‹ La comédie de MolièreChapitre 79 sur 94 · ACTE II, SCÈNE II. US · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II. US

MONSIEUR DIAFOIRUS

Nous serons toujours prêts, monsieur,

AROAN.

Qu'il est tout à votre service,

MONSIEUR DIAFOIRUS

A vous témoigner notre zèle. [A son (ils.) Allons, Thomas, avan-cez. Faites vos compliments.

THOMAS DIAFOIRUS, à monsieur Diafoirus (1).

N'est-ce pas par le père qu'i! convient commencer ?

MONSIEUR DIAFOIRUS

Oui.

THOMAS DIAFOIRUS, à Argan.

Monsieur, je viens saluer, reconnaître, chéiiret révérer en vous un second père, mais un second père auquel j'ose dire que je me trouve plus redevable qu'au premier Le premier m'a engendré ; ma s vo is m'avez choisi. Il m'a reçu par nécessité ; mais vous m'avez accepté par grâce. Ce que je tiens de lui est un ouvrage de son corps; mais ce que je liens de vous est un ouvrage de votre volonté; et d'autant plus que les facultés spirituelles sont au-dessus des corporelles, d'autant plu* je vous dois, et d'autant plu* je tiens précieuse cette future filiation, dont je viens aujour-d'hui vous rendre, par avance, les très humbles et très respec-tueux hommages.

TOINETTB.

Vivent les collèges d'où l'on sort si habile homme I

THOMAS DIAFOIRUS, à monsieur Diafoirus.

Cela a-t-il bien été, mon père ?

MONSIEUR DIAFOIRUS

Optime.

AROAN, à Angélique.

Allons, saluez monsieur.

THOMAS DIAFOIRUS, à monsieur Diafoirus.

Baiserai-jo ?

MONSIEUR DIAFOIRUS

Oui, oui.

THOMAS DIAFOIRUS, à Angélique.

Madame, c'est avec justice quo le ciel vous a concédé lo aom de belle-mère, puisque l'on...

AROAN, à Thomas Diafoirus.

Ce n'est pas ma femme, c'est ma fille à qui vous parlez. (1) Ici l'édition origioa, .:*ce eette indication : « Thomas Diafoirus est an grand beoêt, nouTeltemeiu sorti de*écoles,qui fait toutes choses de mautaiîe frics et » contre-temps. •

THOMAS DIAFOIRUS

Où donc est-elle ?

AROAN.

Elle va venir,

THOMAS DIAFOIRUS, Attendralje, mon père, qu'elle soit venue ?

MONSIEUR DIAFOIRUS, Faites toujours le compliment de mademoiselle.

THOMAS DIAFOIRUS

Mademoiselle, ne plus ne moins que la statue de Memnon ren-dait un son harmonieux, lorsqu'elle venait à être éclairée dis rayons du soleil, tout do même me sens-je animé d'un doux trans-port à l'apparition du soleil do vos beautés ; et. comme les natu-ralistes remarquent que la fleur nommée héliotrope tourne sans cesse vers cet astro du jour, aussi mon coeur dore*-en-avant tour-nera-t-il toujours vers le* astres resplendissants de vos yeux ado-râbles, ainsi que vers son pule uni-pie. Souffrez donc, *madcm>i' selle, que j'appende aujourd'hui à l'autel de vos charmes l'offrande de ce coeur qui ne respire et n'ambitionne autre gloire que d'étn* toute sa vie, madomoisel'e, votre très humble, très obéissant, et très fidèle serviteur cl mat i.

TOINETTB, Voilà ce quo c'est quo d'étudier l on apprend à dire do belles choses.

ARGVN, à Citante.

Hé ! quo dites-vous do cela ?

CLÉANTE

Que monsieur fait merveilles, et que, s'il est aussi bon médecin qu'il est bon orateur, il y aura plaisir à être de ses malades.

TOINETTE

Assurément. Co sera quelque choso d'admirable, s'il fait d'aussi belles cures qu'il fait de beaux discours.

ARGAN

Allons, vite, ma chaise, et des sièges à tout lo 'monde. {Des laquais tjonnent des sièges.) Mettez-vous là, ma fille. (A monsieur Diafoirus.) Vous voyez, monsieur, quo tout le monde admire mon-sieur votre fils ; et jo vous trouve uien heureux de vous voir un garçon, comme cela.

MONSIEUR DIAFOIRUS

Monsieur, co n'est pas parce que je suis son père ; mais jo puis dire quo j'ai sujet d'être content do lui, et quo tous ceux qui le voient en parlent comme d'un garçon qui n'a point do méchanceté. Il n'a jamais eu l'imagination bien vive, ni co feu d'esprit qu'on remarque dans quelques-uns ; mais c'est par là que j'ai toujours bien auguré de sa judiciaire, qualité requise-pour l'exercice de noire art. Lorsqu'il était petit, il n'a jamais été co qu'on appelle miôvro et éveillé. On le voyait toujours doux, paisible et taciturne, ne disant jamais mot, cl né jouant jamais à tous ces petits jeux que l'on nommo enfantins. On eut toutes les peines du monde à Thoam Diaforus et Toiuelte.

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