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Auprès d'elle debout, comme pour empêcher Que ne vint un rival de ses bras Tarracher, Se tenait un géant". Tous deux, par intervalle , Allaient s*entre-baîsant d'une impudence égale. Mais, pour Tavoir surprise au moment où ses yeux Vers moi se dirigeaient, lascifs et doucereux. Son farouche galant, des pieds jusqu'à la tête Sur elle fit pleuvoir de coups une tempéle *';
rigée depuis des siècles, etaax doctrines sur lesquelles elle faisait reposer sa double autorité.
39. Ce géant est l'Immense Rriarée, h tmiturato Briareo, dont le poète s'est enquis si curieusement au bord du puits de l'abîme ; Virgile lui a répondu qu'il se trouvait beaucoup plus loin, più la è molio, et qu'il était Hé, ed è legalo, c'est-àdire en relations intimes avec le pape et peut-être investi du titre de légat du Saint-Siége, en France, comme Robert 11 en Sicile. Or, ce géant , nul ne le conteste , est Phl- Ilppe-Ie-Bel, le bourreau des Templiers.
40. Aucun pontife n'avait été plus partial pour la maison de France que Boniface VHI. Elle l'avait fait pape, dit Michelet, mais il la faUalt reine. 11 avait appelé en Italie Charles de Valois, et, en attendant l'empire latin de (^onstantinople, Il l'avait créé comte de Romagne, rjipitaine du patrimoine de saint Pierre, seigneur de la Marche d' Anfône. Il obtint aux princes français le trône de Hongrie; il fit ce qu'il put pour leur procurer la couronne Impériale et celle de Castille. Pris pour arbitre entre les ruis de France et d'Angleterre, en 1298, sa sentence ajourna les restitutions ducs aux Anglais par Philippe«le-Bel. Voilà comment le roi de France et le pontife baciavami insieme. Une ques-
tion d'argent, celle des biens d'Église, vint brouiller Booiface et Philippe. Les bulles comminatoires se succèdent sans faire céder le roi.
Alors le pape favoiise Albert d'Autriche contre Charles de Valois, qui prét«>ndait à la couronne Impériale, puis le reconnaît pour empereur ; il envoie à Piiilippe , pour le sommer de se croiser, Bernard de Salsset, évéque de Pamiers, qui, appartenant à la famille des anciena vicomtes de Toulouse, était désigné comme l'auteur d'un vaste complot, dont la réalisation eût enlevé tout le 3lidi aux Français , car il rêvait la fondation d'un royaume de Languedoc, an profit d'un descendant des Raymond de Toulouse. (Foy. Dupuy, HiU. du diff., p. 040 à 645, et p.
683.) 11 rappelle h Philippe que ses prédécesseurs ont déposé trois nm de France, et menace de le déposer lul-méme C4>mmf un pauvre garçon, «t'eut unum garcionem (Dupuy, Pr., p. 7?-ft}. Enfin, en Italie, il se rapproche des YerUt des GÎbelins, de Hugues de la Faggiola, ami de Dante (voy, le Yeltro)^ et voilà l'œillade lascive, Voeehio cupido e ragante, Jancée à Dante par la prostituée. Dr là l'expédition sacrilège de Nogaret et de Sclarra Colonna à Anagni, où ce dernier osa frapper de son gantelet de fer le pontife octogénaire.
C'est ainsi que Nogarct, pclil-fiîs d'un Albigeois brûlé comme héréti-
Puis, plein de déûance et de rage à la fois, JI détacha le char et si loin par le bois L'emineDa , que bientôt la femme dissolue Et le monstre nouveau furent hors de ma a ue ^\
que (Dopay, Hist. du diff,, p. 23, et Pr., p. 166), vengeait son aïeul et ses compatriotes sur le successeur (l*InnoceDt Hl.
4t. Le Saint-SIége, devenu un objet monstrueux, est détaché violemment de cet nrbrc de science, qui, dans roriginc, avait fourni les matériaux nécessaires à sa construction ; profané par l'adultère et la prostitution, il est emmené en France par PhIlippe-le-Bei, qui y installe Bertrand de Gott sous le nom de Clément Y, où les murs d'Avignon, la seka, le cachent à la vue fie Dante. Quant aux vertus théologales et cardinales, aux sacrements, aux livres saints , tout cela reste le partage de celle qui personnifie la foi sectaire.
Que les défenseurs de l'orthodoxie du poète ne voient qu'un péché véniel dans les injures qu'il prodigue h Boniface et à Clément, attendu qu'elles ne s'adresseraient, selon eux, qu'aux princes temporels ; en peuvent-Us dire autant de cette transformation du Saint-Siégo,
de rÉglIse romaine elle-même, difUio santo, en monstre placé sous le patronage des sept péchés capitaux, et cela non pas depuis le pontificat de Boniface ou de Clément, mais h partir du moment où l'aigle Impériale se dépouilla de ses plumes en faveur de l'Ëglise, c'est-à-dire, lorsque Constantin enrichit le successeur de saint Pierre, t7 prt'mo rieco padre ? S'il n'y a pas hérésie à s'en prendre au Saint-Siège luimême et à l'Église catholique des erreurs de quelques pontifes, où donc la reconnaltront-ils ? Qu'ils songent que le poème est censé composé en 1300, et que Boniface VllI en avait à l'avance prononcé la condamnation, lorsqu'il écrivait dans la bulle unam sanctam : « Reconnaître deux puissances et deux principes, c'est être hérétique et manichéen. » Nous ne saurions affirmer que Dante reconnut deux principes, mais, à coup sur, il admettait deux puissances; bien plus, Il les voulait réunies dans les mains d'un monarque temporel.
Domifie, oenefMnt génies , cbanlaient en pleui*s, A trois ou quatre voix , alors les saintes sœurs , Reprenant tour à tour leur sainte psalmodie '.
1. Ce chaut, allerué entre les vertus religieuses et les vertus politiques, semble au premier coup d'œil se rapporter à la translation du Saint<>Siége à Avignon, rt c'est en quoi consiste l'habileté du poêle; mais sa pensée embrasse de bien autres "griefs ; Il ne faut, pour s'en convaincre, que se reporter au\ paroles du Psaume : « Seigneur, les nations sont entrées dans votre héritage (dans le Languedoc), elles ont pollué votre saint Temple (rendu au catholicisme les églises albigeoises , détruit l'Ordre dea Templiers). Elles ont exposé les corps morts de vos serviteurs en pâture aux oiseaux du Ciel (aux bénédictins et dominicains] ; les chairs de vos SAIMTS pour être la proie des bêtes de la terre -à Toulouse, à Béziers). Elles ont répandu leur sang comme Veau (dans les massacres des Albigeois; les tortures et les supplices des Templiers, et non pas, à coup sûr, lors de la translation du Saint -Sié^e dans Avignon, puist|u'olifl n'entraîna aucune eiïusion de Haiig). Aidez-nous, u Dieu, qui êtes notre Sauveur^ faites éclater contre les nations la vengeance du
sang dc> os serviteurs, etc. • Ps. 7 t. —On a déjà Au se demander plus d'une fois, en parcourant ces milei, comment U avait pu te faire que les compatriotes du poète se fussent obstinés si longtemps à garder sur leurs yeux les écailles qui les eouvraient. Rien de plus étonnant, en effet , après tant d'avertissements leur arrivant de toutes parts, l/ti étrangers sont du moins excusables.
Ils devaient croire les Italiens plut en état que personne de comprendre leurs auteurs, et t'en rapporter aux gros bonnets de leur lUtérstore.
ne jurant que par le gran paâre Alighierif le créateur de la lançue italienne, disaient-ils, sans se douter comment il en était l'Adam, et le proclamant le théologien catholique par excellence, malgré une teinte assez foncée de glbelinlsme. Cet aveuglement provient de ce que ceux qui y voyaient clair n'osaient rien dire et de ce que ceux>là qui n'y voyaient rien ou n'y voulaient rien voir avalent le verbe très-haut, et traitaient même assez mal quiconque cédait à la velléité de parler.
Lisez Gaspard Gozzi, par exemple, dans son explication du tableau de
GHAIfT XXKIII
Béatrice écoutait, si pâle, anéantie,
Qu'à peine, sous la croii, Marie en ses douleurs
Put jadis changer plus ^ Mais, quand Tode sacrée
Prenant fin, de parler & son tour lui permit,
Se levant toute droite, en réponse, elle dit.
Comme un ardent brasier la face colorée :
Modicum atque vos non videbitis me;
Et iterum, mes sœurs , de mon amour si dignes ,
Modicum atque vos tune videbitis me '.
Faisant marcher alors, tout étant consommé, Les sept vierges devant, sans parler que par signes. Sur ses pas, moi, la dame et le sage écrivain.
Cébes. Nous dirons, pour rinstruction de M. L. Delatre, qui n'a peutêtre pas plus lu sou Pinax que le moine de Zigabène, que c'était un disciple de Socrate. Eti ! bien, vous verrez que ce Psaume Venertint gentes l'avait mis complètement sur la voie. D'autres passages avaient frappé Foscolo, qui n'a fait, il est vrai , qu'avancer une opinion sans la prouver; Vecchloni, qui dut suspendre son travail par ordre ; et Rossetti, qui, à force de vouloir prouver, avait fini par soulever un brouillard an milieu duquel ne se détachaient clairement qu'un certain nombre de faits historiques.
Mais enfin, en Joignant h cela les diverses indications signalées dans nos Révél (p. 429 et suiv.], il y avait certes bien plus qu'il n'en fallait pour mettre sur la voie quiconque aurait eu la volonté de s'éclairer; or, ces gens-là sont toujours peu nombreux. Lors de l'apparition de la Comédie, les amis du poète, ses coreligionnaires, avaient eu intérêt à épaissir le voile, à égarer l'opinion ; celle-ci, une fois abusée, avait tenu à son idole, qui finit par être généralement acclamée ; les niais et
les dupes étant d'ordinaire et partout en majorité; puis les savants ou prétendus tels excellent surtout à appuyer l'erreur des plus beaux raisonnements et des démonstrations les plus érudites.
2. Béatrice , la doctrine gnostique manichéenne, albigeoise, patarine, évangélique, comme on voudra l'appeler, écoute, gémisêanle,<osptVom e ptVi, ces paroles, qui lui rappellent ses douleurs, car il est à noter que
■ le Pdanme 78 est chanté en entier; elle est plus changée que la Mère du Sauveur, dont le nom de Marie désigne la secte elle-même, parce qu'il lui faut se transformer, se déguiser pour échapper à la persécu* tion, et elle est méconnaissable pour ses ennemis sous son déguisement.
3. Ces paroles sont celles-là mêmes dont se servit le Sauveur pour annoncer à ses disciples sa mort et sa résurrection (saint Jean, ch. xvi).
Comme lui, Béatrice, crucifiée dans les Albigeois et les Templiers , sera ensevelie dans les ténèbres et disparaîtra aux regards de tous, pnis elle ressuscitera triomphante, et le jour viendra où, exerçant la justice suprême, elle jugera les ximnti et
LE PIRGATOIRR.
Elle se mit de suite avec nous en chemin *.
A peine avait son pied dix fois foulé la terre ,
De ses yeux sur les miens quand frappa la lumière.
— Hâte le pas, dit-elle, avec un front serein ,
Afin qu'en te parlant tu puisses mieux m'entendre. — Quand près d'elle, à son ordre empressé de me rendre.
Je me fus avancé : —Frère, ainsi donc pourquoi
Ne rien me demander en venant avec moi * ? A* cette question me sentant interdire,
II m'advint comme à ceux que , par trop de respect.
De leurs supérieurs intimide Taspect,
El dont entre leurs dents la voix tremblante expire.
A mois enlrecoupés je ne pus que lui dire :
— Madame, vous savez mieux que moi mon besoin
les moru. En aUendant, elld se transfigure comme lui et passe de rabaUement à l'enthousiasme, coloraia corne fuoco.