‹ La comédie de Dante (volume 3)Chapitre 53 sur 155 · Le signe de la virilité, comme on l'a déjà vu · texte numérisé non relu

Le signe de la virilité, comme on l'a déjà vu

26. Aux yeux des Gibelins , Cavaleanti s'élevait en adoptant leurs eroyanees, bienqn'en restant Guelfe, tandis que l'apostat Buoso s'abaissait et s'avilissait.

27. Quel ch* era dritto, et quel ehe giaeeva, dit le poète, pour nous rendre plus saisissable l'opposition entre eelul qui marcbait droit , et eelul qui s'était mis bassement à ramper.

2S. Que d'ironie dans cette comparaison des oreilles du sectaire

renégat, par lesquelles les enseignements de ia doctrine qui conduit à la lumière vinrent éclairer son esprit, avec les cornes rétractUes du limaçon, organe de la vue chéi ce mollusque !

29. Attendu que la fumée n'est, nous l'avons dit, que l'ensemble des discours échangés entre les deux maudits et formulés par la langue de «bacun. Le double courant de cette parole fumeuse qui rappelle les /»mxfere aque de la Ganzone lo son venuto al punto délia moto, ayant produit son effet dans la double transformation qui vient de s'accomplir, pulfeque l'essence sectaire de l'un a passé dans l'autre, qui lui a transmis en échange sa nature brutale ou guelfe, il est tout naturel qu'il ait à cesser.

l'enfer.

L'ftme en reptile ainsi sons nos yeux transformée S'enfuit par le vallon ténébreux, en sifflant. La suit l'autre, derrière, et crache en lui parlant**; Puis, lui tournant le dos, à celui qui i*egarde, Dit : — Voici bien longtemps qu'à son tour il me tarde De voir aussi Buoso ramper sur ce chemin ". —

C'est ainsi que je vis le septième ravin Changer et transformer. Ma plume se refuse Aux fleurs; me vaille au moins la nouveauté d'excuse '^

Bien qu'un pareil spectacle eût quelque peu troublé Ma vue et confondu mon esprit ébranlé, Les derniers n'avaient pu si vite disparaître Que je n'eusse le temps de bien les reconnaître, Pour Puccio Sciancato, l'un, qui seul avait fui Toute métamorphose ", et l'autre pour celui, GaviUe , qui te fait de larmes te repaître »*.

30. En signe de ce mépris mêlé de dégoût qu'inspirent les apostats à ceux-là mêmes qui profitent de leur lâcheté.

31. Carpon, à plat ventre. Je me fais un plaisir de voir ce misérable ramper à son tour dans les rangs guelfes, auxquels Je ne tarderai pas à tourner le dos.

32. Qui mi sciui la novitàf se fior lapennaabbora. Traduisez ainsi ce vers : ma plume a les fleurs en horreur , c'est-à-dire les fleurs de lis rouges des Guelfes florentins ; vienne une révolution {novità est constamment employé dans ce sens par les écrivains italiens], cette révolution fera mieux que de m'excuser, elle me vengera.

33. Parce que lui seul était resté ferme, comme Guelfe convaincu, dans ses opinions politiques et religieuses, à une époque où Ton passait d'un parti à l'autre du Jour au lendemain, selon i'intêièt ou le caprir^

du moment. Hais, comme les autres, il avait, aux yeux du poète, le tort capital d'avoir usé de fraude et de violence à la fois pourj pratiquer l'embauchage en grand dans les rangs gibelins ; c'était voler des Ames à la secte avec circonstances aggravantes. Et voilà pourquoi le poète a fait de ces nobles florentins des larrons de la pire espèce, l/a pauvres commentateurs ont été complètement ses dupes et n'ont pas hésité à croire que ceux qu'il dénonçait ainsi, avaient dû ae rendre coupables de graves prévarications dans les charges pubUques dont Us avaient été investis. Puccio Sciancato était de la famille des Galigaî.

34. C'est-à-dire pour Guercio Cavalcantt, attendu que les habitants de Gaville , bourg du val d'Amo sapérieur, par lesquels il avait été lue, eurent à subir la vengeance sanglanle que sa famille ne tarda pasû tirer de sa mort.

Réjouis-loi, FJorence, et lève ton front fler, Sur la terre et les mers vole ta renommëe; Sans cesse elle grandit et, partout proclamée, Tu vois qu'elle s'étend jusqu'au fond de l'Enfer. J'y trouyai, la rougeur au visage m'en monte, Et ce n'est pas pour toi, certe, un titre d'honneur, Cinq de tes citoyens dont tu tins le plus compte, Subissant des larrons le châtiment vengeur \ Mais si le rêve près du matin n'est trompeur ', Va , sous peu tu seras à même de connaître Quels vœux on fait pour toi , bien ailleurs flu'à Prato * ; Fussent-ils tous comblés, ce ne serait trop, tôt; Oui, le fussent-ils tous, puisqu'il leur faudra l'être; Car plus je vieillirai , plus lourd sera mon lot *.

Nous partîmes de là , remontant cette pente Qui nous avait déjà servi pour la descente; Mon guide en gravissant me tirait après lui.

1. Aussi sa plume abhorralt-ellc le soleil de la raison ya refouler les

les fleurs que déployait l'écusson flo- ténèbres de lu 8ui»crstition . niilin, et pourcela H ne s'en cachait ^ .,.,, . , « - i l-i

guère/ attendu qu'on n'était pas H- 3. \^llc voisine et sujette de Ho-

vré au bûcher pour gibclinlsmr. ^ence dont elle n aspirait qua se-

Nais, en fait d'hérésie, il en était «ouerlejoug. tout autrement, et sur ce chef il sa- 4. Moins J'aurai h Jouir de ma

valt dissimuler nu mieux. vengeance et plus J'aurai à souffrir,

3. A la veille d'une révolution, en l'attendant, du sort qui m'a été

de la novità désirée ; au moment où fait.

L ENFER

Nous parcourions ainsi la route solitaire ,

De rochers hérissée et de maints blocs de pierre,

Où le pied sans la main n'osait chercher appui ^

Je me sentais bien triste alors '. Aujourd'hui même Je retrouve en mon cœur une amertume extrême, Lorsqu'à mon souvenir revient ce que j'ai vu '; Et je n'en tiens que plus en bride mon génie , Pour que d'un pas discret il suive la vertu •, Il ne faut pas du moins, si d'une étoile aoiie Ou d'un pouvoir plus haut quelque bien m'est venu, Que moi-môme, en courant sans frein, je me l'envie*.

Quand l'astre qui du monde est le brillant flambeau Se montre moins pressé de regagner sa couche, Autant le villageois, penché sur le coteau, A l'heure où le cousin vient remplacer la mouche , Voit dans les champs, qu'il doit peut-être labourer Ou vendanger bientôt, de lucioles errer ; Autant je vis partout étinceler de flammes , Au huitième fossé lorsque nous arrivâmes , Et que je fus au lieu d'où l'œil plongeait au fond*

Tel celui dont les ours vinrent venger l'affront »•,

5. Parce qac les signes de reconnaissance s'échangeaient par Pattouchement de la main, et que ces pierres étant pour lui autant d'ccueils redoutables, Il lui fallait,. d'après le conseil de Virgile, les sonder avec prudence avant de s'y confier.

6. On le conçoit, exilé qu'il était, sans abri ni ressources, au milieu de ses ennemis.

7. A savoir, les désertions et les apostasies qui précédèrent et suivirent la mort de Henri VII.

8. Pour que, prenant pour guide cette foi qu'il appelle tour à tour virtù et vahr, il n'ait pas à en tca-

hlr le mystère dans l'excès de son indignation.

0. Il no faut pas que je risqoe de compromettre, perdes allcgorin trop faciles & pénétrer, et iiioimême et ceux qui me sont venus en aide dans ma détresse. Nous sommes donc prévenus que le poète vi épaissir les voiles de sa fiction.

10. 11 est diflicUc de croire que celte allusion au châtiment que la malédiction du prophète Elysée attira sur les quarante-deux enfants qui l'avaient appelé tète cbanve, n'ait pas pour but d'insinuer que la vengeance qu'il entend tirer de s»

ennemis est bien autrement mo- Uvée.

CHANT XXVI. ilt

Quand de brûlants coursiers à sa vue éblouie^ Rapides, emportaient auCiel.le char d*Élie, Le voulant vainement suivre de son regard, N'apercevait plus rien que la flamme vivace, Gomme une nue, au loin s'élevant dans l'espace; Tel je vois par la fosse errer de toute part Des flammes dérobant ce que leur sein recèle **. En chacune un pécheur vit, se meut avec elle.

Du pont j'observais tout , tellement avancé Que, si je n'avais eu d'un roc l'appui solide , Je me précipitais, sans que l'on m'eût poussé ". Mon maître me voyant regarder, l'œil avide :

— Dans chaque feu, dit-il, un esprit renfermé S'y revêt de l'ardeur dont il est consumé ". —

Et je lui répondis : — Maître, quand je t'écoute, S'offre la certitude où n'était que le doute. Telle était ma pensée , et j'allais m'enquérir Quelle âme est dans ce feu qui du haut se divise, Et semble du bûcher funéraire surgir Où des frères Thébains la dépouille fut mise **.

Et le sage reprit ; — Là dedans sont punis " Ulysse et Diomède; et, de même qu'unis

11. Nessuna mostra il furto. d'opinion au' sujet de Thèbes-Bres- EHcs cachaient si bien leur larcin cia, entre les deux âmes emprisonque les commentateurs n'y ont tu nées dans cette flamme qui se bique du feu. furque au sommet. Et, en eiîet,

12. Cet empressement du pocleà comme on peut le voir par la lettre obsener ces flammes sans savoir de Dante-Ulysse à Henri-DIomède, eocore quel en est le mystère, et le premier n'était nullement d'avis cela au risque de se précipiter, an- que le second réduisit cette ville rénoDCC une vive sympathie de sa voltée avant de marcher sur Fioparl pour les personnages qu'il va rence. Jamais Dante n'omet de mettre en scène. mentionner Tbèbes lorsqu'il veut

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