‹ La comédie de Dante (volume 3)Chapitre 62 sur 155 · Voir chant v · texte numérisé non relu

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34. Littéralement: ce coupable est à mettre avec ceux du feu voleur, fuoco furo, c'est-à-dire : voilà encore un de ces hérétiques que l'inquisition jette au feu en leur volant leurs biens. Mais entendez aussi, c'est une

de ces âmes d'élite que la flamme dérobe aux regards profanes. En effet , il ne s'agit ici réellemcnl que d'un feu d'arllflce ; rien d'infernal au fond dans celte flamme, dont le poète vient de se revêtir lui-même sous le nom d'Ulysse. Elle éblouit les uns, mais elle éciairo les autrts; c'est d'elle que la dame de Boccacc a reçu son nom de Fiammctta, l'épée de Renaud celui de flambergct c'est elle enfin qui enveloppe l'OIinde et la Sophronie du Tasse.

35. 11 eût été bien préférable, en effet, pour les sectaires, de n'être pas réduits à recourir à ces mille déguisements pour exprimer leurs opinions et donner carrière à leur haine. On voit au surplus combien Dante en était peu gêné , car, tout en paraissant damner réellement un dos héros de la secte , en dépit de l'absolution pontiûcale, et en dérision de l'infaillibilité du chef de l'Église, il ne fait que le soumettre, comme lui-mcmc, à un travestissement mystique , au sens duquel personne n'avait à se méprendre parmi les siens. Il ne faut pas perdre de vue qu'aucun personnuge guelfe ne figure dans cetic huiiième section des Malebolge ; on en sera dédommagé dans la suivante.

226 l'enfer.

Et faisant osciller dans Tair sa corne aiguë ".

-Nous passons outre alors, mon maître me guidant, Et, le long du rocher poursuivant notre marche, Sans cheminer longtemps, nous gagnons une autre arche Sur le fossé jetée , où souffrent dans les pleurs Ceux qui de la discorde ont semé les furem'S.

3G. Le retour fréquent, dans ce flommes animées faisaient les cornes

chant, du mot corno^ pour pointe ou à ceux qui ne pénétraient pas ce

cime, pourrait fort bien signiner, qu'elles renfermaient de mystérieux, dans la pensée de Dante, que ces

CHANT XXVIIÏ.

Qui jamais pourrait, même affranchi de tout mètre, Retracer, par vingt fois eût-il à s'y remettre, Ce que j'aperçus là de blessures, de sang? Notre langage y reste à peu près impuissant, Et l'esprit quelquefois fait défaut pour comprendre ^ .

Quand seraient réunis tous ceux qui, pour défendre Les champs de TApulie , au pied des Apennins Épuisèrent leur sang sous le fer des Romains; Tous les rangs moissonnés durant la longue guerre Que Tite-Live dit, en son livre sincère, Avoir de leurs anneaux dépouillé tant de mains ; Ceux dont Robert Guiscard, sur un double rivage Chassant les bataillons, fit un vaste carnage; Tant d'autres dont la terre a recouvert les os A Cepcran , où tous furent si déloyaux Les gens de Fouille ^ et près de Tagliacoz de même, Où sut le vieil Alard vaincre par stratagème ; Quand tous étaleraient, se levant du tombeau, Leurs membres pantelants et leur chair mutilée , L'aspect que nous offrait la neuvième vallée

I. Notre langage, lo nostro ser^ nécessaire pour en avoir TlntelH-

mone , a souvent de la difflcullé à gence complète , elle vaiie grion les

exprimer certaines pensées dange- grades auxquels l'inilié est parvenu,

reuses à émettre, mais on a pu juger C'est un avertissement pour nous,

que notre poète y arrivait d'ordinaire profanes , de redoubler d'attention, assez habilement; quant à Tesprit ^5.

LEMFER.

Ferait pâlir Thorreur d'un si hideux tableau \

Jamais ne s'ouvrit tonne, en perdant douve ou barre, Comme un que je vis là, d4)nt en deux se sépare Tout le corps, par-devant, des aines au menton*. Ses intestms pendants battaient entre ses cuisses; Apparaissaient à nu la rate et le poumon, Et le sac où se change en sales immondices Ce qui vient le remplir, incessante moisson *. Tandis que, l'œil fixé sur lui, je l'examine, 11 me dit , en s'ouvrant de ses mains la poitrine : Vois comme j'élargis cette plaie en mon sein ;

2. Tous les fattfl de guerre rappelés Ici eurent pour théAtre le territoire du royaume des Deux-Siclles ou de la Pouillc, comme on disait alors, à savoir : les Fourches Caudines, la défaite de Cannes, celles < que RobertGuiscard etses Normands firent subir aux Sarrasins et aux Grecs; enfin les deux batailles de Geperano et de Tagiiacozzo ; la première dans laquelle Manfred, fils de Frédéric II, trahi par ses barons, perdit la vie et son ro>aume, qui passa à Charles d'Anjou ; la seconde, où ce prince vainquit Conradin , héritier des droits de la maison de Souabe, grâce au conseil que lui donna Alard de Vallery de n'engager que les deux Uers de son armée.

On ne tardera pas à comprendre le motif de celte revue rétrospective des luttes qui ensanglantèrent ce territoire restreint, et surtout de la mention des deux dernières batailles qui rendirent la maison d'Anjou maîtresse du royaume de Napics.

On voudra bien remarquer l'épithète de fortunata donnée à cette terre de Fouille, baignée de tant de sang, avec l'intention évidente de rappeler qu'elle doit tous ses maux k la Fortune, c'est-à-dire à l'in-

fluence pontificale ( voy. les notes 13, 1 4 et suiv., du chant vu). Chacun sait que la couronne de Naples relevait du Saint-Siège depuis la conquête des Normands.

3. On saura d'abord qu'il existe, à peu de distance de Florence, un village du nom de Meuule, qui signifie douve, barre, et qu'au moment où Henri vil vint mettre le siège devant Florence , cette petite place fut occupée par ses troupes. Cette allusion a donc pour objet de signaler le personnage qui va paraître comme étant en rdations étroites d'Intérêt, et de politique avec les Florentins, devant par suite être profondément affecté de la perte de Mezzule ou Douve, dont le nom est placé Ici en vedette.

4. Nous adoucissons les expressions, en prévenant seulement que les excréments dont il s'agit Ici sont les productions mai digérées de celui contre lequel se décliainela haine du poète. C'était, en effet, un prince d'un esprit cultivé , ami des lettres, se plaisant à écrire lui-même ; mais selon Dante il ne faisait ainsi que dénaturer les aliments salubres dont son esprit se nourrissait, et les transformer en résidus dégoûtants.

CHANt XXVI H.

ààd

Vois ce que Mahomet souffre de maux sans fin ^ Devant moi marche Ali, versant des pleurs de rage •, Du front jusqu'à la gorge est fendu son visage ' ; Et tous ceux qui sont là, dans le hideux ravin, De même pourfendus d'une atteinte fatale, • En leur vie ont semé le schisme et le scandale*. Au tranchant de Tépée un démon en courroux

5. Mahomet si dilacca, il enrage, il se considère comme estropié, êtorpiato , parce que Florence a perdu Mezzule. It n'est donc ici question qu'en apparence du prophète de l'Islam que'Dante n'a Jamais entendu signaler comme un schlsmatique ; nous n'avons ici qu'un masque destiné à cacher les traits de Robert 11, roi de Naples, l'allié du pape et de Florence. Voilà pourquoi, au début de ce chant, le poêle ne nous a rappelé que des batailles livrées sur cette terré fortunée de la Pouille, enlevée à la maison de Souabe , qu'il chérissait, parla maison d'Anjou, qu'il détestait, pour la tenir à perpétuité de la Fortune, su suzeraipe. Aussi les homélies, les sermons que ce prince aimait a composer, pour tes adresser à des couvents, à des confréries, uu qu'il y débitait parfois lui-même, sont-ils Fobjet de la comparaison dégoûtante qui précède ; anssi est-U dit, chant viii du Purg., que l'on fait un roi de tel qui n'est bon qu'à composer des sermons , di tal ch*è da sermone. On conserve, en effet, plusieurs de ces productions royales dans la bibliothèque de Saint-Jean et Paul, à Venise. (Voy, Comment, de Tomasini.) Ces productions mal digérées, sont pour Dante des matières fécales. Robert 11 n'était pas mort à cette époque et, comme tant d'autres, il est damné ici par avance, pour avoir trompé la conflancc de Henii VU à l'aide d'une poUtique as- .

tucieuse, semé la division dans les rangs gibelins et contribué à perpétuer la lutte entre 'les deux partis qui se disputaient là prééminence en Italie. {Voy, l'envoi de la Canzone) : 0 Patria degna di trionfal fama, où il est dit que Florence, dont l'or soudoie tous les ennemis d'Henri VII, € est dévorée par Capanée (Brissato), par Crassus (Torgueilleux et avide Phliippe-le-Bel) , par Aglaure (changée en pierre y t)po de l'envie guelfe), par Slmon-le- Magicien (te pontife), par le fanx Grec (Philippe de Savoie, s'intltulant à faux prince d'Achaîe), et par l'aveugle Mahomet (Robert de Naples). » Cette liste ne concordct-elle pas merveilleusement avec ce que nous connaissons déjà du poème?

6. Le gendre de Robert II, ou peut-être même son (lis, le prince Jean, tué par le comte Néri de Pise.

Quoique Ali ne figure Ici que de nom, et pour la couleur locale, c'est un Guelfe, puisqu'il est signalé comme pleurant.

7. Par un de ces cent coups dont le Cac us napolitain nesenlit pas dix.

Voy. eh. xxv, notes G et 9,

8. Mais aucun n'est désigné par son nom, pour éviter d'avoir à faire connaître que tous ces damnés ne sont pas des schismaliqucs, dans le si'us ordinaire du mot, tuais, cuiume ceux qui viendront bientôt , des artisans de discordes politiques.

âSO

LKNPBR.

Nous passe, là derrière, en redoublant les coups \

Quand s'achève le tour de la triste vallée *%

À peine se reclôt notre chair mutilëe,

Que chacun devant lui se présente et pûtit ".

Mais, toi, qui donc es-tu, qui, sur ce pont maudit,

Te tiens , pour reculer peut-être le supplice

Que garde à ton passé l'inflexible justice " T

La mort ni le péché ne l'amènent si bas **, Lui répondit mon maître, à vos maux pour l'instruire Je dois, moi qui suis mort, partout guider ses pas , Et dans l'etifer, de cercle en cercle , le conduire. Oui, comme tu m'entends, telle est la vérité**.

Plus de cent, à ces mois, sur moi l'œil arrêté, Restèrent m'observant dans un profond silence, Tout étonnés, au point d'oublier leur souffrance **.

9. Ce démon n'est autre que ledra-^ gOD que nous avons vu Ugurer déjà en croupe derrière Cacua , et soufflant partout la flamme. Ces trois vers sont à double entente, comme il arrive ai souvent. Il semble que ce démon passe les damnés au tranchant de l'épéc, lorsque le poëio veut dire réellement qu'il expose sans cesse ceux qu'il pousse dans la lutte aux atteintes du glaive. Le verbe rimettere ne peut laisser de doute à cet égard.

10. Quand nous avons suivi la triste voie où il nous a poussé, et où nous tournons sans cesse dans le même cercle.

1 1 . A peine les plaies de la guerre civile commencent-cllps à se cicatriser, que la même poliliquo Infernale s'ingénie à les rouvrir, et se complaît à diviser pour régner.

12. Encore une expression h double entente, car littéralement les deux derniers vers ëlgniflcnt : Pour différer d'aller à la peine qui est jugée sur les accusations. Et l'on se

demande si Dante n'entend pas ici se poser comme l'accusateur de ceux qu'il dévoue aux supplices éternels.

13. Autrement dit, Il ne vient ici ni comme catholique ni comme coupable de méfaits. guelfes.

14. Littéralement : cela est aussi vrai que je te parle, c'est-à-dire, tout cela n'est que Action et mensonge. Virgile, parlant en catholl* que, est mort Activement ; c'est à Hubert il et non pas à Mahomet qu'il s'adresse, et il lui parle comme l'autre lui répond, à l'aide d'une pure fiction.

15. On comprend rétonnemeni de ces ultra-Guelfes en apprenant que la Murt, leur souveraine révé^ rée, n'a pas encore atteint de sa vengeance ou de son influence suprême J'un de ses ennemis les plus acharnés, ne morte il giunseancor.

Le poète tenait à bien constater qu'il restait, de cœur et de fait, Albigeois et Templier, au moment de puiilicr

, le Purgatoire et le Paradis.

CHATfT XXVII f. 231

A frère Dolcin donc, puisque tu dois là-haut Sans doute remonter, où lé soleil rayonne. Dis que de vivres frais il s'approvisionne. S'il se sent peu tenté de me joindre bientôt ; Sans quoi, le Novarais, qui vainement l'assiège, Pourrait être vainqueur, secondé par la neige *•.

Pour m'adresser ces mots, Mahomet suspendit Le pied, prêt à marcher, qu'il soulevait de terre Et, l'appuyant soudain qu'il eni dit, il partit*'.

Un autre avait la gorge ouverte tout entière. Jusqu'à l'arc des sourcils son nez était coupé. Et ne conservait plus sa tête qu'une oreille. Dans ce troupeau nombreux à me voir occupé, Il s'an-éte à son tour, m'observe et s'émerveille. Sa bouche qu'en dehors rougit un sang épais S'ouvre et me dit : — 0 toi que n'ont pas tes méfaits . Aussi fait condamner, plus mon œil t'examine. Plus je crois t'avoir vu sur la terre latine , Ou trop de ressemblance en erreur m'entratna.

16. Frère DotclQO ou Doulcin, idioti e villanû Ni Mahomet, ni

dlflclple et successeur de Gérard Robprt 11 ne pouvaient assuréiifent

Segarelll, de Parme, prêchait la prendre un vif Intérêt au moine

communauté des biens et celle des apostat. Il n'en était pas de même

femmes^en prétendant ramener ri^ de Dante, qui aspirait aussi à une

glise au christianisme primitif. réforme religieuse. Qui sait donc si

Gomme son maitre, 11 enseignait cet avis charitable donné à un hé-

qn'it est permis de nier sa foi pour rétique, par un des plus ehaudspar-

sauver sa vie, et même d'en profes- tisans du Saint-Siège, ne fait pas

ser une autre extérieurement ; doc- allusion à quelque trait décoché par

trine que Ton retrouve chez les Ca- ce même roi Robert contre Dante,

thares et les Albigeois, (/^oy. p.75et qu'il aurait peut-être signalécomme

78 des Révél. et Hist. frat. Doleini, partageant les doctrines réformatrl-

Murntori, t. XI.) L'Anonyme dit ces de frère Dolcino ? Nous sommes

avoir assisté, à Padooe, au supplice d'autant plus porté à le croire que

par le feu de vingt-deux de ces com- Mahomet s'arrête pour adresser ces

mnnlstes de fra Dolcîno, en compa- derniers mots au poêle, comme y

gnie peut-être de Dante, frappé si attachant une secrète Importance, vivement par le spectacle d'umant

eorpi già reduti accesi; c'étaient, 17. C'était donc là surtout qu'il

dlt-ll , gente di vile conditione , voulait en venir.

L ENFER

De Pierre souviens-toi , dit de Medicina ",

Si jamais tu revois celte plaine féconde

Qui descend de Verceil à Mercabo, vers l'onde *•;

Et donne avis h deux des meilleurs de Fano ,

L'un , messire Guido , Tautre , Ange Gagnano ,

Que, si la prescience en ces lieux n'est point vaine,

De l'ordre d'un tyran félon et plein de haine,

Jetés par-dessus bord, près la Galholica,

La pierre au cou, leur mort sous les flots est certaine.

Non , Neptune jamais de Chypre à PoUenza

Ne vit forfait si noir et, dans leur rude guerre,

Forban ni bandit grec jamais n'en approcha.

Le traître dont un œil est mort à la lumière ,

Et qui lient maintenant sous le joug cette terre

Où tel qu'ici je vois voudrait être à passer,

De venir conférer les enverra presser.

Puis préparera tout pour qu'ils n'aient plus à faire.

Au vent de Focara , leur dévote prière ^\

18. De In fainillc Castani, de Bologne. Guclff zélé, il prit dans ccltevillc une part active aux luttes municipales, puis aux querelles de Guido de PolenU, seigneur de Ra venue, contre M.-iIalestino de Himiui. Dante, qui I avait connu à Bologne, terra latina, le retrouva «^ Ravpnnci loiiiquM Y Tut accueilli par riiospitalitc de Guido de P«>l<nt.'i. La bourhe de Pierre de MediiMna est roiige en dehors, di fuor vermigliaj non pas seulement à raison du sang qu'il fit verser, mais parce qu'il était Gueire et que le rouge était la couleur de cette faction. W fallait d'ailleurs qu'il fût sectaire au fond, quoique Guelfe, pour que Dante prenne soin do noter que sa buuclie n'était roui^e i\u' extérieurement^ et ne lui donne qu'une oreille; ce qui équivaut à dire que la vérité n'avait ac-

cès chez lui qu*A demi. Son nez coupé semble indiquer on échec dans une circonstance importante, et sa gorge fendue le mauvais usage de la parole, pour avoir agi dans l'intérêt temporel de la politique pontiflcale,en désirant une réforme religieuse.

10. La Lomhardio, dont le sol va s'abaissant insensiblement du Piémont jusqu'à l'embouchure du Pô; contrée où les sectaires étaient en grand nombre, ce qui lui vaut d'être appelée par excellence la terre latine* Voy, Hurter, Vie d'innocent IV, l.ni, p. 34, et G. Schmidt, Hist. des Cathares ou Albigeois.

20. tl n'est pas besoin de dire que les Malatcsla étaient Guelfes, et bien éloignés de pactiser avec la secte, comme les Polenta de Kavenue. Dautc rappelle ici un de ces

CHANT XXYIII.

Si tu veux , répondis-je, au monde que de toi J'aie à parler, fais-moi connaître et montre-moi Celui qui de ces lieux garde amère mémoire *\

D'un de ses compagnons , qu'il prit à la mâchoire , Il lit s'ouvrir la bouche, en me criant, tiens, vois, C'est lui-même; mais sache ici qu'il est sans voix. De César ce banni finit l'incertitude ; Ce fut lui qui lui dit : « Lorsqu'on est prêt à point, Sans payer le retard on ne diffère point. »

Combien de Curion la douleur semblait rude, Sa langue en son gosier tranchée, et qu'à mes yeux, Ce hardi conseiller se montrait malheureux ** I '

gucti-apcns , sf cominiina alors, dont s'était rendu coupable le borgne Malatestino envers deux des citoNens iea plus Influents de Fano , ville dont il voolait s'emparer.

Ayant Invité à venir conférer avec Ini Gui de Cassero et Ange de Cagnano, il les ftt jeter à la mer, à moitié route entre Fano etlUminl, en face du petit port de la Calholica, près duquel s'élève la montagne de Focara» qu'il faut doubler pour revenir deRiminl à Fano.

31. On va comprendre pourquoi Dante se montre si curieux au sujet de l'homme à la vue amère, comme Il l'appelle, eolui délia veduta atnara , quoique sa présence ne lui ait été indiquée que très-incidemment en ces termes : La terra, che taie è qui meco vorrebbe di veder esser digiuno.

32. Toile moras : semper nocuit differre paratis. Telles sont les paroles que Lucaln met dans la bouche de Curion, pour décider C.ésnr h passer le Rubicon, et ce sont précisément les mêmes que Dante citait è Henri VII, dans la lettre par laquelle Il le pressait de tomber sur Florence, au lieu de s'arrêter dans la

Lombardie an siège de Brescia : « Le Seigneur, ajoutalt-ll,t'a donné Ponction royale, il t'a mis sur la voie en te disant : Va, tue les pécheurs d'Amalec. Venge celui qui t'a envoyé de celle race de brutes

Florence est la perverse Myrrha s'enflammant dans les embrassements de son père (ce père était Clément V), etc. » Ainsi, le rôle joué par Curion près de César , comme aussi parDante à l'égard de son Empereur, esl identiquement le même. 'Mais 11 y a entre eux cette dilTérence, que les conseils de Curion furent suivis, ce qui amena le triomphe de César, et qu'il ne fut point tenu compte de ceux de Dante, ce qui entraîna la perte de Henri Vil. Voilà pourquoi la vue du hardi conseiller, banni comme lui, scacciato.esi si amère au poète, comme aussi le souvenir de celle Lombardie où son héros perdit des inslantit si précieux. Curion est donc sa propre image, et il le représente la langue coupée, ne parlant plus, e non favellif profon* dément affligé, sbigottitOf parce que la ruine de son parti l'avait réduit h un <iooloureux sllmce. Pierre de Mediciua était le compagnon de

LBIIFBR.

Un autre, les poignets coupés, dans Tombre obscure , Levait ses deux moignons dont le sang dégouttait, D'une horrible façon lui souillant la figure.

Rappelle-toi, Mosca, me cria sa voix dure , C'est moi qui dis un jour : « A faire, ne vaut fait. » Mot qui fut si ftmeste à toute la Toscane f

Et qui perdît les tiens, lui réparlis-je. — Alors , Deuil sur deuil en son Ame et remords sur remords Il s'éloigna, de Tair d'un sombre monomane **.

Toujours à regarder pourtant je demeurais, Et je vis une chose encor dont je craindrais D'être seul à parler, sans autre témoignage , N'était ma conscience où je puise courage. Or qui se la sent pure est sous si bon haubert , Contre la calomnie et l'injure c'i couvert **.

Certainement je vis, même encore il me semble L'avoir là sous les yeux, à tel point que j'en tremble,

Dante chez Guido de Polenta, et il fait de Curlon son compagnon dans la huitième fosse, un suo compagnon après avoir mis dans sa bouche ces paroles, qui s'appliquent à Dante comme à Curlon : Tel est Ici avec mol, taie è qui meco. H est donc hien dinicilc de méconnaître chez le poète l'Intention de s'Identifler avec celui dont il avait tenu le langage et Invoqué l'exemple dans des circonstances analogues; d'autant plus que Pierre de Medlclna, en parlant de l'extrême ressemblance qui le frappe, troppa sitnigliansa, parait avoir voulu préparer cette fantasmagorie.

23. Mosca des UbertI est un do ceux dont le poète s'est Informe arec un intérêt particulier h son entrée dans l'Enfer ; il ne le vo>alt donc pas sous des couleurs aussi noires qu'il le représente Ici. 11 pouvait regretter qu'une querelle de

famille entre les Amidci et les Duondelmonte eûi déj,c.irrêe en luîtes d^ plorables, dans lesquelles les Gibelins avalent fini par avoir le dessous, mais il estimait à coup sûr dans Mosca le chef de parti énergique qui avait parlé et agi dans le même sens que (^.urion. Quant à la signiflcalion du supplice fantastique qu'il lui assigne, nous croyons y reconnaître l'état d'impuissance où se trouvait réduit le parti auquel il appartenait, par suite de la résistance d'an certain nombre de Gibelins à s'associer aux sectaires pour une révolution religieuse, ce qui explique également la sombre douleur qui semble le rendre fou.

34. Ce qui nous donne & entendre que sa plus *.haute estime était acquise au personnage qu'il va représenter sous Paspeet le plus déplorable.

Un corps décapité, qui cheminait hideux,

Gomme ses compagnons. 8a tête qu'aux cheveux

Sa main droite tenait, en guise de lanterne ,

Pâle, nous regardait et s'écriait : hélas ^^ I

On eût dit que du corps elle éclairait les pas.

Ils étaient deux en un , un en deux ^^ Qui gouverne

Les choses de la sorte-, en son penser profond

Sait comment ^^ Lorsqu'il fut juste au-dessous du pont,

Il éleva son bras et sa tête hagarde

Pour dire, de plus près, ces paroles : — Regarde

La peine que j'endure, ô toi qui sur ces bords

Peux , tout en respirant, voir le séjour des morts.

Crois-tu qu'il en existe une aussi grande qu'elle "?

Sache , de moi là-haut pour rapporter nouvelle ,

Que c'est Bertrand de Born qui te parle , l'ami

Dont eut le jeune roi des conseils d'ennemi *'.

25. Hélas! qu'est devenue ma pauvre Aquitaine? que sont devenus sea troubadours, ses nobles comtes de Toulouse, les malheureux Albigeois et les héroïques Templiers?

26. Encore une fantasmagorie qui se réduit à montrer, sous une flgure poétique, la raison s'isolant des choses corporelles, pour guider l'initié sectaire dans la vole où elle est sa lumière, à l'exclusion de l'autorité, qui soumet l'homme à une volonté étrangère. Celui qui ne prend pour galde que sa raison porte lui-même le fanal qui le dirige, Di se fa a se stesso lucerna , et ce fanal est dans sa tète. Quant à savoir comment rioltié est un en deux et deux en un, c'est-à-dire homme et femme, corps et âme , nous renvoyons aux pages 9i, 100 et suiv. des Révél,

27. G'est-à dire le poète lui-même, qui a conçu et exécuté cette mise en scène prestigieuse, dans laquelle Il décerne, en réaiilé , la louange à

celui qu'il semble avoir voulu fla* geller. Et voilù pourquoi sa cons* cience le rassurait sur ce qu'il allait dire.

. 28. Notes que c'est en lui montrant sa tête que ce prétondu damné dit à Dante : Vedi s^akuna è grande corne questa^ avec l'intention assurément de donner à entendre qu'il lui parle de sa souffrance, lorsque sa pensée réelle est qu'il n'est pas de tête comparable pour la grandeur et l'intelligence.

29. Vicomte de Hautefort, phrce assez importante du Pcrigord, trou-* badour et homme de guerre, Bertrand de Born personnlHe Tantago* nisme du midi municipal, républicain et hérétique, son hostilité persévérante et oiistinée contre le nord féo* dal et orthodoxe. Toute la clef de la littérature provençale est dans cette lutte acharnée de deux principes, religieux et politique, de deux civilisations ennemies. Avis à M. Rarct,

LBNFER.

J'armai Tun contre l'autre et le fils et le père. Moins avant dans le cœur de David, d'Absalon Entra d'Âchitophel le perûde aiguillon.

Pour avoir divisé, les poussant à la guerre , Ceux qui devaient rester unis jusqu'au tombeau ; Je porte , séparé de même , mon cerveau De son principe, hélas I qu'en lui ce tronc conserve '*, En moi du talion ainsi la loi s'observe.

qui fait avec Buccès, à Clermont, un cour« de littérature du Midi ; car la langue limosine a encore bien des aecrets à révéler. Indigné de voir Henri II d'Angleterre, après avoir fait massacrer Tliomas Becliet, passer d'une opposition violente envers le Saint-Siège à une soumission complote, au point de déclarer son royaume « fief du Saint-Siège et patrimoine de saint Pierre > ( Hoved., 305. Blés., ep. 136), Bertrand de Born poussa à la révolte les fils d'Éiéonore de Gulenne, personnification elle-même de la haine du midi contre le nord ; à savoir : Henri, Richard , surnommé depuis Cœurde-Uon, Geoffroy et Jean^ dit Sans- Terre, desquels il espérait plus d'énergie à repousser les prétentions de la cour de Rome. Henri, l'ainé des quatre frères, ayant éié couronné roi d'Angleterre le 14 Juin 1170, du vivant de son père, qui ne mourut qu'en 1189, il était désigné sous le nom du jeune roi. Le rôle que Bertrand de Born avait joué à l'égard de Henri II et de ses enfants, il le continua entre Richard Gœurde-Lion et Philippe- Auguste, toujours mA par le désir d'affranchir le midi de la France du danger dont 11 était menacé du côté du nord, par iuite de la prédominance pontificale appnyée par la politique des rois de France. On conçoit donc l'admiration de Dante pour Bertrand de Born, non-seulement comme trou-

badour ou poète sectaire, mais encore comme profond politique, ne cessant d'agir, dans l'intérêt de la foi albigeoise, au détriment de Rome et de la France qu'il détestait également.' Rien qu'en lisant Fauriel (tome 11, p. 202 et suiv.], on pent se faire une idée du but auquel tendait Bertrand de Born, qui mourut sous le froc comme tant d'autres troubadours, mais, qu'on en soit bien convaincu, au milieu de ses frères en religion.

30.» Sa pensée est isolée du corps dans lequel git le principe de la vie animale; pour indiquer l'intérêt religieux , spirituel , intellectuel , comme on voudra, isolé de l'intérêt mondain. Ce qui prouve de plus en plus que cet horrible supplice du troubadour albigeois , qui se délectait aux luttes de l'Amour et de madonna la Pietà^ du Dieu de l'hérésie contre l'Église romaine , de même qu'Arnaud Daniel aimait le vent, c'est-à-dire la guerre, est purement fantastique, comme tant d'autres qui déjà nous ont été offerts. ( Foy . p. 338 des RéTél.) Dante faisait trop de cas de Bertrand de Born, qu'il mentionne honorablement dans son Vulg, éloq. pour le damner sérieusement comme les Nicolas, les Bonifacc et les Clément.

Les amis aidaient les ennemis à passer; et comment se reconnaître dans ce péle-mé:e de tous les paiiis et de toutes les croyances ?

De tant de patients et de corps déchirés Mes tristes yeux étaient à tel point enivrés , Que j'aurais volontiers laissé de ma paupière Les larmes déborder *. Mais le maître sévère Me dit : — Qu'observes-tu ? Pourquoi toujours tes yeux Parmi ces mutilés plongent-ils soucieux ? Tu n'en as fait autant pour nulle autre misère *. Si tu crois dénombrer la foule en ce séjour, U a , songes-y bien , vingt-deux milles de tour *. La lune est sôus nos pieds , selon que j'évalue *. Or le temps imparti désormais devient court, Et bien d'autres objets ont à frapper ta vue.

Si ton œil, répondis-je, avait pu se porter Sur ce qui m'absorbait à tel point, l'âme émue,

1. Dante n'éprouve de ces attendrissements que lorsqu'il se trouve en présence de ses frères et amis; nous avons déjà eu plus d'une fols roccasion de le remarquer, il n'a pas été moins touché du sort de Jason qu'il ne l'est ici de celui de Curion et de Bertrand de Bom.

2. Parce que dans aucun des autres cercle?, il n'avait trouvé d'aussi fidèles représentants de sa manière de penser et d'agir.

3. Mesure exacte de l'cnceinfc extérieure de ce qu'on appelait le

fossato de Rome. {Voy. le IHltamondo deFazio des Ubei U, contemporain de Dante, lib. Il, cap. xxxi et p. m des Rét'éL) On remarquera que Dante n'a pas encore Indiqiië une seule fois la diiiienéion des lieux parcourus.

4. La triple Hécate, celle qui règne à Rome, le front ceint des trois couronnes, et que nous retrouverons bicnlôt avec ses trois faces, au plus profond de l'abîme. La voir sous ses pieds était le vœu le plus cher du poêle.

238 l'enfer.

Peut-être m'aurais-tu permis de m'arréter.

Mon guide cependant avait quitté la place Tandis que je parlais, et je suivais sa trace. J'ajoutai : — Sache, maître, en ce ravin profond , Où je plongeais mes yeux , sans détourner la face, Que pleure , je le crois , un Esprit de ma race Le méfait dans ces lieux en douleurs si fécond K

Que , sans souci de lui , ton penser le bannisse, Reprit alors le maître, et sur tout autre objet Ait à se reporter; lui, qu'il reste au supplice. Au bas du pont, j*ai vu vers toi qu'il dirigeait Son doigt, l'air menaçant, plein de sombre malice. De Geri de Bello le nom vint me frapper; Hais tu semblais alors tellement t'occuper A.contempler celui qui d'IIautfort eut la garde. Qu'à l'autre, tant qu'il fut là , lu ne pris pas garde.

Maître, dis-je, il périt de violente mort. Et, quoique sa famille ait eu part à l'offense, Aucun des siens encor n'en a tiré vengeance. Chez eux d'un tel oubli comme il s'indigne fort , Sans daigner me parler il s'éloigna, je pense, Et certes m'en afflige encor plus sa souffrance *.

En conversant ainsi nous gagnâmes l'écueil Qui plus loin faisait pont, au point d'où pourrait l'œil, Si partout d'autant d'ombre elle n'était voilée , Voir, en plongeant au fond , toute l'autre vallée ^

5. L'esprit de discorde en matière tendu catholicisme n'inspirait guère

politique ou religieuse. le pardon des injures. L'apparition de

G. GcrI del Beilo , oncle de Dante ce personnage n'est de sa part qu'un À la mode de Bretagne, comme frère expédient de comédie pour amener de Cione AUghierl, avait été tué par les explications statistiques données un Sacehctti. Par représailles, et à par Virgile, cl dont nous avons sititre de vendetta , son flis tua à son gnaté l'importance, tour un Sacchetli, mais ce ne fut 7. Rome étant pour le pocte un que trente ans après. C'est à quoi pays d'ignorance et de ténèbres il fait ici Illusion Dante, à qui son pré- est tout simple que son enceinte ex-

Des Haiesfosses, là, le dernier cloître ouvert Nous montra ses reclus *, de qui la voix de fer En accents déchirants s'élevait désolée , Et de pitié dardait dans mon âme troublée Mille traits acérés. Aussi , de chaque main J'eus hâte de boucher mes oreilles soudain ',

Ce que le Val de Ghiane et les tristes Maremmes, Et la Sardaigne en sus, dans tous leurs hôpitaux , De juillet à septembre étaleraient de mau;L, Si leurs spectres vivants venaient, plaintifs et blêmes, S'entasser tous ensemble en un même fossé , S'offrait là réuni sous l'œil morne et glacé. Au loin s'en exhalait cette odeur délétère Des membres qu'a rongés la gangrène ou l'ulcère ^\

Lorsque du long rocher nous ftimes descendus Et sur le bord plus bas , à gauche, parvenus , ' Ha vue au fond put mieux distinguer Je supplice Qu'inflige du Très-Haut l'infaillible justice Aux faussaires, qui vont dans le gouffre rouler**.

térieqre soit privée de lumière et des dards trempés par dame Piété,

qa'on ait plus de peine à y voir que di jnetà ferrati avean gli strali ; et

si pt tt lume vi foue, Dante se bouche bien vite les oreilles

8. Qu'on veuille bien faire atten- pour qu'elles n'en soient pas offention à cette expression , conver$i , sées. On va pouvoir juger maintequi signiûe tout à la fois convers , nant du dégoût que lui inspiraient convertis, retournés; comme aussi ces apostats, ces convers entassés à cette dénomination de chiostra , dans le cloître romain.

cloître, donnée à leur séjour, et il 10. Les apostats sont des mem-

sera facile de pénétrer la pensée du bres pourris , tnaràte membra ,

poète. rejetés avec horreur par TégUse

9. Est-il rien de plus clair? Ceux sectaire. Ainsi la métaphore ne se qui s'offrent à lui sous les noms de dément pas ; et les marais de la Rome sont des apostats, qui s'étant Toscane, rappelés sous forme de laissés retourner du blanc au noir comparaison, indiquent à quel pays ont abjuré les doctrines sectaires appartenaient ceux à qui il est fait pour se convertir à la fol orthodoxe ; allusion.

ils ont subi Tinfluence de l'Église, li. Entendez ce mot de faussaires,

de dame Piété ou Pitié, comme faUatorit dans le sens que l'on

Dante l'appelle, ce sontde» conversi. attache d fausser sa foi , sa parole ,

Leurs accents plaintifs sont donc ses serments.

LËNFER.

Moins de tristesse aa cœur devait s'accumuler Je pense, à voir Égine en proie au mal funeste; Lorsque ses habitants moissonnés par la peste., Les animaux, l'insecte et jusqu'au moindre ver Succombaient, tous atteints des miasmes de l'air, Et que de la fourmi , maint poète l'atteste , La race repeupla le sol resté désert ". Moins affreux devait être aux yeux un tel spectacle Que celui de ce vaste et sombre réceptacle. Où gisaient tant d'Esprits jetés là par monceaux. L'un sur l'autre, foulant ou le ventre ou le dos D'un voisin , ils jonchaient toute l'infecte arène ; Quelques-uns sur les mains se traînaient avec peine ".

Pas à pas nous allions, regardant attentifs, Écoutant les sanglots des spectres maladifs, Pour se lever du sol à qui manquait l'haleine **.

12. VoyexOvïàe, Métamorplioses, liv. Vil. C'est ainsi que le poêle trouve moyen de comparer à la peste l'influence de la prédicntfou catholique. Coltc peste d'È^ine tenait au cœur du poète, car il y revient dans son Banquet, en traitant de la noblesse [no viltà , noblesse, ou Initiation sectaire) , opposée à la viltà, qu'il n'est pas besoin de traduire- Or, veuillez vous reporter au traité IV, 27. Vous y verrez comme quoi, bien que cette peste, produite par corrompimento d'aere, eût livré presque tout son peuple à la Mort , Eaque - Barberousse le restaura , suo popolo restaurato gli fû maggiore che prima; comme quoi il vint en aide au chef (Céphale), au pape sectaire de celte Athènes céleste où stoïciens, peripatéliciens, épicuriens sont appelés à philosopher d'accord dans la vérité [Ibid, 111, i4), et l'assista libéralement dans la guerre que lui faisait ce Vieux de l'Ida, que nous connaissons; encore bien que l'ad-

versaire fût grand , L'avversario grande, « toutes choses à noter, dit Dante, mais à bon entendeur salut, a buono intenditore basti. > Vous y verrez en lin comment Eaque-Barberousse fut père de Ppléc-Henri VI et ce dernier de Frédéric II , T Achille de la secte. A quand les bons entendeurs?

13. Ils se transmuaient à plat ventre, dit le poète, dans cette triste voie, quai carpone si trasmutava per lo tristo calle, pour exprimer ainsi la bassesse qui les faisait se transmuer complètement, comme les métaux dans le creuset des souffleurs, et fouler aux pieds leurs anciens frères, s'élever sur leurs épaules ou leur marcher sur le ventre dans des vues d'intérêt et d'ambition, (^uibien ne voit -on pas encore de CCS alchimistes , que nous ne nommerons pas? La divine Comédie sera toujours la comédie humaine.

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