement dit , rento che in terra si nasconde^ et que produisent les ailes de Satan Aleppe.
Trc rcnti si morean da ello. Enfer, ch. XXIV.