‹ La comédie de notre tempsChapitre 105 sur 121 · SPORT · texte numérisé non relu

SPORT

Je crois bien que Gladiateur lui-même, ou Boïard, ces types, feraient une triste figure à l’omnibus de la Madeleine.

LE SPORT

Le culte des animaux et le succès du Jardin d’acclimatation ont apporté dans le langage et dans les dénominations appliquées aux hommes comme

aux femmes, des ressources puisées dans la connaissance du sport et de l’ histoire naturelle.

Mon gros Loulou appelle sa femme : Celui que mademoiselle Peau-de-Satin

Ma petite chatte ! ou : Ma grosse appelle sou petit chien vert,

bichette!

A ne considérer le sport que comme institution destinée à faire dépenser de l’argent et à en faire gagner, le sport aurait sa raison d’être.

Les grandes courses de Paris sont une sorte de spectacle qui fait circuler et changer de main des centaines de mille francs et même des millions.

La vieille histoire de Panera et circenses est toujours vraie; le pain sous toutes les formes, depuis le pain de quatre livres jusqu’aux pâtés les plus truffés, accompagnés de tous leurs accessoires. Le Cirque et le spectacle avec tous ses dérivés, depuis les Funambules jusqu’à l’Opéra et aux grandes

Cocher de la vieille marquise du faubourg Saint* Germain .

Cocher de M. le comte.

courses de Paris ou d’Epsom, tout cela sera éternellement, quoi qu’on dise et quoi qu’on prêche, source de satisfaction, de calme, de commerce et d’argent.

LE SPORT

Cela fait vivre les marchands de chevaux, les carrossiers, les cochers, les couturiers et couturières , les costumiers , les joueurs et les entrepreneurs de

Cocher de la petite dame.

Cocher de petite voiture.

A ricocher fantaisiste pour remise.

jeu, les restaurateurs, les cuisiniers, et aussi et surtout, les marchands de vin. Que demander de plus?

C’est comme si les directeurs de spectacle prenaient au sérieux le vieux mot : Castigat ridendo mores , châtier les mœurs par le rire.

Ils s’en moquent comme de l’an quarante.

Le sport ne s’arrête pas aux chevaux, il s’étend encore, par dérogation, aux chiens.

Si le cheval est la plus noble conquête faite par l’homme sur la nature, la conquête du chien passe pour la plus satisfaisante au point de vue des besoins du cœur.

Le chien est l’ami de l’homme, c’est entendu. Il est pour lui plein de soins , lui lève et arrête son gibier, lui porte sa canne ou son chapeau , mord les voleurs qui viennent le déranger la nuit, étrangle les rats qui ravagent son bien, danse pour lui sur les pattes de derrière et joue avec lui aux dominos quand il l’exige.

Seulement, à force de fréquenter son ami, l’homme, le pauvre chien, seul parmi tous les animaux, n’a-t-il pas contracté de lui celte maladie terrible, la rage, dont l’un et l’autre sont saisis subitement, fatalement de temps à autre, et qui porte le deuil autour d’eux?

La rage de l’un est-elle plus terrible que celle de l’autre ?

Charlet disait : Ce qu’il y a de meilleur dans l’homme, c’est le chien.

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