Les clefs en furent jetées dans où il s'était fait Gudfe
LEMFEn.
Pourquoi ne t'es-tu point ouverte sous nos pas ? Lorsque furent passés quatre jours de misère, A mes pieds s'affaissa Gaddo , s'écriant : — Père ! 0 père, à mon secours ne viendras-tu donc pas ! — 11 y demeura froid et mourut sur la pierre. Puis, du cinquième jour au sixième , tous trois Je les vis succomber, comme là lu me vois , Un par un. Je me mis , aveuglé de souffrance , A ramper à tâtons de Tun à Tautre corps ,
Les appelant deux jours après qu'ils furent morts
Puis, plus que la douleur le jeûne eut de puissance *.
Quand, rœil fixe et hagard , il eut fini ces mots. Se reprirent ses dents au crâne misérable , Comme les crocs d'un chien faisant craquer ses os.
Ah, Pise ! ville impie et Topprobre durable De la belle contrée où résonne le si , A punir tes forfaits si tes voisins ainsi Montrent tant de lenteur, et si le Ciel ne tonne.
9. Deux flls seulement du comle Ugolin, Gaddo et Hugups, périrent avec lui, Quont à ses petlts>flls, Nino, dit Brigata , Henri et Anse!nio, qui avaient été aussi emprisonnés, bien qu'il ne soit fait mcnliou ici que du premier et du dernier , ils furent plus lard mis en liberté , et Anselmuccio, que le puêlc reprcsente comme un enfant , était alors marié, ayant épouse la tille de Gui, seigneur de Ca prune. Quel que fût le but du poêle en altérant ainsi la vérité de faits contemporains , comme pour Françoise de Rlmini, son Intention a été de personnifier dans le comte Ugolin le Gil)eiln sectaire trahissant tout à la fois, dans un Intérêt privé, son parti et sa croyance, en passant dans les rangs opposés; et d'autre pnrt, dans Tarchevéque de Pise, le Gibelin ortho-
doxe, s'alliant momenlanément à Tapostasie, puis la trahissant à son tour. C'est ainsi qu'il est parrenu à repré^nter, dans ce sombre épisode, les déserteurs apostats punissant les uns sur les autres leur déloyauté envers leur parti , et se déchirant à belles dents après une alliance momentanée. L'archevêque devait paraître doublement coupable à Dante, et pour n'avoir pas embrassé les doctrines religieuses de li secte, et pour avoir renié les antécédents do sa famille, les L'baldlni du Mugello, en prêtant les mains aux projets ambitieux du comte llgoiln , passé dans les rangs des Guelfes. Peut-être aussi le poète, qui, dans le Purgatoire, témoigne d'une grande amflié pour Nino Visconti, gendre d'Ugolin, a-t-il voulu en même temps le venger du comte
Puissent donc s'ébfanler Capraia, la Gorgone**, A TArno faire digue et, refoulant ses flots , T'engloutir tout entière et les tiens sous les eaux ! Quand du corn le Ugolin les trames criminelles Auraient , comme il fut dit , livré tes citadelles , Ses fils auraient-ils dû partager ses tourments ? Uguccion, Brigata, les deux autres encore. Nouvelles Thèbes, dont la fin te déshonore, Leur jeune âge en faisait des êtres innocents ".
Portant nos pas plus loin , nous vîmes, frémissants, Des gens qu'étreint plus fort la glace condensée , Non plus le front courbé , mais tête renversée ". Les empêchent leurs pleurs eux-mêmes de pleurer " ; La douleur, par leurs yeux, ne trouvant plus passage , Amoncelle au dedans son formidable orage, D'où plus d'angoisse vient sans cesse les navrer ; Car les larmes , à peine au bord de leurs paupières ,
et du prélat, qui s'étaient ligués contré lui pour lui arracher le pou> Yoh*. On peut d'autant plus le supposer ainsi, qu'à en croire C. Troja, la responsabilité delà mort dTgolin reviendrait h ce Guide de Montefettro, pour qui Dante exprime une Tive sympathie dans le Coni'tfo, et non pas à Farchevéquc Roger. Cf.
VeltroAUeg. et rotr à la ihi du chant la note ('}.