C'en fut fait de nos espérances
de triomphe, englouties dans ce déplorable naufrage de la cause gibeline. Ainsi se termine ce long épisode , étranger, en apparence, à l'action du poème, et qui s'y rattache si intimement. Il n'amène aucune réflexion à sa suite de la part des deux auditeurs , et , chose plus étrange , le Diomède germain , l'inséparable d'Ulysse, brûlé de la même flamme, ce héros si terrible à la Vénus terrestre; qu'il blessa à la main, celle qu'on surnommait Pandémos, Pronikè, Diomède ne prononce pas un mot, et Dante ne songe pas à l'interroger. A quoi bon en effet ? Ulysse ne vient-il pas , avec l'extrême habileté de parole que nous lui connaissons, de lui dicter le dernier bulletin de l'expédition impériale?
La flamme resta droite, immobile et muette ; Pais elle s'éloigna , dès que du doux poète Elle eu reçut licence1. Une autre s'avaneant Attira nos regards vers sa cime mobile , D'où s'exhalait un son confus et frémissant.
Gomme beugla d'abord le taureau de Sicile , Et ce fut à bon droit, par la voix du Pérille , Dont Fart le combina si bien qu'en mugissant S'exhalait de ses flancs la voix de la victime, Laissant croire à chacun, encor qu'il fût d'airain, Qu'une atroce douleur lui déchirait le sein *; De même cette voix , en plaintes qui s'exprime *, Du principe du feu sans moyen de sortir* En son langage , alors , semble se convertir *.
1. On voit que Dante n'est pas sont tristes, mais ils ont beau soufmoins docilement soumis à Virgile frir, ils ne pleurent pas.
sous le nom d'Ulysse que sous le 4. Toute ht symbolique de Dante
si» propre. est expliquée dans ces trois vers. Sa
2. De même que l'Athénien Pé- parole, emprisonnée par ce principe rille fut la première victime que le qui met le feu partout et jette au tyran Phalaris fit jeter dans les flancs bûcher ses adversaires, principio du taureau d'airain, dont il était del fuoeo, est réduite, faute de lil'inventeur, de même le vieux ca- berté, per nvn aver via ne forame, pitaine Guido de Montefeltro fut le à emprunter le langage du principe premier à gémir d'avoir fourni à romain, suo linguaggio, et à en re- Boniface VIII, ce Phalaris pontifl- vêtir tristement ses pensées, qui ne cal, les moyens d'abattre ses enne- changent pas ; quant aux paroles, mis. c'est autre chose, si conrertivan le