C'est-à-dire avant sept ans
à partir du mois d'avril 1300, tu connaîtras, par toi-même, combien mes petits-fils sont dévoués à la cause que tu as embrassée , à l'accueil que tu recevras dans leurs domaines de la Lunigianc.
Déjà du vieux TithoaTamapte en souriant Avait fui de ses bras; au seuU de l'Orient, Blanche, die apparaissait, des perles pour parui^, Qui brillaient à son front d'un éclat chatoyant, Et de ranimai froid qui darde sa piqûre En recourbant sa queue, affectaient la figui*e ^ Où nous éUons la lupe avait nionté deux pas, Et Taile du troisième allait plongeant en bas % Lorsque moi, qui d*Adam tenais par mon écorce ,
1. Le soleil étant dans le signe du Bélier, TAurore devait se montrer dans le signe du Scorpion aui habitants de rhémisphère opposé.
2. La lune, qui était dans le Sagittaire , signe opposé au Scorpion, était à son apogée, les deux pas figurant deux des quatre veilles de la nuit, que les anciens divisaient en quatre parties égales, deux ascendantes et deux descendantes. Poétiquement et au figuré, 11 était plus de minuit où Dante se trouvait ;au sens propre, l'autorité ponliflcale, arrivée h son plus haut degré , était au moment de décroître; c'était donc le moment d'employer toutes les ressources de la Action et du langage figuré pour échapper à sa tyrannie. Quel enchanteur que Dante !
Après nous avoir montré l'Aurore
sur le retour, au commencement du ch. II, avec ses roses fanées et ses lis jaunis, il nous la représente jeunette et pimpante, dans sa toilette la plus coquette } mais elle est maintenant la conculfine du vieux Tiihon pontifical, faisant bien lit commun avec lui pour sauver les apparences, mais ayant des liaisons suspectes à Toulouse. Vous n'en pouvez douter, quand vous la voyez blanchir au seuil de l'Orient et s'avancer tout emperlée ; seulement elle entend bien se faire passer toujours pour la moitié irréprochable de son vieil époux romain; et, à cet effet, elle porte son portrait en diadème, dans une monture d'un art parfait, représentant un scorpion, cet animal froid, comme Saturne, et dont la queue au double dard lance un venin mortel. Comprenez- vous .°
SuGcombant au sommeil, de tomber me fut fo^^ce Sur l'herbe» ofi tous les cinq nous converaions aa^is *.
A l'heure matinale où, ravivant ses cris, L'hirondelle commence à gémir» en mémoire De ses peines peut-être et de sa triste histoire *, Alors que notre esprit, des seus plus dégagé , De pensers tout charnels étant moins assiégé, Semble, en ses visions, acquérir en partage Comme un divin instinct qui guide son essor S En songe il me parut voir, au plumage d'or, Lne aigle, l'aile ouverte, en un ciel sans nuage Planant, prête à plonger. Je croyais être aux lieux D'où , lorsque le perdit sa famille éplorée, Fut ravi Ganymôde au sein de l'Empyrée, Peut-être, en moi pensais^jje, ici l'oiseau des Gieux S'en vient-il pour chercher sa curée ordinaire , Dédaignant autre part d'aller charger sa sen*e K Je crus plus vite alors le voir tourner un peu, Puis, terrible, aussitôt comme un foudre descendre. Et m'enlever, rapide , où se produit le feu. Avec lui m'y sembla brûler, réduit en cendre , Et me peignit si fort l'imaginaire ardeur. Que du sommeil sur moi son effet fut vainqueur'.
3. Dante tenait d'Adam, avea di l'empire recrute ses défenseurs. quel d'AdamOf en ce sens que, 7. Lucie ou la lumière a fait naicomme lui, ii avait créé un lan gage, tre en lui Tardeur sectaire, (yil trlomcelui qu'il substitua au jargon amou- plie du sommeii catholique. Dans ce reux ; c'est h quoi il fuit encore fll- songe, où Dante met en œuvré les lusion dans le Paradis, chant xxvi, ressources mystérieuses de la lanet dans son Traité de l'idiome vul- guequ'ilacombihée et qu'il a parlée gaire.'Fot/. p. 386 dciKévél. le premier, ce qui le fait s'asalmiler
4. Celle de Phllomèle et de Pro- à Adam, il feint qu'une aigle, symgné. bole de saint Jean, ce patron des
&, Quelle heure est-il? demande- templiers et des maçons, leurs suc-
t-on à l'aspirant maçon. La pre- cesscurs, l'enlève jusqu'à la région
mière heure du y'our, répond-il. du feu; et pour donner à entendre
Voy, tous les rituels maçonniques. de quoi il s'agit, il se compare à Ga-
6. C'est parmi les sectaires que nymède, symbole de l'initié, censé
LE PCRGATOiRE.
Achille , au Tîeax Ghiron qaand Peut ravi sa mère , El, dormant dans ses bras , à Scyros transporté , D'où les Grecs surent bien Tenlever pour la guerre , N'ouvrit pas plus surpris ses yeux à la lumière •, Que je ne fis sitôt que le somme eut quitté Mon front appesanti. Tout transi , je restai Gomme ceux dont la peur a glacé le courage. Seul, mon guide était là, veillant à mon côté, De deux heures et plus le jour était monté , Et, couché ; vers la mer je tournais le visage •.
Bannis, me dit mon maître, une vaine frayeur, Nous sommes , sois-en sûr, en bon cours de voyage. Que se roidisse, loin de fléchir, ta vigueur : Tu touches désormais au seuil du Purgatoire ; Vois, là, l'escarpement qui le ceint à l'entour. Vois l'entrée , où s'enfonce un peu la roche noire. Tout à l'heure , quand vint l'aube annoncer le jour, Quand ton Ame dormait, en ton corps assoupie,
transporté aa Ciel. Cette aigle , qui n'est autre que Lucie, la lumière apocalyptique, ouvre ici le cours de la taleté, que l'apôtre viendra clore en personne au chant xxvi du Paradis; car 11 faut bien se persuader que, dans la pensée du poète, l'aigle et saint Jean, l'Apocalypse et Lucie, ne font qu'un. Lucie est la Jeanne, la Primevère de la Vie nouvelle.
Elle est le précurseur de Déatrlco, qui « résume l'admirable trinité. • Voy. p. bO des nér4l.
8. Voy. l'Achilléide de Stace. I, V. l27.Mhls rappeler- vous aussi que l'Achille dont il est question ici est Frédéric H , enlevé par sa mère Constance à la tutelle du vieil Innocent III, qui se trouve ainsi damné en Knfer sous le nom de Chiron, pour avoir fait massacrer les Albigeois par les Croisés de Monlfort,
causé la ruine de Tirésias , l'eiil de Nanto.ct livré la Provence aux barbares du Nord, à cette race d'Anjou que Dante abhorrait; or, la gran iocca d'Innocent III ne put tonner assez haut pour empêcher l'Achille germain de prêter l'oreille aux Grecs qui le poussèrent contre la nouvelle Troie pour lui ravir son palladium usurpé.
0. Uanle , enlevé comme Achille à la tutelle abrutissante des Centaures orthodoxe?, se réveille les regards tournés vers la mer, c'est-à-dire vers le vaste réservoir de la doctrine traditionnelle, dont elle est la fiî^urc. Comme Achille, il se trave$lil en femme lorsqu'il parle par la bouche de Lucie ou de Béatrice, ces autre;»
lui-même, et nous pourrions prolonger beaucoup ces rapprochements mythologiques.
Sur les fleurs qui là-bas parent ce frai séjour *•, Uoe dame s'en vint et dit : «Je suis Lucie, Laissez-moi de ce mont à ce vivant qui dort, En Tenlevant d'ici , faciliter Tabord. » Sordello demeura dans le vallon tranquille, Près des nobles Esprits qui peuplent cet asile **. Elle te prit , sitôt qu'eut brillé le Soleil Et, Remportant, monta ; je gravis sur sa trace. Elle te déposa bientôt à cette place : Ses beaux yeux, rayonnant d'un éclat sans* pareil. M'indiquèrent le seuil qu'il faut que ton pied passe , Puis elle disparut, et cessa ton sommeil "•
Comme un homme qui doute et dont l'inquiétude Se change en confiance, en douce certitude, Lorsque la vérité vient frapper son regard, Je me trouvai tout autre et, dans l'instant, mon guide, Me voyant rassuré, marcha vers le rempart. De près je le suivis, autant que lui rapide.
S'élève mon sujet, lecteur, tu le vois bien. Ne sois pas étonné donc si je m'étudie Par plus d'art et d'efforts à lui donner soutien ".
Nous allions approchant et, dans cette partie Où d'abord il m'avait, à distance, semblé Voir comme une lézarde en un mur ébranlé **. Une porte s'offrit, désormais apparente.
10. Parce qu'il C8l la résidence 13. La matière de l'inHiatlon étant des princes et des empereurs. des plus délicates, doit être traitée
11. En bon Gibelin et en person- avec un redoubfcment de circonsnage politique qu'il est, Sordello peclion» qui réclame toute rbabileté reste en compagnie monarchique. du poète. Avis au lecteur, pour qu'il
12. Ainsi, l'aigle ravisseur n'élalt ait, de son côté, à redoubler d'atautre que Lucie ; nous verrons plus tention.
tard quelle est la nature du feu qui
doit consumer le nouveau Gany- H. Il est tout simple que la mu-
mède, trop longtemps endormi par- raille du catholicisme lui paraisse
mi les Gudfes. lé^rdée.
870 LE lattOATCflRE.
Au-dedsou9, trois degrés, de couleur difiërente, A la droite, un portier, èncor silencieux. Tout étonné, j'outrais de plus en plus les jeui. Or je vis qu'attendant, calme, notre Tenue, Sur le degré d*en haut il se tenait assis , Tel dans tout son aspect que mes yeux obscuMs N'en supportèrent pas la Splendeur inconnue; Dans sa main uneépée étincelante et nue RéQéchissait sur nous tant d'éclairs et de feux Que maintes fois en vain s'y dirigea ma tue **.
Dites, sans avancer, que voule«-vous tous deuxf Nous cria-t-il, quel est celui qui vous amëde *•? Preùeî garde à monter de ne trouver que peine *^
Mon maître répondit : — Une dame des cieuî *S Qui n'est point étrangère à la loi de ces lieux, A l'instant, jusqu'ici nous si servi d'escorte. Et dit> en nous quittant : « AUe» j voici la porte, n
Qu'elle soutienne eiicor tos pas dans le sentier^ Reprit comloisement le céleste portier.
Vers nos degrés bénis avancez donc sans train tBS ".
Nous vînmes à sa voix, et de ces inarches saintes En marbre blanc était la première, si net , Que je m'y voyais tel que je suis en eflet. Était d'un vert foncé la seconde, et la pierre ,
IS. C'est le frère portier des Tem- 18. Lucie, sous le patronage de
pliers et des Maçons: « La porte laquelle se place Virgile, l'initié
est gardée par un frère, l'épée nue à païen, pour s'acquitter de ron rôle
la main. » Voy. Les francs^maçons, de parrain dans les nouveaux niys-
Amsterdam, 17 7 5, çt tons les rituels. tères; rôle profisoire qu'il transmet-
10. Le néophyte doit aTOir un Ira bientôt à un initié albigeois. Luparrain ou répondant , lorsqu'il se cle, personnifiant la lumière a|{i(>caprésente à rentrée de la loge, et lyptique révélée à saint Jean, est Dante n'a certainement pas puisé ce naturellement très-versée dans tout cérémonial dans le dogme catholique ce gui se rattache à l'Initiation, di du Purgatoire. queste cose accorta.