Voir chant y
34. Littéralement: ce coupable est a mettre arec ceux du feu voleur, fuoeo furo, c'est-à-dire: voilà encore un de ces hérétiques que l'inquisition jette au feu en leur volant leurs biens. Mais entendez aussi, c'est une
de ces âmes d'élite que la flamme dérobe aux regards profanes. En effet , il ne s'agit ici réeliemenl que d'un feu d'artifice ; rien d'infernal au fond dans celte flamme, dont le poète vient de se revêtir lui-même sous le nom d'Ulysse. BUe éblouit les uns, mais elle éclaire les autres; c'est d'elle que la dame de Boccace a reçu son nom de Fiammetta, l'épée de Renaud celui de flamber ge, c'est elle enfin qui enveloppe l'Olinde et la Sophronie du Tasse.
35. 11 fût été bien préférable, en effet, pour les sectaires, de n'être pas réduits à recourir à ces mille déguisements pour exprimer leurs opinions et donner carrière à leur haine. On voit au surplus combien»
Dante en était peu gêné , car, tout en paraissant damner réellement un des héros de la secte , en dépit de l'absolution pontificale, et en dérision de l'infaillibilité du chef de l'Église, il ne fait que le soumettre, comme lui-même, à un travestisseruent mystique, au sens duquel personne n'avait à se méprendre parmi les siens. Il ne faut pas perdre de vue qu'aucun personnage guelfe ne figure dans cette huilième section des M alebotge; on en sera dédommagé dans la suivante.
226 l'enfer.
Et faisant osciller dans l'air sa corne aiguë Sf .
Nous passons outre alors, mon maître mç guidant, Et , le long du rocher poursuivant pQtre marche, àans cheminer longtemps, nous gagnons une autre arche Sur le fossé jetée , où souffrent dans les pleurs Ceux qui de la discorde ont semé les fureurs.
36. Le retour fréquent, dans ce flammée animées faisaient les cornes
chant, du mot corne, pour pointe ou a eaux qui ne pénétraient pas ce
cime, pourrait fort bien signifier, qu'elles renfermaient de mystérieux, dang la pensée de Dante, que ces
Qui jamais pourrait, même affranchi de tout mètre, Retracer, par vingt fois eût-il à s'y remettre, Ce que j'aperçus là de blessures , de sang ? Notre langage y reste à peu près impuissant, Et l'esprit quelquefois fait défaut pour comprendre '.
Quand seraient réunis tous ceux qui, pour défendre Les champs de l'Apulie, au pied des Apennins Épuisèrent leur sang sous le fer des Romains; Tous les rangs moissonnés durant la longue gperre Que Tite-Live dit, en son livre sincère, Avoir de leurs anneaux dépouillé tant de mains ; Ceux dont Robert Guiscard, sur un double rivage Chassant les bataillons, fit un vaste carnage; Tant d'autres dont la terre a recouvert les os A Ceperan , où tous furent si déloyaux Les gens de Pouille , et près de Tagliacoz de même , Où sut le vieil Alard vaincre par stratagème; Quand tous étaleraient, se levant du tombeau, Leurs membres pantelants et leur chair mutilée , L'aspect que nous offrait la neuvième vallée
i. Noire langage , lo nostro ser- nécessaire pour en avoir l'intelli-
mone , a souvent de la difficulté à gence complète, elle varie selon les
exprimer certaines pensées dange- grades auxquels l'initié est parvenu,
reuses à émettre, mais on a pu juger C'est un avertissement pour nous,
que notre poète y arrivait d'ordinaire profanes , de redoubler d'attention, assex habilement; quant à l'esprit
L ENFER
Ferait pâlir l'horreur d'un si hideux tableau \
Jamais ne s'ouvrit tonne, en perdant douve ou barre, Comme un que je vis là, dont en deux se sépare Tout le corps, par-devant, des aines au menton*. Ses intestins pendants battaient entre ses cuisses; Apparaissaient à nu la rate et le poumon, Et le sac où se change en sales immondices Ce qui vient le remplir, incessante moisson *. Tandis que, l'œil fixé sur lui, je l'examine, Il me dit , en s'ouvrant de ses mains la poitrine : Vois comme j'élargis cette plaie en mon sein;
2. Tons les faits de guerre rappelée ici eurent pour théâtre le territoire du royaume des Deux-Siciles ou de la Pouille, comme on disait alors, à savoir : les Fourches Caudines,Ia défaite de Cannes, celles que Robert Giscard etses Normands firent subir aux Sarrasins et aux Grecs; enfin les deux batailles de Operano et de Tagliacozzo ; la première dans laquelle Manfred, fils de Frédéric II, trahi par ses barons, perdit la vie et son royaume, qui passa à Charles d'Anjou ; la seconde, où ce prince vainquit Conrad in , héritier des droits de la maison de Souabe, grâce au conseil que lui donna Alard de Vallery de n'engager que les deux tiers de son armée.
On ne tardera pas à comprendre le motif de cette revue rétrospective des luttes qui ensanglantèrent ce territoire restreint, et surtout de la mention des deux dernières batailles qui rendirent la maison d'Anjou maitresse du royaume de Naples.
On voudra bien remarquer l'épithète de fortunata donnée à cette terre de Pouille, baignée de tant de sang, avec l'intention évidente de rappeler qu'elle doit tous ses maux à la Fortune, c'est-à-dire à l'in-
fluence pontificale ( roy. les notes 13, i4et suiv., du chant vu). Chacun sait que la couronne de Naples relevait du Saint-Siège depuis la conquête des Normands.
3. On saura d'abord qu'il existe, à peu de distance de Florence, un village du nom de Mezzulc, qui signifie douve, barre, et qu'au moment où He nri Vil vint mettre le siège devant Florence , cette petite place fut occupée par ses troupes. Cette allusion a donc pour objet de signaler le personnage qui va paraître comme étant en relations étroites d'intérêt, et de politique avec les Florentins, devant par suite être profondément affecté de la perte de Mezzule ou Douve, dont le nom est placé ici en vedette.
4. Nous adoucissons les expressions, en prévenant seulement que les excréments dont il s'agit ici sont les productions mal digérées de celui contre lequel se déchaîne la haine du poète. C'était, en effet, un prince d'un esprit cultivé , ami des lettres, se plaisant à écrire lui-même ; mais selon Dante il ne faisait ainsi que dénaturer les aliments salubres dont son esprit se nourrissait , et les transformer en résidus dégoûtants.
Vois ce que Mahomet souffre de maux sans fin 5. Devant moi marche Ali, versant des pleurs de rage #, Du front jusqu'à la gorge est fendu son visage 7 ; Et tous ceux qui sont là, dans le hideux ravin, De même pourfendus d'une atteinte fatale, En leur vie ont semé le schisme et le scandale1. Au tranchant de Fépée un démon en courroux
5. Mahomet si dilacca, il enrage, il se considère comme estropié , storpiato , parce que Florence a perdu Mczzule. li n'est donc ici question qu'en apparence du prophète de l'Islam que Dante n'a jamais entendu signaler comme un schlsmalique ; nous n'avons ici qu'nn masque destiné à cacher les traits de Robert II , roi de Naples, l'allié du pape et de Florence. Voilà pourquoi, au début de ce chant, le poêle ne nous a rappelé que des batailles livrées sur cette terre fortunée de la Pouille, enlevée à la maison de Souabe , qu'il chérissait, parla maison d'Anjou, qu'il détestait, pour la tenir à perpétuité de la Fortune, sa suzeraine. Aussi les homélies, les sermons que ce prince aimait a composer, pour les adresser à des couvents, à des confréries, ou qu'il y débitait parfois lui-même, sont-Us l'objet de la comparaison dégoûtante qui précède ; aussi est-il dit, chant vin du Purg., que l'on fait un roi de tel qui n'est bon qu'à composer des sermons , di tal ch'è da sermone. On conserve, en effet, plusieurs de ces productions royales dans la bibliothèque de Saint-Jean et Paul, à Venise. (Foy. Comment, de Tomaslni.) Ces productions mal digérées, sont pour Dante des matières fécales. Robert II n'était pas mort à cette époque et, comme tant d'autres, il est damné ici par avance, pour avoir trompé la confiance de Henri VU à l'aide d'une politique as-
tucieuse, semé la division dans les rangs gibelins et contribué à perpétuer la lutte entre les deux partis qui se disputaient la prééminence en Italie. (Tôt/, l'envoi de la Canzone) : 0 Patria degna di trionfal fama, où il est dit que Florence, dont l'or soudoie tous les ennemis d'Henri VII, € est dévorée par Capanée (Brissato), par Crassus (l'orgueilleux et avide Philippe-le-Bel) , par Aglaure (changée en pierre, typo de l'envie guelfe), par Simon-le- Magicien (le pontife), par le faux Grec (Philippe de Savoie, s'intitulant à faux prince d'Achaîe), et par l'aveugle Mahomet (Robert de Naples). » Cette liste ne concorde- • t-elle pas merveilleusement avec ce que nous connaissons déjà du poème?
6. Le gendre de Robert II, ou peut-être même son Ois, le prince Jean, tué par le comte Néri de Pise.
Quoique Ali ne figure ici que de nom, et pour la couleur locale, c'est un Guelfe, puisqu'il est signalé comme pleurant.
7. Par un de ces cent coups dont le Cacus napolitain ne sentit pas dix.
Fby. th. xxv, notes 6 et 9.
8. Mais aucun n'est désigné par son nom, pour éviter d'avoir a faire connaître que tous ces damnés ne sont pas des schismatiques, dans le sens ordinaire du mot, mais, comme ceux qui viendront bientôt , des artisans de discordes politiques.
L ENFER
Nous passe, là derrière, en redoublant les coups *.
Quand s'achève le tour de la triste vallée ",
A peine se reclôt notre chair mutilée,
Que chacun devant lui se présente et pâtit ".
Mais, toi, qui donc es-tu, qui, sur ce pont maudit,
Te tiens , pour reculer peut-être le supplice
Que garde à ton passé l'inflexible justice " ?
La mort ni le péché ne l'amènent si bas ", Lui répondit mon maître , à vos maux pour l'instruire Je dois, moi qui suis mort, partout guider ses pas , Et dans l'enfer, de cercle en cercle , le conduire. Oui, comme tu m'entends, telle est la vérité14.
Plus de cent, à ces mois, sur moi l'œil arrêté, Restèrent m'observant dans un profond silence, Tout étonnés, au point d'oublier leur souffrance ".
9. Ce démon n'est autre que le dragon que nous avons vu figurer déjà en croupe derrière Cacus , et soufflant partout la flamme. Ces trois vers sont à double entente, comme il arrive si souvent. 11 semble que ce démon passe les damnés au tranchant de l'épée, lorsque le poêle veut dire réellement qu'il expose sans cesse ceux qu'il pousse dans la lutte aux atteintes du glaive. Le verbe rimettere ne peut laisser de doute à eet égard.
10. Quand nous avons suivi la triste voie où il nous a poussé, et où nous tournons sans cesse dans le même cercle.
i 1 . A peine les plaies de la guerre civile commencent-elles à se cicatriser, que la même politique infernale s'ingénie à les rouvrir, et se complaît a diviser pour régner.
12. Encore une expression à double entente, car littéralement les deux derniers vers signifient : Pour différer d'aller à la peine qui est jugée sur tes accusations. Et l'on se
demande si Dante n'entend pas Ici se poser comme l'accusateur de ceux qu'il dévoue aux supplices éternels.
13. Autrement dit, il ne tient ici ni comme catholique ni comme coupable de méfaits guelfes.
14. Littéralement : cela est aussi vrai que je te parle, c'est-à-dire, tout cela n'est que Action et mensonge. Virgile, parlant en catholique, est mort fictivement ; c'est à Robert 11 et non pas à Mahomet qu'il s'adresse, et il lui parle comme l'autre lui répond, à l'aide d'une pure fiction.
16. On comprend l'étonnement de ces ultra-Guelfes en apprenant que la Mort, leur souveraine révérée, n'a pas encore atteint de sa vengeance ou de son influence suprême 1 un de ses ennemis les plus acharnés, ne morte il giunse ancor.
Le poète tenait à bien constater qu'il restait, de cœur et de fait, Albigeois et Templier, au moment de publier le Purgatoire et le Paradis.
CHANT ÏXYIII. 231
A frère Dolcin dottô, puisse tu dois lâ-haut Sans doute remonter, où le soleîl rayonne, Dis que de rivres frais 11 s'approTisionne, S'il se sent peu tenté de me joindre bientôt ; Sans quoi, le Novarais, qui vainement Passiége, Pourrait être vainqueur, secondé par la neige iÉ.
Pour m'adresser ces mots , Mahomet suspendit Le pied, prêt à marcher, qu'il soulevait de terré Et, l'appuyant soudain qu'il eut dit, il partit1*.
Un autre avait la gorge ouverte tout entière, Jusqu'à l'arc des sourcils son nez était coupé, Et ne conservait plus sa tête qu'une oreille. Dans ce troupeau nombreux â me voir occupé, Il s'arrête à son tour, m'observe et s'émerveille. Sa bouche qu'en dehors rougit un sang épais S'ouvre et me dit : — 0 toi que n'ont pas tes méfaits Aussi fait condamner, plus mon œil t'examine , Plus je crois t'aVoir vu sur la terre latine, Ou trop de ressemblance en erreur m'entraîna.
16. Frère Dolcino ou Doulcln, idioti e villanû Ni Mahomet, ni
disciple et successeur de Gérard Robert H ne pouvaient assurément
9egarelli, de Parme, prêchait la prendre nn vif intérêt an moine
communauté des biens et celle des apostat. Il n'en était pas de même
femmes, en prétendant ramener l'É- de Dante, qui aspirait aussi à une
glise an christianisme primitif. réforme religieuse. Qui sait donc si
Comme son maître, II enseignait cet avis charitable donné h nn hé-
qu'il est permis de nier sa foi pour rétique, par un des plus chauds par-
sauver sa vie, et même d'en profes- tlsans du Saint-Siège, ne fait pas
ser urfe autre extérieurement ; doc- allusion à quelque trait décoché par
trine que Ton retrouve chez tes Ca- ce même roi Robert contre Dante,
thares et les Albigeois, {foy. p. 7 6 et qu'il aurait peut-être signalé comme
78 des ftévél. et Hist. frai. Dokini, partageant les doctrines féformatrl-
Muralori, t. XI.) L'Anonyme dit ces de frère Dolcino ? Nous sommes
avoir assisté, à Padoue, au supplice d'autant plus porté à le croire que
par le feu de vingt-deux de ces corn- Mahomet s'arrête pour adresser ces
nmnfetes de fra Dolcino, en compa- derniers mots au poète, comme y
gnie peut-être de Dante, frappé si attachant une secrète importance, vivement par le spectacle d'umani
torpi già reduti acceri; c'étaient, 17. C'était donc là surtout qu'il
dit-ll , gente di vile conditione , . voulait en venir.
L ENFER
De Pierre souviens-toi , dit de Medicina ",
Si jamais tu revois cette plaine féconde
Qui descend de Verceil à Mercabo, vers Fonde1*;
Et donne avis à deux des meilleurs de Fano ,
L'un , messire Guido , l'autre , Ange Gagnano ,
Que, si la prescience en ces lieux n'est point vaine,
De l'ordre d'un tyran félon et plein de haine,
Jetés par-dessus bord, près la Gatholica,
La pierre au cou, leur mort sous les flots est certaine.
Non , Neptune jamais de Chypre à Pollenza
Ne vit forfait si noir et, dans leui* rude guerre ,
Forban ni bandit grec jamais n'en approcha.
Le traître dont un œil est mort à la lumière ,
Et qui tient maintenant sous le joug cette terre
Où tel qu'ici je vois voudrait être à passer,
De venir conférer les enverra presser,
Puis préparera tout pour qu'ils n'aient plus à faire ,
Au vent de Focara, leur dévote prière 20.
18, De la famille Castani, de Bologne. Guelfe zélé, 11 prit dans cette ville une part active aux luttes municipales, puis aux querelles de Guido de Polenta, seigneur de Ravenne. contre Malatestino de Ri mini. Dante, qui l'avait connu à Bologne, terra tort na, le retrouva à Ravenne lorsqu'il y fut accueilli par l'hospitalité de Guido de Polrntn. La bouche de Pierre de Medicina est rouge en dehors, di fuor vermiglia, non pas seulement à raison du sang qu'il fit verser, mais parce qu'il était Guelfe et que le rouge était la couleur de cette faction. 11 fallait d'ailleurs qu'il fût sectaire au fond, quoique Guelfe, pour que Dante prenne soin de noter que sa bouche n'était rouge qu'extérieurement, et ne lui donne qu'une oreille; ce qui équivaut a dire que la vérité n'avait ac-
cès chez lui qu'à demi. Son nez coupé semble indiquer un échec dans une circonstance importante, et sa gorge fendue le mauvais usage de la parole, pour avoir agi dans l'Intérêt temporel de la politique pontificale, en désirant une réforme religieuse.
19. La Lombardie, dont le sol va s'abaissant Insensiblement du Piémont jusqu'à l'embouchure du Pô; contrée où les sectaires étaient en grand nombre, ce qui lui vaut d'être appelée par excellence la terre latine. Voy, Hurter, Vie d'Innocent IV, t. m, p. 34, et C. Schmidt, Hist. des Cathares ou Albigeois.
20. Il n'est pas besoin de dire que les Malatcsta étaient Guelfes, et bien éloignés de pactiser avec la secte, comme les Polenta de Ravenne. Daute rappelle ici un de ces
Si tu veux , répondis-je , au monde que de toi J'aie à parler, fais-moi connaître et montre-moi Celui qui de ces lieux garde arrière mémoire *\
D'un de ses compagnons , qu'il prit à la mâchoire , Il fit s'ouvrir la bouche, en me criant, tiens, vois, C'est lui-même; mais sache ici qu'il est sans voix. De César ce banni finit l'incertitude ; Ce fut lui qui lui dit : « Lorsqu'on est prêt à point , Sans payer le retard on ne diffère point. »
Combien de Curion la douleur semblait rude, Sa langue en son gosier tranchée, et qu'à mes yeux, Ce hardi conseiller se montrait malheureux " !
gurk-apcns , si communs alors, <iont s'était rendu coupable le borgne Malatestino envers deux des citoxens les plus Influents de Fano , ville dont il voulait s'emparer.
Ayant invité à venir conférer avec lui Gui de Cassero et Ange de Cagnano, il les fit jeter à la mer, à moitié route entre Fano et Riminl, en face du petit port de la Catholica, près duquel s'élève la montagne de Focara,. qu'il faut doubler pour revenir de Rimini à Fano.
M. On va comprendre pourquoi Dante se montre si curieux nu sujet de l'homme à la vue amère, comme il l'appelle, colui délia veduta amara, quoique sa présence ne lui ait été indiquée que très-incidemment en ces termes : La terra, che taie è qui meeo vorrebbe di veder ester digiuno.
22. Toile moras : semper nocuit differre parafa. Telles sont les paroles que Lucain met dans la bouche de Curion, pour décider César a passer le Rubicon, et ce sont précisément les mêmes que Dante citait à Henri VII , dans la lettre par laquelle il le pressait de tomber sur Florence, au lieu de s'arrêter dans la
Lombard le au siège de Brescia : « Le Seigneur, ajoutait-il, t'a donné l'onction royale, il t'a mis sur la voie en te disant : Va, tue les pécheurs d'Amalec. Venge celui qui t'a envoyé de cette race de brutes
Florence est la perverse Myrrha 8'enflammant dans les embrassements de son père (ce père était Clément V), etc. » Ainsi, le rôle joué par Curion près de César , comme aussi parDante à l'égard de son Empereur, est identiquement le même. Mais il y a entre eux cette différence, que les conseils de Curion furent suivis»
ce qui amena le triomphe de César, et qu'il ne fut point tenu compte de ceux de Dante, ce qui entraîna la perte de Henri VIL Voilà pourquoi la vue du hardi conseiller, banni comme lui, scacciato, est si amère au poète, comme aussi le souvenir de cette Lombardie où son héros perdit des instante si précieux. Curion est donc sa propre image, et II le représente la langue coupée, net parlant plus, e non favella, profondément affligé, xbigottito, parce que la ruine de son parti l'avait réduit a un douloureux silence. Pierre de Medicina était le compagnon de
M4 l'ekfcr.
Un autre, les poignets coupé», dans l'ombre obscure , Levait ses deux moignons dont le sang dégouttait , D'une horrible façon lui souillant la figure.
Rappelle-toi , Mosca , me cria sa voix dure , C'est moi qui dis un jour : «A faire, ne vaut fait. » Mot qui fut si funeste à toute la Toscane S
Et qui perdit les tiens , lui répartisse, — Alors , Deuil sur deuil en son âme et remords sur remords Il s'éloigna, de l'air d'un sombre monomane ".
Toujours à regarder pourtant je demeurais, Et je vis une chose encor dont je craindrais D'être seul à parler, sans autre témoignage , N'était ma conscience où je puise courage. Or qui se la sent pure est sous si bon haubert , Contre la calomnie et l'injure à couvert ".
Certainement je vis, même encore il me semble L'avoir là sous les yeux, à tel point que j'en tremble,
Dante chez Ooldo de Polenta, et il famille entre les Amldel et les Buonfaft de Curion son compagnon dani de Imonte eût dégénérée en luîtes déla huitième fosse, tin ruo compdffno, plorables , dans lesquelles les Gibetprds avoir mis dans sa bouche ces Hns avaient fini par avolf le dessous, paroles, qui t'appliquent à Dante mais il estimait à coup sûr dans comme à Curion : Tel est Ici avec Mosca le chef de parti énergique qui mol, taie è qui meco. M est donc avait parlé et agi dans le même sens bien difficile de méconnaître chez le que Curion. Quant A la signification poète l'intention de s'identifier avec du supplice fantastique qu'il lui ascelol dont il avait tenu le langage âlgne, nous c rotons y reconnaître et lnvoqoé l'exemple dans des clr- l'état d'Impuissance où ae trouvait constances analogues ; d'autant plus réduit le parti auquel II appartenait, que Pierre de Medlelna, en parlant par suite de la résistance d'an eerde l'extrême ressemblance qui le tain nombre de Gibelins à s'associer frappe, troppa simigliansa, parait aux sectaires pour une révolution avoir Voulu préparer cette fauta»-» religieuse, ce qui explique également magorle. * la sombre douleur qui semble le
23. Mosca des Ubertl est un de rendre fou, Ceux dont le poète s'est Informé
avec un intérêt particulier A son en- 24. Ce qui nous donne à entendre tfée dans l'Enfer ; il ne le voyait que sa plus Jiaute estime était acdonc pas sous des couleurs aussi quise au personnage qu'il va reprénoireaqull le représente ici. Il pou- semer sous l'aspect le plus déployait regretter qu'une querelle de rable.
CHAHT XXVI II.
Un corps décapité, qui cheminait hideux,
Gomme ses compagnons. Sa tête qu'aux cheretix
Sa main droite tenait, en guise de lanterne ,
Pâle , nous regardait et s'écriait : hélas " I
On eût dit que du corps elle éclairait les pas.
Ils étaient deux en un , un en deux ". Qui gouverne
Les choses de la sorte , en son penser profond
Sait comment27. Lorsqu'il fut juste au«-de0sotis do pont,
Il éleva son bras et sa tête hagarde
Pour dire, de plus près, ces paroles : — Regarde
La peine que j'endure, 6 toi qui sur ces bords
Peux , tout en respirant, voir le séjour des morts.
Crois-tu qu'il en existe une aussi grande qu'elle "?
Sache , de moi là-haut pour rapporter nouvelle ,
Que c'est Bertrand de Born qui te parle, l'ami
Dont eut le jeune roi des conseils d'ennemi *9.
26. Hélas! qu'est devenue ma pauvre Aquitaine ? que sont devenus ses tronbadours, ses nobles comtes de Toulouse, les malheureux Albigeois et les héroïques Templiers?
26. Encore une fantasmagorie qui se réduit à montrer, sous une figure poétique, la raison s*isolant des choses corporelles, pour guider l'initié sectaire dans la voie ou elle est sa lumière, à l'exclusion de l'autorité, qui soumet l'homme à une volonté étrangère. Celui qui ne prend pour guide que sa raison porte lui-même le fanal qui le dirige, Di se fa a se sttsto lucerna , et ce fanal est dans sa tête. Quant à savoir comment l'initié est un en deux et deux en un, c'est-à-dire homme et femme, corps et à me , nous renvoyons aux pages 91, 100 et soiv. des Révél.
27. C'eat-à dire le poète lui-même, qui a conçu et exécuté celte mise en scène prestigieuse, dans laquelle 11 décerne, en réaillé , la louange à
celui qu'il semble avoir voulu flageller. Et voilà pourquoi sa conscience le rassurait sur ce qu'il allait dira.
28. Notez que c'est en lui montrant soi tète que ce prétendu damné dit à Dante : Vedi s'akuna è grande corné questa, avec 1 intention assurément de donner à entendre qu'M lui parle de sa souffrance, lorsque sa pensée réelle est qu'il n'est pas de tête comparable pour la grandeur et l'intelligence.
20. Vicomte de Mautefort , plaee assez importante du Pérlgord, troubadour et homme de guerre, Bertrand de Born personnifie l'antagonisme du midi municipal , républicain et hérétique, son hostilité persévéranle et obstinée contre le nord féodal et orthodoxe. Toute la clef de la littérature provençale est dans celle lutte acharnée de deux principes, religieux et politique, de deux civilisations ennemies. Avis a M. Bartft,
L ENFER
J'armai l'un contre l'autre et le fils et le père. Moins avant dans le cœur de David , d'Absalon Entra d'Achitophel le perûde aiguillon.
Pour avoir divisé , les poussant à la guerre , Ceux qui devaient rester unis jusqu'au tombeau ; Je porte, séparé de même, mon cerveau De son principe, hélas l qu'en lui ce tronc conserve ,0, En moi du talion ainsi la loi s'observe.
qui fait avec succès, à Ciermont, on cours, de littérature du Midi ; car la langue limosine a encore bien des secrets à révéler. Indigné de voir Henri II d'Angleterre, après avoir fait massacrer Thomas Becket, passer d'une opposition violente envers le Salnt-Siége à une soumission complète, au point de déclarer son royaume « fief du Salnt-SIége et patrimoine de saint Pierre » ( Hoved., 305. Blés., ep. 136), Bertrand de Born poussa à la révolte les fils d'Éléonore de Guienne, personnification elle-même de la haine du midi contre le nord ; à savoir : Henri, Richard , surnommé depuis Gœurde-Lion, Geoffroy et Jean, dit Sans- Terre, desquels il espérait plus d'énergie à repousser les prétentions de la cour de Rome. Henri, l'aîné des quatre frères, ayant élé couronné roi d'Angleterre le 14 juin 1170, du vivant de son père, qui ne mourut qu'en 1180, il était désigné sous le nom du jeune roi. Le rôle que Bertrand de Born avait Joué à l'égard de Henri II et de ses enfants, il le continua entre Richard Cceurde-Lion et Philippe-Auguste, toujours mit par le désir d'affranchir le midi de la France du danger dont il était menacé du côté du nord, par suite de la prédominance pontificale appuyée par la politique des rois de France. On conçoit donc l'admiration de Dante pour Bertrand de Born, non-seulement comme trou-
badour ou poète sectaire, mais encore comme profond politique, ne cessant d'agir, dans l'intérêt de la fol albigeoise, au détriment de Rome et de la France qu'il détestait également.' Rien qu'en lisant Fauricl (tome II , p. 202 et suiv.), on peut se faire une idée du but auquel tendait Bertrand de Born, qui mourut sous le froc comme tant d'autres troubadours, mais, qu'on en soit bien convaincu, au milieu de ses frères en religion.
30. Sa pensée est isolée du corps dans lequel git le principe de la vie animale; pour Indiquer l'Intérêt religieux , spirituel , intellectuel , comme on voudra, isolé de l'intérêt mondain. Ce qui prouve de plus en plus que cet horrible supplice du troubadour albigeois , qui se délectait aux luttes de l'Amour et de madonna la Pietà, du Dieu de l'hérésie contre l'Église romaine , de même qu'Arnaud Daniel aimait le vent, c'est-à-dire la guerre, est purement fantastique, comme tant d'autres qui déjà nous ont été offerts. (Foy. p. 338 des Révél.) Dante faisait trop de cas de Bertrand de Born, qu'il mentionne honorablement dans son Vulg. éloq. pour le damner sérieusement comme les Nicolas, les Bonifacc et les Clément.
Les amis aidaient les ennemis à passer; et comment se reconnaître dans ce péle-méle de tous les partis et de toutes les croyances ?
De tant de patients et de corps déchirés Mes tristes yeux étaient à tel point enivrés , Que j'aurais volontiers laissé de ma paupière Les larmes déborder *. Mais le maître sévère Me dit : — Qu'observes-tu ? Pourquoi toujours tes yeux Parmi ces mutilés plongent-ils soucieux?
Tu n'en as fait autant pour nulle autre misère *. Si tu crois dénombrer la foule en ce séjour, Il a , songes-y bien , vingt-deux milles de tour *. La lune est sous nos pieds , selon que j'évalue \ Or le temps imparti désormais devient court, Et bien d'autres objets ont à frapper ta vue.
Si ton œil, répondis-je, avait pu se porter Sur ce qui m'absorbait à tel point, l'âme émue,
1. Dante n'éprouve de ces attendrissements que lorsqu'il se trouve en présence de ses frères et amis ; nous avons déjà eu plus d'une fois l'occasion de le remarquer. II n'a pas été moins touché, du sort de Ja*on qu'il ne l'est ici de celui de Gurion et de Bertrand de Born.
2. Parce que dans aucun des autres cercle?, il n'avait trouvé d'aussi fiilète représentants de sa manière et penser et d'agir.
3. Mesure exacte de l'enceinte extérieure de ce qu'on appelait le
fossaio de Home. (Voy. le Dittamondo de Fiizio des Ubei ti, contemporain de Dante, iib. Il , cap. xxxi et p. IVz des Révél.) On remarquera que Dante n'a pas encore indiqué une seule fois la dimension des lieux parcourus.
*. La triple Hécate, celle qui règne à Borne, le front ceint des trois couronnes, et que nous retrouverons bientôt avec ses trois faces, au plus profond de l'abime. La voir sous ses pieds était le vœu le plus cher du poète.
238 l'enfer.
Peut-être m'aurais-tu permis de m'arréter.
Mon guide cependant avait quitté la place Tandis que je parlais, et je suivais sa trace. J'ajoutai : — Sache, maître, en ce ravin profond , Où je plongeais mes yeux , sans détourner la face, Que pleure, je le crois , un Esprit de ma race Le méfait dans ces lieux en douleurs si fécond '.
Que , sans souci de lui ,. ton penser le bannisse, Reprit alors le maître, et sur tout autre objet Ait à se reporter; lui, qu'il reste au supplice. Au bas du pont, j'ai vu vers toi qu'il dirigeait Son doigt, l'air menaçant, plein de sombre malice. De Geri de Bello le nom vint me frapper; Mais tu semblais alors tellement t'occuper A contempler celui qui d'Hautfort eut la garde, Qu'à l'autre, tant qu'il fut là , tu ne pris pas garcje.
Maître, dis-je, il périt de violente mort, Et, quoique sa famille ait eu part à l'offense, Aucun des siens encor n'en a tiré vengeance. Chez eux d'un tel oubli comme il s'indigne fort , Sans daigner me parler il s'éloigna, je pense , Et certes m'en afflige encor plus sa souffrance 6.
En conversant ainsi nous gagnâmes recueil Qui plus loin faisait pont, au point d'où pourrait l'œil. Si partout d'autant d'ombre elle n'était voilée , Voir, en plongeant au fond , toute l'autre vallée 7.
5. L'esprit de discorde en matière tendu catholicisme n'inspirait guère
politique ou religieuse. le pardon des injures. L'apparition de
G. Geri tel Bello , oncle de Dante ce personnage n'est de sa part qu'un à la mode de Bretagne, comme frère expédient de comédie pour amener de Cione Alighieri, avait été tué par les explications statistiques données unSacchctti. Par représailles, et à par Virgile, et dont nous avons sititre de vendetta , son fils tua à son gnalé l'importance, tour un Sacchctli, mais ce ne fut 7. Rome étant pour le poète m que trente ans après. C'est à quoi pays d'ignorance et de ténèbres il fait ici allusion Dante, à qui son pré- est tout simple que son enceinte ex-
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Des Malesfosses, là, le dernier cloître ouvert Nous montra ses reclus *, de qui la voix do fer En accents déehiraqts s'élevait désolée 9 Et de pitié dardait dans mon âme troublée Mille traits acérés. Aussi , de chaque main J'eus hâte de boucher mes oreilles soudain '.
Ce que le Val de Gbiane et les tristes Maremmes, Et la Sardaigoe en sus, dans tous leurs hôpitaux , De juillet à septembre étaleraient de maux, Si leurs spectres vivants venaient, plaintifs et blêmes, S'entasser tous ensemble en un même fossé , S'offrait là réuni sous l'œil morne et glacé. Au loin s'en exhalait cette odeur délétère Des membres qu'a rongés la gangrène ou l'ulcère *•.
Lorsque du long rocher nous fûmes descendus Et sur le bord plus bas , à gauche, parvenus , Ha vue au fond put mieux distinguer Je supplice Qu'inflige du Très-Haut l'infaillible justice Aux faussaires, qui vont dans le gouffre rouler u.
lérieure toit privée de lumière et des dards trempés par dame Pléta,
qu'on ait plus de peine à y voir que di pietà ferrati avean gli ttrak ; et
si più lume vi fosse, Dante se bouche bien vite les oreilles
8. Qu'on veuille bien faire atten- pour qu'elles n'en soient pas offen-- Uon à cette expression, converti, sées. On va pouvoir juger mainte~ qui signifie tout à la fois convers , nant du dégoût que lui Inspiraient convertis; retournés; comme aussi ces apostats, ces convers entassés a cette dénomination de chiostra, dans le cloître romain.
cloître, donnée à leur séjour, et 11 10. Les apostats sont des mem-
sera facile de pénétrer la pensée du bres pourris , marcite membr* ,
poète, rajetés avec horreur par l'église
9. Est-il rien de plus clair? Ceux sectaire, Ainsi la métaphore ne se qui s'offrent à lui sous les noms de dément pas ; et les marais de la Rome sont des apostats, qui s'étant Toscane, rappelés Rus forme de laissés retourner du blanc au noir comparaison, indiquent à quel pays ont abjuré les doctrines sectaires appartenaient ceux à qui il est tait pour se convertir à la fol orthodoxe ; allusion.
fis ont subi l'influence de l'Église, u. Entendes ce mot de faussaires,
de dame Piété ou Pitié, comme falsatori, dans le sens que Pou
Dante l'appelle, ce sontdes converti, attache à fausser sa foi , sa parole ,
Leurs accents plaintifs sont donc ses serments.
L ENFER
Moins de tristesse au cœur devait s'accumuler Je pense, à voir Égine en proie au mal funeste; Lorsque ses habitants moissonnés par la peste, Les animaux, l'insecte et jusqu'au moindre ver Succombaient, tous atteints des miasmes de Tau-, fit que de la fourmi, maint poëte l'atteste, La race repeupla le sol- resté désert ". Moins affreux devait être aux yeux un tel spectacle Que celui de ce vaste et sombre réceptacle, Où gisaient tant d'Esprits jetés là par monceaux. L'un sur l'autre, foulant ou le ventre ou le dos D'un voisin, ils jonchaient toute l'infecte arène ; Quelques-uns sur les mains se traînaient avec peine ".
Pas à pas nous allions, regardant attentifs, Écoutant les sanglots des spectres maladifs, Pour se lever du sol à qui manquait l'haleine ".
12. Voyex Ovide, Métamorphoses, llv. VU. C'est ainsi que lo poète trouve moyen de comparer à ia peste l'influence de la prédication catholique. Cotte peste d'Épine tenait au cœur du poëte, car il y revient dans son Banquet, en traitant de la noblesse (no viltà , noblesse, eu Initiation sectaire) , opposée à la viltà } qu'il n'est pas besoin de traduire. Or, veuilles vous reporter au traité IV, 27. Vous y verres comme quoi, bien que cette peste , produite par corrompimento d'aere, eût livré presque tout son peuple à la Mort, Eaque-Barberousse le restaura, suo popoh restaurato gli fù maggioreche prima; comme quoi il vint en aide au chef (Céphale), au pape sectaire de cette Athènes céleste où stoïciens, peripatéliciens, épicuriens sont appelés à philosopher d'accord dans la vérité (lotd, III, 14), cl l'assista libéralement dans la guerre que lui faisait ce Vieux de l'Ida, que nous connaissons; encore bien que l'ad-
versaire fût grand , Varier sario grande, « toutes choses à noter, dit Dante, mais à bon entendeur salut, a buono intenditore bastù ■ Vous y verrez en An comment Eaque-Barberousse fut père de Pelée-Henri VI et ce dernier de Frédéric H , l'Achille de la secte. A quand les bons entendeurs?
13. lis se transmuaient à plat ventre, dit le poète, dans celte triste voie, quai carpone si teasmutavà per lo tristo calle , pour exprimer ainsi la bassesse qui les faisait se transmuer complètement, comme les métaux dans le creuset des souffleurs, et fouler aux pieds leurs anciens frères, s'élever sur leurs épaules ou leur marcher sur le ventre dans des vues d'Intérêt et d'ambition. Combien ne voit -on pas encore de ces alchimistes , que nous ne nommerons pasP La divine Comédie sera toujours la comédie humaine.