BAH1 III. SIS
Tandis qu'il lie leur vaut qu'un étemel regret ". D'Aristote et Platon, de bien d'antres qu'on sait Je le dis ". — Il se tut et , la tête baissée, Sembla comme absorbé dans sa triste pensée.
Au pied du mont pourtant bous étions parvenus; Mais s'y dressaient les rocs tellement droits, ardus, Que mes jambes auraient longtemps en pure perte Tenté de les franchir. Moins rude et moins déserte, Facile même et douce auprès de celle-là* Est entre Lerici la route et Turbia, Qui par âpres degrés dans la rocbe serpente ".
Qui sait de quel côté va s'abaissent la pente, A pouvoir espérer sans ailes d'y monter* Dit le mettre, qui fient alors de s'arrêter.
Tandis que, le front bas , méditant en silence * A trouver le sentier en son esprit il pense, Et que du roc mes yeux mesurent la hauteur,
10. Disiar vedesle sensa frutto lique avait t'avantage de leur per-
im ; thé tarebbe \or disio queiaiô t mettre de répondre au* Inquisiteur»,
eh' eternamente è dûto lor per lutto. qu'il* croyaient en Dieu, au Christ,
Traduisez maintenant : « Vous en au Messie , fils de Marie, et Dante
avez vu beaucoup désirer inutilement péutalt composer dam ce sens le
Henri VU, T.A.I. ou Tutto, Arrig.> Credo qu'il nous a laissé. (Fey; les
Imp. , dont les vœux auraient été iîe're'/. p. 87), et sa paraphrase sec-
comblés par là, tandis que leur es- taire des psaumes de là Pénitence,
poir déçu est pour eux un sujet de 11. Aristote et Platon» assez étran-
deull éternel. » Est-ce suffisamment gère, du reste, aux croyances qui
clair, et doutera-t-on encore du sens ont inspiré le poème1 , et pour qui,
secret de ces tal, qui reviennent si certes, Marie n'a pas conçu , sont
obstinément avec la mémesignifi- nommés ici, pour donner le change,
cation ? On comprendra peut-être ou peut-être aussi comme représen-
comment dout ces panthéistes pla- tants des diverses écoles pbliosophi-
toniques, l'empereur Tout , le mo- ques, ce que sembleraient indiquer
narque universel était leur dieu Pan, molti altri et l'air attristé de Virgile.
et comment leur association, leur 12. Cette comparaison, empruntée
église occulte devenait Marie, la fille au sol montagneux de la rivière de
de Dieu, la mère immaculée de leur Gènes, fait allusion, d'une part, aux
messie , attendu avec impatience obstacles opposés a l'intrusion des
pour exercer sa haute justice, en profanes; de l'autre, aux difficultés
Jugeant, selon leurs mérites , les de toute nature dont le parti révo-
vkants et les morts. Cette symbo- lutionoaire avait 4 triompher.
A gauche, j'aperçois des âmes , dans la plaine Qui s'avancent vers nous, mais paraissent à peine Se mouvoir, tant leurs pieds marchent avec lenteur".
Maître, lève les yeux, dis-je; voilà sans doute Des gens pour nous donner conseil, si tu ne peux Par toi-même arriver à trouver notre route.
Et lui, me regardant d'un air moins soucieux , Me répondit : — Il faut aller au-devant d'eux ; Viens, car pour nous atteindre ils font peu diligence. Maintenant, mon cher fils, conçois bonne espérance. —
Nous avions déjà fait environ mille pas, Et la distance encore entre nous n'était pas De plus d'un jet de pierre avec vigueur lancée , Quand , le long des hauts rocs, Tune à l'autre pressée, Ces âmes s'arrétant, restèrent sans bouger, Comme gens, l'œil au guet, en doute d'un danger.
Esprits de qui la fin sur terre fut bénie14, Leur dit Virgile, ô vous déjà du Ciel élus ", Par cette douce paix dont ne doit être exclus, Je pense, aucun de vous; montrez-nous, je vous prie, Où s'incline ce mont assez pour nous offrir Un sentier jusqu'en haut qu'on puisse parcourir. A qui plus sait, le temps perdu doit plus déplaire.
Comme l'on voit sortir du mobile treillis, Par une, deux et trois, de timides brebis; Les autres, abaissant l'œil et le nez à terre,
13. Ces esprits i la marche si lente flcal, c'est pourquoi Virgile les apsont la figure des sectaires dont pelle ben finiti.
l'hostilité contre le Salnt-Siége a été
peu profitable pour la secte et ne lui 1 6. Già elêiii signifie aussi : Jadis a permis de faire que d'Insensibles élus. Telle doit avoir été aussi la peuprogrès, malgré tous les efforts d'un sée du poète, sans quoi 11 n'atlraitpas courage malheureui. ajouté : « par la paix qui attend, Je
14. Après avoir longtemps hésité pense, chacun de vous ; cette paix à se déclarer, Ile avalent fini par ne pouvant être douteuse pour ceux rompre en visière au pouvoir ponll- qui sont déjà élus. •
Timides , s'avancer, puis , d'un instinct craintif S'arrêter, si soudain s'arrête la première , S'entre-presser, sans même en savoir le motif; De même alors vers nous je vis venir la tête Du fortuné troupeau , la pudeur en ses traits , S'avançant l'air paisible et la démarche honnête ". Mais voyant sur le sol l'ombre que je portais Et qui , de mon flanc droit, au roc allait s'étendre, Surprise, elle arrêta , ne pouvant se défendre Un peu de reculer, et dans le même instant, Sans trop savoir pourquoi , le reste en fit autant ".
Oui , c'est un corps humain, je ne veux pas attendre Votre demande, ici qui marche à mon côté, Et du soleil divise à terre la clarté ". N'en soyez point surpris ni ne croyez qu'il aille , Sans que ce soit du Ciel l'auguste volonté, Essayer de franchir cette haute muraille ".
Ainsi parla le maître , et , du dos de la main , Les Esprits aussitôt, en nous faisant un signe, Nous dirent : — Vous n'avez, en rebroussant chemin, Qu'A marcher devant vous. — Dans cette troupe digne, J'entendis s'écrier alors : — Qui que tu sois,
16. On se rappelte que fAonitlfeté raison paraisse Interceptée devant signifie déguisement, et que la ver- lui , et pour qu'elle ait à briller aux gogne est une des qualités de Y Ame yçux .de ceux qui regarderont dernoble, c'est-à-dire de l'Initié. Voir rlere le voile obscur dont il s'est le dernier Traité du Gonvlto et Révél. couvert.
p. 350. 19. Dante n'a pas revêtu l'appa-
17. Ces esprits , adversaires de ^ «*■"■*■» * « *«** *> df b^«1 \ZL^^*vlt^2hv^wZ crlrc ,e coars dcB éprouves que la ï?ZdT™L}£™ l Zt «*te f*« »* « cathécumènes ceia va sans aire. 0r|cnt donl rantor||é v|ent du c|c|>
18. C'est un homme , non une f titra viriû , che dal ciel vegna , brute, un vivant, non un mort ; on rar il a pour but de renverser la connaît la valeur de ces ext»rcs- forte muraille de pierre qu'oppose sions , qni s'arrange sur la terre, m à l'hérésie l'Église rafhollqnc. etrta terra , |K>ur que la lumière de la di toperchiar qwtta partie.
Tourne, tout en marchant, tes yeux vers mou visage, Peut-être m'as-tu vu dans la monde autrefois.
Je me retourne donc de suite, à ce langage, Et je tiens sur ses traits mon regard attaché. Ses cheveux étaient blonds, et belle sa figure, Son aspect noble ; mais le fer avait tranché L'arc de l'un des sourcils ??. Humblement je rassure Que de ne l'avoir vu jamais je suis certain. — Regarde, reprend-il ; — et d'une cicatrice Il me montrait la trace empreinte en haut du sein. Puis, en me souriant, d'un air calme et serein :
De Constance, dit-il, la noble impératrice, Je suis le petit-fils , Manfred ", et te requiem», Quand tu retourneras dans un monde pervers, D'aller trouver ma fille, aimable et digne mère D'un prince, de Sicile et d'Aragon l'honneur, Puis, si l'on propageait le mensonge et l'erreur, De la désabuser par un récit sincère '*.
Quand mon corps succomba sous deux coups meurtriers, J'e»s recours à celui qui daigne volontiers
20. Homo flavus, amœna fade, Henri VI , de la maison de Souabe . aspectu placi bilis , in maxillis ru- Elle était la Thétis du ..Pelée gerbens, oculis sidereis, per totum main.
moeui , ttalura mediocris. Seba 22. La Aile de Vanfred t'appelait
Malaeyifla: jftri. /ter. Sic. Mura- Constance, comme son aïeule, et
tpri vu*. elle avait épousé Pierre d'Aragon,
21, Ce portrait du Ois de Fré- qui chassa les Français de la Sicile déric II est tracé avec amour par ie en 1282. E1J$ fut mère d'Alphonse, po0le,9tfr£v4raUenIuH'J*érlÛerdu qui marcha sur les traces patercourege #t des doctrines d'un des nelles, et combattit dans l' Aragon , plus redoutables ennemis de l'Église, contre Charles d'Anjou, pour la dette protecteur des savants juifs et frnse de la Sicile. tyoy.VeltroAlleg., arabes , de l' Achille sectaire, de ce p. 1 16.) Aussi, le nom de ee prince monarque fcUré, qui avait introduit est- il mentionné honorablement et palroné en Italie la poésie amou- dans le chant vin , tandis que Dante reuse, destinée à y propager l'héré- n'a que mépris pour ses deux frères, sie (coy. p. 24 et *uiv. des RécéL), Frédéric , roi de Sicile après lui, et Constance, fille de Roger, roi de Jacques, roi d'Aragon, tous deux Sicile, avait épousé l'empereur fidèles au Saint-Siège.
Si»
Aux pleurs du repentir pardonner toute offense.
Mes péchés furent grands, horribles " ; mais aussi
Est sa miséricorde inépuisable, immense,
Et tend les bras à qui vient lui criant merci.
Si, sachant lire en Dieu, l'avait eompris ainsi,
Le pasteur de Cosence, accouru sur ma trace,
A la voix de Clément, pour me donner la chasse,
Mes os seraient encore auprès de Bénévent,
A la. tête du pont, sous la fonètoe masse ,
Quand , baignés par la pluie et battus par le veut ,
Hors du royaume ils sont relégués maintenant,
Presque aux rives du Verd". C'est là , lumière éteinte,
Qu'il les a tait jeter, privés de terre sainte ".
Ne perd pas f anathème au point que sans retour
On soit déchu par lui de l'éternel amour,
Du bourgeon tant que peut éclore l'espérante".
23. Les deux pointes mortelles, due punie mortati, pourraient bien être tes deux glaives, instruments ëe mort dans les mains de ces pontifes qui ne pardonnent pat volontiers. A en croire Vilanl , vi , 40 , Maofred aurait été, autant et plus que son père , adonné aux plaisirs des sens , menant une vie tout épicurienne, sans se soucier de Dieu ni des saints : La vita sua era epieurea, non curando Dio o santi, dicherici e di religiosi,occupando le chiese corne *uo padre. Ainsi se trouve motivée la sympathie du poêle pour le flls de l'un de ses héros, malgré ses péchés, qui ne furent horribles qu'aux yeux de l'Église.
24. Après sa victoire de Tagliacozzo, Charles d'Anjou avait fait inhumer le cadavre de Manfred ; et, chacun de ses soldats fournissant sa pierre, il en était résulté" une sorte de tumulus. Mais le légat de Clément IV, Barthélémy Pignatclli ,
évéque de Cosenza, fit exhumer ses restes, qui furent jetés h l'abandon, comme ceux d'un excommunié, sur les rives du Gerigtian , appelé aussi Verd, Liris, etc.
25. À lume spento , de nuit et les cierges renversés. Le légat qui ordonna cette exhumation est déclaré étranger à la loi du Christ et comparé à un limier lancé sur la piste du gibier.
26. Il n'y a pas moyen de méconnaître ici une protestation contre les effets de l'excommunication, malgré le soin prudent que prend le poêle de l'atténuer en admettant la nécessité d'une expiation. Il y a de plus cet autre sens, que toutes les malédictions de la religion de haine sont impuissantes contre la religion d'amour, éternelle de son essence et dans laquelle tant de fidèles mettent leur espoir, assurés de voir tornar Veterno amore.
A vrai dire, celui qui meurt sous la sentence, En haine à sainte église, encor que repentant, Doit rester en dehors de ce port qui l'attend, Trente fois le délai qu'à faire pénitence Sur terre il apporta,*si le ternie obligé N'est point par la prière et l'aumône abrégé ". Vois donc si tu pourras me valoir allégeance En révélant sur terre à ma bonne Constance Où tu m'as vu , comment m'arrête ici la loi ; Peuvent beaucoup ici ceux qui là-bas ont foi21
27. On YOlt que l'expiation n'est pas bien rude et que sa durée peut se réduire à un tien petit nombre d'années. Puis on se rappelle la déclaration des Bonshommes, à Lombers, que le repentir à l'article delà mort suffit pour le salut Mss. de la Bib. imp. coll. Le Doat, n* 2! .
28. Le point essentiel pour le poêle sectaire était de déclarer hautement , en opposition avec les enseignements de l'Église, qu'il ne suffisait pas de la sentence de sainte Église
pour damner ceux qu'elle excommuniait. C'est erreur, selon lui, que de le croire, et la vérité est toute autre, dichi a lei il ter se altro si dice. En tout cas, il compte sur les bonnes prières, buoni prieghi, non pas, dès lors, sur les libéra catholiques, niais sur ces prières que les fidèles adressaient au dieu Amour en faveur du dieu Empereur; non dans l'Eglise, mais dans le Temple. Tout cela n'est-il pas indiqué avec une adresse merveilleuse et de manière à satisfaire les plus orthodoxes?
Lorsque l'Ame, chez nous, se replie attentive Sur quelque faculté, qu'une peine excessive, Un extrême plaisir vient soudain affecter, Elle semble ne plus en rien s'inquiéter Des autres, qu'elle oublie ; et c'est preuve notoire Combien il est absurde, à tous égards, de croire Qu'une âme sur une autre en nous ait à s'enter1. Or, à l'instant qu'on voit ou bien que l'on écoute Un fait qui saisit l'âme et qui l'absorbe toute , A notre insu, le temps est prompt à s'échapper. Diverse est, en effet , la puissance auditive De celle que ne vient nul objet occuper : Quand libre est celle-ci , l'autre est comme captive 3 J'en fis l'expérience, en écoutant l'Esprit, Tout étonné de voir, au moment qu'il finit , Que déjà le soleil , sans que je m'en doutasse, De cinquante degrés eût monté dans l'espace \
l. Celle attaque n'est pas dirigée, roïsme, par E. Renan, p. 94 et suiv.
comme on l'a cru et répété, contre 2. Cette action isolée et indépen-
Ir théorie d'Averroès sur l'intellect dante des facultés ou puissances de
actif et séparé, impassible ctimpé- l'intellect humain est en complète
rissable, venant se greffer sur l'in- harmonie avec la doctrine d'Aver-
tellect passif, périssable de sa nature; roès.
mais bien contre ceux qui en tiraient 3. A raison de quinze degrés par
la conséquence que le philosophe heure, le discours de Manfred aurait
aralie admettait deux âmes dans duré près de quatre heures, et Dante
l'homme. Voy. l'JK»foire de VAver- aurait jugé a propos de n'en donner
Nous crièrent alors ces âmes, d'une voix :
— Voilà ce que requit de nous votre demande *. — Quand rougit le raisin , souvent le villageois
Clôt de quelques rameaux une brèche plus grande Que ne s'offrait la sente ouverte en ces parois , Entre lesquelles, seuls, quand nous nous séparâmes De ces dignes Esprits , mon guide et moi montâmes. On gagne Saint-Léon , à Noli Ton descend ; De la Bismantua la cime difficile Peut même se gravir à pied; mais, en volant, 11 faut ici monter ; il y faut l'aile agile, Veux-je dire , l'essor de ce désir brûlant Que fomentait en moi celui dont la science M'éclairait, me donnait à l'œuvre confiance '. Dans la roche entaillée en abruptes degrés , Par ses hautes parois des deux parts resserrés, Nous gravissions , nos pieds et nos mains à la tâche Sur le sol employant leur eflort sans relâche. Quand nous eûmes enfin du roc à pic coupé, Avec fatigue , atteint un rebord escarpé , D'où Ton apercevait à découvert la plage :
— Maître, dis-je, comment poursuivre davantage î — D'un pas , répondit-il , ne va point rebrousser • I
que la substance. On a pu recon- but, dans un intérêt commun. Dante
naître qu'il avait des motifs suffi*» n'était pas pour l'anarcttte.
gants pour abréger et pour ne pas 5. Rien de plus difficile que de
entrer dans des développements sca- triompher des obstacles qui entra-
breux; c'était le cas ou jamais d'em- vent le sectaire, obligé de suivre
ployer les expressions lubriche. Vulg. péniblement sa voie entre deux mu-
eloq. railles de Guelfes ,;om rotti, s'il
4. Le chemin à suivre pour gravir n'a la doctrine pour l'éclairer et le
la montagne , leur est indiqué tout langage mystérieux pour lui donner
d'une voix, parce que dans le Pur- bon espoir ; s'il n'est dirigé Mitout
gatolre, comme dans le Paradis , par un zèle ardent, en foulant ce sol
c'est-à-dire sur le terrain de l'initia- catholique qu'il regarde de ton haut
tfon sectaire, toutes les volontés avec mépris, suol di gotto, comme
agissent d'accord et sous la même Farinata l'enfer.
Impulsion, pour atteindre au même 6. Personne n'ignore que» dans
Vers la cime, à ma suite, il convient d'avancer, Jusqu'à ce que se montre à nous quelque bon guide.
Mais cette cime était si haute et si rapide Que le regard à peine y pouvait parvenir, Et non moins se dressait la montée à gravir Que la ligne, tirée en mesurant l'espace, Du demi-quart de cercle au point central qui passe 7,
Déjà bien las, je dis : — Tendre père, vers moi Détourne ton regard ; je reste , tu le voi , Tout seul, à l'abandon, si ton pas ne s'arrête. —
Mon fils ; répondit-il , en me montrant du doigt Une corniche , un peu plus haut , sur notre tête , Qui fait le tour entier du mont en cet endroit, Tâche de parvenir jusque-là. — Son langage Suffit pour stimuler tellement mon courage , Qu'à sa suite grimpant et redoublant d'effort, Du redan circulaire enfin j'atteins le bord.
Là, pour nous reposer, tous deux nous nous assîmes, Regardant au levant le point d'où nous gravîmes ' , Car à voir le chemin parcouru Ton se plaît •. Mes yeux, d'abord , en bas contemplèrent la rive ; Et puis vers le soleil , à gauche qui brillait, Je les levai , frappé d'une surprise vive. Le sage s'aperçut de mon étonnement
toute initiation, celui qui se décou- rattachent au gnosticisme mané-
rage et bat en retraite est inexora- chéen. Si une intention «éclaire ne
blement repoussé parmi les profanes. motivait pas ches Daote cette per-
7. Le but auquel tend le néophyte sistaace à rappeler l'Orient , dans n'est accessible qu'au regard de quel but mentionnerait-il le point de l'intelligence et non point à la vue l'horizon vers lequel se portent ses corporelle. De là cette comparaison regards, en remarquant que c'est de» empruntée à l'astronomie pour in- là précisément qu'il est parti? diquer que la montagne s'élève 9. C'est ce qui arrive à un certain presque verticalement. point de l'initiation où l'on tait on
8. Parce que l'albigéisme est ori- retour sur tes grades parcourus et ginalre de l'Orient , vers lequel con- ce qui se reproduira (avec Béatrice, ▼ergeat toutes les doctrines qui se dans le Paradis.
Au spectacle nouveau du char de la lumière , Entre le nord et nous dirigeant sa carrière ".
Si Castor et Pollux , dit-il , en ce moment Escortaient ce miroir dont la splendeur éclaire, Tantôt haut, tantôt bas , l'un et l'autre hémisphère, Ce même zodiaque, empourpré de ses feux, Plus près de l'Ourse encor tournerait à tes yeux S'il ne déviait pas de son sentier antique ". Afin de concevoir comment cela s'explique , Figure-toi Sion et ce mont , tous les deux Sur la terre n'ayant qu'un horizon unique , Alors que l'hémisphère est différent pour eux ; Et tu reconnaîtras bientôt , si t'illumine Quelque réflexion , qu'il faut bien , d'une parf r Que cet astre, en un sens , sur la route chemine Où jadis Phaèton fit s'égarer son char, Quand de l'autre, h l'inverse, il se montre au regard ".
10. Dans l'hémisphère opposé à celui qu'il avait quitté, aux antipodes de Rome et de l'Enfer, le soleil devait tourner à sa gauche, lorsqu'il faisait face au levant. Pouvait-il mieux indiquer que ses doctrines émanant d'un même foyer, la loi du Christ, avaient une direction entièrement opposée à celles que professe l'Église romaine ?
1 1 . Si le soleil , au lieu de se trouver dans le signe du Bélier, eût été dans celui des Gémeaux , et dès lors plus rapproché de l'Ourse , le zodiaque, dans le voisinage du pôle, aurait été inondé de la lumière solaire. Tous ces signes ont leur signification sectaise, mais j'ai peur de me lancer dans l'astronomie où je suis encore moins fort qu'en philologie. Voici pourtant comment j'interpréterais tout bonnement ce phœbus scientifique destiné à abuser les doctes et les niais: « Si les fidèles d'Amour,
ces èlres géminés par l'initiation, se pressaient autour de l'Empereur, ce miroir de la divinité, qui porte avec lui la lumière, tu verrais, d'un autre côté, toutes ces brutes dont les figures émaillent le zodiaque, empourpré de la couleur sanglante des Guelfes, se serrer aussi et plus encore contre la Calisto romaine ; à moins, ce qui serait si désirable, qu'elles n'eussent à s'écarter de leur ancienne routine, fuor del commin vecchio. » Par malheur cela n'est pas assez savant, je le sens bien , aussi l'on ne m'en croira pas.
12. Cette explication astronomique a pour but de faire comprendre quêta nouvelle Jérusalem est l'antipode de l'ancienne, que le Temple est en antagonisme complet avec l'Église, et que si la lumière provient pour tousdeux d'un même foyer, elle leur arrive en sens opposé; d'où suit que ce qui est bien et juste au point de
Certes, jamais, reprisse, ô maître ! à ma pensée Une chose frappant mon esprit de stupeur, Ne s'est plus clairement , plus soudain retracée. Je comprends, maintenant, du plus haut Ciel moteur, Que le grand demi-cercle appelé l'Equateur, Limite de l'hiver et de l'été, doit être Ici vers l'Aquilon , tandis qu'il ne pouvait Qu'au midi , pour l'hébreu , dans le ciel apparaître. Mais je voudrais savoir, s'il ne te déplaisait , Ce qu'il nous reste encore à monter, car la côte, A n'en voir le sommet , se dresse roide et haute.
Et lui : — Cette montagne est telle qu'à gravir, En commençant, toujours elle semble pénible ; Plus on va s'élevant , moins elle fait pâtir " ; Quand sa montée aussi , devenant insensible , Te sera douce autant que sur l'onde paisible La marche d'un navire, alors de ce chemin Tu seras assuré que le terme est prochain : Là seulement t'attend un repos salutaire. Trêve aux discours , et tiens mon dire pour certain. .
Au moment où venait mon guide de se taire , Une voix résonna tout près de nous, disant : — Peut-être on te verra plus tôt te reposant. — Ces mots firent soudain que nous nous retournâmes, Et nous vîmes à gauche un grand roc, qu'en montant Nous n'aperçûmes pas d'abord ; nous y marchâmes :
Des Esprits sous ce roc se tenaient abrités, Comme gens nonchalants du labeur rebutés *\
vue catholique est inique et criminel toujours rudes , mais plus il avance
au point de vue sectaire. Cherchez dans la science arcane , moins il y
a comprendre, dans le Convito III, rencontre de difficultés.
G, ce que Dante a voulu exprimer f 4. Est-ce que ces esprits négli-
en supposant l'existence de deux gents que ie poète signale Ici se le-
villes antipodes, l'une appelée Marie nant nonchalamment à l'ombre de
et Ifaulre Lucç . la grande Pierre, del gran Pétrone,
13. Les débuts du néophyte sont ne seraient pas les sectaires lnsou~
MB LE PURGATOIRE.
Au milieu d'eux , fair las, siégeait un personnage Embrassant ses genoux , sur lesquels son visage S'appuyait incliné* — Regarde , doux seigneur, Dis-je alors, celui-ci , dont toute l'apparence Montre plus d'abandon et de molle indolence Que s'il eût à nommer la paresse sa sœur.
Sur sa cuisse il tourna la tête avec lenteur, Pour nous voir, et me dit : —Toi , si plein de vaillance, Monte donc I — C'est alors que je le reconnus , Et ne m'empêcha pas ma fatigue et la gêne Avec laquelle encor je reprenais haleine , D'aller de son côté. Quand près de lui je fus :
Comprends-tu bien , dit-il, levant la tête à peine, Comment va le soleil à gauche étincelant lft ? — Il m'adressa ces mots d'un air si nonchalant Que sur mes lèvres vint un rapide sourire.
Sur ton sort, Belacqua4', me pris-je alors à dire, Me voici rassuré. Mais dans ces lieux assis . Ainsi pourquoi rester ? Attends-tu compagnie, Ou de ton ancien mal serais-tu donc repris17 ?
Et lui : — Frère ls, à quoi bon monter plus, je te prie ? Là-haut, siégeant au seuil , certes, F Ange de Dieu Ne voudrait pas m'admettre à pàtir au saint lieu. Du regret pour avoir différé dans la vie Les soupirs, jusqu'à l'heure où je dus la quitter,
clanta que le péril et même l'action [tous renseignement* contemporains,
effrayaient; qui, par ce motif, s'abs- aurait été un artiste en renom pour
tenaient de rien faire pour sortir de la fabrication des instruments à
l'ombre dans laquelle les reléguait cordes.
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gnatent même à a abriter derrière ^ m]e à ]a gecteFd.Am^. maU
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