SCÈNE PREMIÈRE
MARTHE travaille à une broderie. AMICIE,
puis LÉTOCART
AMICIE, en peignoir, coiffée à l'enfant, passe la tète dans l'entrebâilleraent de la porte de son appartement.
Marthe, le journal est-il arrivé?
MARTHE
Pas encore, ma tante... Comment vous portezvous ce matin ?
AMICIE
Mal, tant que le journal n'arrivera pas. (Eik referme
la porte brusquement.)
LETOCART apparaît par la porte opposée, la figure à moitié savonnée; il tient un rasoir.
Marthe, le journal est-il arrivé ?
Pas encore, mon père... Avez-vous passé une bonne nuit ?
LÉTOCART
Tu auras soin de m'apporter le journal aussitôt que le facteur sera venu. Tu m'entends ?
MARTHE
Oui, mon père.
LETOCART, il ferme la porte et la rouvre brusquement.
Je tiens à lire le premier mon journal... Ta tante Amicie s'en empare depuis quelque temps, sans
môme m'en demander l'autorisation; oui, elle pousse l'indiscrétion jusqu'à déchirer une bande qui n'est pas à son nom. C'est intolérable... Qui est-ce qui est abonné au journal? Moi, n'est-ce pas?... Eh bien, un abonné a le droit de lire son journal en premier... (11 commue à se raser.) Tiens, je viens de me couper, tant la conduite de ma sœur m'indigne... Je rentre finir ma barbe... N'oublie pas le journal surtout.
MARTHE
Je vous l'apporterai immédiatement, mon père.
(Létocart rentre dans sa chambre.)