CHANT PREMIER
A moitié du trajet mortel de notre vie *, En un bois sombre au sol tourmenté, tout chagrin, Je me trouvais, ayant perdu le droit chemin *. Ah ! que la tâche est rude et peut-être hardie De l'obscure forêt à retracer l'horreur, Son âpreté sauvage ! En moi se renouvelle , Seulement d'y penser, et me glace la peur. La mort est plus amëre à peine et plus cruelle .... Mais il faut, pour parler du bien inespéré Qui m'y vint réjouir, que d'abord je rappelle D'autres choses encor qu'avant j'y rencontrai.
A peine il me souvient comment j'y pénétrai, Tant la raison en moi sommeillait accablée , Quand hors du vrai chemin je m'étais égaré*.
1 . De Vexistence que nous fait le responsabilité sur Rome; les peuples doultlc pouvoir des Pontifes ; de cette et les gouvernements recevant d'elle vie qui n'est qu'un correr alla tout à la fois la direction temporelle morte. et l'enseignement religieux.
2. I>e chemin de la vérité perdu 3. Quand je m'étais enrôlé dans au milieu de la forêt des erreurs, le tiers-parti des Blancs , qui, en des vices et de In corruption gêné- opposition à la faction des iVoir^ , raie, dont le poète faisait peser la oltra-papistes, se flattaient d'arriver
L ENFER
Mais comme, au pied d'un mont, où la sombre vallée, Qui de tant d'épouvante avait rempli mon cœur, Prenait fin, j'arrivais *, je vis, vers la hauteur En élevant mes yeux, sa cime revêtue Des purs rayons de l'astre ' ici-bas qui conduit Chacun droit dans sa voie et qui pour chacun luit •. Et je sentis alors se calmer, suspendue, L'épouvante en mon cœur qui s'était répandue , Durant cette terrible et douloureuse nuit '.
Gomme le naufragé qui , haletant , arrive, En s'élançant du gouffre, aux sables de la rive, Vers les flots se retourne et reste, regardant; Ainsi mon âme encore à la terreur cédant. En arrière revint, contemplant- ce parage ', A nul vivant jamais qui ne livra passage •.
à une eoncltfatton entre les modérés Gibelins et Guelfes , également désireux d'une réforme des abus ecclésiastiques les plus criants.
Voici la véritable traduction de ce début épique :
Vers l'âge de 35 ans, la raison encore offusquée par le prestige de l'autorité» je me trouvai jeté , je ne sais comment, dans la ftiction qu'on appelait sauvage, sekfttggia, facUoa rude et indisciplinée, dont, entraîné par le verllge guelfe. Je ne soupçonnais pas la natore Ingrate.— L'Influence de VIerl desCierchi, rivale de la sienne dans le parti sauvage, avait été vue de txès-mauvmis œil par"^ Dante, qui appelait ce bourgeois parvenu Vdne de la porte. Toy. la Vie de Dante, par G. Ijuibo.