Qui n'est pas la forêt sauvage
CHANT XXVUU
Émit et dans ma foi me forcent d*hésiter ".
Par sa cause je veux l'expliquer, reprit-elle, D*où provient ce qui met ton esprit en souci , Et tu verras bientôt le nuage éclairci.
Le bien suprême qui , dans sa gloire immortelle , En lui seul se complaît, a créé Fhomme bon, Apte à toute bonne œuvre , et ce lieu fut un don Qu'il lui fit, gage heureux d'une paix éternelle. Par sa faute il ne put y demeurer que peu , Il changea, par sa faute, en pleurs, en peine amère, Les rires innocents , le doux et chaste jeu ". Pour que ne fissent point à Thomme ici la guerre , Ces désordres, là-bas, produits par la vapeur Qui s'exhale du sein des eaux et de la terre, Et que le plus souvent enfante la chaleur, Ce mont dut aussi haut dresser sa cime sainte ; Ce qui l'en affranchit à partir de l'enceinte **. Or comme l'air en masse est sans cesse emporlé Par le premier mobile en un cours circulaire, 8i nulle part il n'est au passage arrêté.
1 U. Stace lui ayant dltque la montagne du Purgatoire ne connaît ni vents, ni pluies, ni brouillards. Ne voilà-t-il pas un point bien impor- Unt à éclaircir et tout à fait en situation ?
'20. L'homme créé bon par Dieu, qui est le souverain bien et la vérité suprême, avait été destiné au bien et placé dans des conditions qui lui garantissaient une paix éternelle.
Mais il s'est livré à celui que nous avons vu dans l'Enfer, où il règne comme auteur de tout le mal, sum" mo mak, de là ses misères ac« tuelles.
21. Ce Paradis, sanctuaire de la doctrine gnostique, est, par son élévation, hors de l'atteinte des in-
fluences malfaisantes exhalées dei eaux et de la terre , c'est-à-dire des eaux stagnantes, fangeuses, delà foule populaire, aqu(msunt gente^ (Apocalypse], et des gouvernements temporels, principes t&rrœ, qu'un zèle fanatique entraîne, che dietro al calor vanno ; s'il ne faut pas entendre que les vents on guerres, tempêtes, croisades ou persécutions de toute espèce, se déchaînent contre la douce chaleur, produit jlu soleil-raison, dietro al sole. Car c'est là ce qui a fait qu'après avoir beaucoup ri, les pauvres Albigeois oniheaucoup pleuré f et changé tn pianto ONESTO riso. Voir la Canione :
lo son venuto al punto délia ruo(a, p. dn^esRëvél.
LE PURGATOIRE
Ici , cette hauteur s'élevant solitaire
Dans UD air vif et pur, du choc qu'il y produit
Sur les bois aux rameaux touffus, provieut ce bruit ^^
L'arbre sous cet effort doucement se balance ,
Et la brise , imprégnée ainsi de son essence ,
S'en va la secouant dans l'espace à Tentour.
Puis, selon que la terre , où l'homme a son séjour.
S'y prête par son ciel, qu'elle est digne et puissante.
Les arbres différents qu'elle conçoit, enfante,
Sont de vertu diverse ". Il ne faut pas là-bas
T'émerveiller dès lors si parfois une plante
Vient à surgir du sol sans semence apparente ^\
Cette sainte contrée où tu portes tes pas
De tous les végétaux renferme la semence ;
Souviens-t'en, et tel fruit s'y trouve en abondance
Qui ne croit point ailleurs ". L'onde que tu vois lA
\e sort pas d'une veine en terre alimentée
22. L'atmosphère pure et limpide du Paradis doctrinaire subit un mouvement de rotation dont le point de départ est le grand Orient, ou premier mobile, qui fait partout circuler les Idées et les enseignements, à moins d'obstacles Insurmontables, si non gît è rotto il cerckio d^alcun canto;OT c'est cet air vivant, aère vivo, qui fait rendre des sons à la forêt, non moins vivante que Talr; forêt lumineuse en opposition à la seka oscura. 11 n'est pas besoin d'ajouter, sans doute, que les sons de cette forêt épaisse, folta, c'est-àdire où les arbres rv. pressent nombreux, vivants, sont les accents de la prédication, les écrits en vers et en prose , les romans, les Canzones et letf Slrventes des fidèles d'Amour.
23. Les Idées, les opinions que développe, dans chacun des arbres de la forêt, la propagande du grand Orient, mises en circulation par le
grand courant humanitaire, vont germer çà et là, selon que le sol est plus ou moins disposé à les recevoir et qu'elles y rencontrent moins d'obstacles à vaincre. Le^ prodoits qui en résultent sont religieux, politiques ou philosophiques, figlia di diverse virtû diversa legna , eu égard au terroir et au gouvernement, terra e ciel. Ainsi le Ciel et la terre étaient bien plus favorables en Provence, en Languedoc, at Lombardie, qu'en France, en Toscane et sur le territoire napolitain.