En se rappelant ses oreilles
d'âne. Un roi de France, un barbare du Nord, souillé du sang do la sainte Milice, ne pouvait rappeler au fidèle d'Amour, au disciple des Provençaux , a l'affilié de l'Albigéisme et du Templarisme, qu'un type d'ignorance et d'avidité.
29. En n'attendant pas même le décret pontifical , ce semble, mais en réalité sans l'aveu du cbef de l'Empire, sema decreto, pour t'emparer des richesses de l'Ordre du Temple , Phiiippe-le-Bel avait dérobé en larron le butin réservé au Seigneur, et, selon les paroles de Josué, devait être exterminé par le Seigneur. Josué, vu, 25.
30. Yolcl venir le tour de l'Église, qui, comme Saphira et Ananias, a manqué a son vœu de pauvreté.
Actes des Ap., v.
a 1 . Clément V mérite d'être traite
\ la honte à jamais Polynniestor par tous
Ksi voué, pour avoir immolé Polydorc s- ;
Contre Crassus, enfin, s'élève la clameur.
De l'or, toi qui la sais, apprends-nous la samir,
Crions-nous à la ronde'3, et chacun articule
Le blâme et la louange , ou plus haut ou plus bas ,
Enflant sa vok oti bien retenant ses éclats,
Selon l'impression alors qui le stimule i4.
Or, je n'étais pas seul à proclamer le bien
Qui fait , durant le jour, notre unique entretien ,
Lorsque tu m'entendis ; mais il n'était personne
Dont s'élevât la voix dans ce qui m'environne *\
Nous nous élions déjà de Hugues séparés Et nous nous efforcions d'avancer sur la route. Selon notre pouvoir, >crs les autres degrés. Quand du mont je sentis la masse trembler toute : Il semblait que sous nous il fût pour s'affaisser 36.
comme Héliodorc, le docile infiniment de Sélcuc us, au livre 111 des Machabées, pour s'être fait le complice de Phllippo-le-Bel dans Ja spoliation du Temple.
32. L'Ordre du Temple, non moins innocent que Polydorc, donl les trésors faisaient tout le crime , a été immolé par un tyran non moins avide et cruel que celui de la Thracc. Enéide, m.
33. Après avoir dépouillé le Temple de Jérusalem , Mai eus Crassus Tut défait et tué pur les Part lies, qui plongèrent sa tcle dans un vase plein d'or en fusion pour qu'il ( ùt à b'en rassasier. A urum sitisli, aurum bibi (Applen d'Alex.)- Or, comme Crassus, PhlHppc-lc-Bcl était le spoliateur du Temple.
3*. El 11 se trouve que tous les faits signalés à l'indignation des ùincs du Purgatoire ont trait a la ruine des Templiers. Est-ce là l'ciVet
du hasard, et n'y a-l-il pas lu quelque révélation, n'en déplaise a MM. L. Deialre et I- "erjus-Boissard ?
35. Sous un réglmo de compression, ce n'est qu'à voix basse et dans l'ombre qu'on peut s'entretenir des méfaits du pouvoir. Huguce-Capet avait, du reste, do bonnes raisons, nous l'avons vu, pour crier plus haut que les. autres, alln de prendre la parole et de donner carrière à son indignation contre ses descendants.
36. Corne cota che cada. L'édifice tout catholique du Purgatoire no-poi .
vait être, pour les sectaires, qu'une chose prête à tomber. Et toutes les âmes enlevées à l'église par la secte étalent autant de piorres qui , en se détachant d'elle, J'ébranlalent profondément ; mais le péril n'en était que plus grand pour ceux qui ne cessaient de la battre en brèche, et qu'elle menaçait d'écraser; aussi Dante csl-il pris de frisson à ctt
LE l'URtiATOIllE.
Et le froid qui me prit fut, prompt à me glacer,
Celui du condamné près de l'heure dernière.
Certes ne se mut pas si fortement Délos
Avant qu'en fit son nid Latone, au sein des flots,
Quand les deux yeux du Ciel lui durent la lumière *7.
De toutes parts un cri s'éleva, si puissant
Que vers moi se tourna le maître, en me disant :
Que la peur avec moi n'ait point à te surprendre ".
Gloria , gloria in excehis Deo !
Répétaient mille voix, comme je pus comprendre
Par celles qui , plus près , se faisaient mieux entendre *\
En suspens, et les pieds cloués sur le plateau , Nous restâmes tous deux , comme les bergers firent Qui, la nuit, les premiers à l'hymne saint frémirent**, Jusqu'à ce que cessât la secousse et le chant.
Nous partîmes alors, regardant en marchant Les ombres qui , toujours sur le sol étendues , Déjà recommençaient leurs larmes assidues 4f . Si ma mémoire n'est en faute à ce sujet,
ébranlement de la Montagne. 11 a le sentiment du danger, car il est glacé « comme un homme qui va mourir , » et c'est pour y échapper qu'il va faire apparaître, comme modèle à suivre, un nouveau personnage, en le dénationalisant.
37. Les deux yeux du Ciel, comme Ovide appelle Apollon et Diane, on le soleil et la lune, équivalant, dans la langue symbolique de Dante, aux démonstrations on enseignements dos deux croyances religieuses en antagonisme, l'une ne brillant que dans les ténèbres, l'autre répandant partout la lumière; H en résulte que cette comparaison est jetée en avant pour donner à entendre qu'il va être traité de la doctrine secrète sous son double aspect d'erreur et de vérité,
en couvrant l'hérésie d'un voile d'orthodoxie, sons lequel il faudra savoir la reconnaître.
38. Le langage symbolique de la raison est ta sauvegarde, tu n'as rien à redouter avec lui.
30. Et immédiatement après ces mots venaient : paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, c'est-àdire aux Ûdèles d'Amour, et nous avons vu que cette paix désirée ne pouvait s'obtenir que de la monarchie impériale.
40. Lors de la naissance du Sauveur; or, les fidèles d'Amour étaient de même dans l'attente d'un rédempteur, d'un juge suprême.
M, JiCurs pratiques de dévotion catholique.
chant xx. 473
Jamais à découvrir une chose ignorée
Mon âme n'aspira, de savoir altérée,
Gomme dans cet instant qu'en transe elle songeait ".
Je n'osais, sur mon doute, interroger mon maître,
Dont se pressait le pas de plus en plus hâtif,
Et je ne pouvais seul rien résoudre et connaître :
J'allais donc cheminant inquiet et pensif.
42. Un mystère d'une haute lm« ébranlement de la montagne, portance se rattachait donc a cet
Cette native soif que peut seule étanchcr L'onde pleine d'atlrait dont la Samaritaine Implora la faveur au bord de la fontaine, Sur la route encombrée où j'avais à marcher, M'aiguillonnait sans trêve, et derrière mon guide, Par de justes tourments en me laissant toucher1, Me poussait à hâter encor mon pas rapide '.
\lors, comme en saint Luc, il nous est rapporté Que le Christ, du tombeau déjà ressuscité, A deux des siens, dont faible était encor le nombre, Sur leur route apparut; nous apparut une ombre, Venant derrière nous, dont l'œil considérait Cette foule, à ses pieds gisante, qui pleurait5. Nous ne la voyons pas d'abord, quand, la première,
1. Dante nous indique ici que l'ex- 3. Une première comparaison, pression symbolique d'eau rite, dans celle de l'hymne chantée par les le sens de celte vérité qui étanche anges, lors de la naissance du Sauà tout jamais la soif humaine, est veur , nous a préparés h celle-ci , empruntée à l'Évangile de saint Jean, qui reporte de plus en plus fa pensée patron des Templiers. C'est pour se vers le Christ, en s'appliquant. à rassasier de cette eau salutaire qu'il l'apparition du nouveau persons'est tourné vers l'Orient et qu'il se nage. 11 faut donc voir en lui, ce hâte d'arriver où elle se dispense, qu'il était en effet dans la pensée en s'apitoyant sur la juste ven- du poète; un Sauveur ayant misgeanec tirée et à tirer des avares, sion de contribuer à procurer à la des rois , des papes , de tous ces secte le salut et la paix, objets do ses grands propriétaires dont la richesse vœux ardents; non-seulement en est fondée sur l'iniquité. Convito iv. ébranlant la montagne, mais en la
2. Pour être plus tôt instruit de ce sapant peu à peu et en la faisant qu'il avait bàlc d'apprendre. s'écrouler sur ses pieds débiles ,
(MIAÎST XXI.
Elle nous dit, du Ion ému de la prière:
Dieu vous donne la paix, mes frères \ A l'instant ,
Nous fîmes vollc-fuce et, comme il se pratique,
> irgilc lui rendit le signe *, en ajoutant :
Puisse bientôt l'arrêt de la cour véridique,
A l'exil éternel qui me voue à jamais,
Au concile béni t'admettre dans sa paix ' !
Comment? à lui si Dieu ne vous trouve pas dignes D'être appelés, dit l'ombre en cheminant toujours, Pour gravir ces degrés qui vous prêta secours 7 ? Le maître répondit : — Regarde bien les signes Qu'au front celui-ci porte et que l'ange, là-bas, Y traça de son glaive, et tu reconnaîtras Qu'il doit avec les bons un jour régner tranquille 8 ; Mais celle qui, là-bas veillant, nuit et jour flle,
piedi molli. Écoule/, en cll'et, les premiers mots qu'il prononce.
4. Et toujours frati. C'est à deux poètes qu'il s'adresse en ces termes; quant ù la foule des pleureurs rampant sur le sol, Il la regardait avec dédain.
5. Jtendè lui il cenno ch* a cià si conface. Avec la meilleure volonté du monde, nous ne saurions traduire, Virgile lui rendit le salut du geste. Toute contournée qu'est l'expression, il est impossible d'y méconnaître l'attouchement symbolique, le signe du grade, par lequel les adeptes se sont de tous temps reconnus entre eux ; le signe correspondant au mot do reconnaissanoo Dio vi Dia Pace, celui qui a cià si conface.
6. Le vieux langage symbolique personnifié dans Virgile, prêt à céder la place au nouveau , lui souhaite poliment d'être agréé par la cour de Vérité , réunie en concile , dans l'espoir qu'il procurera a la secte la paix désirée, et, ce salut qu'il atten-
dait de Béatrice dans la VUanuova.
Ce mot de concile est employé ici évidemment pour faire ressortir l'opposition en Ire le comité mystérieux qui , seul , est l'organe de la vérité , selon le poète, et la cour pontllicale, d'où n'émane que mensonge en cette vie , vita buggiarda.
7. Si vous êtes des réprouvés, autrement dit des profanes, comment éles-vous arrivés au grade que m'a Indiqué le signe que J'ai reçu do
. vous , l'un des plus élevés de l'échelle, chi $'ha per la tua tcala tanto scorie ?
8. Nous ne sachions pas que l'tiallse autorise chez les élus la prétention de régner, mais c'était a coup sûr celle des gens de bien qui prenaient si grand soin d'effacer de leur pensée toute trace de papisme. Dante nous en donne Ici une preuve éloquente, en faisant dire de lui à Virgile : coi buon convien ch*ei regni, co qui Impliquerait la fin du règne des méchants, rei, et < par suite de la Hhéa romaine.
N'ayant pas en entier mis sa quenouille à fin.
Que Glotho pour chacun va chargeant de sa main.
Son àme en qui je vois ma sœur, comme la tienne9,
N'aurait pas, où le Ciel permet qu'elle parvienne ,
Seule su s'élever, n'ayant pas le pouvoir
Comme nous de comprendre, et comme nous de voir '
Je fus donc appelé pour lui montrer la route
Des lieux où de l'Enfer s'étend l'immense voûte,
Et même encor plus loin je le dirigerai,
Par mes enseignements tant que j'y suffirai n.
Mais dis-nous, si de toi la cause en est connue.
Pourquoi jusqu'à sa base, où bat le flot salé,
Ce mont, à l'instant même, ainsi s'est ébranlé.
Pourquoi de toutes parts la clameur entendue ?
Sa demande arrivait si juste à mon désir Que, d'espoir, j'en sentis ma soif presque tarir. L'ombre.lui répondit : — Ce n'est pas chose étrange , Ni qui sans ordre advienne en la religion De la montagne 12. Ici nulle altération Jamais ne se produit et, dès lors, rien n'y change, Sauf un seul cas, et c'est lorsqu'en son sein le Ciel
0. Toutes les Ames étant sœurs, II. Qnanto 7 potrà menar mia comme filles du père commun, li y scuola. Je serai son guide, son préa ici un non sens , ou il faut admet- parateur à l'initiation , tant qu'elle tre que ces mots : tua e mia siroc- ne dépassera pas ie terrain de i'auchia, font allusion à la fraternité cienne école des mystères, mystique des initiés. D'autant plus 12. Il s'agit bien, en effet, d'une que celle qui file les jours et les religion, d'une sorte d'institution rcnuits composant la vie , mélange de ligieuse et politique tout à la fois , blanc et de noir, de lumière et de se dirigeant d'après certaines règles ténèbres, a bien l'air d'appartenir à mystérieuses, ayant ses serments et la même famille que l'architecte, ses vœux ; aussi cette religion de la auteur du pavé mosaïque du Tcm- montagne , religione délia moupie, mélangé de blanc et de noir, tagna , qui rappelle celle dt-s Has-
10. Faute d'être initiée à la doc'- cliischins, dont l'organisation olfre
trinc qui fait que chacun de nos tant de rapports avec celle des
frères voit, adocchia, les choses du Templiers, ne saurait-elle manquer
ciel et de la terre sous un tout autre d'éveiller l'attention. Voy. p. io de*
aspect que la foule des profanes. Rérél.
Reçoit ce qu'agréa son vouloir éternel ". Car il ne tombe ici neige, grêle, eaux d'orages ; On n'y sent ou rosée, ou brouillard plus avant Que le seuil, où les trois degrés vont s'élevant. N'y paraissent, fréquents ni rares, les nuages ; N'y brillent ni l'éclair, ni l'arc que si souvent, Ailleurs, on voit paraître, en changeant de parages u. Nulle sèche vapeur ne saurait s'exhaler \u delà de ce seuil dont je viens de parler, Où de Pierre se tient, glaive en main , le vicaire ". Peut-être qu'au-dessous tremble parfois la terre, Soit peu, soit beaucoup; mais, je n'en sais la raison, Par l'effort souterrain du vent, d'un tourbillon Ne s'ébranle jamais cette haute contrée".
Quand pourtant, se sentant tout à coup épurée , Une âme pour monter se lève et va partir, Le mont tremble et le cri ne tarde à retentir. La seule volonté de changer de demeure Que l'âme alors ressent prouve sa pureté17.