a ogni colle, quel que soil le
sentier que l'on suive , quelle que soit la foi religieuse ou politique professée, on peut être éclairé par le soleil de la vérité, et cela au moyen de riniUation,à laquelle tous peuvent être admis.
7. La nuit qu'il passa con tanta pietà, dura tout le temps qu'il resta plongé dans 'l'erreur catholique, asservi à la loi de dame Piété. Voy.
nos RMlations sur le moyen âge , sous ce titre : Dante hérétique, révolutionnaire et socialiste, pages 4 1 et suiv.
8- Cette région catholique où le pouvuir régnant le glaçait d'efTroi.
9. Attendu que tous ceux qui subissent la loi de Rome sont morts à la raison. En effet, Dante a pris soin de nous le dire : Vivere nelV uomo è RAGiONE usare, e cosi da quello uso partire è partire da essere, e cosi è essere hohto [Conv, IV. 7.j Pour lui, quiconque répudie la raison pour suivre l'autorité est mort comme homme : il n'est resté de lui qu'une brute , è MOiiTo uomo ed è rimaso bestia (ibid.). Or, ces brutes-là sont
CflAMt 1. l
Après quelque repos à mon corps felble et las, Je repris mon chemin par la diis^te plage, Le pied qui s'appuyait demeurant le plus bas *•. A peine je montais, Yoîlà qu'une panthère Au poil tout mottchetë , d'un bond, Vive et légère, Se jetant derant moi , vient m'arréter soudain " ; Même elle me barrait tellement le chemin Que je fus plusieurs fois pour tourner en arrière ".
A ce moment avait commencé le matin , £t le soleil au Gid dégage de tous voiles S'élevait, escorté de ces mêmes étoiles Qui l'entouraient, alors que de l'Amour divin Reçut l'impulsion son magnifique ouvrage". Aussi de bon espoir le gracieux pelage Du sauvage animal, cette douce saison.
Jusqu'à l'heure du jour, m'étaient occasion. Mais, presqu'au même instant, vint glacer mon courage
les sujets, les esclaves, comme on le Terra successivement , de la Mort , de la Lune, de IMeton ou Plutus, du Prince du monde, etc., etc. De là celte fiction de Milton faisant Ia Mort, personnage masculin , fille de Satan et du Pécbé, personnage féminin, né du prince des ténèbres. C'est le mènie ordre d'idées ; oe qui prouve que MUion comprenait parfaitement Dante, comme Ghaucer Boecace. Ce dernier, dans sa 9* nouvelle de la i« Jowmée du Décaméron, fait dire à Guido Gavalcantl , en réponse à des jêttties gens qui le raillaient, en . le trouvant parmi des tombeau» :
« Vous êtes ehe% vous, messieurs , et pouvei dire ce qn*ll vous plait , » parce que, ebrétiens orthodoxes, ils étalent des morts à ses yeux.
lOwPuur indiquer la marche ascpnliante et la progression des gradesconduisent à la vérité, A la lumière, à la liberté.
11. Florence, eoviense, divisée en deux factions , les Noirs et les Blancs.
l^. Sur le point de renoneer A faire la guerre à TËglise romaine et h suivre cette foule profane et brutale qui abdique l'usage de la raison.
13 La première heure du matin, à i'équlnoxe du printemps, sous le signe d'Arles, heure et époque des initiations anciennes et modernes ; le soleil de la Raison , escorté des sciences du trivium et du quadri- «tttwi, nymphes sur terre, étoiles au ciel sectaire ( voy. Purgatoire , ch. XXXI ), où elles deviennent à volonté les sept vertus théologales et cardinales, créations de l'Amour, dont la religion est opposée à la fol catholique, religion do haine aux yeux de ceux que Rome perséculalt.
, Chacun sait que la voûte des loges maçonniques représente un ciel étoile.
L ENFER
L'aspect inattendu d'un terrible lion *^
Contre moi, tête haute, affamé , plein de rage, Il venait; on eût dit que Tair en frémissait; Et de plus, une louye aux flancs insatiables , Qu'amaigrit une faim sans borne, s^avauçait, Qui rendit, ici-bas, bien des gens misérables*'.
S'épandait du regard profond, fascinateur. Qu'elle faisait peser sur moi tant d^épouvante, Que je perdis l'espoir de gravir la hauteur " ; Et de même qu'on voit celui que le gain tente Se désoler, le cœur de douleur abreuvé , Quand de perdre pour lui l'instant est arrivé; Ainsi ^me désolait la bête menaçante Qui , pas à pas venant sur moi, me rejetait Vers le point ténébreux où le soleil se tait".
J'étais prêt à rouler jusqu'en bas de la pente ", Lorsque parut quelqu'un qui, pour être, il semblait, Demeuré bien longtemps silencieux , parlait D'un organe voilé *•. —Pitié, je t'en supplie, Lui criai-je, ombre vaine, où bien homme ayant vie. Qui que tu sois, accours, de péril sauve-moi ! —
Homme non, reprit-il, je le fus comme toi ;
14. La France, où régnait Philippe- à rendre si bien la pensée du poète. le-Bel, orgueilleux, ayide et puissant. 18. In hasso loco, par opposiUon
15. Rome avare, alliée de Flo- à la montagne lumineuse aux sept rcnce cl de la France, ayant fait le stations ou girons.
malheur des hérétiques, notamment 1 9.Virgile,pcr8onniÛcation du landes. \Ibigeol8 et des Templiers. gage dogmatique sous lequel il voila
16. Les regards de Tlnquisition lui les mystères de l'initiation. Sa voix faisaient craindre de ne pouvoir par- est enrouée, attendu que ce langage venir à se& fins • qui étaient le pro- est tombé en désuétude , par suite grés et la liberté , par la difTusion de l'adoption du jargon amoureux des lumières et de la vérité , en employé depuis deux siècles par les opposition avec les ténèbres de Provençaux et les Italiens. Mais l'ignorance et le joug de l'autorité. Dante lui rendra tout son éclat et sa
17. Vers Rome, oùlesolpil delà sonorité, au moyen d'une simple raison est réduit à se taire, M. Ratis- transronnation consistant à lui Imbonne ne se doutait pas que ses poser le sceau catholique au lieu de « lieux de muettes ténèbres » eussent l'empreinte païenne.
Mes parents avaient tu le jour en Lombardie ^^ Et 9 tous deux, dans Mantoue ils eurent leur patrie. Tard je naquis sous Jule. A Rome, dans le temps Qu'y régnaient les faux dieux, de mensonge artisans , Je vécus sous la loi du magnanime Auguste " Et, poète , chantai ce flis pieux et juste D'Anchîse et de Cypris , qui d'Ilion détruit Quittant les murs fumants, sur ces bords fut conduit , Quand ne resta plus rien de la superbe Troie. Mais à tant de maux, toi, pourquoi donc revenir", Et sur ce mont riant d'où s'épand toute joie **, Dérive tout savoir, pourquoi ne pas gravir ? — Virgile î quoi, c'est toi, ce fleuve d'éloquence Dont s'épanche la source avec tant d'abondance ? Répliquai-je, en baissant mon front teint de rougeur,
20. Contrée où les hérétiques Albigeois étalent en grand nombre aux xu® et xui" siècles, à tel point qu'on les appelait Lombards, aussi bien que Tartarins, Patarins, Manichéenst etc., « attendu que leur religion florissait surtout en Lombardie.» J. Léger, HisU des Églises vaudoises. « Les Cathares étaient nombreux en Lombardie, en Romagne, en Toscane, même dans le patriemoine de saint Pierre, lis remplissaient Vérone, Viterbe, Ferrare, Florence, Prato, Oryiète. Ils avaient des communautés à Faênza, Rimini, Como, Parme , Crémone , et une église importante à Desenzano. Ezze- Un, le moine, les protégeait dans la Marche de Trévise.... Les hérétiques de France visitaient leurs frères d'Italie, sous feinte de pèlerinages à Rome, notamment à l'époque du jubilé de 1300, en qualité de Romieux, Romei, de même que eenx d'Italie visitaient ceux de Provence et de Languedoc, sous prétexte de pèlerinages à Saint-Jacques de Galice. « C. Schmidt, Hist. des
Cath. ou^lZbt'âr. Cherbuliez, 1848, page 146. Foy. page67 des Bévé^ lations,
21 . A l'époque la plus glorieuse de l'Empire romain, type de la monarchie universelle , qui devait remplacer, dans les plans de la secte albigeoise et templière, la théocratie romaine. Voy, De Monarchla.
22. Pourquoi retourner vers cette forêt catholique, où la Louve, cause de tes maux, veut que tout Cède à sa volonté dominatrice ?
23. D'où dérive la gaie Science , Tart d'Amour, célébré dans notre vieux roman de la Rose, « où l'art d'Amour est toute enclose. » Avant l'époque où la dame en Thonneur de laquelle brûlaient tous les amants platoniques de la Provence et de ritalle , reçut de chacun d'eux un nom, afin de détourner les soupçons de rinquisitlon , elle était désignée par tons sous le nom de la Fleur ou sous celui de la Rose ; on y ajoutait parfois les épithètes suivantes : feuillue, branchue , syrienne, orientale, etc. Voy. p. 26 et 27 des Révél,
Des poète», 6 toi, la Jumière et l'honmiir»
Que {missent me compter au moiiis ma longue étude
De ton livre immorte} et la sollicitude,
L'amour qui me Ta fait feuilleter tant de foi*.
Mon maître, mon père, oui, c*est à toi que je dois
Ce style qui m*a fait un nom '*• Illustre sage,
Daigne me secourir; yois la bête sauvage
Qui m'a fait rebrousser par crainte de ses ooups.
Ah ! m'en tremblent encor les veines et le pouls.
Il te faut, d'autre part, te frayer un passage, Si tu veux ^éloigner de ces funestes lieux *S Reprit-il, en voyant des larmes dans mes yeux **. La béte qui te fait implorer assistance A personne ne laisse accès sur son chemin, Harcelaat qui s'y risque, elle le tue enfin '^ Dans le mal, par instinct, trouvant sa jouissance, Féroce, rien ne peut rassasier sa faim, Qui renaît plus avide aussitôt le festin **. Avec maints animaux, en grand nombre, accouplée, Avec bien plus encore elle s'accouplera **,
24. Ce style k Ulple sens, trisenr ms , des docteurs trilinguei , allégorique, moral et anagoglque, dont les Initiés seuls avaient le secret depuis Orphée, Homère, Jusqu'à Platon, et, de lui, jusqu'à Virgile.
Style jusque-là employé par Dante sous la forme erotique dans ses Canioni et ses sonnets.
%h, Souods à la domination pontMeale.
26. Pleurer , dans la langue conventlonnelle des sectaires, équivalait à papier, subir ou feindre d'accepter l'autorité du pape; de là vint peutêtre répltbète de piagnisti ou pta- $noni, pleurards, donnée aux partisans de Savonarole ; ce moine dont M. Gdarlee Looandre a dit judicleu-
semenl, ce qui s'applique non i bien à Dante : « il résuma d*uiie manière frappante cette double tradition mystique et révolutionntlre qui se développe parallèlenient à la tradition catholique, et doni lei représentants font intervenir l'Illuminisme dans la politique. » Rtvuê