‹ La comédie de Dante (volume 3)Chapitre 51 sur 155 · Réunissant alors ce qub lui · texte numérisé non relu

Réunissant alors ce qub lui

Ainsi m'avait atteint le souci , quand je vis Sur le front de mon maître un nuage s'épandre ; Mais le baume fut prompt sur la plaie à s'étendre '. Près du pont en débris A peine arrivions-nous * , Que mon guide vers moi se tourna, de Tair doux Qu'il me montrait naguère au pied de la colline *. Il m'ouvrit ses deux bras , après avoir d'abord D'un regard attentif observé la ruine, A tout réfléchi; puis, m'enleva sans effort *^ Gomme un homme prudent, en agissant qui pense, Et dont semble pourvoir à tout la prévoyance , Lorsqu'il m'avait porté sur un fragment de roc, Si, moins haut, à ses yeux s'offrait quelque autre bloe : — Va, disait-il, gravis celui-ci sans mon aide; Sonde-le bien, de peur qu'à ton poids il ne cède*^

reste de ressources, Dante se met à la tête de ceux qui sont restés fidèles et leur fait partager ses espérances d'un meilleur avenir, ce leurre étemel des exilés.

7. Lorsqu'il trouva un protecteur dans le cardinal de Prato, dont nous avons TU Vii^iie jouer ie rôle avec les MaleagrlfTes, ces Noirs suivants de Manno Branca, de Jacopo Ricci et de Corso Donatl. Exilé comme Blanc, son gibelinismo lui valut la faveur du prince de TÊglise, chargé par Benoît XI de le rendre à sa patrie; tel fut le banme qui lui apporta soulagement dans ses peines.

8. Nous passons ici d'une époque critique de la vie si agitée de Dante à une autre encore plus critique ; car, loin de suivre un ordre chronologique, c'est pour ainsi dire à bâtons rompus que le poêle jette çà et là, comme un chapitre de ses mémoires d'outre- tombe, témoin l'épisode de Dite et celui des Mafesgriffes.

9. Lorsqu'il le rencontra prêt à rentrer dans la forêt sauvage.

10. Nous avons d^i remarqué plusieurs fois cette figure habituelle au poète , qui , dans les circonstances difficiles, se représente emporté dans les bras de Virgile , afin d'Indiquer le secours puissant que lui procurait son langage mystérieux , pour triompher d'obstacles sans cesse renaissants sous ses pas.

11. L'histoire nous dit qu'après la mort de Henri VII, Dante s'en fut errant çà et là, demandant et trouvant asile chez plusieurs Guelfes Influents. Telles sont les grosses pierres auxquelles il s'accroche successivement, 8*agrappa, non sans avoir eu soin de les sonder d'abord , pour s'assurer qu'il pouvait s'y confier, s'è ialeh*ella ti reggia. L'intervention de Virgile nous donne la preuve que ces chcf«, bien qu'opposés à l'Empire , entendaient le langage des sectaires, dunt Ils partageaient les Mies quant h une réforme religieuse.

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104 L'ENrBR.

Pour gens vêtus de plomb n'était pas le chemiu " ; Car c'est au plus si, moi, soutenu par sa main, Lui, léger comme l'air, de saillie en saillie , Nous pouvions nous hisser avec peine infinie". Et certes, si la côte à franchir n'eût clé Bien plus courte par là que de l'autre côté, J'étais perdu; fût-il, lui, pour s'ouvrir passage**. Mais, comme vers le puits, qui s'enfonce profond, Toujours en s'abaissant les Malespoches vont, De vallon en vallon ; chaque berge s'étage. L'une plus haute et l'autre moins , en déclinant *^

Nous arrivons enfin siu* le point culminant Où la dernière pierre en place est ébranlée ; Mais je sens ma poitrine à tel point essoufflée Que là, n'en pouvant plus, aussitôt je m'assieds '^

Désormais, dit le maître , il faut fouler aux pieds Toute lâche mollessç : étendu sur la plume, A l'ombre des rideaux, on n'acquiert point un nom;. ' Sans la gloire se perd la vie et se consume. Sur terre en ne laissant ni trace ni sillon , Gomme en Fair la fumée et sur les flots l'écume. Lève-toi donc, surpiontc et fatigue et torpeur ;

lî. Les hypocrltea n'étaient pas . ,. 16. La pente da marcnlraînanl

bien venos chez leé GaellRétif' àfflliës sans cesse celui qui s'est une fois

à rAlbigélsme , gens partfiansf du écarts du bien, jprogrès. A6. Si l'on recherchait bien queDe

13. Image des âlfflcaltés et des peut être cette dernière pierre qui périls contre lesquels aTait à lutter si scoscmde , on découvrirait pr(H le proscrit. bablement qu'elle désigne un per-

14. La coiîa corta ihd!<|ue qoe du aonnage important du parti guelfe, e6té où il se dirigeait, sur la côte de assez disposé à l'abandonner, et la LUniglane , il n'avait qu'un court près duquel Dante , fatigué de tant trajet à parcbnrlr pour atteindre des d'épreuves, aurait été tenté de rester terres gibelines , tandis qu'il n'en en se tenant désormais à l'écart de aurait pas été ainsi du côté opposé la lutte des partis. Ainsi se troaveoù 11 serait tombé , après un tn^et ralt motivée Taliocution soleoueUe plus long, èur le territoire napo- que le poète se fait adresser p» litain. Virgile.

Que Fâme , en tout conflit dont l'effort est yainqueur»

Quand ne s'affaisse pas sa charge corporelle ,

Reprenne le dessus. U ne te suffit pas

Loin de ces réprouvés d'avoir porté tes pas,

n te reste à gravir une plus longue échelle

Que celle où te soutint le secours de mon bras " ;

Si donc tu me comprends, fais que l'avis te serve '*.

Je me lève, montrant au mettre qui m'observe Plus de vaillance encor que je n'en sens au cœur. —Va, dis-je, en moi renaît et courage et vigueur.— Nous partons donc, suivant notre route escarpée, Plus rude encor que l'autre et de rochers coupée. Pour ne pas sembler faible ^ en marchant je parlais '*.

De l'autre fosse alors , au bord comme j'allafs, S'âève un voix: rauque, à la parole amère. '

Je ne puis rien saisir de ce qu'elle profère , Bien qu'au plus haut du pont je me sois arrêté. Mais celui qui parlait paraissait irrité. Je me penche du bord , mais ma vivante vue N'atteignait pas au fond voilé d'obscurité ".

Maître, dis-je, passons de cet autre côté. Où le mur est plus bas. Dans la sombre étendue , De même que j'entends sans comprendre, d'ici, Sans distinguer, mes yeux vont regardant aussi.

Je n'ai, répondit-il, d'autre réponse à faire Que d'agir à ton gré. Lorsqu'un désir ainsi

il. Siseendeper eotali scale, a de triompher de ce pouvoir de

dil Virgile monté sur Géryon (ch. FÉglise, qui ne cessera de s'opposer

XTn) , et de même : Per cotali scale de tous ses efforts on rétablissement

contente dipartir da tanto maie, effectif du saint Empire romain,

dira-i-il à la fin du xxxiv" chant. 19. Non-seulement il parlait du--

Il ne suffit pas d'avoir rompu en- rant les courses errantes de l'exil ,

lièrement avec le parti guelfe, il faut tnals encore il écrivait,

encore le vaincre , et , pour y par- 20. Ses yeux de Gibelin honnête

venir, ne te donner ni trêve ni homme ne pouvaient pénétrer la

repos. profonde malice des Guelfes , dont

IS. SI ta comprends qu'il s'agit 11 fait ici des voleurs frauduleux.

L ENFER

Est honnête , il le faut exaucer et se taire ''.

Descendus donc du pont sur le mur de support, Où Tarchc , en se courbant, joint le huitième bord, De là, je découvris la fosse tout entière , De serpents venimeux, effroyable repaire. Si variés d'aspects , si hideux, que mon sang Dans mes veines se glace encore en y pensant *^ Qu'on ne nous parle plus des sables de Libye , Produisant scorpions , chélydres , basilics , Cérastes et phares , amphisbènes , aspics ; L'Egypte, le désert, l'ardente Ethiopie, N'ont jamais enfanté des monstres si nombreux !

Parmi ces rangs épais de reptiles aflfreux Courent des gens tout nus , en proie à l'épouvante , Sans espoir qu'à leurs yeux quelque abri se présente , Ou bien l'hélilropie ". Arrière, leurs deux mains Sont des nœuds d'un sei*pent étroitement pressées, Et sa tête et sa queue, en leurs reins enfoncées, Ressortent par-devant, s'enlaçant sur leurs seins ".

21. On scrappeîle que la parola onesta est ]e langage sectaire ; tout ce qui était conforme à la raison , en opposition à la foi , était cssentirlieiiient honnête; mais les inquisiteurs (le la foi avant l'oreille ouverte, tout ce que faisaient les gens honnêtes devait s'accomplir dans un profond silence.

22. Ceux qui l'avaient banni de ses foyers, flétri, condamné à mort, exproprié, ne pouvaient que lui inspirer un sentiment d*horn;ur comparabie h celui que fait éprouver la vue des reptiles.

23. Ce talisman que Dnnlc appelle hélUropie, compose'; de deux mots grecs qui signifient liiK'it,T du soleil, n'e«l autre cliose qui: la raison parlée dans le langage sectaire ; eVbt la

pierre philosophalc , c'est le cbaton de l'anneau d'Angélique , qui , mis dans la bouche , avait la propriété de rendre invisible. Aussi Boccacc nous dit-il : L'hélitropie est une pierre de grande vertu , car celui qui en est porteur n'est vu de personne {Journ. vu , nouv.3); d'où suit que ces damnés n'avaient pUi pour se dérober anx reptiles venimeux qui les torturaient, la ressource du langage sectaire, dont ne pouvaient faire usage cent qui avaient abdiqué l'usage de. ienr raison.

24. Esclaves de Rome, leurs mains sont liées par celui qui a le pouvoir de lier cl de délier. U mcn dietm arean Irgatc. La tête et la queue il»

serpent sont groupées par-devani.

Sur un , de notre bord , dans la foule perverse Qui passait, un aspic fond soudain et le perce A Tendroit où le col aux épaules s'unît. Le temps d'écrire un 0 , de tracer rien qu'un I , Il s'embrasa, brûla , tomba réduit en cendre ". Cette cendre aussitôt , qui vient de se répandre A terre , s'y rassemble, et ce corps tout détruit Se reforme, se lève, à l'instant reproduit *®.

Ainsi, si l'on en croit maint grand et docte maître. Après cinq siècles meurt le Phœnix pour renaître, N'ayant vécu jamais ni d'herbe ni de grain , Mais de larmes d'encens, d'amome; puis enfin Se dressant un bûcher de nard pur et de myrrhe *'.

De même, lorsqu'on voit un homme choir soudain Sous l'eflfort du démon , à terre qui le tire , Sans qu'il sache comment, ou maléficié Par quelle obstruction dont l'effet l'a lié " ; A peine de ses sens il a repris l'empire , Qu'il se lève, regarde à l'entour, étonné,

aggroppate, faute d'avoir osé écrire 26. C'est le même aspect, ce n'es

incrocciate. Nous retrouverons le plus le même homme , le Guelfe a

serpent au ch. viii du Purg. remplacé le Gibelin. Nous avons été

25. Celui qui était de leur bord, témoins de ces transformations à

da KOSTRA proda, était un déserteur ^ue.

du paru gibelin. L'efftet du venin ^^ ^ ^^^^ ^^ ,^ transmutallon

gnelfe,quilu cstinoculeparlamor- ^^ Gibelin abruti, le poète a soin

sure de 1 aspic, est tel qu'en moins ^ n^^g offrir celle du Phénix, sym-

de temps qu'il n'en faut pour U-acer 1,0,^ ^e la régénéraUon de Tinillé. la première et la dernière lettre

d'Orsini, ou la première et la der- 28. Rien de plus clair. Ceux-là

nière de laniconi , noms d'ennemis qui se laissent lier par le ponllfe, qui

acharnés de Henri VII {mir Ferreto prétend à iort exercer ce pou voir sur

de Vicence , liv. v , et Mussato) , il la terre et dans le Ciel, codent à l'in-

s'embrase de la flamme du fana- fluence diabolique, au démon qui

tisme et il ne reste que cendre de les fait tomber, autrement dit à une

ses anciennes opinions ; puis le obstruction de la raison qui permet

même individu réparait sous les de les hVr. C'est la seconde fois que

mêmes traits, mais tout autre quant revient ce verbe legare^ pour repro-

k sa manière de penser et d'agir. duirc la même idée aniicathollque.

IM L'BNfBl.

Et, tout en regardant, plein d'angoisse il soupire : De même rele?é, s'étonne le pécheur ''.

0 Justice de Dieu, que grande est ta rigueur, Et que par de tels coups ta vengeance est certaine " !

Mon guide à ce damné demanda son pays, Son nom. U répondit : -* De Toscane je suis, De là, je fus lancé dans ce hideux domaine *S N'est pas longtemps encor. Brutale et non humaine Fut ma vie en tout point, et me plut d'être ainsi. Né mulet que j'étais. Tu vois Vanni Fucci, Brute , à qui fut Pistoie un bien digne repaire ^\

Et moi : — Commande-lui de ne s'éloigner pas, Et de dire quel crime il expie ici-bas; Car je l'ai vu jadis violent, sanguinaire '^

Le pécheur m'entendit. Sans chercher le mystère, Vers moi se retournant, il me montre ses traits, Où sous la honte aussi perçaient d'amers regrets. Puis il dit : — M'est plus rude en pareille misère D'être ainsi vu par toi dans le fond des enfers. Que d'avoir délaissé l'autre vie et la terre**.

39. La docilité enven rÉgllse est et que les Gibelins sectaires seuls

ainsi comparée à Tespèce d'étonné- sont des hommes, des humains, des

ment hébété qu'on remarque chez vivants , parce quils n'obéissent

les éplleptiques au moment où leur qu'à la raison. Ce Vannl Fucci était

aecès vient de cesser. un mulet aux yeux de Uante, parce

30. Car c'est par de tels coups de que passé des Gibelin» aux Gudfes, pinceau que le poète se constituait ses opinions politiques et rellgieiites l'exécuteur de la Justice de son Dieu, faisaient de lui une brute. Le mulet vengeait la mort de son Messie. de Pistoie fait pendant au Minolaare

3 1 . Littéralement : In questa gola de Gréti et aux Centaures. La |

fera , dans cette gueule de béte fé- se modifie , mais elle reste la même

roce. au fond. Fucci va se dire deW aUra

32, Nous renverrons au Convlto ii, vita tolto. 8, et IV, 7, p. 303 et 337 des RévéL 33. D'où l'on peut oonolurs avec

pour qu'on soit bien convaincu que oerUtude qu'il était au nombre des

les Guelfes sont désignés par le nom adversaires les plus ardents du poêle

de brutes, de morts, pour avoir ab- et de son parti. dlqué l'usage de la raison, en se sou- 34. J'éprouve plus de peina à f a-

mettant aveuglément à l'autorité, voir, comme ennemi, pour

IM

Je ne peux refuser ce dont tu me requiers :

Si je suis aussi bas en telle compagnie,

C'est que j'ai dépouillé la riche sacristie

De ses beaux ornements , dont je fus le larron ,

Quand sur un autre, à tort , s'égarait le soupçon *^

Mais si tu sors jamais de cette sombre voie ,

Pour qu'à ton cœur mon sortcause un peu moins de joie %

Écoute ce qu'ici ma voix t'annoncera :

Des Noirs je vois d'abord que se purge Pistoie ,

Puis, Florence de chefs et de lois changera *^

Mars soulève du fond du val de la Magra

Un ouragan qu'enserre un ténébreux nuage.

Contre un impétueux et redoutable orage,

Sur le champ de Picène il ira se heurter.

La nuée, à ce choc , aussitôt d'éclater,

Et partout sur les Blancs la foudre de descendre.

Je le dis pour qu'aussi tu souffres à l'apprendre ".

démon supplice, que je n'ai de honte de la désertion qui m'a fait passer de la vie à la mortf des Gibelins aux Guelfes.

35. Nous ne saurions admettre qu'il soit ici question d'un véritable vol commia dans une église , et ces beaux harnais» helU arredi^ sont pour nous on des ornements sectaires enlevés violemment du Temple^ ou seulement dénoncés à l'autorité ecciéaiastique, s'ils ne font pas plutôt allusion à la violation de quelques mystères rituels. En effet, il ne faut pas oublier que ce Fucci , de la famille des Lazzari, était un des principaux citovens de Pistoie»

et qu'à ce titre il s'était rendu coupable de violences et de déprédations envers les Blancs. Voir Ilist. de Pistoie, Muratori, t. XI.

36. Est-ce que le châtiment d'un voleur vulgaire aurait causé une

joie si vive à Dante .^ Est-ce qu'il aurait attaché assez d'importance à ses prédictions pour les consigner soigneusement dans son poème?

37. Fucci, qui s'occupait de poésie, était allié à la famille Influente des Caucellieri qui étaient à la tète des Noirs de Pistoie. Ces derniers»

chassés d'abord de leurs foyers par la faction contraire, aidée des Blancs de Florence, reprirent ensuite le dessus, lorsque leurs alliés florentins durent à leur tour céder le pouvoir aux Noirs.

38. En 1301 , Moroel» marquis Malaspina, dont le château s'élevait dans la vallée de la Magra» sur les limites de la Toscane» exerçant à Lucques les fonctions de podestat, se mit à la tétc des Noirs de Pistoie et déflt, dans le champ de Picène»

les Blancs» exilés à leur tour de Flo rence. On comprend donc que ce

fat là pour Dante de doulouraax il lui dédia la Ctnllque du Pn^-

sottvenirs. Après avdir exercé les toire. C'est donc pou rménager Tan-

fonctions de podestat dans Pistoie clen chef guelfe , rentré dans les

au nom des Florentins, Moroel Ma- rangs gibelins, que le poète a eo re-

laapina se rangea, en 131 1, sous la cours à la forme allégorique poor

bannière de Henri Vil, qui, après la retracer des événements dont les

prise de Bresela, l'y laissa en qualité résultatsavaientélé des plnsfoncstes

de Ticaire impérial. Plus tard, Dante pour lui-même et pour son parti, re^ut de lui l'hospitalité, et m retour

Gomme il finit ces mots, le larron plein de fiel Éiëve ses deux mains, qui font la figue au Ciel, En s'écriant : —Tiens, Dieu, tiens et nargue à toi-même* !

Un serpent s'élançant, depuis lors je les aime, S'entortille à son cou , comme s'il avait dit : Tu n'ajouteras pas au blasphème, maudit ' ! Un autre s'est jeté sur ses deux bras qu'il lie Et si bien, par-devant enroulé, s'y replie Qu'il ne peut seulement les mouvoir désormais *.

Que ne décrètes-tu ta ruine, ô Pistoie ; Que ne te livres-tu toi-même aux feux en proie * ,

1. NargQe à la cause impériale, au parti sectaire, à cet Empereur dont les adhérents faisaient leur Dieu sur la terre , et pour qu'il n'y ait pas de doute à cet égard, Dante va comparer ce Fucci, tué par les impérialistes avant l'avènement de Henri Vil, à Capanée, ce révolté de Rrescia, que l'Empereur fit écarteler.

Il est probable que l'idée du geste injurieux qu'il prête à Fucci fut suggérée à Dante par ces deux bras de marbre qui , au dire de Jean Vil- Uni, s'élevaient au-dessus du château fort de Carmignano, sur le territoire de Pisloie, et dont les mains faisaient la figue, facevano le fiche f VI, 5). Ce serait ainsi de la couleur locale.

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