Gh.-L. Livct, édition de la Fameuse comédienne, notes
Ledoux et La Tourelle à être « fustigées, nues, de verges, au-devant de la principale porte du Chàtelet et devant la maison de M"* Molière ; ce fait, bannies pour trois ans de Paris ». On est frappé de l'étrange ressemblance que présente cette affaire avec celle du Collier, qui, en ] 785, compromit le nom de Marie-Antoinette dans un scandale si retentissant. Les mêmes rôles sont repris à cent dix ans de distance, celui d'Armande par la reine, celui de l'entremetteuse Ledoux par la comtesse de La Motte, celui de la femme La Tourelle par la demoiselle Oliva, enfin celui du président Lescot par le cardinal de Rohan. Et, pour que rien ne manque au parallèle, de même que la reine fut salie par un infâme libelle de M""* de La Motte, Armande eut à subir la Fameuse comédienne *. Moins d'un an après éclatait un nouveau scandale, plus pénible encore pour la veuve de Molière, le procès Guichard. Ce fut le 16 juillet 1675 que l'ennemi de Lulli lança le factum où elle était si maltraitée. J'ai assez parlé du personnage pour qu'il ne soit pas utile de le présenter à nouveau^ . Mais les imputations infamantes que nous connaissons déjà n'étaient qu'une faible partie des injures dont il couvrait Armande. 11 est impossible de transcrire au long le passage qui la concerne ; quelques lignes feront juger du reste : « La Molière, disait-il,
1. De pareilles confusions n'ont jamais été rares; avant l'affaire d'Armande, un roman de Des Marets, Arsiane, publié en 1632, et cité par M. Livet dans /e Hhliérisle d'octobre 1881, en raconte une toute semblable. Ai-je besoin de rappeler certains scandales qui ont fait grand bruit de nos jours, et où se trouvaient mêlés des noms de comédiennes, dont quelques-unes, tout à fait innocentes en ce cas, avaient d'effrontés sosies? Aussi ne puis-je, avec M. Loisclt3uf {Molière, nouvelles controverses, VI), voir une preuve contre Armande dans l'idée qu'avait eue la Ledoux d'exploiter bon nom avec un galant de province. Une comédienne fût-elle une Lucrèce, ceux qui la disent accessible trouvent toujours de crédules auditeurs.