‹ La comédie de Dante (volume 3)Chapitre 127 sur 155 · La doctrine gnosUco-manichéenne des Albigeolt avait fait · texte numérisé non relu

La doctrine gnosUco-manichéenne des Albigeolt avait fait

d'immenses progrèSi grâce à la propaguide des troubadours , dos ménestrels, des minisingerSf missionnaires de rhérésie ivoy, p. 7 et sulv.

des Révël.), et l'Europe était à la veille d'une insurrection contre l'Égliae romaine.

20. De ceux qu'on appelait les homhommest les pun, les parfaiU, préchant le chrlitîanisme évangélique et soutenant que :

TtUde SîlTMtr 'lî p«pa,

B tait li cardinal, e tuil f«w|bfl • li ilbt, Tuit aqnitti cn«enp non haii tan de poletU, Qu' illi peiiMM pcrdouar ud lol peccal uiortiil, Solanient t)lo pcrdon', qu'autre non bopo far. { La nobl» ttjrtûn^ Bibl. da Gciiî-tp.

MS8. n« 207.)

Tel était le langage de ceu& qui, prêchant d'exemple le jeûne « la continence, la pauvreté et l'Amour, procédaient par Vimpoiiiion des mains et par la eomolation; praliqnds de leur culte renouvelant les formules inlUaUlces des premiers

LE PURGATOIRE

A croire leurs scours mon âme était encline Je m'habituai donc à les ou!r souvent ". Puis je les vis si saints en leur zèle fervent **, Que, quand Domitien, plein de barbare haine, Les lit persécuter, mes yeux sur leurs douleurs Ne furent des derniers à répandre des pleurs **. Tant que se prolongea là-bas ma vie humaine Je leur prêtai secours, et leurs vertus, leurs mœurs. Me firent mépriser comme un foyer d*erreurs Toute autre secte et comme appelant Tanathëme '\

chrétiens, qui eux aussi se saluaient, au grand scandale du paganisme, par des baisers mutuels, osculum fratemitaîis.

Ces hommes à la parole austère déclaraient hautement, en 11 65, devant le concile de Lombers, dont rinquisition rédigeait le procèsverbal : « Nou8 n'adoptons ni la loi de Moïse, ni les prophètes, ni les Psaumes, ni TAncicn Testament, ni les interprètet du Nouveau, et nous ne reconnaissons que TËvangile (lequel ?), sept épitres, les Actes des Apôtres et TApocRlypse. — Nous ne ferons que contraints par la force Te^posillon de notre foi. — Pour le saint des enfants par le baptême, nous nous en teftons aux paroles de rÉcriture et des ÉpStres. — La consécration du corps de Notre-Seignenr peut être faite IndifTércmment par tout homme de bien, quMI soit clerc ou laïque. — Une confession à l'article de la mort su Ait, si on la veut faire. — Le bienheureux Jacques n'a dit que ceci : Confessez vos péchés et vous voos sauverez. Pour nous, nous ne voulons pas être meilleurs que Tapôtre. » Mss de la Bibl. Imp., collect. Doat. n«31.

21. Slace fréquentant les successeurs des Apôtres, et les fidèles d'Amour de la langue d'oc, ne man-

quant pas d'assister au prêche, c'est tout un, puisqu'il est leur pcrsonni licalion.

23. Si différents par l'austérité de leur vie de c^s abbés et de ces prélats alllchant le luxe et la corruption. {Voy, les historiens de la croisade.) Il est à remarquer d'aUlenra que les ministres des religions eo minorité ont cherché de tout temps à se distinguer par la régularité de leur conduite et par la pureté de leur morale.

23. Lorsque Innocent III, Domitien mitre, proclama la croisade contre les Albigeois , qui tombèrent moissonnés par le glaive de Simon de Montfort Toutes les harpes des troubadours rendirent alors des sons plaintifs, bientôt suivis de cris de haine et de vengeance, car bon nombre d'entre eux périrent pour leur foi les armes à la main, et l'on ne signale que deux ou trois déserteurs dans leurs rangs.

24. Les ministres albigeois affectaient en effet un grand rigorisme dans leurs mœurs, pour faire ressortir d'autant le relâchement do clergé romain, contre lequel la poésie provençale ne cessa de se déchaîner Jusqu'au moment oïl la langue elle-même fut proscrite, dans le Midi, par la législaUon civile et

Dans mon poème , avant d'avoir aux champs Thébains

Conduit les héros grecs, je reçus le baptême",

Mais de peur d'encourir des supplices certains,

Je fus chrétien de cœur, sans oser le paraître,

Et me montrai païen durant longtemps, sans Tétre'*.

J'ai, pour cette tiédeur, en des regrets cuisants.

Au quatrième cercle erré quatre cents ans ".

Mais toi qui dissipas le nuage funeste Qui de la pure foi me voilait le rayon , Lorsqu'à gravir encor tant de chemin nous reste , Dis-moi, si tu le sais, où sont Plante, Vîgrron , Et notre vieux Térence et Cécile,. à cette heure; Dis-moi, s'ils sont damnés, que cercle est leur demeure^*.

Eux tous et Perse et moi , beaucoup d'autres encor. Dit mon guide, habitons ensemble au même bord ^% Avec ce Grec auquel plus qu'à nul autre au monde Les Muses ont tendu leur mamelle féconde,

par les bulles pontfflcales. {Voy, p. 15 et saiv. des 11(^17^^.) Les pontifes ne se doutaient pas que la langue de n se constituerait l'héritière ^ de la langue A*oc et que le legs de vengeance des Albigeois et des Templiers devait se perpétuer d'âge en âge avec la Divine Comédie. 11 est bien entendu que le catholicisme se trouve compris daus toutes les autres sectes que déclare mépriser, dispregiarct le chrétien évangéiiquc do Toulouse. '

25. Avant les épopées des divers cycles, écloscs en si grand nombre, quoi qu'en disent les antagonistes de Fauriel, sur le sol provençal , tous les chantres d'Amour, les trouveurs languedociens et provençaux, ceints de la couronne de myrthe, étaient enrôlés dans la nouvelle église et avaient reçu le baptême de T Amour.

l\ en était de même de ceux qui célé-

brèrent les exploits accomplis devant Thëbes-firescia.

36. Conformément aux préceptes des Pauliciens et des autres hérétiques, qui défendaient de s'exposer au martyre. (Voy, p. 76 et 78 des Révél) Telle fut la règle de conduite des Albigeois après la chute de Toulouse, telle fut celle de Dante , chrétien évangélique et Templier, sans oser le paraître et s'exprimant en catholique, cVst-à-dirc en païen, sans l'ctre en réalité.

27. Depuis répoque de Charlemagne jusqu'au moment où l'alblgcisme se crut assez fort ponr lever le masque.

28. l\ est à remarquer que Stace, poète épique, ne s'informe que des poètes comiques et satiriques ayant, comme Dante, déclaré la guerre aux vices de leur temps,

29. 11 a déjà fait mention de iuvénal, ainsi la liste est complète.

490 LE PL'nOATOlflE.

Dftds le premier pourtour de Tobtinc profond. Nous nous prenons souvent à parler de ce mont Où résident toujours nos nourrices chéries. Nous comptons parmi nous Euripide, Antiphon, Agathon, Simonide, Eschyle, Anâcréon, El de la Grèce encor maints sublimes génies, Qui surent par la lyre éterniser leur Wom. Là sont ceui qu'illustra ta noble poésie : Antigène à leur tête, et bélphile, Arglc, Ismène , triste encor comme elle fut jadis , Celle qui regretta d'avoir montré Langie, Tirésias, sa fllle et la belle Thétis,' De ses sœurs entourée enfin Déidamie ".

Les portes alors se turent tous les deux , Et, les degrés franchis, hors des parois de pierre Leur regard attentif se portait autour d'eux •*. Déjà quatre restaient sur la route en arrière, Des suivantes qui font cortège au char du jour. Et la cinquième alors , au timon à son tour, En dirigeait en haut la pointe d'or limpide ", Quand dit mon maître : — Il faut que du côté du vide, Je crois, en appuyant la droite nous marchions Pour tourner la montagne, et comme nous faisions ".

30. Tous personnages de Ja Thé- sons du langage symbolique. Mate 'baïde cl de l'Achilléldc, reproduits ils n'en devaient pas moins user de sous forme chevaleresque dans les clrconepection , de \h les regards imitations des romanciers provcn- altentirs des deux poêles.

çaux, et mentionnés ici pour Impri- 32. La cinquième heure; Dante

mer à celte scène la couleur locale. ne manque jamais, on le Yoil, aux

Dante semble même ne pas se rap- habitudes maçonniques ; 11 est

Seler qu'il a mis Tirésias et sa fllle très-aUentIf h nous dire rhcore

[anto dans les Malebolge; mais c'é- qu'il est cl le nombre de pas faits,

tait h bon motif et seulement pour car ce sont là autant d'Indications

laj montre. rilurllcs.

3 1 . Ces murs de pierre cessaient 33. Toujours par la même raison , d'être un obstacle pour ceux qui, U nous faut laisser h gauche, du parvenus aux plus hauts grades, mauvais côté, cet amas de picrf» connaissaient toutes les combinai- qui forme la montagne eatholique,

CHAUT XXll. 491

Ainsi, pour uous guider prenant Texpérience, Nous nous mîmes en route avec plus (Vassurance , I/onibre illustre elle-même en tout nous approuvant '*. Les poètes marchaient tous les deux en avant Et, seul, j'allais derrière, écoulant en silence Leurs sublimes discours, où, disciple ferrent, De l'art des vers j'allais puisant rintelligence'*.

Cet entretien, si doux pour moi, trop tôt prit fin , Lorsqu'un arbre h nos yeux au milieu du chemin S'offrit, que décorait une riche couronne De beaux fruits , h l'odeur appétissante et bonne. De rameaux en rameaux de môme que le pin , Plus il va s'élevant, en ampleur diminue, La base en celui-ci , s'effllant plus menue, S'élargit vers la cime, afin que d'y monter, Je le suppose au moins, nul ne puisse tenter**. Du côté de la roule , où le rocher la mure, En cascade tombait de haut une onde pure Sur son épais feuillage et partout l'arrosait ". "

De l'arbre s'approchait l'un et l'autre poôte , Quand des rameaux sortit une vok qui disait : — Que respecte ce mets yotre main indiscrète »*. —

pour avoir nos coudées franches guedOc h la France, d'aObclerles

à droite, du bon côté, et touriicr ce dehors du catholicisme,

qui nous est obstacle, comme nous 36. A moins d'avoir subi les

faisons d'ordinaire, corne /ar^oiemo. épreuves et fourni les garanties re-

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