‹ La comédie de notre tempsChapitre 106 sur 121 · MÉDECINE ET MÉDECINS · texte numérisé non relu

MÉDECINE ET MÉDECINS

^5?^ Pauvre humanité! ne souffre- t-elle point toujours et sans i 6sii cesse de mal physique ou de mal moral, souvent des deux réunis? Des uns et des autres, nombre de gens vivent. La 'avjXjV Faculté, la médecine, la chirurgie, la pharmacie puisent leur . ' existence dans les maladies du corps ; la chicane et les affaires dans les maladies de la Bourse, celles des passions et des avidités de toute sorte.

Tous ces gens, comme s’ils s’entendaient, portent la livrée noire et triste.

Depuis Molière, et avant lui-même, il a toujours été de mode de se moquer des médecins et de la médecine.

Mais, pour dire le vrai, on en glose simplement lorsque l’on est en pleine santé. Lorsque la maladie commence à montrer son visage effrayant et blême, on les appelle, on les loue, on les admire, on les bénit, quitte à les maudire ou à les plaisanter plus tard, si la force des choses ou leur talent vous ramènent à la santé.

Sauf la chirurgie, qui est une science exacte et dont les progrès ont été remarquables , il ne semble pas que l’art de guérir ait beaucoup fait de conquêtes depuis le temps du docteur Hippocrate.

Après de trois mille années de distance, Hippocrate n’a pas cessé de dire oui, et Galien de dire non.

Le grand mérite des médecins, maintenant que les vieilles méthodes ont été mises de côté, et que le saignare , purgare et clysterium donare, n’est plus de mode, consiste dans l’usage de la médecine expectante qui laisse agir la nature , cette grande maîtresse , et se borne à la garantir des fautes de régime qui pourraient nuire à son action.

Le grand et éminent service qu’a rendu le système homœopathique a consisté principalement à supprimer les supplices inutiles que l’on infligeait jadis aux

patients , tels que les cautères , les vésicatoires , les sangsues , les vomitifs , les médecines repoussantes de toute sorte.

Il y a maintenant des médecins homœopathes, tout aussi savants, tout aussi distingués, et aussi heureux de toute façon dans leurs cures et dans leur fortune, que les médecins de l’autre bord.

Leur exemple n’a pas tardé à être imité, et leur médecine commence à s’étendre sur Paris et la province.

Ce qui prouve que cette nouvelle médecine n’a pas de résultats fâcheux, et qu’elle n’est pas inférieure à l’autre, au point de vue de la guérison, ce sont les tables de mortalité. Or, depuis que l’homœopathie est en honneur, la statistique déclare que la mortalité n’a pas augmenté à Paris, qu’elle est toujours à peu près la même, et accuserait plutôt une légère diminution.

Qu’en conclure, si ce n’est répéter le fameux mot d’Ambroise Paré : « Je le pansai. Dieu le guarit » ?

COSTUMES ET VISAGES

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